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Entretien, Fiston Nasser Mwanza : « L’écriture m’a permis de recréer mon identité »


Par Groupelavenir | Vendredi 20 Avril 2012 | Lu 681 fois | 0 Commentaire



Entretien, Fiston Nasser Mwanza : « L’écriture m’a permis de recréer mon identité »
Fiston Mwanza Mujila, dit Nasser, fait partie actuellement de ces auteurs dont la création littéraire est influencée par l’histoire de son pays. Pour lui, écrire, c’est une nécessité. Pourtant, à le voir, l’on retient l’image d’un jeune homme timide et réservé. Un être presque effacé. Présent presque dans tous les grands rendez-vous littéraires du monde, Fiston Mwanza vit actuellement en Autriche où il évolue dans ses publications. A travers cette interview accordée au Supplément Littéraire DB, Fiston Mwanza se laisse découvrir aux yeux du grand public.

Il se saisit de l’histoire de son pays et de celle de l’Afrique pour évoquer des sujets parfois sensibles pour ces sociétés et pour ceux qui les gouvernent. Son regard discret se traduit à travers sa plume en indignation : « J’écris parce que je suis lâche, faible et que mes mots ne peuvent pas avoir une action ». Originaire du Katanga où il vit et travaille, notamment à Lubumbashi qu’il préfère appeler Élisabethville, ancien nom de la capitale du cuivre de la RDC et du Kasaï dont il revendique sans cesse son appartenance et ses racines. Âgé de trente ans révolus, il arrive très tôt à l’écriture et se nourrit déjà des écritures de Césaire, Hugo, Rimbaud, Breton, Verhaeren et Sony Labou Tansi. Des rencontres enrichissantes qui bouleversent sa vie de jeune étudiant. Et pour cause : « Écrire est pour moi un besoin primaire comparable à celui d’avoir besoin d’un verre d’eau ou de prendre une clope. C’est une nécessité. J’y suis arrivé pour me refaire l’esprit. L’écriture m’a permis de recréer et de réhabiliter ma vraie identité. »

En effet, dans une période de sa vie, Fiston se pose des questions existentielles sur sa personne et son identité. Des questions qui pourraient le pousser à mettre fin à ses jours. L’écriture, qu’il considère comme une « libération », lui permet ainsi de « détourner la chronologie de son existence et de pouvoir marcher en relevant la tête. ».

C’est aussi de là que naît la complexité de sa démarche littéraire. Marxiste de la première heure, c’est lui qui le dit, l’écrivain congolais met souvent en avant des personnages faibles déjà martyrisés. « J’essaie de donner une certaine force en victimisant, en culpabilisant des gens déjà faibles de par leur naissance et leur nature. Une réalité que nous retrouvons dans nos États qui sont des pays endettés, en position de faiblesse et que les grands de ce monde cherchent à déposséder et à piller davantage ». Des réalités du monde contemporain qu’il transforme dans son écriture dans un langage qui ne laisse pas indifférent « On ne peut répondre à la violence que par la violence. Quand des milliers de gens meurent dans l’Est de la RDC et qu’au lieu de parler de la mort de ces derniers l’on essaie par des tournures pour troubler la compréhension en utilisant des mots tels rébellions, morts d’hommes, je trouve cela désolant et aberrant ».

Dévoiler son imaginaire

Timide et discret, à travers sa plume, il dévoile son imaginaire rempli de visions ou la clarté côtoie la confusion et le flou pour faire ressortir un vide ; « De nos jours, à force de côtoyer l’anormalité, de se frotter aux turbulences politiques, aux invasions, à la faim et à la mort, les gens finissent par apprivoiser le chaos et se complaisent dedans », dit-t-il.

Très observateur des réalités de ce monde surtout de son Congo natal. A la question de savoir si c’est un regard pessimiste qu’il porte sur son pays et son continent, il répond « Ce n’est pas du pessimisme. Je me construis un espace qui est celui de la consternation. Je constate car je ne peux pas agir. Je n’ai pas assez de force pour changer les choses et déplacer les montagnes ». il n’hésite pas à regretter que « Je souffre en voyant que l’on traine encore à renverser la vapeur, à changer cette situation. J’aime beaucoup le « on » car cela me permet de me désolidariser de nous-mêmes. J’aurais aimé que mes mots modifient des réalités que j’exploite, qu’ils aient une action. Mais malheureusement, je me rends compte que ma petite idéologie s’arrête sur un petit bout de papier : c’est la décadence ». Parfois emporté par une vague de révolte lorsqu’il évoque les sombres faits de son pays dans son écriture.

O.M.
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