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Au fait ! Qui vous a dit que la France voulait de la Démocratie au Congo?


Par | Mercredi 13 Juillet 2016 | Lu 353 fois | 1 Commentaire

Brazzaville, (Starducongo.com) - Quand on est dans un désert politique et économique depuis aussi longtemps, c'est-à-dire depuis la Colonisation, « relookée » en 1960, il est de notre devoir de nous demander à qui et à quoi servent toutes les règles truquées du jeu qu’ils nous font jouer, les yeux bandés.



Au fait ! Qui vous a dit que la France voulait de la Démocratie au Congo?
Mais au fait ! Qui vous a dit que la France voulait de la Démocratie, du Développement au Congo en particulier et en Afrique francophone en général ? Quand, de la part de la France, y-a-t-il eu une adéquation entre les discours d’une part et les actes de l’autre, envers le Congo en particulier et l’Afrique francophone en général ?

La France et sa classe politique ne sont que dans des discours et des postures hypocrites qui ne doivent plus nous surprendre. La France et sa classe politique n’ont en aucun moment voulu de la Démocratie ni du Développement de son pré carré africain. La Démocratie et le Développement économique de l’Afrique francophone n’ont jamais été dans le schéma de réflexion de la classe politique française.
Le Discours de C. de Gaulle à Brazzaville peut nous servir du point de départ. Il fallait une pierre angulaire à cette construction, un moyen de domination, un cheval de Troie. L’Afrique francophone a eu le Franc C.F.A. qui remplit aisément tous ces rôles.
Tous ceux qui analysent le rôle de cette monnaie uniquement sous l’angle technique, devront se poser la question politique et les conséquences sociales du Franc CFA. La France n’a pas créé cette monnaie pour l’amour fou qu’elle porte envers les Noirs. Il fallait à la France un cheval de Troie pour superviser ses colonies, bien implanter sa domination, donc bien défendre SES INTERETS. Oser soutenir que poser le problème du franc Cfa est un faux débat est une escroquerie intellectuelle. Car celui qui tient la monnaie a le pouvoir sur ceux qui s’en servent. Et comme, les intérêts ne sont confiés qu’à une personne que l’on contrôle totalement, toute idée démocratique est dont un non sens. Partant, la France peut parler de Démocratie dans son pré carré. Mais cela reste dans le registre de bonnes intentions, de vœux pieux. Cela explique pourquoi depuis plus d’un demi-siècle après les indépendances, les pays francophones et surtout ceux de l’Afrique centrale, progressent dans la barbarie, la dictature et le sous développement politique, économique.
L’Indice de développement humain (IDH) donne une estimation du niveau de vie général d'un pays. Etabli par le Le P. N. U. D, il prend en compte les données socio-économiques telles que l'éducation, la santé ou encore le revenu par habitant. En 2012, le classement du P. N. U. D présentait le Gabon à la 112e place, le Congo à la 140e place, le Cameroun est au 152e rang, le Tchad occupant la 184e place, le Centrafrique classé au 185e rang. Ces pays ont un point commun: Le Franc C.F.A, qui est à la fois, un anachronisme et un boulet économiques et politiques. La France, seule ancienne puissance coloniale, gérant son jardin africain comme au bon vieux temps des Colonies.
Régulièrement, les hommes politiques de la zone CFA véhiculent une rumeur affichant leur volonté de créer leur propre monnaie. Régulièrement aussi, les Ministres français les mettent au défi d’oser franchir le Rubicon. De Mme C. Lagarde, (citée par D. Mouegni Icolo), qui dit: « si c’est ça que vous voulez, allez-y, faites-le » à M. Sapin, lors du sommet de la zone Franc du 02 octobre 2015 à Paris: « La France est entièrement ouverte à toutes les discussions. Tous les pays membres de cette zone monétaire sont libres et indépendants». Les mêmes phrases ironiques, la même hypocrisie, en deux périodes différentes, de la part de deux Ministres de Finances Français, de deux bords politiques pourtant opposés.
Revenons s’il vous plait au cas congolais.
