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Album « Zanzibar » : Il y a du Tabu Ley chez Luciana Demingongo


Par Afriqu'Echos Magazine | Mardi 21 Août 2012 | Lu 647 fois | 0 Commentaire



Album « Zanzibar » : Il y a du Tabu Ley chez Luciana Demingongo
Tous se réclament de lui, tous les chanteurs des années 70 et 80 le désignent comme la référence absolue et revendiquent une filiation avec son art. Sauf que, pris dans le tourbillon du ndombolo et des clips qui jouent le cache-misère d’une musique qui s’est appauvrie, aucun chanteur ne fait du Tabu Ley Rochereau. Avec son album « Zanzibar », Luciana Demingongo vient de s’y essayer et le résultat s’écoute comme un hommage divinement inspiré à Rochereau. Non pas qu’il a singé le maître ou qu’il a voulu chanter comme lui, non, non… Juste que Luciana a écrit, composé et chanté comme le maître a enseigné. De bout en bout, Zanzibar aligne neuf chansons ciselées avec la même justesse, nanties d’une fluidité harmonique fruit d’un équilibre savamment trouvé entre le chant et les musiques, entre la voix et les instruments… Et quelle voix ! Sans doute l’une des Top 10 de la musique congolaise.

1 minute 20 secondes se sont écoulées, pas une dédicace, pas le moindre chant, pas un de ces hululements d’atalaku néfastes aux oreilles… juste des guitaristes qui pincent les cordes de leurs instruments comme des dieux, puis arrive la voix de Luciana Demingongo… Le chanteur pose sa voix sur les instruments avec une sorte de dévotion à l’esthétisme musical. La chanson Château rouge est une peinture pittoresque comme l’est la réalité de ce quartier commercial « africain » de Paris. Entre traits humoristiques, mots pertinents de sagesse et envolées instrumentales de toute beauté, Luciana a tout saisi et compris de ce Capharnaüm africain en plein cœur de Paris. Encore fallait-il en faire une belle chanson.

Cet album est sorti dans un coffret contenant les clips des chansons Rokya, Ange Volcan et Zanzibar sortis expressément du lot par le chanteur Luciana et son producteur Cypi Umande. Si Rokya est dans un tempo très entraînant avec une présence remarquée des instruments à vent, Zanzibar, pour sa part, évoque avec un chant très bien à propos les drames politiques de l’Afrique et de la RDC : « Des marchands d’esclaves à l’île de Zanzibar aux fossoyeurs de la RDC tellement penchés pour piller le sous-sol congolais ». Point besoin de connaître la langue lingala, Luciana se charge d’exprimer la peine des Congolais par un chant tellement bouleversant que la chanson on ne l’écoute pas mais on la vit, elle te prend aux tripes, te tord les boyaux de rage.

Ange Volcan, tellement romantique…

Et si la fonction la plus noble d’un chanteur était celle de s’approprier les joies et les peines de cœur des communs des mortels ? Dans Ange Volcan, Luciana Demingongo exalte de profonds sentiments personnels liés à sa ville natale Kisangani incarnée par une beauté inénarrable nommée Ange Volcan, symbole de ces filles du célèbre lycée Anuarite, très belles les unes que les autres dans leur uniforme. Non sans se laisser aller à cet humour naturel des Boyomais en saupoudrant la chanson des expressions légendaires en lokele : « Isoowa Iya ooo », « Bosasele ya’akondo » et en citant des lieux et communes d’ambiance : le quartier Pumuzika « Paris Soir » ou « Matonge », la commune Mangobo où le chanteur avait fait ses débuts, etc. Peut-être la meilleure chanson de cet opus.

Rigo Star l’insubmersible, Olivier « La Science »

À l’écoute de l’album Zanzibar, on se dit que le guitariste et arrangeur Bamundele Rigo Star a eu raison d’hiberner. Sa réapparition est une éclaircie et sa collaboration avec Luciana remet sur ses deux pieds une musique congolaise trop confinée dans sa fonction de musique des soirées débridées. Un vrai compagnon de route dans la voiture, un album recommandé pour une écoute qui détend, qui relaxe, qui apaise, qui transporte dans de douces évasions de l’esprit.

Se démarquer de l’ordinaire, chercher l’improbable, c’est aussi la marque de cet album avec le titre Et pourtant dans laquelle Luciana propose un chant plein de difficultés avec des inflexions et variations vocales en dehors des canons habituels imposant un exercice hyper compliqué aux instrumentistes. Et c’est là que l’on découvre un étonnant Olivier Tshimanga qui atteint les cimes de son art. Le guitariste fait passer la musique d’art en science en réussissant une alchimie dont il ne suffirait pas d’avoir la formule pour la reproduire.

Des Lituaniennes conquises

Comme avec le maître Tabu Ley, les musiciens qui ont accompagné Luciana se sont sublimés, pas uniquement parce qu’ils sont doués, mais également parce que Demingongo rend les autres meilleurs. Un indice sur la qualité de l’album Zanzibar ? De retour d’une conférence internationale en Autriche, Zanzibar était diffusé dans la voiture qui nous amenait à l’aéroport de Vienne : au milieu de la première chanson, deux Lituaniennes très branchées musique internationale me demandent le nom du chanteur et où elles pourraient acheter cet album…

Botowamungu Kalome
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