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Bruno Houla. Il était un virtuose du saxo


Mardi 19 Janvier 2010 - 20:00


Bruno Houla. Il était un virtuose du saxo
Parmi les artistes musiciens qui ont marqué d’une pierre blanche l’histoire de la musique congolaise des années 70 figure, en bonne place, le saxophoniste Bruno Houla, alias «Vieux Bruno». L’artiste a rendu l’âme, le 8 décembre 2009, à Brazzaville, à 70 ans, des suites, semble-t-il, d’une insuffisance rénale, laissant une veuve et cinq enfants. Flash back sur la carrière de cet artiste hors pair, porté en terre, il y a quelques jours, dans la capitale congolaise.

Né le 2 juin 1939, à Léopoldville, actuelle Kinshasa, Bruno Houla a fait ses premières armes musicales en 1956, dans l’orchestre Rock’A Mambo, en qualité de batteur. En tournée dans la ville précitée, Manu Dibango fait sa découverte et l’emmène dans son orchestre, à Douala, au Cameroun. Voyant son nouveau maître manier le saxo, quasiment à la perfection, l’artiste congolais manifeste le désir d’apprendre cet instrument à vent, qu’il finit par dompter. Au point de susciter l’admiration du public, pendant les concerts. Malheureusement, pour des raisons non élucidées, Bruno quitte Douala pour Harare, au Zimbabwe. Où il se perfectionne davantage dans son instrument de prédilection.

Après l’indépendance du Congo-Léopoldville, la famille de Houla, chassée de Kinshasa, revient à Brazzaville, en 1960. En 1969, le saxophoniste intègre l’orchestre Sinza Kotoko de Ya Gaby, aux côtés de Pierre Mountouari, Kimbembe Mouss, Bokassa Anatole. Sa manière de jouer le saxo ténor attire plus d’un. Samuel Pandzou, dit Auguste Fall, co-fondateur de l’orchestre S.B.B (Super Boboto), en mal de saxophoniste, l’enrôle dans cet ensemble musical, au bar dancing Faignond, premier siège de l’orchestre. Avant de s’installer, définitivement, au bar Super Jazz «Temple rouge». C’est dans le S.B.B que Houla Bruno connaît son apogée.
En effet, il forme, avec Jean Saïdou «Soul Makossa», Aaron Mbaki «Mitoga», un trio incomparable aux saxos alto, ténorino, et soprano.En 1970, Houla Bruno signe, aux éditions Boyokani, Zonga Zonga Lodass, son tout premier titre phonographique.

Au plan national, Houla Bruno n’est pas passé inaperçu. Il a voyagé avec le S.B.B, à Pointe-Noire, Dolisie, Kimongo, Nkayi, Owando et Ouesso. En 1971, S.B.B arrache, devant les orchestres de renom, le 1er prix national du concours culturel de la chanson engagée, avec des titres comme Tolanda nzela, U.j.s.c, U.r.f.c. En 1972, ce groupe est, également, lauréat d’un autre concours organisé par l’U.j.s.c.
Houla Bruno apporte une touche particulière au saxo, en introduisant l’ampli. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter des titres comme Avocat ya basi et Mbikeno na sala, parus en 1975, année internationale de la femme.
Bon compositeur, Houla Bruno compose la chanson Bobanda makasi na boyi, parue aux Editions S.B.B. Au plan international, l’orchestre S.B.B, avec Houla Bruno, Mienandi Michou, Jean Saïdou, Ngavouka François Ringo, Passy Djo, Nkaya Athanase «Muana Mukamba», Loumandé José Bados, Kinzonzi André «Du soleil», Ange Linaud, Bouanga Fulgence, a effectué beaucoup de voyages à l’étranger.
En 1973, S.B.B est présent à la première semaine culturelle soviéto-congolaise estudiantine, à Moscou, en U.r.s.s.
La même année, cet ensemble musical représente le Congo à la 10ème édition du Festival mondial de la jeunesse qui s’est déroulée à Berlin, en ex-R.d.a (République Démocratique d’Allemagne), où il remporte la médaille d’or. En 1974, ce groupe accompagne les athlètes congolais aux 2èmes Jeux africains de Lagos, au Nigeria.
A l’invitation de l’ancien président sénégalais Léopold Sédar Sengor, S.B.B anime la première Foire internationale de Dakar.

