Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Bienvenu Okiémy, ministre de la Communication du Congo-Brazzaville


Par Rfi.fr | Mercredi 23 Avril 2014 | Lu 511 fois | 0 Commentaire

«Le débat sur la constitution ne doit pas être un tabou. Plutôt que de voir en la constitution un texte figé, il convient de voir un texte dynamique, adaptable à l'évolution de la société congolaise. Il n'est donc pas interdit de vouloir faire le bilan de notre expérience constitutionnelle.»



Au Congo-Brazzaville, le président Sassou Nguesso va-t-il faire modifier la constitution afin de pouvoir se représenter en 2016 ? La question est sur toutes les lèvres. Bienvenu Okiemy est le ministre de la Communication et le porte-parole du gouvernement congolais.

En ligne de Brazzaville, il lève un coin du voile au micro de Christophe Boisbouvier.

RFI : Selon la Constitution le président Sassou-Nguesso n’a pas le droit de se représenter en 2016 au terme de son mandat. Est-ce qu’il va respecter les textes ?

Bienvenu Okiémy
: Ce qu’il faut savoir c’est qu’aujourd’hui aucune instance constitutionnelle habilitée à engager la révision de la Constitution ne s’est prononcée : ni le président de la République ni le Parlement ni même le gouvernement. Cela dit, le débat sur la Constitution ne doit pas être un tabou puisque la Constitution est un texte essentiel sur la vie de la nation et son devenir. Moi, je pense que plutôt que de voir en la Constitution un texte figé, il convient d’y voir un texte dynamique, un texte qui est adaptable à l’évolution de la société congolaise. Il n’est donc pas interdit de vouloir faire le bilan de notre expérience constitutionnelle après quinze ans. Donc un texte juridique est appelé à s’adapter à l’évolution de la société. A titre d’exemple ; en France, la Constitution a été modifiée à vingt-quatre reprises. Aux Etats-Unis cette Constitution a été modifiée à quinze reprises.

A Brazzaville plusieurs voix s’élèvent en faveur d’une révision de la Constitution ; les voix des ministres Pierre Mabiala et Isidore Mvouba, celle du président de l’Assemblée Justin Koumba. Est-ce que ce sont des signes annonciateurs ?

Les propos tenus par ces personnes doivent être considérés comme leurs propres opinions. Ce sont les opinions de simples citoyens. Ce sont des initiatives populaires que l’on ne saurait bâillonner sur un sujet aussi important.

Mais le président de l’Assemblée ce n’est pas un simple citoyen. Souvent sur le continent, quand un chef d’Etat veut toucher à la Constitution pour rester au pouvoir il fait d’abord monter ses lieutenants en première ligne pour tâter le terrain. Est-ce que ce n’est pas le cas aujourd’hui ?

Ce n’est pas le cas. Justin Koumba s’est exprimé en son propre nom, à l’occasion du déplacement du président de la République dans le département dont il est originaire. Simplement, il a pris la parole au nom des notables de cette région.

La preuve que le président veut modifier la Constitution par référendum c’est qu’il a organisé un recensement bidon, dit l’opposant Mathias Dzon.

Mais le recensement administratif est le résultat de la concertation politique de Dolisie (en mars 2013, NDLR). Et ce qu’il faut savoir c’est que le recensement est un acte volontariste. Le gouvernement ne tient compte que des inscrits. Il appartenait aux partis politiques de la majorité, comme de l’opposition, de faire un travail, en sorte que leurs adhérents soient inscrits sur la liste électorale. Si Mathias Dzon n’a pas fait ce travail, la responsabilité est de quel côté ?

Alors Mathias Dzon vous met en garde. Si le président veut rester, le peuple s’y opposera. « Que peut-il faire pendant sept ans supplémentaires qu’il n’a pas fait depuis trente-deux ans ? », demande-t-il.

