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« De la Sape à la Sapelogie: l’histoire des dandys congolais»


Par SDC, Starducongo.com | Lundi 19 Avril 2010 | Lu 50260 fois | 8 Commentaires



« De la Sape à la Sapelogie: l’histoire des dandys congolais»
En volant la terre congolaise, pour la première fois à l’aube de l’année 1880, Pierre Savorgnan de Brazza avait apporté une nouvelle façon de s’habiller made in France. Nos illustres ancêtres stupéfaits étaient séduits par ce colon français à la tenue blanche. Une ébauche de la sape originelle naissait à cette époque avec l’admiration et l’amour des habits portés par le colon blanc.


« De la Sape à la Sapelogie: l’histoire des dandys congolais»
Les prémices de la Sape et son développement

La période de l’entre deux guerres marque un tremplin qui va faire naitre un premier épisode dominé par le mimétisme prononcé des indigènes après cette double confrontation mondiale. L’histoire de la sape commence dès le retour au pays des anciens combattants congolais(1). Ces anciens combattants congolais venus des ethnies différentes. Mais la thermologie de la Sape comme société des ambianceurs des personnes élégantes est née au cœur de l’arrondissement de II Bacongo. Ce terme est inventé dans les milieux des fameux cracks de l’époque phare des bars dancings des années 20 et qui lors de grande manifestation ou soirée mondaine étaient tirés à quatre épingles et accompagnés des belles nanas dans ces lieux de jouissance. Plus tard, les cracks des années 30 imitaient le colon blanc français. Les Notables de l’époque copiaient par admiration le français vêtus par les grands couturiers d’autrefois de la place de Paris. Brazzaville alors devenu capitale de la France libre sera le foyer des ambianceurs qui vont fréquenter les hôtels et les sites touristiques du fleuve Congo, de la Foulakari, du Djoué… et d’autres endroits réservés aux bourgeois étrangers et administrateurs célèbres congolais d’alors. Dans ces cercles fermés, les notables congolais d’antan vont assister à des cérémonies officielles habillés en costume des années 30. Mais la genèse du mouvement de la Sape proprement dit trouve son origine avec le leader Charismatique André Matsoua. Le premier sapeur Congolais. Le Matsouanisme va amener la notion de la sape au cœur de Bacongo et ses admirateurs vont chercher à s’habiller comme leur chef « chiquiratif ». Adulé, il incarne l’élite venu de la France la mère patrie. Le jeune Matsoua venu de France est habillé remarquablement à l’instar du Français. Avec lui est né le mouvement de la Sape et popularisé par les jeunes étudiants Congolais regroupés à la MEC (Maison des étudiants Congolais) sis au 3, rue Béranger dans le troisième arrondissement à Paris. Le retour au bercail de ses jeunes émoulus amplifiait le mouvement intellectuel et culturel qui devenait un phénomène de société. Parmi eux, il y avait Matsokota, Bouambou, Tsiétsélé, Noira, Ngadzion… Les jeunes Laris de Bacongo éclairés par leur guide Matsoua vont donner une dimension morale et spirituelle à l’ampleur du mouvement. Ils créent le concept de la Sape issu de deux mots symboliquement liés: « la beauté » et « l’humain ». ou en lari « Lunkété » et « tsi Muntu ». Le vrai sapeur est celui qui symbolise la beauté et l’humanité à travers les habits qu’il porte et par le regard, les paroles et les gestes exprimés.

Toujours meilleurs. Il doit dégager la beauté de l’esprit et de l’âme en harmonie avec la couleur de ses vêtements. C’est toute l’expression de l’aura (tsamina) de l’être qui est au cœur même de la sape dans sa conception sacrée des indécrottables initiés de la doctrine de Matsouanisme. En somme, le véritable sapeur doit être celui qui incarne la beauté du corps, de l’âme et de l’esprit et qui exprime l’amour du prochain (luzolo). Il est par excellence un apôtre de la paix et un humaniste convaincu.

