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Clément Ossinondé: «une figure emblématique de la musique Congolaise»


Par Starducongo.com | Mercredi 7 Décembre 2011 | 00:09 | Lu 3129 fois | 6 Commentaires



Clément Ossinondé: «une figure emblématique de la musique Congolaise»
Avec ce nom un son de musique tonne, une vocation se dessine et se perpétue de nos jours par ses publications et sa passion sans cesse dévorante. De celle qui constitue, en somme, sa raison d’être et de vie. Une vie vouée à cet art majeur culminant… et de la promotion et de vulgarisation de celle-ci pour donner à tous et toutes l’amour de l’aimer à l’infini. Oui, monsieur Clément Ossinonde donne l’envie de connaitre, de découvrir, d’écouter, de chanter et de danser la musique. Avec lui, l’ouïe, le corps et l’âme captivés, bercés sont dans la totale extase de la découverte, de l’enchantement, de l’emballement et de l’évasion vers des sphères de beauté, de joie, d’amour et de plaisir. Qu’offre une musique transcendantale, élevée d’un artiste imbibé du génie des Maitres et plongé dans leur univers d’inspiration supérieure.

C’est le verbe « donner» qu’il conjugue au présent pour partager sa passion singulière aux autres: ces auditeurs et ces adorateurs de tous bords pour donner à la musique sa place vivante dans nos vies et notre quotidien envahis parfois par la monotonie ambiante de labeur, de multiples occupations et sollicitations nombreuses. Au milieu de l’envahissement de la modernité et son cortège de nouveautés scientifiques et High Tech, la figure emblématique et le porte- étendard de notre musique nous montre des régions musicales qui nous échappent de l’ennui, de la morosité et d’autres maux. II nous ouvre les frontières sonores et rythmiques des chansons pour transformer les mauvais moments et saisir l’instant présent. Avec joie de l’écoute d’une mélodie lointaine, prenante. Et bien souvent venant effacer l’aigreur et le passe difficile d’une période de vie en décrépitude.

A l’invitation aux univers musicaux universels entrainant, le doyen honoraire Clément Ossinonde donne sans recevoir aux artistes confirmés et aux jeunes talents la place de se faire connaitre du grand public et des mélomanes… bref le brillant orateur et animateur zélé à la sublime plume ouvre large les portes du succès et de la renommée à tous les musiciens en quête du graal: de cette reconnaissance et réussite totale.

Un brillant orateur

Cet inlassable militant de la musique sans frontières est natif du Congo-Brazzaville où il a fait ses brillantes études. Il a occupé plusieurs postes présidentielles. Notamment en qualité de président de l’UMC en 1969, de l’UNEAC en 1977. Et sous la mouvance de Jean Jules Okabando , il rejoint le corps directoire de JMNR et de l’UJSC.

Mais, très tôt, ce jeune choriste talentueux et féru de musique intègre la grande maison du radio Congo. Aussitôt, il se fait remarquer par sa brillante voix envoûtante et entrainante qui draine les auditeurs dans son propre univers des chansons choisies pour embellir et enrichir ses émissions. Un animateur au sens de l’improvisation aigüe, au puissant «verborateur» est né dans le giron de la chaine Congolaise à l’aune de l’année 1969. Ainsi il se fait une place de choix dans ce milieu concurrentiel, parsemé d’élites, d’imminents animateurs et époustouflants journalistes de l’époque tels que: Claude Bivoua, Guy Ové, Joseph Ngabio, Miatourila kouba, Henry Mpangui,…

Dans cette grande maison radiophonique, il anime en suite le Carrefour Culturel Congolais», «Une Vedette et ses chansons», et «L’animation des tranches musicales » jusqu’en 1978. Puis, producteur des brochures musicales, comme « Les vedettes », « la dépêche de l’UMC » et « Panorama de la musique congolaise». Entre 2000 et 2001, il anime à Radio Liberté l’émission « Les grands noms de la musique congolaise » jusqu’à son départ en France, en 2001.

