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Enjeu politique au Congo : La royauté de Mbaya A Mfumu consolide l’idée du changement de la constitution


Par | Vendredi 19 Décembre 2014 | Lu 1039 fois | 0 Commentaire

Okoyo, (Starducongo.com) - En marge de l’inauguration de la route Okoyo – Lekety - frontière du Gabon, dans la Cuvette-Ouest, le 15 décembre dernier, le président de la République a reçu en mains propres, une correspondance adressée par le roi de Mbaya A Mfumu, Michel Ladzoumou d’Okoyo. Dans celle-ci, le souverain de Mbaya A Mfumu présente au président de la République ses « vifs pouvoirs pour le changement de la constitution du 20 janvier 2002 ».



Le roi de Mbaya A Mfumu relance ainsi le débat qui avait déjà quitté les sages pour enflammer les états-majors politiques. Sa correspondance parvient au président de la République dans un contexte marqué effectivement par ce débat, qui se veut de plus en plus vif, sur le changement de la constitution du 20 janvier 2002.
Mais au-delà, la correspondance du roi Michel Ladzoumou démontre combien le peuple restera, d’une part, au centre de ce débat et d’autre part, principal décideur de son épilogue.
En effet, au commencement de ce débat, c’était le peuple, quand bien même ceux qui s’opposent à l’initiative, qualifient les sages des villages congolais qui ont lancé l’idée de ‘’manipulés’’. C’est donc à juste titre, que le président de la République ne cesse de répéter que c’est avant tout le problème du peuple qui doit décider en dernier ressort. « ... sur cette question, vous connaissez le point de vue du président qui estime que, s’agissant des institutions du Congo, surtout de la constitution, la loi fondamentale, c’est toujours le peuple congolais qui décidera », a déclaré Denis Sassou N’Guesso dans une interview à la presse, au sortir du XVe sommet de la Francophonie.

Déjà, le 12 Août 2014, dans son message sur l’Etat de la Nation, Denis Sassou N’Guesso n’avait pas fait mystère de cette position qui s’avère constante au fil de ses interventions sur la question, Il ne se met pas aux avants postes de ce débat. Plutôt, il est en position d’attente. Car, pour lui, « ... les institutions doivent puiser dans le peuple l’indispensable

légitimité afin de s’adapter aux temps et aux opportunités... » Cette démocratie que chacun appelle de tous ses vœux doit être «... une démocratie apaisée, fraternelle, où chaque citoyen exprime librement ses opinions ; où les grands débats qui déterminent la vie de la nation sont tranchés par le peuple ».

D’ailleurs, il avait donné le ton devant la presse américaine, au National Press Club, en marge du sommet Etats-Unis – Afrique, en juillet 2014, quand il déclarait : « Le changement de la constitution ne se fait pas par une volonté de puissance... »

Certes, les sages, les jeunes, les femmes et autres forces vives de la nation qui ont pris la parole à travers le pays, pour demander au président de la République de procéder au changement de la constitution, ne constituent pas l’ensemble du peuple, il n’en demeure pas moins qu’ils en font partie. Et comme tel, ils ont le droit, à titre individuel ou collectif
de dire leur mot sur un sujet qui porte sur la vie du pays.

C’est parce qu’il est conscient de ce que ceux qui pour l’instant ont parlé de ce problème, ne représentent qu’une partie du peuple, que le président de la République reste ferme sur l’impérieux devoir de consulter le peuple tout entier, à travers un référendum constitutionnel, comme cela se passe partout dans le monde.

Le paradoxe de ce débat déclenché par le peuple c’est que certains hommes politiques croient prendre appui sur l’étranger pour empêcher l’expression du peuple. Car, quand le président français, François Hollande, lisant maladroitement la politique africaine du haut de son palais Elyséen, déclare : « on ne change pas la constitution pour son propre intérêt », il ignore magistralement qu’au Congo, le changement de la Constitution n’est pas la volonté des autorités, mais la demande des populations.
Le roi de Mbaya A Mfumu, est en fait comme d’autres Congolais qui se sont dits favorables au changement de la constitution ou ceux qui veulent le dire mais n’en n’ont peut-être pas l’occasion. Ainsi, détenteur du pouvoir ancestral et au nom de son royaume, le roi Michel Ladzoumou, exprime au président de la République ses « vifs pouvoirs pour le changement de la constitution du 20 janvier 2002 ». « Vous exercez vos attributions avec une efficacité et un dévouement remarquable et méritoire qui vous donnent droit à la reconnaissance du royaume Mbaya A Mfumu au nom duquel, je vous adresse mes vives félicitations », écrit-il.

De cette façon, le roi de Mbaya A Mfumu met, à sa manière, le président de la République sous pression comme d’autres sages auparavant.

Il faut avouer que Denis Sassou N’Guesso a de l’expérience et de l’endurance. Ils ne sont pas nombreux, en effet, qui résisteraient à ces assauts permanents de la population. En mai 2014, à Etoumbi, par exemple, les populations l’ont même pris au sentiment, dans l’espoir qu’ils leur réserve la primauté de l’information. « Vous aimer la Cuvette Ouest et
Etoumbi, alors dites, Monsieur le président, à ceux que vous aimez que vous allez changer la constitution », avait dit un sage lors la rencontre citoyenne.

Pourtant, en homme d’Etat, le président de la République n’a pas cédé, parce que, avait-il répondu : « le débat doit se poursuivre et s’épuiser, avant que le peuple ne décide ».
A moins de soustraire au peuple congolais son droit de parole et de vote sur des questions majeures de démocratie, touchant à son pays, la demande du roi Michel Ladzoumou sans avoir la primauté sur celle des autres, participe de l’exercice démocratique, à l’image de ceux qui se disent non favorables à l’idée de changer la constitution. C’est ainsi que le seul et meilleur moyen de mettre un terme démocratiquement à ce débat, reste la consultation référendaire.

Huguette Mboma

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