Ce faisant, ces initiés sapeurs vont propager ce mouvement d’abord à Makélékélé puis dans les quartiers populaires: Poto poto, Plateau, Moungali, Ouenzé, Talangai, dans les régions sud, du centre, du nord et dans les grandes villes: Pointe noire, Dolisie,….Du mimétisme de l’ère coloniale on passe aux experts des Sapeurs Laris. D’où la sape est née à Bacongo et se généralise ensuite dans toute l’Afrique noire via Kinshasa. Ainsi, les Laris restent et demeurent les inventeurs incontestés du concept de la Sape et du mouvement amplificateur qu’a suscité cette vague de compétition vestimentaire dans les Ngandas de Bacongo.

Cependant, on constate, une filiation de la Sape avec la musique autour des années 50. La musique et la Sape forment un corps égal. Les retraits de deuil, les mariages, les baptêmes et les soirées dansantes seront les occasions pour les sapeurs de montrer leur tenue vestimentaire et de se faire connaitre par les publics (Nguébos). Les anciens musiciens du Congo Belge vont apprendre l’art de la musique auprès des grands noms comme le feu Serge Essous. Ainsi les musiciens de l’autre rive de Congo Kinshasa vont ramener de leurs frères Congolais, ce mouvement qui prédominait dans les bars et les Ngandas de Bacongo, de Poto poto, Ouenzé et surtout cette compétition vestimentaire que l’on retrouvait autour du mouvement de la Sape. Ce mouvement fait naitre à l’autre rivage un autre mouvement de la Sape. Les Colons belges vont introduire dans le sol congolais une nouvelle façon de s’habiller à l’occidental. Le grand Leader de l’époque Patrice Lumumba va à lui seul symboliser cette manière vestimentaire qui s’éloignait du célèbre des tenus traditionnels dominants dans le pays. Des zélateurs vont le suivre allégrement. Ce faisant, ses affidés seront habillés pareillement tout en continuant à militer à ses côtés.

Mais la sape en tant que art majeur est née dans les années 70 et atteint son apogée dans les années 80. A ce propos Céline CABOURG argue : Un mouvement ou plutôt une culture, urbaine et décalée, née au Congo à la fin des années 1960 et qui s’est exportée dans les grandes villes occidentales comme Paris et Londres(2). Le Sociologue congolais Gandoulou écrit, dans sa excellente thèse consacrée à la recherche de la Sape, que ce mouvement d’un genre nouveau vient de Bacongo. Il décrit la trajectoire des sapeurs Bacongolais dans leur aventure en France. De Bacongo à Paris. Il parle des dandys de Bacongo immigrés à Paris. Il relate la vie de ses amoureux des habits taillés par des grands couturiers français. Hormis cette étude magistrale du sociologue Congolais, on retiendra qu’avec les Laris de Bacongo la sape devenait fil du temps une religion. Ainsi, avec les Bacongos d’hier leur religion commune était la Sape et leur Maitre Ya Francos. Ce doyen de la sape est à la fois une mémoire vivante et une institution existante. Ce dandy né a donné à la sape ses titres de noblesse. Ancien Agent publicitaire, il est plongé dans la sape depuis son jeune âge et s’est lancé dans les années 80 dans la confection en créant son propre société de vente des vêtements dans l’avenue Matsoua à Bacongo. A ses cotés le feu Maléba se fait le chemin et se hisse au firmament de la Sape et dont son nom continue d’être cité par les héritiers présomptifs.

Mais d’autres sapeurs exilés, et restés au Congo ou morts, ont laissé leurs noms au panthéon de la mode. Parmi eux, on peut citer: Kalafath, Maverick, Destin, Dégré, MaPré, Massengo, Amatex, Miro, Mister, Ngoma Lomome, Cyriaque, Marrant, Prince, Makiza, Clément, kapata, Belos, Nebel, Lony, Nono, Gomez, Daron, Moulélé, Wallace, Ibara, Hassan, Tabasso, Bissengo, Mogard, Loko, Amateur, Modeste, Moukalou, Adamo, Joséto, Nganga, Mabeya, Yankil, djo balard, Jung, Moujeto, Axel, Kibomba, Akouisse, Romario etc…,

