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«Chez Rosette» une pièce de Kettly Noël présentée au Ccf de Brazzaville


Par Jean Dany Ebouélé | Mercredi 21 Janvier 2009 | Lu 1157 fois | 0 Commentaire



Une scène du spectacle
Une scène du spectacle
«Chez Rosette», une pièce de la Haïtienne Kettly Noël, a été présentée le 17 janvier au Centre culturel français de Brazzaville.

«Chez Rosette» représente un lieu, un maquis où l'on se permet de rêver de la vie. Ainsi, les Brazzavillois ont été amenés à rêver comme «Chez Rosette» à l'occasion d'un spectacle émouvant et inédit. «Chez Rosette» est-ce un bar, un restaurant, une boutique, un refuge avec des chambres de séjour, un lieu de passage, bref un maquis dont le secret ne se trouve plus qu'en Afrique ?

«Chez Rosette», un nom qui renseigne sur la richesse diversifiée de cet endroit. Un lieu à multiples fonctions, «Chez Rosette» est une vraie foire. Ici on expose où on s'expose. Chaque âme fait valoir le beau ou le mal, les rires ou les soupirs, le désir ou les fantasmes qui se côtoient en permanence. Des moments d'émotion et de surprises.

Abordée sur cette question après le spectacle, la Haïtienne Kettly Noël a déclaré : «Chez Rosette est un endroit à mon avis où souvent les gens arrivent aux heures tardives, par exemple à trois heures du matin pour boire un dernier verre. Là, on se trouve dans une sorte de déchéance de soi-même, d'épuisement. Mais ici, on retrouve une dernière force soit pour draguer une fille, soit pour raconter son histoire personnelle, ses envies, ses fantasmes, ses besoins, ses coups de cœur, ses folies, ses colères... Sauf que par la danse, je mets le corps en mouvement en usant des techniques variées de danse pour exprimer ces états d'âme...»

Des corps qui circulent, des corps en mouvement, suspendus, des corps qui passent d'une hauteur à une autre. Des corps acrobates qui donnent le sentiment de voler. Un accent est en effet mis sur la technique de danse paraplégique exécutée par un infirme potentiel, «comme pour dire que malgré ce que l'Afrique est aujourd'hui, elle se maintient debout en dépit des reproches qui lui sont faits : désordre, cupidité, bordel et autres. Néanmoins, elle ne baissera pas la tête», précise Kettly Noël.

Pourtant dans cette chorégraphie de danse il n'y a pas que les Noirs. Parmi les acteurs, il y a une Blanche qui représente l'Occident, la référence, ou mieux le pouvoir. Une image qui séduit d'autant qu'elle ne pense qu'aux couilles. La Blanche se retrouve dans ce milieu hétérogène et crie à plein gosier, derrière le ruban qui symbolise une séparation de l'autre monde ici représenté par le public très attentif. Un public réceptif et curieux de vouloir savoir ce qui se passe de l'autre côté. On ignore si c'est un accouchement, un viol...

Pourtant rien ne leur est caché, lorsqu'au début et à la fin du spectacle sous un décor naturel à peine éclairé, les acteurs se présentent quasiment nus. «Pour moi, c'est ce qui reflète la vie sociale africaine d'aujourd'hui. On peut être de l'est, de l'ouest, du sud ou du centre, chacun peut trouver dans cette représentation un repère, une référence, une habitude, une couleur qui lui rappelle son Afrique», souligne Kettly Noël.

«C'est aussi le regard que l'Occident peut porter sur nous. Voulez-vous voir des corps ou savoir que nous avons aussi des grosses couilles, ceux qui aiment les ébats sexuels ? Nous vous les offrons. Mais nous aussi, on pense qu'on est capable de beaucoup quand il y a la volonté. Cependant, « Chez Rosette » par rapport à nous-même, nous amène à se questionner, comment on se regarde, comment on se donne à voir ou comment notre société nous interpelle. Il y a également un corps d'une blancheur différente que celle de l'autre, qui s'exhibe dans une sorte d'homosexualité. Toutes ces questions sont posées et ouvrent à la réflexion», conclue-t-elle.

Haïtienne de nationalité, Kettly Noël est chorégraphe, danseuse et comédienne installée à Bamako au Mali. Elle est devenue sans doute l'une des figures de proue en faveur du renouveau chorégraphique sur le continent africain. Depuis qu'elle est à Bamako, elle a déjà mis sur pied un centre de formation et de création chorégraphique et implanté un festival international de danse contemporaine. Plusieurs des dix interprètes de «Chez Rosette» sont des jeunes danseurs qu'elle accompagne depuis leurs débuts.

Cette chorégraphe et danseuse interprète qui s'installe à Paris en 1991, a créé sa première pièce Nanlakou en 1995. Un an plus tard, elle entame au Bénin un travail de recherche et de formation en danse contemporaine avec des jeunes issus des quartiers qu'elle organise en compagnie. Aujourd'hui, ils sont tous membres du Ballet National. Fin 1999, elle s'installe au Mali et crée L'Espace, un atelier de danse et de recherche chorégraphique, puis « Dense Bamako Danse », festival international de danse. En 2003 la Compagnie de Kettly Noël sera double lauréate à Sanga III (3e prix et prix RFI Danse) aux 5e Rencontres chorégraphiques de l'Afrique et de l'Océan Indien avec la pièce Ti ChéIbé.

BRAZZAVILLE-ADIAC
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