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Entretien avec le ministre Thierry Moungalla


Par Lolakayacongo.com | Dimanche 6 Octobre 2013 | Lu 1586 fois | 0 Commentaire



Thierry Moungalla lors de l'entretien
Thierry Moungalla lors de l'entretien
Il est presque 16h quand nous franchissons le portail du cabinet du ministère des postes et télécommunications, où un rendez vous a été pris avec le Ministre Thierry Moungalla pour un entretien. Tout se passe bien dans ce cabinet où les agents ont tous, le sourire aux lèvres et nous reçoivent selon les procédures habituelles et nous installent dans la salle d’attente où un agent nous tient compagnie; nous engageons d’ailleurs une petite discussion amicale et constructive avec celui-ci.

A ce moment, apparait le protocole qui nous demande de le suivre. Quelques pas dans le couloir, et nous voilà dans le bureau du Ministre .Le cadre est convivial. Les fauteuils sur lesquels nous prenons place reflètent la sobriété du Ministre. Pendant la courte attente, nos pensées s’éloignent un peu dans le dernier numéro de notre journal où nous ne ménageons pas le Ministre. Va-t-il bien nous recevoir ? C’est la question qu’on se pose avant que Thierry Moungalla n’apparaisse. L’homme parait serein et détendu.

Nous nous levons pour lui dire bonjour en titubant un peu dans nos réponses, peut être frappé par la simplicité de l’homme qui nous demande de nous asseoir. Quelques regards et le ministre s’intéresse à notre santé et le déroulement de notre journée de travail. L’homme, qui semble intelligent, agit sans doute ainsi pour nous décomplexer et créer un climat de confiance pour un entretien paisible. Pari réussi pour le Ministre qui, en bon frère ainé, nous donne quelques bons conseils de vie et suggestions professionnelles.

Par là nous comprenons que l’entretien est lancé. Stimulé par cette ambiance, nous nous lançons dans un débat digne d’un plateau de télévision, vif et rapide, poussant les conseillers du Ministre à regarder leur montre constamment, comme pour nous dire : « Soyez bref s’il vous plait ».

Journal la Trompette : Monsieur le Ministre, vous rentrez de vacances, où vous avez rechargé vos batteries pour affronter la nouvelle rentrée politique. Les avez vous bien rechargées ?

Thierry Moungalla : Oui, parce que tout être humain a besoin de repos et de congés, car l’année a été vraiment chargée. Il fallait bien quelques jours de repos car, voyez vous les vacances sont courtes!

J.T : Donc êtes vous sûr que la fibre optique n’est plus en chemin mais plutôt en gare ?

T.M :
Techniquement, la fibre optique peut être considérée comme opérationnelle. Et je peux affirmer que les prospects, personnes morales et physiques, qui testent cette fibre sont très satisfaites des délices que celle-ci procure déjà, en attendant sa mise à disposition du grand public. Bientôt, les Congolais vont pouvoir profiter des bienfaits de la fibre, rassurez vous.

J.T : On peut avoir une date exacte ?

T.M :
deux considérations sont à noter. La première dépend de l’agenda du chef de l’Etat, qui doit en principe inaugurer l’ensemble du système à haut débit. La seconde consiste à mettre à disposition un système qui soit le plus efficace possible. Enfin, il s’agit d’assurer une gestion de la fibre qui soit conforme aux standards internationaux. des réflexions sont en cours à ce sujet, au niveau des Ministères concernés.

J.T : Mais seulement les populations sont impatientes car l’attente se fait longue et elles ont soif du haut débit !

T.M :
C’est normal. Les populations ont le droit d’obtenir d’un Etat comme le nôtre, qui a des ressources, des services conformes à la qualité attendue par la société de l’information en gestation. Une société dont les technologies permettent que l’information circule vite et mieux. Les exigences de modernité inscrites au cœur du projet du Président Sassou veulent que le pays soit en mesure de permettre le transfert de données, pour assurer une gestion de l’Etat et de ses Administrations, des entreprises et des particuliers qui soit conforme aux attentes de nos compatriotes.

J.T : Etes vous fier aujourd’hui d’être ministre de la république ?

T.M :
(un temps de silence…) Avoir été distingué par le Chef de l’Etat, sur plus de quatre millions de compatriotes, génère forcément un sentiment de fierté, d’autant que nous ne devons pas avoir la prétention d’être les meilleurs ni les plus brillants, mais avoir le sentiment d’avoir été distingués pour l’utilité que nous nous devons d’avoir pour l’épanouissement de nos compatriotes, ainsi que pour la réussite de l’action du Président dans le secteur qu’il nous a confié. Nul n’est irremplaçable. La République a commencé avant nous. Elle se poursuivra après nous. Donc il faut être à la fois digne de l’honneur et conscient des devoirs qui incombent aux collaborateurs du Président que nous sommes.

J.T : Et pouvez vous affirmer être satisfait de votre action gouvernementale ?

