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Barbara Kanam : « C’est avec plaisir et passion que je chante »


Par Lepotentielonline.com | Mercredi 6 Août 2014 | Lu 567 fois | 0 Commentaire

La chanteuse congolaise, Barbara Kanam, est considérée comme l’une des plus belles voix féminines de la musique africaine. Lauréate des différentes distinctions, obtenues grâce à son talent, son professionnalisme et ses qualités artistiques indéniables, la « Diva africaine », comme on la surnomme, a accepté de répondre aux questions de notre correspondant en France, Robert Kongo, pour parler de sa carrière.



Barbara Kanam
Barbara Kanam
Bon nombre de personnes considèrent que vous êtes l’une des plus belles voix féminines de la musique africaine. Comment réagissez-vous à ce compliment ?

C’est beaucoup d’honneur. Cette marque de sympathie me fait énormément plaisir et me va droit au cœur. Cela me donne envie de travailler encore plus et de continuer à leur donner du bonheur. Je dis merci.

Pourquoi êtes-vous devenue chanteuse ?

C’est un pur hasard. Je ne me destinais pas à devenir chanteuse, mais plutôt à travailler dans le monde des affaires ou dans l’administration. J’ai eu une enfance normale et j’ai fait une excellente scolarité. Mais comme on dit, l’homme propose et Dieu dispose. Je suis donc devenue chanteuse. Aujourd’hui, je ne le regrette pas. Bien au contraire. J’estime que la musique est l’un des plus beaux métiers du monde. C’est avec plaisir et passion que je chante. La chanson m’a donné le moyen d’aller vers les autres, de les rencontrer et d’échanger avec eux. C’est trop génial !

Comment l’êtes-vous devenue ?

Dans les années 1991-92, je me trouvais à Johannesburg, en Afrique du Sud, pour y poursuivre mes études universitaires. Le sort a fait que je fréquente une Eglise au sein de laquelle on me propose de diriger la chorale. Je deviens soliste de cette chorale. Je n’ai jamais fait une école de musique ni chanté auparavant. Mise à part l’habitude qu’on a de chanter chez soi, sans se rendre compte qu’on a un don ou on possède un talent. C’est au travers de cette chorale que j’ai réalisé que j’avais un don pour la musique. J’ai donc décidé, en ce moment là, d’arrêter mes études. A l’insu de mes parents. Avec ma bourse étudiante, j’ai acheté ma première guitare. Autodidacte, j’ai commencé à jouer à la guitare et à chanter à l’Eglise. C’est ainsi que les portes de la musique se sont ouvertes à moi. J’ai commencé à faire quelques tournées en Afrique centrale, notamment en RDC, à Kinshasa et Lubumbashi. En Côte d’Ivoire, ma rencontre avec Dodo Koné, qui était à l’époque le manager d’Alpha Blondy, a sonné le début de ma carrière. A Abidjan, je faisais partie de la chorale « Grâce » de Cocody et je chantais régulièrement à l’Eglise. Dodo Koné était venu assister à l’une de mes prestations. Emerveillé, il m’a conseillé de faire carrière dans la musique. Mais j’étais très sceptique, et étant de nature timide, j’avais peur, car je ne me voyais pas devenir chanteuse professionnelle. Embrasser un métier qui est assez dur ne correspondait pas à mon idéal. Aujourd’hui, je peux dire que c’est beaucoup de bonheur. Je chante depuis bientôt 13 ans et je suis ravie. Mais il faut noter aussi que je travaille beaucoup et avec discipline. Finalement, au fond de moi, je pense que je suis une passionnée de musique. J’aime ce métier et j’ai envie de faire plaisir aux gens, leur donner du bonheur, du rêve…Franchement, je ne regrette pas d’avoir choisi cette voie qui me procure beaucoup de joie.

Barbara Kanam est votre nom propre ?

Je m’appelle Mutund Barbara Kanam. Mutund est mon nom de famille ; Barbara est mon prénom occidental ; Kanam est mon prénom africain, celui de ma grand-mère paternel.

Combien d’albums avez-vous à votre actif ?

J’en ai trois : Mokili (1999), Teti (2003) et Karibu (2009). Je prépare un nouvel album, Zawadi, qui sortira vers fin octobre de cette année. C’est un joyau ; c’est quelque chose de très précieux ; c’est un cadeau que je voudrais offrir au monde, et particulièrement à l’Afrique.

Ecrivez-vous vous-même les textes de vos chansons ?

