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Conférence de presse du Frocad : «La grande bataille pour nous, c’est celle de la gouvernance électorale»


Par La Semaine africaine | Mercredi 2 Décembre 2015 | Lu 426 fois | 0 Commentaire

Les forces politiques et sociales réunies au sein du Frocad (Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique) ont organisé, vendredi 27 novembre 2015, au siège de l’U.pa.d.s (Union panafricaine pour la démocratie sociale), au quartier Diata, à Brazzaville, une conférence de presse portant sur l’avenir politique de notre pays, à l’horizon 2016, ou le dialogue national inclusif sur la gouvernance électorale.



Pascal Tsaty Mabiala (à g.) et Clément Mierassa.
Pascal Tsaty Mabiala (à g.) et Clément Mierassa.
A cette occasion, elles ont réaffirmé leur engagement proclamé dans le manifeste du 19 mai 2015 qui fonde l’existence de cette plateforme politique, «d’agir, de manière non violente, en tant qu’acteur de la démocratie congolaise, pour le développement réel du pays et la promotion de la paix». En outre, le Frocad a réitéré son appel au dialogue inclusif sur la gouvernance électorale.

Co-animée par Guy-Romain Kinfoussia, Pascal Tsaty-Mabiala et Clément Miérassa, la conférence de presse du Frocad a connu la présence de Mathias Dzon, Claudine Munari, Bonaventure Mbaya, etc.
La déclaration liminaire, lue par Omer Defoundoux, responsable chargé de l’administration et des finances au sein de cette plateforme, rappelle que le Congo est signataire d’accords et traités internationaux qui l’engagent à promouvoir les conditions d’instauration de la règle démocratique, à assurer la protection des droits et libertés fondamentaux des citoyens et à appliquer les principes de bonne gouvernance.
Le Frocad appelle la communauté internationale à s’impliquer dans le combat pour le respect de l’ordre constitutionnel et la gouvernance électorale. Pour lui, la Constitution du 20 janvier 2002 vient d’être violée, à travers un «processus référendaire anticonstitutionnel, inique, violent et meurtrier, empreint de mesures liberticides à l’encontre des leaders de l’opposition, sans débat véritable, ni consensus national, et un vote totalement opaque».
Avec la promulgation de la nouvelle Constitution, le 6 novembre 2015, le Frocad estime que «le président de la République vient de renforcer le désespoir chez la majorité écrasante des Congolais déjà meurtris par une gouvernance économique, politique et sociale qui, chaque jour, prête au doute et contraste avec l’immensité des potentialités dont regorge notre pays». Selon le Frocad, l’alternance démocratique est un principe majeur et fondamental de la démocratique pluraliste. A ce titre, il rappelle que «les élections organisées et tripatouillées sont la cause des conflits qui déchirent les pays africains. Ce genre d’élections est à l’antipode de la paix dont le pouvoir prétend faire son crédo».
Tout en rappelant son attachant à l’unité et à la paix, ainsi qu’au dialogue, le Frocad pense que pour parvenir à une paix véritable, dans notre pays, il faut revenir aux fondamentaux repris dans la Constitution du 20 janvier 2002, «hélas! mis à mal dans la Constitution nouvellement promulguée». C’est pourquoi, il a proclamé de «nul et nul effet la promulgation de la nouvelle Constitution et le référendum du 25 octobre 2015».
Le Frocad exige aussi «l’annulation de toutes les procédures judiciaires programmées ou en cours et la fin des tracasseries de toutes sortes, à l’encontre des responsables politiques, des militants et autres citoyens arbitrairement poursuivis, la levée immédiate des mesures d’interdiction de voyager à l’intérieur et à l’extérieur du Congo prises à l’encontre des responsables et membres de l’opposition; la réouverture de Radio-Forum et de tous les autres organes de presse privés, arbitrairement fermés».
Par ailleurs, il a appelé la communauté internationale à activer les dispositions contenues dans les instruments internationaux pertinents contre la violation des Constitutions, des droits de l’homme et des valeurs de la démocratie, notamment la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Aussi, réitère-t-il sa confiance à la communauté internationale, particulièrement à l’Union européenne, pour la tenue, sous son égide, d’un dialogue inclusif sur la gouvernance électorale entre l’opposition congolaise et le pouvoir issu de la Constitution du 20 janvier 2002, pour sauver, a-t-il dit, «ce qu’il y a de plus cher dans notre pays, à savoir: la paix et la concorde nationale».
Répondant aux questions des journalistes, Guy-Romain Kinfoussia a laissé entendre que dans la crise référendaire, l’opposition avait pris attache avec les Nations unies et la communauté internationale. Malheureusement, «cette communauté internationale est multiforme. Il y en a qui mangent avec le pouvoir. Dans cet imbroglio, nous sélectionnons celle avec laquelle nous pouvons avoir un peu de crédit. Habituellement, ce sont des Occidentaux et non des ambassadeurs du Tchad, de Centrafrique ou de a R.D Congo. Ils sont dans le système», a-t-il expliqué.
Justifiant cet appel à la communauté internationale, Guy-Romain Kinfouassia a dit: «C’est pour aider le pays à mettre en place un dispositif permettant de retrouver un consensus national sur les questions de fond, celles qui consistent à choisir nos dirigeants». «La grande bataille, pour nous, c’est celle de la gouvernance électorale», a-t-il signifié. Il a fait savoir que l’opposition est capable, avec ses militants, de créer les conditions du changement d’attitude dans le pays. «Nous avons foi en ce que nous faisons. Et, je vous assure que le pouvoir va fléchir», a-t-il prévenu.
A propos de Paulin Makaya, le président du parti Unis pour le Congo, aujourd’hui détenu, en garde à vue, il a, simplement, dit qu’il est victime de la politique d’intimidation instaurée dans le pays. «Nous nous élevons contre ces mesures arbitraires de détention. D’ailleurs, nous sommes en train de constituer un dossier portant plainte contre X. Pour votre gouverne, il y a une liste de 35 noms détenue par les services de police de l’aéroport qui sont interdits de voyager. Le dernier qui vient d’être interdit de sortie du pays, c’est Bonaventure Mbaya. Le dernier qui a été empêché d’aller à Pointe-Noire s’appelle Blanchard Oba», a précisé Guy-Romain Kinfoussia.
Pour sa part, Clément Miérassa a fait remarquer qu’en «promulguant la nouvelle Constitution, le président a donné la preuve, non seulement au peuple congolais, mais également à la communauté internationale, qu’il n’est pas un homme d’honneur. Nous devons prendre conscience de la responsabilité qui est la nôtre et nous souvenir de ce que le président Sassou avait,lui-même, déclaré: «Lorsque la Constitution est violée, les démocrates ne doivent pas l’accepter».

Cyr Armel
YABBBAT-NGO
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