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Déclaration des Laïcs Chrétiens : ET NOUS Y VOICI !


Par | Samedi 26 Décembre 2015 | Lu 350 fois | 0 Commentaire

Brazzaville, (Starducongo.com) - Dans la déclaration du 7 Novembre 2015 (DFPN 02), les Laïcs Chrétiens, ont fait le constat qu’avec l’adoption très contestée de la nouvelle constitution, « Le Congo plonge dans une grande incertitude ».



Déclaration des Laïcs Chrétiens : ET NOUS Y VOICI !
En effet, toutes les institutions issues de la constitution de 2002 auraient du prendre fin avec celle-ci. « La nouvelle constitution » précise toutefois qu’elles demeurent valides jusqu’à la mise en place des nouvelles.

En réalité, leur existence légale se fonde sur la notion de la continuité de l’Etat et non pas sur une quelconque légitimité, celle-ci étant automatiquement perdue. De ce fait, on ne peut alléguer, pendant la période transitoire qui s’est ouverte, d’une majorité et d’une opposition politique ou électorale.

Le Congo vit alors des moments très incertains. Adoptée dans les conditions les plus incertaines, la constitution nouvelle reste très contestée et ne fait pas, elle-même, consensus.

La transition en découlant ouvre une période délicate où toutes les forces politiques et même sociales, qui se valent par ailleurs, s’affrontent sans consensus politique sur l’aujourd’hui et le demain de la nation congolaise.

I. Et nous y sommes !

Le malheur du Congo vient du fait que la classe politique et les gouvernants congolais souffrent de deux graves maux : l’autisme et l’orgueil.

Dans toutes les circonstances, ils ont raison, même quand les morts s’amoncellent. Ils ont toujours raison contre tous, même contre Dieu. Ils ont raison, puisqu’ils sont la raison.

Devant ladite raison devenue « divine », même le droit disparait. Nous nous rappelons qu’au terme du mandat du Président Pascal Lissouba, des sommités du droit de la Cour constitutionnelle, arguant, en réalité, de la turpitude de celui-ci, s’étaient permis, en dépit des règles de droit, de lui accorder une prolongation de magistrature.

De nos jours, deux constitutions continuent de régir la vie de la nation congolaise : la constitution de 2002 et celle de 2015.

La constitution de 2002 n’avait prévu aucune disposition sur sa disparition sinon qu’un processus évolutif avec un noyau dur auquel on ne peut toucher. De cette constitution découle toutes les institutions actuelles.

La nouvelle constitution de 2015 vient radicalement changer ou mieux rompre d’avec l’ordre constitutionnel établi en 2002.

Toutefois, les géniteurs de la constitution de 2015 sont restés conscients sur la faiblesse originelle de leur création. En effet, la naissance de cette constitution reste un acte purement politique qui, malheureusement, ne se fonde sur aucun consensus politique, lequel consensus aurait pu déterminer à l’avance les étapes de la marche à suivre.

A défaut de ce chronogramme consensuel, ils ont inscrit dans leur œuvre constitutionnelle que les institutions issues de la constitution de 2002 demeurent valides jusqu’à la mise en place des nouvelles.

Les braves géniteurs de la nouvelle constitution de 2015 restent toutefois conscients que ces institutions de 2002 ont perdu toute légitimité. Aucune disposition de la nouvelle constitution n’autorise la plus haute institution, le Président de la République actuel, en fonction, de prêter serment en tant que tel sur cette nouvelle constitution.

II. En réalité, les institutions issues de la constitution de 2002 sont devenues provisoires. Elles n’assument donc que la continuité du service public.

Du point de vue du droit, ces institutions n’assument que la continuité du service public. Leur capacité est donc limitée à ce rôle. Elles ne peuvent s’autoriser de le dépasser
. Tout dépassement est un forfait, et même un coup d’état, qui engage la responsabilité collective et personnelle des auteurs.

La formule large de continuité usitée par les géniteurs de cette constitution de 2015 prête à équivoque. Etant donné qu’il s’agit de la continuité du service public, une institution, le Président de la République et trois organes de gestion (le gouvernement, l’organe judiciaire et la force publique) sont indispensables. Tout le reste est facultatif, surtout ne dispose d’aucun pouvoir de décision.