Mais avec son émission phare de samedi dénommée «Les COCO». Avec comme générique notoire: «Sango ya bayembi ya Congo yoka, Samedi na Les COCO» . Il atteint vite un pic d’audience sans précédent. Et tous les congolais et congolaises se donnaient le rendez–vous pour écouter son émission qui devenait au fil des années un culte de la chanson et de notre musique. Un patrimoine que l’animateur incontesté et incontestable dispensait, dirigeait de main de maitre pour hisser plus haut notre musique, ce rayonnant patrimoine connu du monde entier. Son émission attendue était devenue un lieu incontournable pour les musiciens d’antan. Car les auteurs et compositeurs cherchaient auprès de Clément Ossinonde le magnifique, faiseur de talents et détonateur de succès, un sésame de sortie de l’anonymat vers la célébrité. C’est la lumière du dehors embuée de succès que les musiciens inconnus voire ignorés venaient trouver sur le plateau scintillant d’ Ossinonde . Et ceux qui étaient déjà sous les feux de la rampe venaient derechef rechercher le surplus et l’éclat reçu en abondance. A celui qui est et était la conscience même de la musique qui unit et rassemble le peuple. De par son émission, il donnait à tous l’opportunité de côtoyer et de fréquenter le monde du milieu musical, de recherche, d’évolution et de progression… Un passeur de valeurs et un imprésario dans son genre de faire rencontrer des hommes et des femmes animés par la passion. Un découvreur de talents aussi par le lancement et la vulgarisation sans fin qu’il s’évertuait à faire dans ses émissions à grande écoute. Il a formé et façonné à sa manière des générations par son fou talent d’animateur chevronné. Une reconnaissance aujourd’hui affirmée et confirmée par les passéistes et cette nouvelle génération qui ne cessent de donner la palme d’or. A celui qui a œuvré à la beauté et à la richesse de la culture musicale congolaise. Sa réputation a dépassé la rive droite du fleuve Congo où il est considéré par la grande famille: l’homme de la mémoire vivante et de la conscience vivifiante de notre patrimoine musicale étincelante. Un défenseur hardi de la musique Congolaise et de ses multiples danses. Ce titre sublime sa personne et l’inonde par le respect, l’estime et la considération que toute génération confondue de deux rives Congolaises lui fait montre. De Brazza à Kinshasa, la voix de Clément Ossinonde a marqué et marquera toujours les adorateurs et les fans de ses émissions cultes et de ses publications d’hier et d’aujourd’hui qui se distinguent par ses qualités historiques recherchées, ses connaissances inouïes et savoirs musicaux incontestables. Un véritable connaisseur gorgé de culture universelle.

Une plume meilleure

Il écrit sa première chronique musicale, dans la revue africaine Bingo en 1964, consacrée à Jean Serge Essous . Sa plume meilleure vient agrémenter sa voix et laisse passer au mieux son message musical. Ce mariage de talents conjugués donne à l’ancien animateur et à l’écrivain remarquable une élégante aisance dans l’art de transmission de mémoire à travers les âges. Car notre Ossinonde national traverse des générations et laisse égrener au passage des écrins de beauté et de lumière intérieure. Un amour partagé de la musique habite cet homme de culture musicale débordante. Tant il est vrai, Clément Ossinonde pense, mange et distribue la musique aux profanes et aux initiés. Un serment prêté depuis l’aube de sa naissance dans le berceau natal où ses parents l’ont transmis ce legs lointain pour faire passer ce message à la postérité. Un héritage que l’étonnant enfant a su respecter et fructifier sans dilapider à ses fins. Et surtout sans abdiquer ces vertus pérennes et coutumes millénaires qui l’ont forgé. Dans cette vie où il a choisi avec joie cette voie musicale de donner sans recevoir. Celle d’âme pétrie de sagesse ancestrale. Gardienne du temple de coutumes et des us qui guident l’esprit de l’enfant imbu d’amour pour les autres. Qu’il est resté au fil du temps et des âges. Une bien meilleure destinée qui nous enchante tous fils et filles de cette époque et de celle de nation d’hier.

Il reste, sans fin, à Clément Ossinonde , ce feu incandescent d’un chercheur infatigable et d’un dispensateur de valeur commune. Celle qui enfante sans cesse l’unité et la fraternité entre les tribus. Oui, un fécondateur et forgeur de paix, d’entente et d’harmonie par le biais de la musique de tradition orale et moderne. Son humus nourricier, sa marque d’expression et espace de liberté. Depuis toujours.