A partir des années 80, une nouvelle vague des sapeurs arrive et elle est propulsée sur le devant de la scène. Bon nombre des jeunes issus des quartiers de Bacongo vont immigrer en France. On assiste a un flot ininterrompu des sapeurs d’horizon divers quittés leurs quartiers de Bacongo, de Makélékélé, Kinsoundi, Moukounzikouaka, Météo, Poto, poto, Moungali, plateau pour aller en France terre d’asile des dieux de la Sape. Ce paradis des sapeurs. A cette époque des frères unis de Bacongo (les Laris, les tékés, les bembés, les vilis, les Bakongos, les Mbochis ….) on voit les jeunes de ces ethnies différents animés par un seul idéal et un même rêve. Celui de fouler l’eldorado français. Lieu de tous les fantasques, de tous les rêves fous de leurs idoles et dieux créateurs de la mode. Cette époque coïncide avec la fin de l’ère des orchestres des quartiers Bacongo ( Isifi, Tsouéla, Mfimfi etc..) et la décadence des équipes de Mwana foot ( Rêve d’or, Rival, As Brésil, Nice, Baptême, Carpillon, Reste du Monde….) au stade Hugos au marché total.

Ces Parisiens vont faire de retour au bercail. Triomphalement. Pour le jour de proclamation. En organisant des défilés de mode dans les rues des quartiers célèbres de Bacongo, Makélékélé, Météo, Moukouzikouaka, kinsoundi, Poto poto, plateaux des 15 ans, Moungali, Ouenzé, Talangaï, Moukondo. A Bacongo, ils vont fréquenter les bars de l’époque Macedo et plus tard chez Ta Lendé, Banco Palladium, la main bleue…. Mais ce mouvement social prend l’ampleur nationale avec l’irruption spontanée des Parisiens au stade de la révolution (actuelle Massamba Debat) lors d’un match de Foot-BALLL devant les yeux ébahis des autorités assis à la tribune officielle. Ce spectacle ébouriffant que le public avait hautement ovationné fera date et ouvrira une nouvelle page des Sapeurs Parisiens. Ce spectacle ahurissant va faire la une du journal national et partant la sape et les Parisiens ont atteint la notoriété et la célébrité nationale,

Dans les mêmes années, Papa Wemba et son orchestre Viva la musica vont multiplier les concerts à Bacongo au bar dancing Macedo. C’est lors de ses multiples voyages que Papa Wemba sera initié par les maitres de la Sape dans leur célèbre temple de Bacongo. Il va nouer les liens d’amitiés et de fraternité avec les Mister, les Profa et d’autres figures de prou des sapeurs laris de Bacongo. Mais singulièrement c’est au temple DIBAYA sis avenue Matsoua chez ya Didier que Papa Wemba va découvrir la bible de la sape et sa reconnaissance parmi les maitres incontestés. A chaque concert à Bacongo, il était conseillé, habillé et coiffé par ses frères congolais. Et c’est grâce à cette école initiatique des laris que Papa Wemba va vulgariser, populariser ce mouvement d’abord au village Molokai, puis aux émissions de kiné kiéssé du célèbre animateur Luku zambu et enfin dans tout le Congo-Kinshasa. L’apôtre de la Sape, il invente la religion Kitendi. Et de Matongué jusqu’aux fins fonds des quartiers populaires de Kinshasa, Il révolutionne la société avec le mouvement. Il distille ce parfum de la Sape à ses musiciens de Viva la Musica et d’autres musiciens célèbres de l’époque comme: Emeneya, Koffi, Bozi, Evoloko, Gina, Nyoka, Jado, Biboli…, Mais le mérite grandiose de Papa Wemba repose incontestablement dans la propulsion dans le monde du mouvement de la Sape à travers la promotion des couturiers célèbres français par la chanson. De plus, Papa Wemba et Niarcos vont donner en filiation avec les congolais de Paris une coloration internationale de la Sape. Mais avec Djo Balard, nommé le roi de la Sape, ce mouvement atteint le summum. La grande consécration. Une dimension mondiale par le biais de son apparition dans un film (Black Mic-Mac) dédié à ce mouvement. Dans ce sillage, les défilés de mode qui existaient déjà dans les milieux des initiés sapeurs de paris vont amplifier la nouvelle donne tout en l’élargissant à l’échelle mondiale. Dans ce sens, Valérie Merlin précise : suivant les mouvements de migrations, la Sape connait son apogée dans les années 80, les sapeurs Parisiens remontant Strasbourg-Saint-Denis puis Château-Rouge (3). Mais avec l’arrivée massif des sapeurs congolais à Paris les grandes couturiers (Yamamoto, dolce et Gabbana, jean Paul Gaultier, Kenzo, Cerutti….) et chausseurs français (J. Marc Weston, John lobb, Capo bianco…) vont augmenter leur demande des produits fabriqués. C’est pourquoi, la création de la mode est française, mais l’inspiration vient du Congo Brazzaville. Ainsi, avec la sape, Brazzaville retrouve son siège de Capitale de la France libre. Car il reste et demeure le berceau de la sape.