Les actes liés à la votation du peuple, à savoir le recensement électoral, la loi électorale, la fixation des circonscriptions, les conditions d’équité et de transparence, les conditions d’expression du citoyen et des candidats, les conditions pratiques du vote ne sont nullement des actes de gestion courante du service public. Ils sont des actes organiques et déterminants pour la mise en oeuvre de la constitution de 2015. En conséquence, les institutions provisoires ne peuvent se saisir elles-mêmes de ses questions et trancher. Ces questions dépassent leur compétence propre d’institutions et organes provisoires.

III. La consultation référendaire de 2015 reste un acte politique

La constitution de 2015 ne trouve nullement sa source dans les dispositions constitutionnelles de 2002. La consultation référendaire de 2015 est un fait politique.

Ce fait politique a donné naissance à la constitution de 2015. Cependant, celle-ci n’a pas guéri le fait politique de sa maladie congénitale : l’absence de consensus politique national, lequel aurait pu seul déterminer les étapes à franchir dans la période transitoire.

Cette grave faiblesse semble obliger les institutions provisoires, ces derniers temps, à outrepasser leur unique rôle de gestion de continuité du service public. Quelque soit la force de dissuasion de ces institutions provisoires, il n’en demeure pas moins qu’une république démocratique se fonde sur le droit. – Simple rappel : Le Congo Brazzaville n’est plus régi sur des principes marxistes.

Les institutions et organes transitoires actuels doivent, dans tous les cas, se retenir de tout forfait et de tout coup d’état contre la République.

Les Laïcs Chrétiens attirent tout particulièrement l’attention des éminents juristes du pouvoir judiciaire et des autres Cours du droit sur leur responsabilité dans la dérive de la démocratie congolaise depuis les années 1997.

IV. Le consensus politique national réel est la seule solution

Les Laïcs Chrétiens exhortent la classe politique et les gouvernants congolais à sortir de leur autisme et leur orgueil, à écouter humblement le peuple congolais dans sa diversité et dans ses différences.

La situation de blocage national dans laquelle vous avez délibérément plongé la nation et la république congolaise exige un effort sur vous-mêmes, celui de consentir à un dialogue à « l’Otwèrè », devant établir un consensus politique national véritable. (Otwèrè, Mgr B. Gassongo, les Lianes B.P. 2301 Brazzaville, 10 Mars 1979)

La nation congolaise est notre maison commune, notre « Mbongui » et nos problèmes se règlent à « l’Otwèrè ». Pourquoi avons-nous oublié notre culture bantoue-autochtone, rien que par autisme et orgueil ? Où allons-nous ?

Les Laïcs Chrétiens soulignent la responsabilité du monde occidental chrétien. Celui-ci semble porter les valeurs démocratiques à travers le monde. Son soutien expressif au début, tiédit et s’évanouit ensuite lorsque ses intérêts économiques immédiats le commandent. De plus et depuis, l’occident démocratique s’affaiblit et même se bloque devant ce que Jean-François Revel qualifie de « fait accompli » (Jean-François Revel, Comment les démocraties finissent, presse Cameron, mars 1985).

Afin de porter de manière plus crédible ses valeurs, l’Occident démocratique doit redéfinir sa stratégie d’action dans ce monde qui, de nos jours, s’engage dans une longue période de grands périls.

Les Laïcs Chrétiens invitent tous les acteurs de la scène politique congolaise, nationaux et internationaux, à se ressaisir et travailler fermement pour instaurer un véritable renouveau au Congo.

Ils déclarent, en cas d’accord des parties concernées, leur disponibilité quant à faciliter le rapprochement et le dialogue à « l’Otwèrè ».

Fait à Brazzaville, le 26 Décembre 2015
Le Président de la Fondation Pro Novis
ANDELY-BEEVE

Fondation Pro Novis reconnue par l’Etat congolais le 27 juillet 2012 et revêtue de la personnalité juridique au sein de l’Eglise catholique en vertu du canon 312 (Décret d’approbation ecclésial du 3 Janvier 2013)
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