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Danny Bokombe dépoussière la chronique musicale avec génie et gracieuseté.


Par . Pagesafrik | Jeudi 9 Septembre 2010 | Lu 696 fois | 0 Commentaire



Danny Bokombe
Danny Bokombe
Tous les dimanche après-midi, elle provoquait un bouchon au standard de la radio Mangembo : son émission « Dimanche Dédicace » permettait aux auditeurs de dédier des chansons de leur choix aux êtres chers et de se laisser aller à quelque confidence. Normal, sa voix au micro aimante et attendrit. En face, yeux en amande, sourire amène, douceur non feinte, Danny Bokombe manie allègrement réserve et un zeste d’effronterie teintée d’un humour gentillet et permanent.

Compliments, cadeaux et invitations en famille pleuvaient mais sans enivrer l’animatrice qui a fait le choix, dès ce 12 septembre 2010, à 13 heures, de passer à la chronique musicale. Sa nouvelle émission « Elengi ya Mbonda » sera basée sur « l’analyse des contenus des chansons et de l’évolution de la musique congolaise sur les plans textuel et musical. Une approche critique et philosophique pour ressortir la lecture que, à un moment donné, l’auteur d’une chanson a eu des mœurs, de la vie, de la mort, de l’amour. Avant la première, la très belle Danny Bokombe a répondu aux questions d’Afriqu’Échos Magazine (AEM).

AFRIQU’ÉCHOS MAGAZINE(AEM) : N’y a-t-il pas trop d’émissions musicales aujourd’hui sur le paysage audiovisuel africain et congolais pour en créer de nouvelles ?

DANNY BOKOMBE (DB) :
Je vais essayer, tout modestement, de ramener la chronique musicale à ses fondamentaux, à ses principes sacrés c’est-à-dire aider à pénétrer la richesse d’une création musicale. L’information musicale aujourd’hui est trop centrée sur les chanteurs et les musiciens, sur les potins, les affluences aux concerts, etc. Pendant ce temps, on oublie de parler de l’essentiel : l’originalité, la différence, l’innovation, la créativité dans les chansons. Dans les années 60 et 70, dix, vingt secondes d’écoute suffisaient pour identifier l’auteur ou l’orchestre interprète d’une chanson, aujourd’hui ce sont les cris d’animation qui distinguent un groupe d’un autre.

AEM : Traiter de l’actualité musicale est l’essence même de la chronique musicale…

DB :
Non justement. L’actualité doit être juste une porte d’entrée pour traiter de l’originalité d’une chanson, d’un spectacle. Vous savez, dans nos villages, les tamtams, les lokole et autres instruments traditionnels n’avaient pas que la vocation d’égayer, de faire danser. Ils transmettaient aussi des messages localement mais aussi en destination des villages lointains. C’est pareil pour les chansons. Souvenez-vous de toutes ces expressions dont la musique a enrichies le langage de tous les jours ! Certains parents utilisaient même des expressions tirées des chansons lorsqu’ils prodiguaient des conseils à leurs enfants.

AEM : Concrètement…

DB :
Chaque émission aura un thème. Par exemple : l’argent ou la mort à travers la chanson congolaise. Ou encore la femme, comment est-elle décrite en tant que mère, épouse, maîtresse… Rappelez-vous par exemple de ces expressions : « Basi batongaka mboka te », « Kolia na mwasi kolia na ndoki »… Quand on écoute les chansons de Simaro, il y a eu des époques où il évoquait des femmes qui faisaient des misères aux hommes (« Maya », « Verre cassé », etc), puis dans les années 80 il évoqua des femmes victimes d’hommes irresponsables et impitoyables (« Merci bapesa na mbwa », « Motema libanga » ou « Cœur artificiel »). Autre chose, les deux fois que le même Simaro fait chanter Mbilia Bel, c’est une femme maîtresse deuxième ou troisième bureau qui est l’héroïne de ces chansons. Est-ce un hasard ou l’intelligence de l’artiste qui pense que cette chanteuse est parfaite pour chanter cette thématique et incarner ce genre de femmes exactement comme au théâtre ou au cinéma ? On peut aussi constater qu’on peut trouver des chansons adressées à la femme en tant que mère (Papa Wemba, Gatho Beevans, etc), mais on ne peut trouver quasiment pas de chansons dédiées aux pères ! C’est cette approche critique sous plusieurs angles que j’entends privilégier.

AEM : C’est un travail énorme qui nécessite d’avoir connu toutes les époques de notre musique !

DB
: Je ne me surestime pas, dans l’ombre il y a des collaborations et des échanges avec des gens aguerris, intelligents qui ont adhéré à cette démarche et qui croient en moi. Ils m’ont confortée dans ma volonté d’aller vers plus d’exigence, plus d’analyse. C’est une émission à risque car je ne pense pas avoir atteint le niveau d’érudition requis. C’est pour cela que je vais travailler d’arrache-pied. À noter aussi que l’apport des auditeurs et des auteurs compositeurs sera également sollicité car je suis loin d’avoir la science infuse.

AEM : Quel sera le thème de la première émission ?

DB :
Je vais essayer de démontrer comment, en partant de la chanson « Mpeve ya Longo » jusqu’à l’album « Tempelo » de Tabu Ley, en passant par les chansons « Phénomène », « Sans Frontière »… comment le couple Tabu Ley – Mbilia Bel (dans la vie et sur scène) a évoqué ses hauts et bas à travers leurs chansons. On n’avait jamais connu ça dans la musique congolaise.|

Propos recueillis par Botowamungu Kalome (AEM)
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