Des années 90 on voit apparaitre les sapeurs qui vont assiégés les marchés publics (komission, Total, Poto poto, Moungali…) et lieux de commerce privé (Coupole, Cristella, Médaf…). Les jeunes restants ou ces amoureux de l’habit, de la griffe vont mimés et copiés les gestes et les paroles des Parisiens. Le fameux « KELO » trouve ses admirateurs et ses fervents pratiquants. De plus, le phénomène de « Mine » déjà existant dans les années 7O des Yéyés s’amplifie et gagne considérablement les jeunes démunis. D’autres encore plus nantis vont acheter chez les Parisiens la gamme des produits à la mode pour se rivaliser et se concurrencer sur les bars et place publique. Une forme de drogue de la mode et schizophrénie sociale touche la société Congolaise dans cette furia vers l’habillement et la chasse aux griffes. Des magasins vont s’ouvrir autour des quartiers Bacongo: Mister, Francos, Privilège boutique…vont vendre les vêtements griffés des grands couturiers français et italiens.

« De la Sape à la Sapelogie: l’histoire des dandys congolais»
L’émergence de la sapelogie

A l’aube des années 2000, un nouveau concept est né dans les milieux Parisiens : la sapologie ou sapelogie. Un concept mis en avant par de Ben Muskasha. La sape devient une science. De la religion on passe à la science. Des sapelogues envahissent le monde Parisien, Londonien, Brazzavillois et africain dans sa globalité : Kinshasa, Libreville, Côte d’ivoire, Lomé, Douala…. Le défunt Rapha Boundzéki, porte étendard de cette nouvelle école de la sape et manager par Max Toundé, va sortir sur le marché national et international des vidéos qui montrent ces nouveaux sapeurs en exhibition et expliquent cette vision nouvelle de la Sape. Les Nouveaux Sapeurs aux couleurs éclatées surgissent sur la scène mondiale. Le magasin Connivences situé en plein marché Château Rouge vend ses vêtements aux couleurs pimpantes. Ce nouveau courant de la sape défraie la chronique. Devenu la coqueluche du moment des journaux et magazines de la place de Paris font l’écho de ce mouvement renaissant magnifique. A cet effet, les Magazines le Point et le nouvel observateur écrivent à ce sujet. Singulièrement, le nouvel observateur par la plume de Céline CABOURG (4) publie : « Très médiatisés dans les années 80 par le chanteur Papa Wemba, les sapeurs reviennent sur le devant de la scène avec un magnifique livre de photos, « Gentlemen of Bacongo », et une expo au Musée. Derrière ce cours d’élégance qui érige le détail et la couleur en signature (et qui réhabilite nœud papillon et pochette), on touche aux thèmes de l’intégration et de la marginalité, de la provocation et de l’identité) ».

