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Election présidentielle du 20 mars 2016 : Les poids lourds de l’opposition en rangs dispersés!


Par Lasemaineafricaine.net | Vendredi 29 Janvier 2016 | Lu 1821 fois | 0 Commentaire

Réunie au sein de plusieurs regroupements, l’opposition congolaise dite «réelle» s’est surtout manifestée, ces derniers temps, à travers les plateformes Frocad et I.d.c. Celles-ci ont tenu, du 8 au 13 janvier 2016, à Brazzaville, une convention dont on attendait, entre autres, la désignation d’un candidat unique à l’élection présidentielle anticipée du 20 mars 2016.



Guy-Brice Parfait Kolélas.
Guy-Brice Parfait Kolélas.
Sur ce point précis, l’opposition aurait, finalement, choisi la stratégie de candidats multiples, parce que pour s’attaquer à un éléphant, «il faut être plusieurs». L’image ne traduit pas moins sa difficulté à se donner un chef derrière lequel tout le monde se range. Et quand on sait que dans cette opposition, d’autres ténors comme Mathias Dzon font bande à part, on peut penser que c’est en rangs dispersés qu’elle aborde l’élection présidentielle.

Et pour cause, Guy-Brice Parfait Kolélas a déjà annoncé, lors d’une rencontre avec ses militants, la semaine dernière, au siège du M.c.d.d.i, à Makélékélé, le premier arrondissement de Brazzaville, sa candidature à l’élection présidentielle. Faut-il s’attendre à la candidature d’André Okombi-Salissa, pour représenter l’I.d.c? Aucun signal n’est encore donné dans ce sens. De même, la candidature du Frocad qui serait conduite par Pascal Tsaty-Mabiala ne relève, pour l’instant, que des spéculations. On a donné aussi le professeur Charles Zacharie Bowao partant dans la course présidentielle comme candidat unique de l’opposition. Mais rien n’est confirmé à ce propos. En dépit du fait qu’ils font partie des ténors de l’opposition, Clément Mierassa, Claudine Munari, Jean Itadi, Christophe Moukoueké, Emmanuel Ngouelondelé, Mabio Mavoungou-Zinga, Guy-Romain Kinfoussia, Frédéric Bintsamou (pasteur Ntumi), etc., ne se montrent pas intéressés à titre personnel par le challenge présidentiel.
En tout et pour tout, l’opposition dite réelle est encore dans le combat d’obtenir la satisfaction de ses exigences. Elle a conditionné sa participation à l’élection présidentielle anticipée à «la mise en place d’une commission électorale dont l’indépendance sera reconnue par tous; l’établissement d’un fichier électoral fiable, préalablement expertisé avec le concours des services de l’I.f.s et e l’O.i.f; l’identification électronique des électeurs; l’impression des cartes d’électeurs biométriques; l’institutionnalisation d’un bulletin unique; la libre circulation des leaders politique; la libération de tous les prisonniers politiques; la cessation des enlèvements et autres tracasseries policières des militants de l’opposition; le libre accès aux médias d’Etat».
A vrai dire, elle s’est mise en contexte de ne pas participer au scrutin présidentiel anticipé. «L’identification électronique des électeurs», par exemple, étant une opération qui nécessite beaucoup plus de temps qu’il n’en reste jusqu’à l’élection.
Fidèle à sa stratégie de boycott, Mathias Dzon pense, d’ailleurs, que la classe politique congolaise doit se retrouver, pour mettre en place des institutions de transition, car, pour lui, les institutions issues de la Constitution de 2002 n’existent plus avec l’abrogation de cette Constitution. Face à ce discours surréaliste et à ce qui apparaît comme la stratégie de boycott, Guy-Brice Parfait Kolélas préfère avoir les pieds sur terre et regarder l’évidence: «En 2002, André Milongo boycotte la présidentielle et Sassou passe haut la main; en 2009, Mathias Dzon et autres boycottent la présidentielle et Sassou passe haut la main. En 2016, nous optons pour la stratégie de l’affrontement électoral. Je suis candidat!», a-t-il écrit sur sa page Facebook, pour annoncer sa décision de se présenter et il aurait déjà avisé ses collègues de l’opposition.
Ainsi, non seulement l’opposition réelle n’a pas pu dégager un candidat unique, mais encore, elle n’a pas une approche commune du scrutin présidentiel anticipé que certains veulent boycotter, mais auquel d’autres veulent bien participer. En dépit de la pertinence de son discours sur l’exigence démocratique, mais souvent dévoyé dans l’invective et la haine, l’opposition, dont les leaders sont pour la plupart des anciens ministres, n’arrive pas à incarner un courant alternatif à même de rassurer au-delà de ses militants et sympathisants. Parce que ce n’est pas facile de construire. La critique est à la portée de tous, mais n’est pas artisan qui le veut. En 1992, l’U.pa.d.s remporta l’élection présidentielle avec Pascal Lissouba. Depuis 2002, l’opposition n’arrive pas à trouver un leader charismatique à même de concrétiser son idéal de se hisser démocratiquement au pouvoir, même si le système électoral n’est pas exempt de critiques. Bref, à l’opposition, Mathias Dzon boycotte, Pascal Tsaty-Mabiala et André Okombi-Salissa hésitent, l’I.d.c-Frocad pose des conditions, tandis que Guy-Brice Parfait Kolélas prend le départ. Une stratégie en rangs dispersés qui n’est pas sans désappointer nombre de militants et sympathisants.

Joël NSONI
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