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1987, Mbilia Bel quitte Tabu Ley et l’Afrisa


Mardi 31 Août 2010 - 14:32


1987, Mbilia Bel quitte Tabu Ley et l’Afrisa
Kinshasa. Les titres comme « Esui yo wapi », « La beauté de la femme », « Keyina » Naïrobi »... qu’elle interprète avec une très touchante sensibilité et un charme magique font de Mbilia Bel une véritable reine de la chanson congolaise.

Après Bora Uzima « Miss Bora », Mwaba alias Mwana Shaba et Les Yondo Sisters qui ont connu des fortunes diverses aux côtés de Tabu Ley Rochereau, Mbilia Bel a été la réussite la plus éclatante que le patron du groupe Afrisa International ait signée en qualité d’encadreur de chanteuses.

C’est en 1982 que Marie-Claire Mboyo Moseka qui a pris le nom de scène de Mbilia Bel s’est signalée au grand public à travers la chanson « Mpeve a longo » écrite par Tabu Ley et enregistrée aux éditions Vévé de Verckys Kiamwangana Mateta.

Les mélomanes sont séduits par cette ancienne choriste chez Sam Mangwana et Abeti Masikini qui a pris pour modèle Bella Bellow passée quelques années plutôt à Kinshasa et tuée dans un accident de la route peu après son retour au Togo.

Mbilia Bel interprétait d’ailleurs à la perfection des chansons de la chanteuse togolaise: Tabu Ley lui­- même en est convaincu, il a trouvé la perle noire :

Et voici la Cléopâtre de la musique africaine

Avec Mbilia Bel, Tabu Ley avec le concours de certains auteurs compositeurs de son groupe réalisera l’un des tout meilleurs répertoires de sa carrière et de l’Afrisa.

La chanteuse, qui a gagné des galons de chantre de la femme, est au faite du succès.

Les titres comme « Esui yo wapi », « La beauté de la femme », « Keyina » Naïrobi »... qu’elle interprète avec une très touchante sensibilité et un charme magique font de Mbilia Bel une véritable reine de la chanson congolaise.

Son succès déferle au-delà des frontières nationales. Conquise et émerveillée, la presse à court de superlatifs trouve enfin le mot: Mbilia est surnommée « Cléopâtre de la musique africaine ».

Tout se passe à merveille entre Marie- Claire et Tabu Ley entre-temps devenus mari et femme sous le regard impuissant de Théthé, l’épouse légitime de Rochereau.

« Avec la chanson Beyanga », Mbilia Bel est assurément au sommet du succès mais, aussi au summum de son art. Mais des proches le constatent de plus en plus, le tam- tam est sur le point de crever.

La Cléopâtre chante « Contre ma volonté » qui contient quelques paroles de la chanteuse. Des paroles qui, les observateurs perspicaces ne s’y trompent pas, sont des allusions à peine voilées à sa vie de coupole avec le Seigneur Rochereau. « Contre ma volonté » sera la dernière chanson interprétée par Mbilia Bel au sein de l’Afrisa International.

En effet, à l’issue d’un concert dans la salle de Congrès du Palais du Peuple, production préparée dans un climat partagé entre la morosité et l’orage, Mbilia se fait... la belle. Le tam-tam est crevé.

Dans la foulée, le guitariste Mpanga Kasongo Brazzos, auteur de quelques grands succès interprétés par la « Cléopâtre » se fond lui aussi dans la nature.

Aux frais d’un mécène, Brazzos qui était en intelligence avec la chanteuse se terre quelque part à Ngiri-Ngiri, dans un hôtel.

Après la « Cléopâtre », « Phénomène »...

C’est non sans panache que Mbilia Bel débutera sa carrière en solo avec à la clé l’album « Phénomène ». Un opus réalisé à Paris dans les meilleures conditions techniques et psychologiques grâce des fonds sortis d’une poche gabonaise par trop généreuse et sous la direction du guitariste Rigo Star.

« Phénomène » a auguré d’un avenir encore plus radieux pour la chanteuse. Il n’en sera malheureusement pas ainsi. En dépit de chansons de grande qualité artistique et superbement interprétées comme « Sucré salé » et d’autres oeuvres qu’elle a sorties, Mbilia Bel a, depuis, inexplicablement baissé pavillon.

L’aveu...

Après le départ de Mbilia Bel, Tabu Ley a poursuivi sa carrière et tante surmonter l’épreuve avec les jeunes chanteuses Faya Tess, qui avait eu à chanter avec la « Cléopâtre » et Beyou Ciel.

Rochereau a sorti un album avec chacune des deux chanteuses avec de belles œuvres comme « Selimo », « Sentimenta et « Marina » pour ne citer que ces titres. Qui étonnamment n’ont pas fait mouche.

Le Seigneur Ley a par ailleurs sorti « Eburumunkue », un cri de colère contre le proxénète qui lui a fait ravir sa chanteuse et mère de sa fille « Mélodie ».

L’œuvre a été décriée par ceux qui ont trouvé que « Roche » était tombé trop bas. Mais, comme dans l’allégorie du pélican qui nourrit ses petits de sa poitrine ensanglantée, le poète alimente son public avec son chagrin, ses déboires qu’il chante.

La chanson « C’est comme ça la vie », dans laquelle Ley fustige l’ingratitude de celle qu’il ne cite pas nommément mais, que l’on identifie sans peine, néo connaîtra pas plus de succès.

Quand, en 1991, Tabu Ley après des années de séjour en Europe descend à Kinshasa au chevet de son épouse Théthé malade (qui mourra deux jours après), nous cherchons à connaître la cause de son infortune sur le marché du disque et la scène musicale depuis sa séparation d’avec la « Cléopâtre ».

«Le départ de Mbilia Bel m’avait sérieusement ébranlé. Mais, je vais me réorganiser pour revenir en force », nous a répondu Tabu Ley. Qui n’est jamais revenu en force.

….et la confidence

Le Seigneur Rochereau s’était profondément investi, ne ménageant pas ses moyens ses énergies et son talent pour faire de Marie- Claire Mboyo Moseka la grande Mbilia Bel devenue sous sa férule une des perles de la chanson féminine en Rdc.

A cours d’un entretien, Tabu Ley a eu à nous révéler en 1989 : « C’est par défi à Abeti Masikini que j’avais décidé de faire de Mbilia Bel une grande chanteuse qui puisse lui tenir tête. A l’époque, j’étais à couteaux tirés avec Abeti à cause de son jeune frère Abumba Masikini avec qui celle-ci était en conflit... »

On peut dire que le patron de l’Afrisa International a eu à gagner son pari car, sur la scène musicale congolaise, Mbilia Bel a été relativement plus adulée et a eu un répertoire plus percutant que la « Tigresse aux griffes d’or ».

Mais, Tantine Abeti a eu grâce à son mari et manager togolais Gérard Akueson une carrière internationale qu’aucune autre chanteuse congolaise n’a connue à ce jour. Elle a fait L’Olympia de Paris à deux reprises, le Zénith de Paris, le Carnegie Hall aux Etats-Unis d’Amérique, la Chine...

Kale Ntondo/Visa (Digitalcongo)

SDC, Starducongo.com
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Vos commentaires:

1.Posté par flo le 29/09/2010 14:36
MBILIA BEL EST UNE TRES GRANDE CHANTEUSE

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