Mais ces vidéos montrent aussi la guerre des sapeurs d’horizons divers. Rapha chante la genèse de la sape et ravive cet éternel feu. L’émergence de la célébrissime danse Ndombolo partout dans l’Afrique noire va accompagner ce mouvement social. Avec le développement du Net la sapologie s’ouvre une ère nouvelle de la société des ambianceurs. Longtemps resté dans le marché local avec la mondialisation, la sape s’exporte comme jadis mais à travers les images véhiculées via Internet. On voit à distance la guerre des différents clans des sapeurs installés dans les différentes villes de l’occident. De Brazza la verte à Londres en passant par Paris capitale de la mode, les vidéos relatent la vie des sapeurs congolais. La sape prend une autre dimension ou mode d’expression. L’oralité prédomine dans cette façon d’être des sapeurs. C’est le culte du« je». Il parle de leur vie et de la prééminence de leur clan. En somme, la sapelogie devient une nourriture quotienne que les jeunes congolais (de deux rives) du nord au sud se nourrissent par le biais des clips vus de leur oridinateur. Aujourd’hui avec ce nouveau mouvement social, la sape est rentrée au Musée Dapper à Paris. Au Congo Brazzaville, elle est reprise par le politique et devient un patrimoine culturel reconnu par l’Etat. Lors de grande festivités nationales, une délégation des sapeurs congolais est représentée et défile parmi les cortèges officiels des sociétés et administrations nationales devant les autorités officielles. Une forme de reconnaissance pour ses admirateurs et ses défenseurs hardis de la sape.

« De la Sape à la Sapelogie: l’histoire des dandys congolais»
Pour conclure

En définitive, de Matsoua aux étudiants congolais d’autrefois, la sape était un noble art. Les artistes de l’époque passée considéraient la sape comme une expression supérieure et un langage du corps et de l’esprit. Ils cherchaient avant tout la sublimation totale de l’âme dans l’échange, le partage et la séduction de l’autre son semblable. Dans le respect mutuel. La non-violence était au cœur de leur philosophie de la sape sacralisée. Un individualisme effacé par la tolérance, la bonté, la générosité. Ses impénitents sapeurs d’alors étaient imbus de rectitude et gorgés des vertus morales et spirituelles. Ces intellectuels et érudits étaient à la quête sans fin du beau, de l’amour et de l’humain. Cette trilogie déterminante était au centre de la doctrine du Muntuisme ou Humanisme intégral africain soutenu par Matsoua en filiation avec les idées des anciens missionnaires dans leur conception Chrétienne du Vatican. Ces hédonistes aimaient par-dessus tous les habits, mais ils exaltaient en priorité les valeurs de la solidarité, de la fraternité et de l’humanité. En outre, ils étaient diplômés et privilégiaient l’éducation à l’habillement. Ils rentraient au pays avec un dessein commun. Celui de construire la nation unie sur les principes de développement économique, social et culturel.
De nos jours la noblesse de cet art ancien semble disparaît au profit des guerres des égos démesurées de ses pseudo-sapeurs détenteurs de leaderships. Loin de se disputer l’autorité et le statut de sapeur premier, ses héritiers devraient garder précieux ce legs lointain des aïeux déjà disparus. Comme dit un proverbe lari « lorsqu’on hérite un bien, il faut le fructifier ». Cette fructification que ces nouveaux sapeurs et poursuivants devraient privilégier plutôt que la guerre des clans et des tribus qui plonge la « sapesagesse » dans la fange de la haine et de la division. « L’habit fait le moine ». Il revient aux sapelogues d’aujourd’hui d’incarner au mieux cette science qu’elle adore par les vertus intérieures qui conduisent à la source originelle des anciens sapeurs qui s’habillaient en symbiose avec les dieux et l’harmonie des couleurs de la nature. La sape peut devenir une précieuse arme de développement personnel pour ceux qui cherchent avant tout la satisfaction collective par le biais de la satisfaction du plaisir individuel sublimé. C’est ce bonheur partagé que ces sapeurs actuels semblent ignorer dans la quête infinie des rivalités fratricides et rétrogrades. Oui, « le fou invente la mode et le sage la suit de près ». Que ceux qui ont des oreilles entendent et ceux qui entendent comprennent. A bon entendeur. Salut ! Disait l’éminent journaliste congolais Guy Ové.
Il n’est pas besoin ici de critiquer les sapeurs(es) et sapelogues que nous sommes tous frères et sœurs d’une même nation congolaise. Diplômés ou pas. Ni d’habiller Paul, pour dévêtir Jean. Il est plutôt question que nous considérons la sape comme un patrimoine culturel commun. Qu’il faut sauvegarder, protéger et développer non pas à des fins personnelles stériles. Mais, à des fins, plutôt productives pour que la Sape notre label unique puisse être aujourd’hui et demain un outil propice à la croissance économique, au développement social et culturel de nos deux nations fraternelles. Et qu’il ne se limite pas seulement au culte du paraitre si avilissant et de ses propensions dispendieuses déplorables. Que puisse la Sape devenir dans nos nations un modèle unique à exporter, une marque de fabrique congolaise « une exception Congolaise » et un moyen de sortie de crise par les investissements propices pour réduire la pauvreté qui ronge nos sociétés. Voilà ! Mon vœu ardent que je forme à travers ses lignes pour la réussite, le bonheur et l’intérêt de tous.

