Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Congo : le "dialogue national" s'ouvre sans l'opposition


Par AFP | Lundi 13 Juillet 2015 | Lu 652 fois | 0 Commentaire

Le "dialogue national" sur l'avenir des institutions au Congo-Brazzaville voulu par le chef de l'État Denis Sassou Nguesso devait s'ouvrir lundi sans l'opposition, qui a annoncé son intention de boycotter cette rencontre.



Photo DR.
Photo DR.

Prévue initialement pour samedi, l'ouverture officielle de ce forum était attendue pour 15H00 (14H00 GMT) à Sibiti (250 km à l'ouest de Brazzaville) en l'absence des représentants du Front républicain pour le respect de l'ordre constitutionnel et l'alternance démocratique (Frocad), qui regroupe l'essentiel de l'opposition.

A environ un an de la présidentielle à laquelle la Constitution interdit à M. Sassou de se présenter, cette coalition voit dans le "dialogue national" une manoeuvre pour instaurer une présidence à vie au profit du chef de l'État.

"Le Frocad dans son ensemble (...) ne participera pas à ce dialogue", a déclaré à l'AFP Pascal Tsaty Mabiala, premier secrétaire de l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), le premier parti de l'opposition au Parlement.

"En repoussant la tenue du dialogue de deux jours, nous avons pensé que le président de la République allait tenir compte de notre doléance de retirer de l'ordre du jour le point sur l'avenir des institutions", mais "ça n'a pas été le cas", a-t-il ajouté.

Âgé de 72 ans, M. Sassou cumule plus de trente ans à la tête du pays. Il a dirigé le Congo à l'époque du parti unique, de 1979 jusqu'aux élections pluralistes de 1992, qu'il a perdues.

Revenu au pouvoir en 1997 à l'issue d'une violente guerre civile, il a été élu président en 2002 et réélu en 2009.

La Constitution adoptée en 2002 limite à deux le nombre de mandats que peut exercer un président et stipule que nul ne peut être candidat à la fonction suprême s'il a plus de 70 ans.

Selon le décret présidentiel fixant l'ordre du jour du "dialogue national", celui-ci devra répondre à deux questions : "Comment organiser au mieux les scrutins à venir dans notre pays" et faut-il faire "évoluer les institutions de la République ?"

- Burundi, Rwanda, RDC -

De source proche du protocole national, la rencontre de Sibiti, censée s'achever le 17 juillet, doit être inaugurée par Firmin Ayessa, directeur de cabinet du président.

Les autorités attendent quelques centaines de participants, principalement des représentants du Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir) et de ses alliés ou de petits partis d'une opposition dite "républicaine".

On attend également des membres des organisations de la société civile ayant accepté de participer aux "consultations nationale" qui ont précédé la convocation de ce forum, parmi lesquels des représentants des principales religions du pays.

Le "dialogue national" doit s'ouvrir dans un climat politique tendu en Afrique centrale alors que la violence fait rage au Burundi depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé son intention de briguer un nouveau mandat.

Ancienne puissance coloniale du Congo, où le groupe pétrolier français Total est fortement implanté, la France, a dit mardi "son attachement à la préservation et à la consolidation des institutions" en Afrique, par la voix du président François Hollande, à l'issue d'une rencontre avec M. Sassou à l'Élysée.

Au Congo-Kinshasa voisin et au Rwanda, les présidents Joseph Kabila et Paul Kagame font face à une interdiction constitutionnelle de se représenter en 2016 et en 2017 et sont soupçonnés par leurs opposants de chercher à s'affranchir de cette règle.

Mardi, le Parlement rwandais doit débattre du lancement d'une procédure de révision constitutionnelle, réclamée par près de 4 millions de pétitionnaires Rwandais et visant à supprimer la limitation du nombre de mandats présidentiels.

En RDC, M. Kabila poursuit ses "consultations" pour déterminer, officiellement, s'il y a lieu de convoquer un "dialogue national" destiné à permettre l'organisation "d'élections apaisées".

Le "débat" sur l'opportunité d'un changement de Constitution au Congo-Brazzaville a été lancé fin 2014 par le PCT, qui s'est prononcé en faveur d'une telle option, qui consacrerait l'instauration d'une nouvelle république.

M. Sassou a indiqué qu'en l'absence de consensus sur la question à l'issue du "dialogue national" il comptait consulter le peuple par référendum.

Par Laudes Martial MBON
Lu 652 fois


Nouveau commentaire :

Publions des commentaires constructifs pour avancer

Politique