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Entre Goma et Stockholm, Alicios cherche à oublier la guerre


Par Rnw.nl | Lundi 28 Octobre 2013 | Lu 1723 fois | 0 Commentaire



L'artiste Alicios Theluji a dû fuir la guerre quand elle était encore jeune. Passer de Goma, en République démocratique du Congo, au Kenya, n'a pas calmé ses craintes. Elle n'arrive toujours pas à mettre ses peurs en musique.

Son coup de foudre pour la musique, Alicios Theluji s'en souvient dans les moindres détails. Elle avait alors 5 ans ; ce jour là, elle est montée sur scène pour chanter avec le groupe de sa mère.

"Une des chansons que je chantais était en lingala et parlait du mariage, disant quelque chose comme : Koluka pe ya ye monsogi kosala ya ye libala oyo ya bana ya zambe... tada tada taaa… Quelque chose de ce genre", raconte Alicios, aujourd'hui âgée de 25 ans. "C'est un moment absolument inoubliable de mon enfance au Congo."

Alicios devient alors obsédée par la musique, même si près d'un an après sa toute première prestation scénique, elle et sa famille s’enfuient au Kenya. La guerre avait éclaté dans sa ville natale, Goma. Cela n'a pas été facile, mais le déplacement aura permis à Alicios de faire une découverte importante. "Au Congo, tout le monde chante et je me sentais comme tout le monde. Mais quand je suis arrivée au Kenya, c'est là que j'ai compris que j'étais différente des autres gens, parce que je chantais tout le temps", explique-t-elle.

"J'ai même plus peur maintenant qu'avant"
Alicios étudie maintenant à Stockholm, la capitale suédoise. Elle estime que le conflit est encore, dans une certaine mesure, à l'intérieur d'elle. "J'ai même plus peur maintenant que quand j'étais plus jeune", confie-t-elle. "À l'époque, lorsque la guerre a éclaté et que nous entendions des coups de feu, maman disait : "Oh, c'est comme dans les films", et nous continuions de jouer."

Lors de sa dernière visite à Goma, ce même bruit a failli la faire s'évanouir. "Je voulais rencontrer ma famille, voir l'endroit où j'ai grandi, mais dès que j'ai entendu un coup de feu, j'ai pris le premier vol pour rentrer chez moi", raconte-t-elle.

Juste après son départ, Alicios a eu sa cousine de cinq ans au téléphone. Au moment d'engager la conversation, des coups de feu se sont faits entendre. Le bruit du nouveau conflit, amplifié par le haut-parleur du téléphone, lui a fait revivre l'époque où elle avait dû abandonner tout ce qui lui était cher.
Faire pleurer ou faire sourire les gens ?
Certains pourraient s'attendre à ce que la chanteuse se serve de la musique pour exorciser son passé. Ou de sa voix pour s'adresser aux milliers de victimes laissées pour compte par la guerre. Tel n'est pas le cas.
"Quand je pense à ce qui se passe au Congo, je me sens impuissante...", dit Alicios. Même la simple idée de chanter sur la guerre suscite chez elle trop d'émotion et elle sent qu'elle n'est pas assez "courageuse" pour le faire.

"Il m’est presque impossible de faire une chanson sur le Congo et la guerre sans pleurer. J'ai pourtant essayé. Mais en fin de compte, je me pose la question : ai-je envie de faire pleurer les gens ou bien de les faire sourire avec ma musique ?" Alicios a choisi la seconde option.

Par Serginho Roosblad

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