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Denis Sassou Nguesso reconnaît la nécessité de la participation de l’opposition

Election présidentielle de 2009


Par La Semaine africaine | Vendredi 24 Octobre 2008 | Lu 664 fois | 0 Commentaire

Le président Denis Sassou Nguesso a participé, du 17 au 19 octobre 2008, au 12ème sommet de la Francophonie, à Québec (Canada), aux côtés d’une quarantaine d’autres chefs d’Etat de pays membres de l’O.i.f (Organisation internationale de la francophonie).



Denis Sassou Nguesso reconnaît la nécessité de la participation de l’opposition
Au Congo, l’élection présidentielle de juillet 2009 est l’événement politique majeur qui commence à cristalliser, progressivement, le débat, notamment sur la question de son organisation. Dans une interview à notre confrère Christian Lapeyre, publiée dans le magazine «Marchés Africains», dans une édition spéciale n°8 consacrée au Congo, Denis Sassou Nguesso semble avoir revu son attitude face à l’opposition. Il considère qu’on ne peut pas aller à une élection aussi importante que l’élection présidentielle, sans la participation de l’opposition.

L’année prochaine, les Congolais vont devoir repartir aux urnes, pour élire le compatriote qui va présider, pour les sept ans à venir, aux destinées de leur pays. Ce sera le deuxième rendez-vous électoral pour le vote présidentiel, après celui de mars 2002, sous la Constitution plébiscitée la même année. Instaurée par la Conférence nationale souveraine de 1991, la démocratie au Congo a connu une grande fracture en 1997, avec la terrible guerre qui a opposé les forces gouvernementales du président Pascal Lissouba, élu en 1992, et les rebelles cobras de Denis Sassou Nguesso, appuyés par l’armée angolaise. Revenu au pouvoir à l’issue de cette guerre dévastatrice, celui-ci a renoué avec le processus démocratique en autorisant le multipartisme, mais sous une nouvelle Constitution votée en janvier 2002, qui instaure un régime présidentiel avec un mandat de sept ans.

En mars 2002, le président Sassou Nguesso a été élu avec un pourcentage de 89,41% des voix, sans la participation de ses principaux challengers de l’époque, l’ancien président Pascal Lissouba et l’ancien opposant Bernard Kolélas, devenu son allié, depuis son retour au Congo en octobre 2005. Seul concurrent sérieux, André Milongo, ancien premier ministre de la transition (1991-1992), aujourd’hui décédé, avait jeté l’éponge à la veille du scrutin, en dénonçant sa mauvaise organisation.

Sous le premier septennat présidentiel, l’opposition congolaise, éparpillée, s’est toujours sentie marginalisée. Seuls quelques partis, comme l’U.pa.d.s (Union panafricaine pour la démocratie sociale) de l’ancien président Pascal Lissouba et l’U.d.r-Mwinda d’André Milongo aujourd’hui dirigé par Guy Romain Kinfoussia, disposent des élus au parlement et dans les conseils locaux. Les autres partis d’opposition ne survivent qu’à travers des déclarations dans la presse et la tenue de quelques rassemblements avec leurs militants, quand ils ne sont pas interdits.

L’organisation des élections législatives en 2007 et locales en 2008 a été sous-tendue par un débat houleux avec l’opposition exigeant l’institution d’une commission électorale indépendante. Les dysfonctionnements, les lacunes et mêmes les fraudes ayant émaillé ces élections n’ont fait qu’apporter l’eau au moulin d’une opposition qui continue de réclamer, à cor et à cri mais sans se faire entendre, une C.e.i à la congolaise. Au lendemain des élections locales de cette année, les partis de l’opposition ayant participé à ces élections, notamment l’U.pa.d.s, l’U.d.r-Mwinda et le R.d.d, se sont retirés de la commission nationale d’organisation des élections, pour protester contre leur mauvaise organisation et réclamer un recensement administratif pour la maîtrise du corps électoral. Cela n’a pas ému le ministre de l’administration du territoire qui, dans une intervention sur Radio France internationale, il y a quelques jours, a indiqué qu’il n’y aura pas de recensement administratif, mais une simple révision des listes électorales.

Est-ce pour rassurer l’opposition que le président Denis Sassou Nguesso n’est pas allé dans le même sens que son ministre? En tout cas, contrairement à ses habitudes, le président Sassou Nguesso a eu une attention bienveillante à l’égard de l’opposition, dans ses propos au magazine «Marchés Africains». «Au Congo, il y a bien une majorité au pouvoir et une opposition. Les deux siègent à l’assemblée nationale. On ne peut imaginer une élection aussi capitale sans l’opposition qui compte des membres respectables», a-t-il dit. Voilà qui devrait redonner aux partis de l’opposition tout au moins l’espoir de nouer le dialogue avec le pouvoir, sur les questions majeures de l’organisation du scrutin présidentiel que les Congolais souhaitent se tenir dans la paix, avec la participation de tous.

Joël NSONI
Lasemaineafricaine
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