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École de peinture de Poto-poto : l'école se bat pour recouvrer l'intégralité du terrain légué par Pierre Lods


Par Adiac-congo.com | Vendredi 20 Septembre 2013 | Lu 1161 fois | 1 Commentaire



Ecole de poto-poto
Ecole de poto-poto
La célèbre école de peinture se bat depuis des années pour recouvrer l’intégralité du terrain que son fondateur lui a légué avant sa mort. Mais elle fait face aujourd’hui à une tentative d’expropriation conduite par la famille de celui qui succéda à Pierre Lods, Nicolas Ondongo. Si bien qu’elle est menacée dans son existence même par une manipulation qui porte atteinte à l’un des biens culturels les plus emblématiques du Congo

L’École de peinture de Poto-poto © (Adiac)Des documents de justice présentant la famille Ondongo comme propriétaire de la parcelle qui abrite l’école ont été présentés récemment devant la justice afin de permettre à celle-ci de s’approprier en toute illégalité une partie du terrain de l’école située en plein cœur de Poto-poto. Mais ces textes sont truqués selon des sources proches de l’institution.

Dans le silence réfléchi de ce lieu mythique qui fait rayonner l’art pictural congolais à travers le monde, l’heure est aux interrogations. La parcelle abritant le siège de l’École de peinture de Poto-poto entre les rues Moudzombos et Mayama, à Moungali, attise en effet la convoitise des enfants Ondongo qui souhaiteraient vendre la partie du terrain théoriquement « concédée » à la famille Ondongo par l’État.

Un mur a été érigé en 2009, grâce à un financement de l’Unesco, entre la partie qui abrite l’école et le domicile où logent les enfants de feu Nicolas Ondongo. Nicolas Ondongo qui était, en effet, le second élève de Pierre Lods, est resté jusqu'à sa mort, en 1990, président de la coopérative des peintres de l’École de Poto-poto ; il fut aussi, selon des documents réunis par un cabinet juridique, directeur régional des Affaires culturelles à l’époque du président Marien Ngouabi. À la mort de ce dernier et pour des raisons que l’on ignore, le peintre ne fut pas délogé de la maison où il avait vécu avec Pierre Lods.

C’est donc dans ce petit logis qui côtoie l’ancien atelier de Pierre Lods que le peintre a vécu avec ses enfants. En était-il devenu propriétaire au fil des années ? Le titre foncier du terrain était-il établi à son nom ? La maison, en tout cas, partageait jusqu'en 2009 une même cour avec l’École. Mais l’agitation qui régnait dans cet espace vers lequel affluaient les badauds avait fini par nuire à la quiétude des artistes. Si bien que la cour fut séparée en deux avec d’un côté la grande paillotte où opèrent les artistes de l’école de peinture et de l’autre la maison ou vécurent Pierre Lods, puis Nicolas Ondongo, et où habitent aujourd’hui les enfants de ce dernier.

Un titre foncier douteux

La famille Ondongo brandit pour justifier sa présence une décision de justice rendue en 1984 qui confirmerait sa qualité de propriétaire de cette parcelle. « Le titre foncier délivré à son père et actualisé est le document de référence qui a motivé cette décision aussi subite que contestable », explique un juriste, proche de l’École de peinture de Poto-poto.

Ce titre foncier serait en réalité un faux, car il n’est pas daté. Le document de « conservation de la propriété foncière » délivré par la préfecture du Pool est plus que « suspect » si l’on en croit les spécialistes que nous avons consultés. « Il y a un faisceau d’indices convergents et en tout état de cause il est impossible qu’un document administratif ne soit pas daté. C’est largement suffisant pour dire qu’il y a problème, que du point de vue administratif le document est inexistant », commente un observateur.

« La famille Ondongo a voulu agir à cause du laxisme de l’État et voilà qu’elle veut renverser le fardeau de la preuve, afin de se faire reconnaître titulaire de cet espace », ajoute une autre personne.

La famille détiendrait par ailleurs une ordonnance du procureur général rendue en mars 2013 qui réclame l’exécution de cette décision de justice devenue opposable, faute de recours en appel contre le jugement du tribunal populaire de l’époque. Ce qui aurait pour conséquence l’expulsion des occupants actuels que sont l’École de peinture de Poto-poto.

Une « machination grave » derrière l’opération

Inquiète de cette manœuvre, des sources bien averties et soucieuses de conserver l’intégrité de l’École de peinture dénoncent une « machination grave ». Elles pensent d’ailleurs que l’institution peut, en effet, envisager une action en justice sachant qu’elle a qualité et intérêt à agir.

Selon des informations recueillies auprès d’un cabinet d’avocat, la mise en œuvre d’une action en contentieux administratif pour contester la régularité et l’authenticité du titre de propriété de base devra être posée. De même, à en croire les propos d’un juriste qui étudie la question, l’association a la « possibilité d’ester en justice, de déposer une demande reconventionnelle ou de constitution de partie civile au regard des préjudices moraux, matériels et financiers qu’elle subit ».

Affaire à suivre donc qui, en bonne logique, devrait permettre aux peintres de la célèbre école de retrouver enfin l’intégralité du terrain que leur a légué Pierre Lods.

Pour la petite histoire

Le terrain de l'École de peinture de Poto-Poto a été attribué en 1949 à Pierre Lods par le délégué du maire de Brazzaville sur ordre du gouverneur général, haut-commissaire de la République française en Afrique équatoriale française (AEF), Paul Chauvet.
La case-atelier fut construite par l’architecte Goria et servait à la fois d’atelier de menuiserie et d’entrepôt du matériel pictural de Pierre Lods. Elle sera baptisée Centre des arts africains par le premier promoteur de l’art africain en AEF à l’époque de la colonisation. Ce centre acquiert une notoriété internationale indéniable et atteint son apogée de 1952 à 1955 sans que le terrain fasse l’objet d’un quelconque conflit d’appartenance.
Au lendemain de l’indépendance, le 15 août 1960, le centre devient École de peinture de Poto-poto. Il est situé dans le même local tout en se dotant d’une stature administrative. Aucun différend n’est enregistré concernant sa propriété par une tierce personne. La propriété de la parcelle se voit donc transférée de facto à l'École qui a déjà acquis une notoriété considérable.
Formellement, le statut juridique de l'École de peinture de Poto-Poto ne sera fixé que tardivement, par le décret n° 98-2000 du 16 juillet 1998 qui institue la Direction générale de la culture et des arts, avec l'École de peinture de Poto-Poto comme un organe rattaché.
Le même siège social est alors maintenu sans qu’une opposition soit enregistrée concernant l’appartenance du site.

Quentin Loubou
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Vos commentaires:

1.Posté par bitoum le 20/09/2013 14:09 | Alerter
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il faut deloger la succession ondongo. j'espere que les descendants de de brazza (110 ans apres sa mort quand meme j'ai bien envie de voir cet arbre genealogique) ont lu l'article.il n y a pas que de brazza qui a sejourne a brazzaville.il y a eu du beau monde je citerai le gouverneur bayardelle parrain de la fac de droit de l'univ marien ngouabi, "charge des affaires sociales" lors de la conf de brazzaville de 1944 tenue par le gl de gaulle.pierre lods chauvet...merci pour l'histoire. ca devrait interpeller la succession de de brazza dans leurs caprices d'enfants.ensuite s'enrichir sur un ancetre decede en 1905...quand meme! chers descendants entre nous! sav de brazza etait mort en 1905.un peu de bon sens.ou etiez vous?

il faut tout simplement demander a la succession ondongo de degager car c'est un site public.

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