Il était connu de tous, qu’A. Milongo, ne devait qu’assurer une transition. Et pourtant, la France y est allée de son grain de sable dans les rouages de cette transition. Poussant A. Milongo à écrire une lettre ouverte au Gouvernement français dans le Figaro du 29 janvier 1992.
P. Lissouba, régulièrement et démocratiquement élu, va subir la guerre de juin 1997. Il ne fallait surtout pas ouvrir la boite de Pandore. La France, pays démocratique, pays des Droits de l’Homme (comme ils disent), ayant eu peur de cette Démocratie naissante au Congo, devait siffler la fin de l’expérience démocratique au Congo, en ramenant à la magistrature suprême, celui qui ne mettait pas en danger ses intérêts: D. Sassou-Nguesso.
1991, ce fut la Conférence Nationale Souveraine. Ils étaient venus, ils étaient tous là, la main sur le cœur, participant au Rituel ancestral du lavement des mains. La Crème de la crème congolaise avait juré: « Plus Jamais ça ». Mgr Nkombo: le Grand Maître des Cérémonies et cette crème avaient simplement oublié que lorsque l’on dit : « Plus jamais ça », il faut entendre : « Demain, nous ferons plus encore…». A la Conférence Nationale Souveraine:
Il avait été dit ; « plus d’assassinats politiques ». Et depuis 1992, la classe politique a plus tué que sur la période allant de 1960 à 1991.
Il avait été dit ; « plus de détournements des deniers publics ». Et depuis 1992, l’utilisation frauduleuse de l’argent public a atteint des niveaux hallucinants. On détourne plus que sur la période allant de 1960 à 1991. Les détournements des deniers publics, les biens mal acquis sont devenus la norme. Celui qui ne détourne pas est devenu une curiosité, une espèce des temps anciens.
Il avait été demandé ; « la Reconstruction de l’Etat et ses Structures ». Et depuis 1992, c’est le délabrement total. Aucun congolais ne dit du bien de l’Ecole, de l’Armée, de la Police, de la Santé.
1991, le grand tournant. La Conférence Nationale Souveraine a marqué le grand échec de la crème congolaise. Et depuis, le Congo ne récolte que les fruits de cette Conférence ratée.
Depuis, un mal insidieux ronge de plus en plus ce pays. Le délabrement mental. Et, par métastases, comme un cancer, il s’est répandu dans tout le corps social congolais. A tel point que certains défendent D. Sassou-Nguesso et son clan, pour la seule raison qu’ils sont de la même tribu : Le syndrome de la Meute. D. Mouegni Ivolo cite T. Obenga, qui estime que Seul D. Sassou Nguesso est à même de diriger le pays. Ce qui est une injure envers ses confrères Professeurs et Intellectuels qui sont donc tous des incapables. Ce délabrement mental explique le vagabondage politique de l’intellectuel congolais.
Ce délabrement mental conduit certains à trouver refuge dans la Religion. Ainsi des guides spirituels auto proclamés et des lieux de prières fleurissent dans tout le pays, remettant à Dieu, le soin de régler le problème de sa créature Sassou-Nguesso. L’Ordre Maçonnique est perçu comme une Association de Malfaiteurs et de Sorciers. Il ne fait pas bon au Congo d’être reconnu comme tel.
Initiée par la France en juin 1997, cette situation de guerre intérieure, avait généré une réalité économique à laquelle aucun des seigneurs de guerre n’avait pensé. Ils avaient une seule priorité: la conservation du pouvoir à tout prix. Le délabrement mental s’est ramifié dans toutes les strates de la société congolaise et a généré, la culture de la Cueillette.
J. Hatzfeld (Une saison de machettes au Rwanda en 1994) rapporte : « Une dame du doux prénom de Marie Chantal raconte : « Sur le chemin d’en bas de la parcelle, on voyait toute la journée un long tracé de ramasseurs, pliant leur dos sous le fardeau de ce qu’ils venaient de piller». Un monsieur nommé Léopold renchérit : «On commençait la journée par tuer, on terminait la journée par piller. C’était la règle de tuer à l’aller et de piller au retour. On tuait en équipée, on pillait chacun pour soi ou par petits groupes d’amitié. Sauf les boissons et les vaches, qu’on se plaisait à partager…». Ceci s’est passé de Janvier à Mai 1994, lors du génocide des Tutsis par les Hutus. Ceci se passera au Congo dans les quartiers Sud de Brazzaville et dans le Pool, lors des événements de Décembre 1998.