Yves Makodia Mantseka:
Blog de l’auteur : http://ynkodia.unblog.fr/
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Vos commentaires:

1.Posté par Noël KODIA RAMATA le 08/12/2011 22:48 | Alerter
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Clément, un phénomène de critique d'art dans le domaine de la musique. Avec cette évocation de mon cadet Yves, Je me revois dans les rue de Brazzaville, plus précisément de mon ouenzé natal où je rencontrai Clément en partance vers La voix de la Révolution congolaise (notre station de radio de l'époque) pour nous livre la bonne musique congolaise. Autres temps, autres moeurs; mais avec Clémznt, nous suivons la marche de la musique des deux Congo dans son historicité.
Avec une plume alerte qui parfois accompagne le texte critique avec l'énoncé de la chanson, Clément me rappelle toujours le docteur Nico avec son instrument fétiche dont les notes dictaient l'événement raconté; Et sa plus belle reussite dans ce domaine se remarque dans l'emblématique "Indépence chacha" où ses notes vibrent avec la liberté des Congolais de ce juin 1960.
Clément; merci pour ce travail combien glorieux que tu ne cesses de produire pour notre musique. Je ne manque jamais Starducongo à cause de toi. A une certaine époque, ah! la belle époque avec Rochereau, Nico et l'Africain fiesta je crierai haut et fort "Clément Oyé, oyé, na banzi oyoki"

2.Posté par BAZEBI John le 09/12/2011 02:22 | Alerter
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Rien à ajouter à ce commentaire, ce monsieur ossinonde, je l'ai connu dans une entreprise d'état où il était chef comptable (Siap Congo), mais comme ce travail ne le plaisait pas, car il passait tout son temps à la Radio, à l'époque de Claude BIVOUA son ami, et sont plusieurs émissions qu'il animait, mais la plus célèbre fu les "Coco", qui l'a vraiment fait connaître, certes, il était déjà bien connu dans le milieu des musiciens, comme président de l'UMC (union des musiciens congolais). Ce qui est aussi troublant, c'est que l'orchestre Bantous lui avait demandé d'assumer son secrétariat, ce que l'on pourrait appeler aujourd'hui, relations publiques. Aussi, je comprend pourquoi il a réalisé tout un livre sur Les Bantous, une chronologie absolument fidèle.

Merci MA NKODIA d'avoir pensé au souvenir de ce monsieur Musique, qui dans ses années de retraite continue à être actif en milieu culturel

3.Posté par RUFIN HODJAR " EL SALSERO CALIENTE" le 20/12/2011 08:17 | Alerter
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Il est très rare que le Cameraman soit filmé, c'est toujours lui qui filme, mais cette fois ci Mr
Yves Makodia Mantseka a décidé de filmer le" Cameraman" Clement OSSINONDE. Merci pour ce travail. Le travail de cet Homme Musique irradie les amoureux de la musique sans partage. Mr Clement OSSINONDE est entre autres la voix des sans voix, bon nombres d'artistes ont été connus du grand public par ses écrits.
En tant qu'artiste je lui suis infiniment reconnaissant.
Oui Tonton Clément continuez sur cette voix, nous sommes très fiers de votre implication.

4.Posté par mpicka le 06/04/2012 13:51 | Alerter
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suis vraiment ravie d'apprendre que le diable rouge à effectuer des miracles pour battre sont adversaire de t-elle score

5.Posté par bantu le 10/07/2012 20:33 | Alerter
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Je ne savais pas que monsieur OSSINONDE était un doyen. C'est à travers le site mwinda.org que je lis ses articles. Vraiment le monsieur est très percutant et très dense dans son domaine, c'est une vraie bibliothèque musicale qui nous en apprend davantage.

Dommage que le Congo ne puisse pas valoriser ses enfants à leur titre faveur, monsieur OSSINONDE est un vrai monument qui aurait mérité d'occuper un bon siège au Congo dans le domaine musical.

6.Posté par karl kaké le 07/08/2012 20:01 | Alerter
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Je suis simplement honoré par l'admiration de tous les congos que tu sucites, cher clément que le ciel écoute toutes ces doléances que ceux qui s'expriment sur la toile, et bien d'autres qui n'ont pas les moyens de le faire adressent à Dieu tout puissant pour qu'il veille surb toi et te couvre de bonheur dans tout le sens profond du mot. merci à l'infini pour tout.

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