Mais ce qu’il faut savoir c’est que la dévolution du pouvoir dans notre pays se fait par voie démocratique. Seul le peuple congolais peut imposer quelque chose. Et avoir des rengaines derrière n’honore pas notre pays. Et ce que je voudrais rajouter ; le Congo n’est pas une grande cour de récréation perpétuelle où s’exprimeraient continuellement quelques forces politiques rétrogrades et portées par la violence. Tel est le projet politique de Mathias Dzon.

Pour prévenir une grave crise à venir, Mathias Dzon vous propose un dialogue national. Que répondez-vous ?

Mais le Congo est un Etat de paix de toutes les institutions dans lesquelles se pratique au quotidien un dialogue thématique sur les perspectives de développement, sur la concorde sociale, sur les moyens de densifier le pacte républicain. Mais alors, de quel dialogue parle-t-on encore ? Seul le peuple congolais peut imposer quelque chose. Mathias Dzon n’a rien à imposer !

Donc on va vers une révision de la Constitution pour 2016 ?

Mais là-dessus, ce que je vous disais tout à l’heure ; la révision de la Constitution ne doit pas être un tabou ! Dès lors que le peuple souverain, le peuple congolais, voudrait la réviser, tous les voies et moyens sont là pour y aller.

Voulez-vous dire qu’on va vers un référendum pour la révision de la Constitution ?

Ce choix appartient au peuple congolais !

Oui, mais l’initiative du référendum, elle appartient au pouvoir. Donc est-ce qu’on va vers ce référendum ?

Mais le pouvoir est à l’écoute du peuple congolais. Dès lors que le peuple congolais voudrait modifier la Constitution, je pense que les gouvernants devraient en tenir compte et éventuellement proposer cela.

Si référendum il y a, est-ce que cela se fera avant la fin de l’année ?

Avant de parler de référendum, il faut que le peuple congolais ait souhaité d’abord effectivement modifier la Constitution. Si telle était sa volonté, je pense que les gouvernants devraient en tenir compte. Et à ce moment-là, les gouvernants devraient organiser les choses.

Autre dossier d’actualité ; celui de Marcel Ntsourou, l’ancien numéro 2 des services de renseignements. Deux ans après l’explosion de Mpila, il a été condamné à cinq ans de prison avec sursis. Donc libéré. Mais trois mois plus tard, il a été à nouveau arrêté et condamné cette fois à cinq ans de prison ferme. Est-ce que ce n’est pas de l’acharnement ?

Il n’y a pas d’acharnement. Tout simplement parce que le juge congolais travaille en toute indépendance. Cette indépendance lui est garantie par la Constitution. Le procès des explosions du 4 mars a eu lieu. Les uns et les autres ont été défendus par leur conseil. Les décisions ont été rendues. La contestation des décisions de justice s’est faite. La cassation a eu lieu. Marcel Ntsourou a été condamné à la prison ferme. Je n’y vois pas d’intervention, je n’y vois pas d’acharnement. J’y vois simplement une simple application de la règle de droit.

Le pouvoir ne vient-il pas se débarrasser d’un adversaire politique ?

Mais Marcel Ntsourou est officier ! Il était officier des FAC, des Forces armées congolaises. Il n’avait pas de fonction politique. Et quand bien même il eût été un homme politique, mais au Congo on ne se débarrasse pas d’adversaires politiques. La bataille pour la revalorisation de la démocratie congolaise se fait en toute transparence.
Lu 511 fois


Nouveau commentaire :

Publions des commentaires constructifs pour avancer

RD Congo | Actualités | Football | Beauté et Mode | RD Sport | RD Economie | Handball | RD Société | Les arts | Gouvernement | RD Album | Arts martiaux | Monde | High Tech | Basket-ball | Indiscretions | Athlétisme | Sports | Portraits | Autres Sports | Interviews | Tennis | Afrique | Interviews Sports | Maghreb | Dans les bacs | Festivals | Rétrospective | Paroles de chansons | Livres | Divertissement | Cuisine congolaise | Vitrine | Ambassades | Actualité RDC | Sante | Economie | RD Politique | RD Tribune | Ils ont dit | Polémique | Live | Concert | Société | Zoom | Anecdotes