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Dieumerci Mbokani à la CAN 2013 : « J’ai deux objectifs : figurer parmi les meilleurs joueurs africains et qu’on aille jusqu’en finale »


Par Digitalcongo.net | Jeudi 24 Janvier 2013 | Lu 463 fois | 0 Commentaire



Dieumerci Mbokani à la CAN 2013 : « J’ai deux objectifs : figurer parmi les meilleurs joueurs africains et qu’on aille jusqu’en finale »
A 27 ans, Dieumerci Mbokani dispute sa première Coupe d’Afrique des nations. L’attaquant vedette de la RDC, buteur face au Ghana (2 - 2), compte bien briller en Afrique du Sud et mener les Léopards très loin durant cette CAN 2013. Le Congolais retrouvera ensuite son club belge Anderlecht pour six derniers mois, avant de rallier un autre club.

Portrait d’un avant-centre ambitieux mais qui a connu bien des galères.

« J’ai deux objectifs : figurer parmi les meilleurs joueurs africains et qu’on aille jusqu’en finale. » Pour sa première Coupe d’Afrique des nations, le Congolais Dieumerci Mbokani nourrit de grosses ambitions. L’attaquant vedette des Léopards savourait un peu sa réussite au lendemain d’un beau match nul 2 - 2 face au Ghana et d’un but sur penalty : « J’ai été concentré pendant toute la préparation avec l’équipe nationale. J’avais dit que si je faisais la Coupe d’Afrique, j’allais faire la différence.»

+A 27 ans, Mbokani rattrape un peu le temps perdu. Il n’avait pas été retenu parmi les 23 pour disputer la dernière CAN de la RDC, en 2006. « Ça me fait vraiment plaisir d’être ici, dit-il.C’est presque ma deuxième CAN, parce que j’étais blessé à la fin de la préparation en Egypte. […] Même quand on évolue en Europe, c’est bien de jouer des compétitions comme ça.C’est le top en Afrique ».

Un passage difficile en France

Dieumerci Mbokani a fait en partie ses preuves sur les deux continents. D’abord en Afrique, où il a empilé les buts pour le Tout Puissant Mazembe en 2005 et 2006. Puis en Europe, avec des passages à Anderlecht (2006 - 2007) et au Standard de Liège (2007 - 2010), les deux clubs phares du championnat de Belgique.

Le natif de Kinshasa a ensuite connu des problèmes. Transféré à l’AS Monaco en août 2010 contre 7 millions d’euros, le Congolais ne s’est jamais imposé en Principauté. Il est reparti six mois plus tard, prêté en Allemagne au club de Wolfsburg. Un nouvel échec.

« J’ai gardé des mauvais souvenirs de mon passage en France, raconte-t-il. Pour le moment, je ne peux pas y retourner ». L’avant-centre ne s’est jamais épanoui dans son club : « J’avais des problèmes privés avec Guy Lacombe. C’est pour ça que j’ai quitté l’AS Monaco. […] C’est un bon entraîneur mais le problème c’est qu’il ne parle pas avec les joueurs. »

Un décès tragique

Pour se relancer, Dieumerci Mbokani est donc retourné à Anderlecht en août 2011 : « Après mon passage à Monaco, j’ai perdu un peu confiance. En plus, j’ai eu des problèmes privés lorsque j’étais en Allemagne (en prêt à Wolfsburg, Ndlr). Ma femme avait accouché prématurément.. Je n’avais pas la tête au football. »

Le travail d’Anderlecht a donc été de remettre le joueur sur les rails comme l’explique Jean-François Lenvain, de la cellule sociale du Rsca : « A son retour, l’image que les gens avaient de lui était écornée. Lui savait pourquoi. Il y a sans doute eu de petits écarts.

Mais ses principaux soucis étaient personnels. ‘Dieu’ et son épouse ont eu le malheur de perdre un enfant. » Le 24 août 2011, le fils cadet de Dieumerci Mbokani décède en effet d’un arrêt cardiaque à l’âge de cinq mois. Un drame terrible pour le joueur. Anderlecht tente alors de l’entourer au mieux.

Pisté par plusieurs clubs

Bouleversé, Dieumerci Mbokani relance pourtant vite sa carrière. « Depuis un an et demi qu’il est revenu chez nous, on est vraiment super heureux de son comportement et de ses prestations, explique ainsi Jean-François Lenvain qui est venu spécialement en Afrique du Sud pour encourager son protégé. Il a souvent traîné une image négative qui devait être en partie justifiée à certains moments. Mais Mbokani a clairement changé et il est prêt à franchir de nouvelles étapes ».