J’écris moi-même les textes de la plupart de mes chansons. De temps en temps, si j’ai besoin d’un conseil ou d’une aide, je fais appel à certaines personnes. Et cela m’arrive souvent.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Mon quotidien, ma vie de femme, l’actualité dans mon pays ou dans le monde, c’est-à-dire ce qui s’y passe de bon ou de mauvais. Dans mes chansons, je parle d’amour, de paix, des choses qui me révoltent, d’espoir, des rêves de gens, de la jeunesse…

Vous avez collaboré avec beaucoup d’artistes africains et d’ailleurs. Lequel vous a le plus marqué ?

Chacun d’entre eux a sa particularité. Chaque collaboration a été pour moi un enrichissement, autant sur le plan musical que sur le plan d’échange. Mais s’il y a une collaboration qui m’a beaucoup marqué, c’est celle avec la jamaïcaine Nyanda de The Brick&Lace. C’est de la musique américaine. Pouvoir associer la musique américaine à la musique de chez nous, du lingala, j’ai trouvé cela très enrichissant et surtout positif.

Quelle musique écoutez-vous ?

Je suis très ouverte. J’écoute un peu de tout : la rumba, la salsa, du gospel… Pour parler de la musique congolaise, je dirai que je suis très nostalgique. J’aime beaucoup la vieille musique, car c’est de la vraie musique. J’écoute beaucoup Franco, Tabu Ley, Mpongo Love, Abeti Massikini… Sur le plan international, j’écoute Aretha Franklin, Withney Houston…

Vous chantez depuis treize ans et vous avez déjà remporté de nombreux prix. Etes-vous une chanteuse comblée ?

Oui (rires), je suis comblée. J’ai eu quand même un beau parcours jusqu’à présent. J’ai eu beaucoup de chance. J’ai rencontré des gens au moment où il fallait. Aujourd’hui, je suis connu sur le plan international. La Côte d’Ivoire a été pour moi un bon tremplin. Le fait d’y avoir débuté ma carrière m’a beaucoup aidé. Cela m’a permis d’avoir une ouverture sur le plan musical. J’ai subi quand même pas mal d’influence. J’ai vécu en RDC, mon pays natal, entre Lubumbashi et Kinshasa, en Afrique du Sud, en Côte d’Ivoire…Il y a du métissage musical dans ce que je fais. Ce mélange de style m’a permis d’atteindre beaucoup de gens de différentes confessions religieuses et de différentes nationalités. Je suis très heureuse quand j’entends un Burkinabé, un Béninois, un Hollandais… chanter « Teti », dans ma langue natale ! Je me dis que finalement, j’ai quand même fait quelque chose. Le travail paie. Je suis comblée certes, mais il faut que je continue. On n’a jamais fini d’apprendre. Il faut s’améliorer davantage, chercher l’excellence. Pour aller loin. Telle est mon ambition. Je veux faire de la bonne musique pour atteindre un plus grand nombre de personnes. Et cela demande beaucoup d’énergie, de courage et d’ humilité.

Vous comptez rendre hommage à certaines grandes voix féminines de la RDC. Pouvez-vous nous en dire un mot ?

Les gens semblent oublier que nous avons eu de grandes voix féminines en RDC. J’ai envie de leur rendre hommage ; les faire revivre au travers d’un album qui sortira l’année prochaine.

Qui sont ces grandes voix féminines?

Il y en a eu beaucoup ! Cette fois-ci, j’ai sélectionné quelques unes, notamment Lucie Eyenga, Abeti Massikini et Mpongo Love. Je ferai aussi un clin d’œil à Tshala Muana. Peut-être prochainement, si Dieu m’en donne les moyens, j’en chanterai encore d’autres.

Que représente la musique pour vous ?

La musique, c’est quelque chose d’intemporel. Même si vous disparaissez, vos œuvres restent. Pour moi, c’est le plus beau ministère. C’est pourquoi, c’est un faux débat de vouloir établir une différence entre la musique religieuse et la musique dite profane. Nous sommes tous des ministres de bonnes paroles, en quelque sorte. La musique, quelle qu’elle soit, est le meilleur moyen de donner du bonheur aux gens. Elle réunit toutes les générations ; toutes les personnes qui ne sont pas du même pays et surtout ne parlant pas la même langue ; grâce à la musique, on arrive à oublier le poids de ses soucis et à se souvenir de beaucoup de choses… La musique est l’une des plus belles choses qui existent au monde. Et je suis très heureuse de faire ce métier et de pouvoir compter parmi les chantres de l’amour et de la paix.

Vous semblez être partout. Où vivez-vous ?

(Rires). Je suis une citoyenne du monde. Je vis un peu partout où on m’offre un coin. Je m’arrête et je m’installe. Je n’ai aucun mal à m’adapter. J’ai des résidences dans plusieurs pays, notamment en France et en Afrique, qui est mon grand pays. L’Afrique, c’est ma terre. Ce n’est pas un hasard si on m’appelle aujourd’hui la Diva africaine.

recueillis par Robert Kongo
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