Technicien chevronné, en matière de communication, Houla Bruno est recruté à l’O.n.p.t (Office national des postes et télécommunications), en 1978. Il monte, avec Nelly Okemba, l’orchestre Télé Music embouteillage.
On y trouve de talentueux artistes comme Simon Mangouani, Gabriel Mienandi «Mutchatcho», Itoua Diamant, Braz Antonio, Roger Pikou Mboukou, Elenga. Dans ce groupe, Bruno ne tarit pas d’inspiration. Il signe le dernier disque de sa vie artistique: Kimbanda Sida. Un opus qui se joue et se danse encore.

Admis à la retraite, en 1994, Bruno Houla fut le co-fondateur, en 2000, de l’orchestre Bana Poto-Poto. Avant de joindre le Kongo Groove system de Rido Bayonne, puis le Wakassa. C’est avec ce dernier groupe qu’il se produisait dans plusieurs hôtels brazzavillois, tels Le Mbamou Palace et Le Méridien.

Equateur Denis NGUIMBI
(La Semaine africaine)

SDC, Starducongo.com
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Vos commentaires:

1.Posté par Gil Bidal le 19/01/2010 23:35
Petit rectificatif, pour que l'histoire soit bien écrite pour les générations futures. Ce n'est pas en 1973 que le SBB était à Moscou. Le SBB avec le grand Lodass (nom que portait alors Bruno Houla) était en Union Soviétique en 1972 ensemble avec le Goupe vocal ''Les Ombres''. C'était lors de la première semaine culturelle soviéto-congolaise organisée par l'Union de la Jeunesse Socialiste Congolaise, et le Komsomol soviétique. La délégation avait été conduite par le Premier Secrétaire de l'époque Jean Jules Okabando, cela, à Moscou et en Moldavie. Et Berlin ne viendra qu'en 1973 avec le groupe vocal les Anges, alors que l'orchestre Sinza sera à Tunis avec le groupe vocal ''Les Ombres'' pour le premier festival panafricain de la jeunesse. Chaque délégation remportera une médaille d'Or. D'où certains artistes seront décorés de la médaille du dévouement congolais par le Président Marien Ngouabi en personne au Palais du Peuple (Les Anges, les Ombres etc...).


2.Posté par YAMOUWONDA le 20/01/2010 00:51
IL y a aussi cette chanson ,dont j oublie le titre , qui ne finira jamais de nous faire danser au Congo ; EBONGA EBONGA TE TOUJOURS MEILLEUR .

3.Posté par CLEMENTE le 20/01/2010 01:20
Encore un rectificatif, Bruno HOULA n'a intégré le Rock-A-Mambo qu'en 1959, après le départ de PANDI pour la création des Bantous (Nino ayant continué avec le groupe) Aussi en 1956 Le rock-A-Mambo n'existait pas encore.
Mais cela n'enlève rien à la grande virtuosité de ce grand saxohoniste. La disparition de HOULA Bruno est une très grande perte, pour celui à qui on espérait la relève d'Essous/Nino. Lles saxophonistes, on le sait demeurent actuellement une denrée rare dans la musique congolaise. Sorti effectivement de l'école de MANU DIBANGO, HOULA Bruno à su évoluer très rapidement dans la maîtrise du saxo alto et soprano . Il s'exerçait profondément dans l'acquision du trimbre du célèbre saxophoniste belge de l'African Jazz Fud CANDRIX, dont il était un fervent admirateur. Hélas 2009 n'a pas été tendre avec la musique congolaise.
http://STARDUCONGO

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