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Emmanuel Mayanda, ‘’Combattant‘’ des pelouses


Par Letroubadour-brazza.com | Mercredi 8 Octobre 2014 | Lu 791 fois | 0 Commentaire

Les centre-avants de race ne courent plus les stades congolais. Ils sont devenus une denrée rare. Et pourtant, le football congolais, à son apogée, en a accouché plusieurs. Arrêtons-nous sur Emmanuel Mayanda, appelé jadis «Combattant», par les fans. Il a joué un rôle important, en 1970 et 1971, dans la qualification du Congo à la phase finale de la CAN 1972, en étant le meilleur buteur de Congo-Sport, l’ancêtre des Diables-Rouges, pendant les éliminatoires. Mayanda appartient à une génération des «As» dont on ne pourra faire oublier le souvenir.



Emmanuel Mayanda
Emmanuel Mayanda
Si les Diables-Rouges ont obtenu leur visa pour Yaoundé 72, ils le doivent, en partie, à Emmanuel Mayanda, auteur de quatre buts décisifs, lors des éliminatoires. Deux buts contre le Nigeria, à Brazzaville, deux autres, contre la Côte d’Ivoire, à Abidjan. C’était l’avant-centre titulaire, avant l’explosion de Paul Moukila ‘’Sayal’’ et François M’Pelé, puis le retour en force de Jean-Michel Mbono ‘’Sorcier’’.

Le 22 novembre 1970, une clameur s’élève des gradins du Stade de la Révolution, aujourd’hui Stade Massamba-Débat. Le pied droit d’Emmanuel Mayanda vient d’assurer, sur penalty, contre le Nigeria, la qualification du Congo pour le deuxième et dernier tour des éliminatoires de la CAN 1972. Son deuxième but de la partie, puisqu’ayant été déjà l’auteur du premier des deux buts victorieux de Congo-Sport.

Le 2 juillet 1971, à Abidjan, en match aller du deuxième tour en question, le Congo concède une défaite (2-3), contre la Côte d’Ivoire. Emmanuel Mayanda a le culot de réussir les deux buts précieux du Congo, dans un Stade Houphouët-Boigny stupéfait. Des buts qui pèsent lourds dans la balance, puisqu’au match retour, le 17 juillet, à Brazzaville, les Congolais assurent leur qualification en l’emportant par 2-0. Les pieds de Mayanda sont restés muets, mais il a contribué, largement, au succès des siens assuré par Moukila et François M’Pelé.

Emmanuel Mayanda est né le 1er août 1947, à Ngabé. Troisième rejeton de la dynastie des Mayanda, une famille de 23 enfants (17 sont encore en vie), dont six footballeurs. Cinq, sous les mêmes couleurs, ceux du CARA (Club athlétique Renaissance Aiglon): Dieudonné (+), l’aîné, Hervé-Fortuné, le médecin, Emmanuel, David-Ange (+), Lazare et Michaël-Ludger. Un seul a fait défection: Nono, sociétaire, lui, de Patronage Sainte-Anne.

La carrière d’Emmanuel Mayanda ne tient pas du hasard. Jeune, il prend activement part aux rencontres de la rue et des interclasses, à l’école primaire, à Ngabé, Brazzaville et Mouyondzi. De même qu’au collège, notamment à Boko, avec, entre autres amis, Raymond Kanza, futur joueur de CARA. «Nombreux de mes collègues du collège, à Boko, ont fini par s’orienter dans l’enseignement, le cas de l’écrivain Soni Labou Tansi», explique-t-il.

Les grandes vacances, à Brazzaville, sont, pour Emmanuel Mayanda, un régal. Il en profite, pour jouer dans Aigle Rouge, équipe de football-pelote, de Moungali. Il n’en reste, aujourd’hui, que des cendres. «Cette équipe, nous l’avons montée, en 1965, dans la zone allant de la rue Lagué à la rue Moundjombo. Avec des amis, notamment les familles Kielard, Dongala, Kimani, etc.», rappelle Emmanuel.