C’est la cueillette. Les Congolais prennent ce que la nature produit. En poussant plus loin la réflexion, on se rend compte que l’extraction des produits des sous sols marins ou pas, la pêche dans le fleuve sont une forme de cueillette, au même titre que celle des produits forestiers. Le Congolais n’intervient que pour prendre ce que la nature ou les autres ont produit. C’est devenu, une seconde nature, une culture. Le système va se perfectionner en pillant l’Etat. Les détournements des deniers de l’Etat n’étant qu’une version en plus élaborée de la cueillette.
Dans sa hargne à vouloir et à garder le pouvoir, couvert par le parapluie français, depuis 1977, D. Sassou-Nguesso est monté en puissance dans les crimes contre l’humanité. Dans les crimes et les assassinats, il a toujours fait mieux d’une période à la suivante. Il en est arrivé à les perfectionner : les Disparus du Beach en Mai 1999, la tragédie du 04 Mars 2012 à Mpila, les bombardements des quartiers Sud de Brazzaville et du Pool, en 1998 et en 2016. La France, ce Cher Pays des Droits de l’Homme, a toujours couvert son Protégé. Depuis longtemps, Sassou-Nguesso tue, la France protège. Le parfait engrenage devenu un cercle vicieux bien huilé.
Et, lorsqu’il est battu aux élections de 1992, la France le remet en place en juin 1997.

A partir de Sibiti, il ne fallait pas être issu de la cuisse de Jupiter pour comprendre que D. Sassou-Nguesso modifierait la Constitution. Fidèle à l’hypocrisie française, se contredisant, F. Hollande allait soutenir cette modification. Il ne fallait pas être Nostradamus pour comprendre que D. Sassou-Nguesso ne reconnaitrait pas les résultats des urnes. Et, la France, toute honte bue, ne pouvait que suivre D. Sassou-Nguesso dans tout ce qui allait suivre. « Qui ne dit mot, consent », n’est ce pas ?
Depuis les résultats de l’élection du 20 mars dernier et toutes les suites collatérales qui en découlent, les Congolais ne devraient donc plus être surpris du silence de la France, de sa classe politique et de ses média. Silence qui est un soutien avoué aux agissements de D. Sassou-Nguesso.
Une preuve ? La venue de D. Strauss-Khan à Brazzaville. Tout économiste vous dira que ce Monsieur en tant que économiste n’a rien réussi. Dans le gouvernement de L. Jospin, il a initié les 35 heures : Une hérésie économique qui suscité un tollé général. Et, jusqu’à présent la France en paie le prix. Nommé Patron du F.M.I. par N. Sarkozy, qui voulait se débarrasser d’un élément pour les présidentielles à venir, il s’est fracassé avec l’affaire du Sofitel de New York. Il a monté un fond d’investissement LSK qui a conduit son associé au suicide. Et le Congo de D. Sassou-Nguesso a trouvé en ce Monsieur, un conseiller économique hors pair. C’est à se tordre de rire si des vies humaines n’étaient pas en jeu.
Cela explique aisément la durée au pouvoir des Présidents en Afrique centrale : P. Biya, D. Sassou-Nguesso, I. Deby-Itno, A. Mbongo-Odimba. Le centrafricain Faustin-Archange Touadéra suivra aussi le chemin.
Et, c’est cette France qui nous parle de Démocratie et de Développement.

Nzoumba-Mpassy
nzoumbampassy@gmail.com
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Vos commentaires:

1.Posté par le fils du pays le 13/07/2016 12:30 | Alerter
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Un bel texte,seuls les aveugles qui ne veulent pas voir.
Mr Mpassy,je suis parmi ceux qui préconisent la solution Algérienne (c'est a dire par les canons)pour chasser du Congo la france,ses multinationales et son valet

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