T.M :
Globalement je suis satisfait des avancées que nous avons menées sous l’égide du Président de la république. Nous sommes les exécutants de la politique du Président. Nous devons nous « coller » à sa vision, ainsi qu’à son projet de société. Je vous rappelle que nous ne sommes que les exécutants de la politique du chef de l’Exécutif,Nous transformons en actes, dans nos départements ministériels respectifs, la volonté et la vision du Président de la République, telle qu’exprimée dans son projet de société, ainsi qu’au travers de ses instructions au quotidien. Ainsi, et pour répondre précisément à votre question, je pense que l’action que nous menons, dans les secteurs télécoms, postes et TIC, est globalement en phase avec les objectifs qui ont été assignés.

J.T : Monsieur le ministre, plusieurs congolais se plaignent un peu du fait que plusieurs ministres aiment trop « Sassouphiliser » ?

T.M
: ça veut dire quoi ça ?

J.T : Que jamais une phrase n’est prononcée par un ministre sans citer le chef de l’Etat… On a l’impression que ces derniers n’ont pas de projets, si ce n’est la volonté du président de la république ?

T.M
: Il ne faut pas vous méprendre sur le système politique en place au Congo. Depuis 2002, nous sommes dans un régime présidentiel. Comme aux Etats-Unis, notre Constitution ne mentionne pas le « gouvernement’, en tant qu’entité collective, mais précise que les Ministres sont nommés par le Chef de l’Etat, qui leur délègue une partie de ses pouvoirs exécutifs, pour l’administration des secteurs placés sous leur juridiction. Le terme de « gouvernement » continue à être employé au quotidien, parce que notre inconscient collectif reste marqué par cette notion historique et juridique. Il faut noter que, depuis son préambule jusqu’à ses dispositions finales, et sauf erreur, la Constitution n’utilise pas le mot « gouvernement », mais parle du Chef de l’Exécutif et de ses Ministres. Donc si un ministre décidait d’avoir sa volonté propre, sortant de ce cadre, il sortirait du cadre institutionnel qui nous régit. Cela étant, nous sommes là pour mettre nos compétences, notre expérience et nos talents au service de la politique du Chef de l’Exécutif, pour le plus grand bien de notre pays. Toute autre attitude ne serait pas conforme à la lettre et à l’esprit de nos institutions. La référence à la pensée, à la vision et aux actions du Président de la République est donc un postulat juridique et un impératif politique de base.

J.T : Comment êtes vous arrivé en politique monsieur le Ministre ?

T.M :
Je crois que mon parcours est assez connu. La politique m’a toujours intéressé, en tant qu’observateur. Et très rapidement, je suis devenu un acteur. C’est en 2002 que j’ai fait mes classes, si j’ose dire. Tout le mode se rappelle que j’ai travaillé avec feu le Président André Milongo à l’occasion des élections générales de cette année là. Après cette séquence, et notamment mon échec aux législatives de 2002, je suis reparti en France pour reprendre mes occupations professionnelles. Et c’est là que j’ai eu l’honneur et le plaisir d’être appelé par le Président Denis SassouNguesso, pour échanger avec lui sur un certain nombre de sujets. Il m’a très vite laissé entendre qu’il souhaitait que je me mette à la disposition de mon pays, à une fonction qu’il déterminerait le moment venu. Après un temps de latence de quelques mois, il m’a nommé conseiller spécial à son cabinet. En 2007, j’ai eu la chance d’être élu député de Mfilou. Quelques trois mois plus tard, j’ai été élevé à la fonction de Ministre des Postes et Télécommunications.

J.T : Monsieur le Ministre, les travailleurs de Congo Telecom se plaignent des retards de salaire

Vous n’aurez pas manqué de noter que Congo Télécom est une entreprise qui était très malade, ne vivant que des subventions de l’Etat. C’est la reconstitution des infrastructures de télécoms du pays qui permet aujourd’hui à cet opérateur de sortir la tête de l’eau, et de recouvrer un niveau de recettes qui lui permettra de combler peu à peu ces arriérés de salaires.

J.T : Avez-vous un compte à la banque postale ?

T .M :
Oui. C’est une banque d’avenir, qui servira de pivot à la politique financière et d’épargne de l’Etat, garant de l’intérêt général, face aux banques commerciales classiques, seulement mues par des impératifs de rentabilité et de profitabilité à court terme.

J .T : Monsieur le Ministre, quels sont vos projets immédiats ?

TM :
Nous allons approfondir les réformes institutionnelles, avec une série de textes qui doivent accompagner l’arrivée de la société de l’information .Donc les textes sur la cybercriminalité, la cyber sécurité, la gestion des données personnelles, les droits d’auteur en ligne, etc. sont sur la table du secrétariat général du gouvernement, organe juridique stimulant le processus décisionnel interne au gouvernement. Le deuxième volet est la nécessité d’accompagner l’arrivée imminente de la fibre optique dans tous nos foyers. Il faut absolument que nous réussissions cet atterrissage en douceur. Le troisième volet est lié à notre capacité à réguler de manière encore plus efficace le secteur Telecom afin de permettre que les tarifs continuent leur baisse tendancielle, et que la qualité de service continue à croître. Enfin, le dernier volet, d’ordre plus on peut dire plus symbolique, mais autrement fondamental, consiste à renforcer les capacités de nos compatriotes, afin qu’une véritable culture numérique s’installe dans notre pays.

Propos recueillis par G.Malekat Mankou
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