En 1966, parvenu au Lycée Pierre Savorgnan De Brazza, Mayanda trouve également un cadre merveilleux pour s’adonner au football. Parmi ses coéquipiers: Jean-Michel Mbono ‘’Sorcier’N_A7’, Filankembo ‘’Lipo-po’’, Gilbert Itsa, etc. Il raconte: «Le championnat scolaire était très relevé, à l’époque. Nos confrontations contre le lycée technique, où régnaient Foundoux ‘’Mulélé’’ et Miéré ‘’Chine et le Lycée Chaminade étaient explosives. C’est cette année-là que j’intègre, également, le CARA B. On disputait le championnat des équipes réserves, tous les dimanches, au stade du camp de la gendarmerie, à Bifouiti. Influencé par mon frère aîné, Hervé-Fortuné, j’ai débuté comme ailier. Mais, comme mes centres étaient souvent vendangés, j’ai décidé de jouer avant-centre. Mon premier match avec l’équipe A, c’était contre Diables-Noirs, en 1967. J’ai tiré un coup franc, à 35 mètres des bois de Matsima, leur gardien vedette de l’époque. Makouana Gabard hérite du ballon, mal renvoyé, et inscrit notre but victorieux. Depuis ce jour-là, j’ai gagné la confiance de l’entraîneur, et après quelques matchs avec les B, les dimanches suivants, j’ai été titularisé». C’est l’époque de la prestigieuse génération des Foutika ‘’Jeannot’’, Gilbert Itsa, Robert Aba, Ngoko-Banga, Ngassaki ‘’Lénine’’, Noël Gandou, Abonkélé. Le CARA remporte le titre communal de Brazzaville, cinq années d’affilée.
Ces années-là, Mayanda, les jambes bien accrochées au sol, éclate sur les pelouses et conquiert le cœur des Aiglons. Il tire profit d’un crochet court, exécuté avec promptitude, et d’un coup de rein irrésistible dans les 22 mètres adverses. Il frappe vite le ballon et le place là où il faut. Il met sa parfaite détente au service d’un joli coup de tête. Il s’impose par ses déplacements incessants, ses appels de balle et, évidemment, son sens inné du but. Toutes les qualités du chasseur de buts, dont l’instinct du geste à accomplir.
Il ne restait plus au staff technique de l’équipe nationale qu’à lui, tendre la perche. Cela arrive en 1969: «J’ai porté le maillot national pour la première fois, à Abidjan, en match amical. Le succès couronne l’entreprise». Emannuel Mayanda fait, ensuite, partie du groupe qui dispute les éliminatoires de la CAN 1972. Les joutes contre le Nigeria et la Côte d’Ivoire le consacrent «bourreau» des deux sélections et vedette à part entière.

Le Congo gagne son ticket, pour la phase finale, au Cameroun. Mais, Mayanda rate sa campagne. Il dispute les deux premiers matchs, Congo-Maroc et Congo-Zaïre, mais sans succès. Il disparaît de l’équipe type. Il s’en explique: «J’étais aux études en Roumanie, fin 1971. Néanmoins, j’ai reçu un télégramme de la fédération, me demandant de rejoindre l’équipe nationale. J’ai accepté de lui donner un coup de main, malheureusement j’ai payé cash les trois mois d’absence de compétition en Roumanie, où je suis resté en inactivité. J’ai, ainsi, perdu ma forme. Toutefois, j’ai contribué, tant soit peu, à notre triomphe. On avait un groupe performant, facilité par la bonne organisation de la Fécofoot, sous la férule du président Mankoundia. La Coupe des nations est, pour nous, une consécration». Quarante-deux ans après, Emmanuel Mayanda le tient pour le plus grand souvenir de sa carrière.

Grande gueule, Mayanda a mis fin à sa carrière, en 1975. Pour devenir, plus tard, entraîneur. Au Congo et au Gabon, où il a pris la tête de maints clubs, avec plus ou moins de succès.

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