Anderlecht regrette forcément son départ pour la CAN 2013, même si le club belge connaît bien la règle avec les joueurs africains. « Pour le moment, je joue bien avec mon club Anderlecht, mais la RDC, c’est mon pays, lance le footballeur. Je n’ai pas le choix, je suis venu servir le Congo. Après le 10 février (date de la finale), une fois la CAN finie, je rentrerai en Belgique pour faire mon boulot ».

Dieumerci Mbokani partira ensuite cet été. A la Juventus Turin, en Italie ? « Je ne sais pas encore, parce que j’ai aussi des offres en Allemagne, en Russie et en Angleterre », élude l’intéressé. Puis, il ajoute : « L’Angleterre me plait mais j’aimerais jouer dans un des six ou sept premiers clubs du championnat. Ce serait mieux pour moi. » Un Soulier d’Or à la CAN 2013 ?

Son profil de buteur athlétique plait en tout cas beaucoup. Jean-François Lenvain décrypte ses qualités : « C’est un attaquant hors pair. Sa force aujourd’hui, c’est cette régularité dans ses prestations. Il a marqué 23 buts en 25 matches. Ça dit un peu tout.

Il est régulier et se met au service du collectif. Beaucoup d’attaquants sont individualistes. Lui, pas du tout. Il est vraiment au service de l’équipe et travaille énormément pour elle. » Des prestations qui devraient lui valoir, sauf surprise, le Soulier d’Or. Un trophée remis ce 23 janvier 2013 et qui récompense le meilleur joueur du championnat de Belgique.

En cas de succès, Dieumerci Mbokani a déjà tout prévu : il fêtera son titre avec ses coéquipiers de RDC. Histoire de prolonger le premier bon moment vécu face au Ghana.

Pourquoi Mbokani va gagner le Soulier d’or

Dieumerci Mbokani fait figure de grandissime favori alors même que beaucoup s’accordent à penser que Silvio Proto mériterait, sur base de sa régularité, d’être récompensé. La course est déjà gagnée. Seule manque encore la parole sacrée de l’huissier. Celui qui mercredi soir veillera à ce que le dépouillement des votes du Soulier d’or ne soit nullement biaisé. Car si du côté du journal "Het Laatste Nieuws", organisateur du trophée, chacun tente aujourd’hui de récréer un suspense même allégé, la victoire de Dieumerci Mbokani paraît d’ores et déjà assurée.

Les sondages express effecutés au sein des rédactions sportives (les journalistes constituant au demeurant la majorité des votants) semblaient en effet renvoyer au cours des jours derniers des résultats concordants : un mano a mano entre Kevin De Bruyne et Mbokani au premier tour suivi d’un duel de frères entre Silvio Proto et le même Dieumerci lors du second volet du scrutin. Dans un top 10 élargi, les noms de Benteke, Perbet, Kouyaté, Berrier, Biglia, Bacca mais surtout de Jelle Vossen (véritable candidat au podium) venaient eux aussi se glisser sans que la couronne glissée au pied de Mbokani puisse être menacée.

La régularité

Le sacre annoncé de Mbokani renverra mercredi soir à une double logique. Celle qui veut que le club champion (Anderlecht) se voie, par l’intermédiaire d’un des siens, distingué. Celle qui veut aussi que les joueurs à vocation offensive se retrouvent plébiscités sauf année surprise, cas extrême ou envie soudaine d’originalité. Car il faut désormais remonter à 2004 pour retrouver trace d’un défenseur (et lequel ! puisqu’il s’agissait alors de Vincent Kompany) dans le palmarès. Sans même parler des souvenirs écornés de 1989 où Michel Preud’homme avait alors été le dernier gardien à l’emporter.

En finissant mercredi soir sur la deuxième marche du podium (sur lequel l’Anderlechtois semble avoir pris une option sans qu’elle lui soit pour autant réservée), Silvio Proto ne se rendra d’ailleurs pas forcément compte de l’exploit qu’il viendra alors de réaliser. Auteur d’une année somptueuse, l’ancien portier louviérois aurait sans doute mérité de l’emporter si la régularité avait fait figure de premier critère.

Car au contraire de Mbokani, Proto n’aura jamais sélectionné ses matches, jamais écopé de la moindre journée de suspension, jamais été pris en flagrant délit de démotivation. Cadeau d’adieu.

Mais sans doute y aura-t-il derrière une partie des bulletins marqués au nom de Mbokani l’idée qu’il s’agissait aussi de la dernière chance de récompenser le Congolais. Car, contrairement à Silvio Proto (sans doute parti pour terminer sa carrière au Sporting), Mbokani filera dès l’été vers l’Angleterre.

L’Avenir/La Libération
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