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Déclaration de Tsaty Mabiala, président de la coordination du FROCAD


Par | Dimanche 22 Novembre 2015 | Lu 338 fois | 0 Commentaire

Brazzaville, (Starducongo.com) - Ci-dessous l'intégralité de la déclaration de Tsaty Mabiala, le président de la coordination du Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (Frocad).



Tsaty Mabiala, président de la coordination du FROCAD
Tsaty Mabiala, président de la coordination du FROCAD
Mes chers camarades,

En me désignant à la tête du FROCAD après avoir fait le bilan de notre action collective depuis la création de cette organisation, tout d’abord et bien entendu, je vous remercie pour cette confiance que vous placez en ma personne, confiance j’en suis conscient, que tout autre parmi nous aurait pu mériter, que sans doute pour des raisons d’opportunité politique, celle-ci s’est reportée sur moi.

A l’instant j’en apprécie les enjeux et surtout je mesure le poids de la charge au moment où il faut le reconnaitre, l’image de notre organisation est quelque peu écornée. En effet, après tant de succès et d’exploits de mobilisation même si ceux-ci ne tenaient pas qu’à notre seul travail mais certainement aussi à cette forte et massive adhésion au changement dans notre pays, des interrogations, des doutes quelque fois, s’élèvent ici et là sur notre réelle capacité à relever le défi et à conduire le Peuple Congolais vers ce changement tant attendu et tant espéré.

Le Premier geste en cette période de doute de nos militants et pour la nécessaire remise en confiance, porte sur la réorganisation du FROCAD afin de l’adapter aux nouvelles prescriptions de notre mission et de le préparer aux éventuelles mutations organisationnelles de l’opposition telles que de plus en plus suggérées par les militants, exténués par nos querelles feutrées de positionnement.

Pour cela, il faut illico presto assurer le passage de l’émotionnel qui a souvent marqué nos actes, au rationnel qui dans la durée garantit toute élévation. Pour être prosaïque je dirai simplement qu’il faut sortir du hasard qui a été parfois à la base de nos succès de mobilisation pour entrer dans l’ère du travail bien fait, de l’ordre et de discipline, valeurs qui en plus de la détermination et de la responsabilité fondent toutes les constructions intellectuelles, morales ou physiques de l’homme.

Nous y reviendrons dans l’examen à froid de notre bilan pour nous appliquer le dicton : « Comprendre sa défaite pour préparer la victoire ». A ce sujet, peut être avons-nous sous-estimé la capacité de résistance et de nuisance du Président SASSOU, ses moyens colossaux qui lui permettent d’atteindre les âmes faibles, hélas que nous sommes, rongés par la pauvreté et devant les tentations du besoin.

Et aussi de l’appréciation que nous avions de la durée de cette lutte que nous avons cru à tort qu’elle serait de courte durée mais qui malheureusement pourrait prendre plus de temps et exiger plus d’efforts et de moyens que l’on ne l’imaginait. Car n’ayons plus peur des mots, notre lutte prend la forme d’une lutte de libération nationale contre un système dictatorial et répressif.

En même temps qu’il faut le combattre de toutes nos forces et de toute notre intelligence, il nous faut éviter le piège de l’affrontement Nord-Sud et au bout d’une guerre civile dans laquelle le Président SASSOU espère nous enfermer.

Pour ce faire, l’Unité nationale et la paix doivent être notre crédo, notre ligne conductrice et doivent dicter nos comportements. Et nous l’avons compris, il nous faut une organisation efficace, efficiente et équilibrée, animée par des hommes dopés par une tension morale qu’éclaire un discours patriotique lisible et audible, parfaitement adapté à l’évolution actuelle de la lutte.

Nous sommes partis du « non au changement de la Constitution de 2002 et consécutivement au référendum qui en découlait » et « pour la gouvernance électorale afin de garantir l’alternance démocratique en 2016 ». Et maintenant de « l’invalidation du référendum et du rejet de la Constitution du 25 octobre 2015 » sans rejeter l’offre de dialogue qui se profile, à condition qu’il ait lieu sous l’égide de la Communauté Internationale.

Telle est, il me semble, la position actuelle du FROCAD.

Tout en nous donnant les moyens de parvenir à cette fin, ne devrions-nous pas déjà réfléchir à l’éventualité d’un plan « B » qui se susurre déjà dans l’opinion y compris en notre sein et que l’on dit être une position de sagesse et de réalisme sans abdiquer sur le fond, c'est-à-dire l’alternance en 2016.

Ce plan « B » se focaliserait sur la Gouvernance Electorale avec ce que cela s’entend, c'est-à-dire, la mise à plat de tout le système électoral actuel et innovation dans notre pays, la certification par les observateurs de la Communauté Internationale des résultats sortis des urnes et l’obligation de les faire respecter à tous les acteurs par les observateurs des Nations Unies.

Au demeurant il nous faut consolider ce qui a si bien commencé et qui nous a attiré tant de sympathie à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Je le résume en quatre préceptes :

1° Réaffirmer notre nécessaire cohésion ;

2° Rétablir la confiance avec le Peuple qui nous a accompagné dans ce combat et qui semble ne plus croire en notre détermination ;

3° Préserver et renforcer le partenariat avec l’IDC par delà tout.

4° Relancer effectivement la vi e de nos Partis sans lesquels il n’y a pas de FROCAD.

Mes chers camarades,

Ce sont mes premiers mots à votre endroit au moment où vous m’élevez à la tête de votre organisation qui à besoin d’une nouvelle respiration pour repartir au combat.

Je ne crois pas en la force et en l’intelligence d’un seul. Je crois en la mutualisation des efforts de tous, en l’apport multiforme des uns et des autres, petits ou grands, pour gagner ce combat et nous libérer de la dictature.

Je félicite tous les amis, Présidents des Plates-formes ou personnalité du FROCAD qui ont été désignés à la tête de notre organisation.

Une fois de plus tout en vous félicitant pour votre hauteur d’esprit et votre capacité d’anticipation, je vous adresse mes remerciements les plus fraternels et vous assure de ma totale disponibilité et de mon engagement sans réserve dans cette passionnante mission que vous me confiez aujourd’hui, dont par ailleurs, je n’ignore pas la délicatesse.

A vous tous merci.

Fait à Brazzaville, le 19 novembre 2015.

Pascal TSATY-MABIALA
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