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Conflit Koffi-Fally : Qui tire les ficelles?


Lundi 4 Janvier 2010 - 16:09


Conflit Koffi-Fally : Qui tire les ficelles?
RDC. Au Congo, les guéguerres entre artistes sont monnaie courante. Mais parfois, ça va un peu loin. Et le conflit entre Fally Ipupa et son ancien patron, Koffi Olomidé, n’y échappe pas.
Explications.

Koffi Olomidé «Grand Mopao» et Fally Ipupa «La merveille», ne sont plus en odeur de sainteté depuis leur séparation en 2006. En effet, la polémique entre ces deux hommes enflée essentiellement depuis la sortie du l’album «Droit chemin» de Fally a atteint, à ce jour, des proportions dangereuses. Des clans se sont constitués autour de ces deux musiciens et étalent une haine viscérale mutuelle jusqu’au point de considérer certains mélomanes «chauve-souris» comme des mouchards à la solde du camp adverse. En clair, aucun fanatique identifié et étiqueté proche de l’une des vedettes ne peut se hasarder sur les «terres» de l’autre sans risquer un lynchage pur et simple. Le clivage est tellement profond qu’on ne peut plus voir les inconditionnels de chaque camp se fréquenter, même dans leur vie quotidienne. Eux, qui furent pourtant, les meilleurs amis du monde à l’époque où Fally Ipupa assumait la fonction du chef d’orchestre du «Quartier latin international» chez son ancien patron Koffi Olomidé. Mais qu’est-ce qui est donc à la base du pourrissement des relations entre Koffi et son ancien poulain, Fally, alors que c’est sous la bénédiction du premier que le second a réalisé son premier album qui l’a propulsé aujourd’hui dans le monde du show-biz international ?

Une bonne partie des observateurs sont d’avis que Olomidé a été surpris par l’accueil réservé à l’album «Droit chemin» par le public. Ce succès, croit-on savoir, est en partie dû à un soutien tous azimuts de tous les «Koffiphobes» du monde entier. En effet, toutes les grosses légumes du monde musical qui ont eu des conflits, pour une raison ou une autre, avec le leader du Quartier latin, n’ont pas hésité à mettre la main à la poche afin de soutenir la promotion de la nouvelle coqueluche, Fally. Pour la première fois, commente un critique d’art, Hugues Mbela, on a vu des musiciens et des mécènes qui s’agglutinaient autour d’un artiste pour la simple raison qu’on a senti en lui la capacité de «tuer» l’homme à abattre : Antoine Agbepa Mumba, dit Koffi Olomidé. Dans le lot des détracteurs de l’artiste, toutes les sources citent indiscutablement le producteur ivoirien, David Monsoh, qui, pourtant, entretenait jadis d’excellentes relations avec Olomidé. Ce producteur, affirme-t-on, s’est juré d’avoir coûte que coûte la tête du «Grand Mopao».

Tout est parti de l’album Monde Arabe sorti en 2004. De nombreux mélomanes ivoiriens sont surpris d’entendre, dans la chanson «Riziki» un «libanga» (dédicace) à des membres de la rébellion dans la guerre en Côte d’Ivoire. Ils ne comprennent pas le « soutien » d’Olomidé aux rebelles. Devant les proportions que prend l’affaire et avant sa venue à Abidjan, le chanteur donne une conférence de presse et explique qu’il ne connaît pas les personnes qui sont derrière les noms qu’il a dits dans la chanson. «Moi, on me donne de l’argent et je cite des noms. Dans ce cas-ci, c’est David, Monsoh qui m’a envoyé une liste de noms et de l’argent», a-t-il alors expliqué avant d’ajouter : « Je ne suis pas pour la guerre. Je me sens concerné par ce qui se passe en Côte d’Ivoire (…) Les jeunes patriotes sont suffisamment intelligents pour ne pas entrer dans une logique politicienne». De son côté, David Monsoh niera les faits. On l’entendra dire sa déception devant les accusations de Koffi. Dès lors une querelle s’installe entre les deux hommes. Et les choses ne feront que s’enfler. Surtout quand Monsoh décide de prendre en main l’ex-élève d’Olomidé, Fally Ipupa. Il met tout en œuvre pour faire de «Droit chemin», le premier album solo de Fally, un succès. Et depuis, sa colère contre Olomidé semble avoir été cristallisée autour de Fally qui lui-même a pris fait et cause pour son producteur. Dernière manifestation de cette guerre, l’absence du jeune chanteur à la fête des 23 ans du Quartier Latin.

Sur le plan local, à Kinshasa, un autre producteur, Coco Rubenga, surnommé le «Très nécessaire» par Fally Di Caprio, nourrit une haine presque bestiale à l’endroit de Koffi Olomidé qu’il accuse d’escroquerie. Il affirme que Koffi n’a pas honoré un contrat pour un spectacle dans une salle mythique en Europe. L’homme déclare, à qui veut l’entendre, avoir remis, il y a de cela plusieurs années, la somme de 80.000 francs belges au leader du Quartier latin pour un concert live avec son collègue, Papa Wemba, en marge de l’album du siècle «Wake Up». «Koffi n’a jamais accepté de faire ce spectacle. Alors, je n’exige ni plus, ni moins que la restitution de mon argent. D’ailleurs, l’affaire est déjà entre les mains de la justice à Bruxelles… », clame Coco Rubenga. Pour sa part, Olomidé balaie du revers de la main cette version. Il fait remarquer que le producteur n’a jamais loué ladite salle comme convenu. Même s’il reconnaît avoir perçu le cachet, le «Rambo» dénonce plutôt le non- respect des certaines clauses principales du contrat parmi lesquelles la disposition d’une équipe neutre de musiciens d’accompagnement. Jusqu’à ce jour, aucun compromis n’a été trouvé par les deux parties et l’affaire est en cours de traitement dans la capitale belge. Bien que la guerre est loin de finir, d’autres éléments, à même de creuser davantage le fossé, viennent de s’inviter dans le débat. Des rumeurs annoncent des «mains noires» qui s’activent dans une campagne de déstabilisation du concert de Fally prévu le 2 janvier prochain au Zénith de Paris. Au regard du climat malsain qui règne dans le microcosme musical congolais, le coupable, vrai ou supposé de cet acte, réel ou monté de toutes pièces, est déjà désigné et condamné d’avance. Et cela n’avance en rien la musique congolaise.

De notre correspondant à Kinshasa, Tshieke Bukasa
(Top Visages

SDC, Starducongo.com
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Vos commentaires:

1.Posté par kudadisha Saül le Lyonnais le 09/01/2010 17:22
Luambo et Tabu Ley à leur époque se faisaient une bonne guerre relayer par leurs chansons et les médias avant de se réconcilier des années plus tard en Europe.
De nos jours, Internet amplifie le phénomène; il faut se battre pour que cela n'entraine les fans mal intentionnés à faire circuler des fausses info sur l'annulation de concert de tel ou tel artiste, on ne boycotte pas le métier des gens qui se dépensent pour exercer leur job. A plus.

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