Sédar De block

(1) et (3) Lire Valérie Merlin Le Meslée dans le Point du 05 novembre 2009
(2) et (4) Lire l’article de Céline CABOURG dans Le nouvel Observateur n° 2370 du 08 au 14 avril 2010 page 138.
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Vos commentaires:

1.Posté par YAMOUWONDA le 19/04/2010 23:04 | Alerter
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Le mot lari revient tres souvent dans votre texte ou article.. Pourquoi ne pas seulement parler que des jeunes de bacongo. ,makelekellé......?

Dites moi , au fait qui est ce qui a deja vu une autre photo de Matsoua , a part celle de son torse que l on exibe tout le temps et ou il est habillé en tenue de douanier ?


2.Posté par KANTE le 21/04/2010 04:21 | Alerter
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Honte à vous , tout ce blabla sur la sapologie, cet article n'apporte rien de nouveau ,le message qu'il porte est connu de tous.
Est-ce que la saapologie est importante pour le congo aujourd'hui?
En lisant votre article , je comprends bien l'etat du Pays.

3.Posté par GADELLE le 21/04/2010 21:27 | Alerter
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A lire dans le même registre, un article fort intéressant :
http://www.starducongo.com/SAP-E-O-LOGIE-Pourquoi-faire_a640.html

4.Posté par AllenMich le 12/05/2010 16:19 | Alerter
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Voici un autre zigoto, plein d'amateurisme qui prône la sape comme une innovation technologique. S'il prenait leur temps comme a fait Bachelard, Einstein, Pasteur ...il n'y aurait pas de chemin sans bitume dans une ville qui produit du pétrôle. Cherchez vous même l'erreur. Je ne sais pas, ça vous a coûté combien en temps pour cette narration...il serait mieux de faire une analyse critique pauvre con.

5.Posté par jean florent le 04/06/2010 12:32 | Alerter
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pour moi sont foriit qui sont saopot de zigolo qui ne connaince a la valeur idéal dans la innnovation technique. la dynamique n'est plus un voue.bon chance au zigolo

6.Posté par jean florent le 04/06/2010 12:32 | Alerter
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pour moi sont foriit qui sont saopot de zigolo qui ne connaissance a la valeur idéal dans la innovation technique. la dynamique n'est plus un voue.bon chance au zigolo

7.Posté par Mabounda Gildas le 15/07/2011 15:15 | Alerter
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Gildas mabounda Congolais de Brazza rsidant à Libreville,
Pour moi la sape est une culture ancienne laisse par nos ancetre dépuis les année 20.
une culture que personne osera la faire disparaitre ells survivra de genration en genratio.

8.Posté par marius le 07/02/2012 12:08 | Alerter
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