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Bimi Ombale : La sainte colère de Jossart et les témoignages de Manuaku Waku, Papa Wemba, Marie Misamu


Par SDC, Starducongo.com | Dimanche 22 Mai 2011 | Lu 3197 fois | 0 Commentaire



Fr. José Nzita, Fr. Patrice Ngoy Musoko et Sr. Marie Misamu. Crédit photos : © Zaïko L.L
Fr. José Nzita, Fr. Patrice Ngoy Musoko et Sr. Marie Misamu. Crédit photos : © Zaïko L.L
À l’évidence, Jossart Nyoka Longo n’a jamais digéré les torts faits à son amitié avec Bimi à la suite de la scission de Zaïko Langa Langa qui avait donné naissance, en 1988, à Zaïko Familia Dei. Sur un ton direct et faisant fi du deuil plutôt propice au consensus et aux embrassades de circonstance, le chanteur s’est lâché lors des obsèques de Mwana Wabi : « André, je l’ai connu à la naissance de Zaiko Langa Langa, il avait été repéré grâce à son talent de drummer au sein de l’orchestre Les Zézés. Des brouillards ont obscurci notre amitié à cause des personnes aux ambitions démesurées qui ont cherché à nous séparer et à opposer Bimi Ombale et Zaiko Langa Langa. J’ai la paix et la joie de m’être réconcilié avec lui, qui s’est donné corps et âme à la propagation de la parole du Seigneur. Qu’il intercède pour nous auprès de Lui… ». Dans la foulée, d’autres témoins notoires ont évoqué l’artiste et l’homme.

Papa Wemba, chanteur : « Nous ne voulions pas qu’il chante… »

« Nous avons grandi ensemble à Matonge et nous avons démarré la carrière musicale quasiment à la même période. Avant cela, Bimi était un excellent footballeur. Ce n’était pas un garçon prétentieux, un m’as-tu vu, mais c’était quelqu’un qui ne se laissait pas faire et qui pouvait avoir mauvais caractère. On ne le connaissait pas comme chanteur et quand il voulait chanter avec nous, on le repoussait. C’est ainsi qu’il nous avait quittés pour rejoindre le groupe Tabou National et c’est là où tout le monde a compris que Bimi était un excellent chanteur et que nous l’avons récupéré. C’était quelqu’un d’honnête, de passionné et de sérieux dans son travail. Il se distinguait par un style de chant particulier, et une écriture qui sortait un peu de l’ordinaire. C’était un faiseur de tubes, aucune de ses chansons dans Zaïko n’est passée inaperçue, toutes ses chansons ont été des tubes. Son riche et abondant répertoire en témoigne. »

Manuaku Waku, guitariste : « Bimi Ombale était le Phil Collins congolais »

« Bimi Ombale est un modèle à suivre. C’était un vrai musicien, un multi-instrumentiste. Avant Zaïko, je le connaissais déjà depuis l’enfance et nous avons fréquenté la même école primaire et ensuite le Collège Notre Dame. À ses débuts, il jouait du rythm’n blues et de la pop music dans le groupe Les Zézés dans les années 1968-1969 avant son arrivée dans Zaïko Langa Langa. C’était un excellent batteur et moi, je l’appelais "le Phil Collins congolais". Il est passé de la batterie au chant, et pas comme choriste mais comme chanteur voix lead, ce qui n’est pas donné à tout le monde. C’était, en plus, un grand auteur-compositeur qui nous a légué un riche patrimoine. On ne peut aujourd’hui parler de musique congolaise sans évoquer le nom de Bimi Ombale. »

Le Député Maire de Brazzaville Hugues Goloundele et le Gouverneur André Kimbuta Yango. Crédit photos : © Zaïko L.L
Le Député Maire de Brazzaville Hugues Goloundele et le Gouverneur André Kimbuta Yango. Crédit photos : © Zaïko L.L
Frère Paul Balenza, chanteur : « Ya André regrettait de n’avoir pas eu ses enfants d’une seule union »

« Ya André était très colérique, direct et bavard mais ses colères ne duraient pas. On le provoquait souvent pour le voir se mettre en colère. Il avait le sens du pardon et de l’oubli. Il avait de l’humour et savait relater des aventures vécues avec ses amis d’enfance ou de carrière. Ya André se souciait de ses enfants et, des fois, regrettait de ne pas les avoir eus d’une seule union. »

« Je connais bien ses œuvres et je le dis, sans crainte d’être contredit, que cet ancien drummer converti en chanteur a été le plus grand créateur de tubes à succès dans Zaiko. Il avait une voix spécifique teintée d’un accent de sa tribu sengele ou ntomba. Il détestait l’injustice et aimait travailler en écoutant la musique des autres. Lorsqu’il a créé son groupe Basilique Loningisa, je lui ai remis toute la collection de mes cassettes religieuses et il les répétait comme s’il pressentait déjà son passage à l’autre rive. Humble et ouvert, il m’avait associé à la correction de quelques textes de son dernier album intitulé « Bueta »

Le chanteur Papa Wemba, Jean-Marie Kassamba et le chanteur Mavuela Somo. Crédit photos : © Zaïko L.L
Le chanteur Papa Wemba, Jean-Marie Kassamba et le chanteur Mavuela Somo. Crédit photos : © Zaïko L.L
Mascot De Katalas, chanteur : « C’était un coquin… »

« Ce qui m’amusait chez Bimi, c’est quand nous passions des après-midi assis sur des chaises sur le trottoir, le long de la clôture de l’église Saint Joseph, en face de son domicile à Matonge. Il se régalait à taquiner les passants. Dans les rues de son quartier, les filles connaissaient bien son penchant pour les blagues et se prêtaient à son jeu avec beaucoup de charme ! »

Do Akongo, chanteur : « Il me couvait de ses conseils »

« Il aimait beaucoup ce que je fais et ne cessait de me le répéter quand on se voyait. Même après Zaïko on se voyait et il me prodiguait des conseils par rapport à mon métier et par rapport aux choses de Dieu. Il avait un timbre particulier dans sa voix et en plus il fut un très bon interprète, donc nous avons perdu un des piliers de Zaïko, un frère. »

Paul Bazakana, journaliste : « Il avait trop de sautes d’humeur… »

« Bimi avait un caractère parfois difficile avec des sautes d’humeur envers les médias et ses collègues de Zaïko. Dans les années 70, lorsqu’il faisait la cour à « Mizou » (Claudine Adisi), la belle-soeur de mon ex-patron au quotidien « Salongo » Bondo Nsama, le fait de parler de lui en bien, m’avait valu d’être suspendu à la rédaction parce que Bondo Nsama désapprouvait cette relation. Je me souviens aussi du jour où Lossikiya et moi étions partis lui remonter les bretelles devant Ma Elika parce qu’il avait été irrespectueux envers Tabu Ley Rochereau. »

Marie Misamu, chanteuse : « Un grand-frère, une voix d’or que j’écoutais déjà à l’époque de Zaïko »

« C’est quelqu’un que j’écoutais quand il faisait de la musique au sein de Zaïko, une voix d’or, un artiste que je considère personnellement comme un baobab, un artiste très talentueux, on vient donc de perdre un grand homme. C’était un excellent chanteur, une personne au grand cœur et cela n’était pas dû qu’à sa conversion au christianisme. »

Jossart Muanza (Afrique Échos Magazine)| Crédit photos : © Zaïko L.L.
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