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François Hollande élu, la gauche de retour au pouvoir en France


Par Reuters | Dimanche 6 Mai 2012 | Lu 461 fois | 0 Commentaire



François Hollande élu, la gauche de retour au pouvoir en France
PARIS (Reuters) - La gauche est de retour au pouvoir en France avec l'élection dimanche du socialiste François Hollande à la présidence de la République, 31 ans après François Mitterrand.

Selon une moyenne des estimations données par les instituts de sondage, le député de Corrèze est élu avec 51,9% des voix contre 48,1% au président sortant Nicolas Sarkozy. L'abstention s'est élevée à 19,2% des inscrits.

A 57 ans, François Hollande, qui n'a jamais exercé de fonctions gouvernementales en trente années de carrière politique, devient le septième président de la Ve République à sa première candidature, comme Nicolas Sarkozy en 2007 ou Valéry Giscard d'Estaing (1974) et Georges Pompidou (1969).

Surnommé parfois "le Pompidou de gauche", François Hollande s'est engagé dès avant le verdict des urnes à une présidence "juste", réconciliatrice et rassembleuse, en rupture, n'a-t-il cessé de souligner, avec le quinquennat Sarkozy.

"C'est une immense émotion, comme des millions de Français, ça fait tellement longtemps qu'on attendait cette victoire", a déclaré sur TF1 la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry. Manuel Valls, directeur de la communication de François Hollande, s'est dit "grave" et "ému" face à une tâche "ardente, magnifique".

"2012 a clairement un goût de 1981. C'est une grande et nette victoire pour la gauche, qui va changer beaucoup de choses dans le paysage politique français", a estimé le député Jean Glavany, qui avait annoncé le premier son élection à François Mitterrand le 10 mai 1981.

SARKOZY, "UN FRANÇAIS PARMI LES FRANÇAIS"

Ce tournant dans l'histoire politique nationale et européenne marque un cinglant désaveu pour Nicolas Sarkozy, qui jusqu'au bout aura espéré en un sursaut de "la France silencieuse" mais n'aura jamais vraiment pris la mesure du désamour à son égard.

Les politologues expliquent la sévérité du score tout autant par l'existence d'un désir d'alternance en France que par un rejet de la personne du président sortant.

Lors d'une déclaration à la Mutualité, à Paris, Nicolas Sarkozy a dit porter seul la responsabilité de la défaite et a souhaité "bonne chance" à son adversaire "au milieu des épreuves". Il a précisé s'être entretenu au téléphone avec François Hollande peu après 20h00.

"Je m'apprête à redevenir un Français parmi les Français", a-t-il déclaré, ajoutant que son "engagement" serait "désormais différent", alors que des militants scandaient "Merci!" ou encore "Reste avec nous Nicolas".

Nicolas Sarkozy, qui avait affirmé durant la campagne qu'il arrêterait la politique en cas d'échec, ne sera pas parvenu à surmonter son handicap du premier tour - il était arrivé en deuxième position derrière François Hollande avec 27,18% - malgré la quête forcenée des suffrages des quelque 6,5 millions d'électeurs du Front national.

Le chef de file du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a estimé que la défaite de Nicolas Sarkozy était "celle de son projet d'extrême-droitisation". "Sarkozy, c'est fini, enfin!", a-t-il réagi.

La stratégie du président sortant a heurté jusque dans les rangs de la majorité, désormais confrontée à une recomposition douloureuse, et poussé le centriste François Bayrou à un choix sans précédent, celui de voter pour le candidat socialiste.

"La gouvernance (de l'UMP) a manqué de diversité. Il fallait garder la double culture centriste de l'UMP", a commenté sur France 2 l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, appelant à une "grande force de l'opposition unie".

LA BATAILLE DU "3E TOUR" COMMENCE

Les élections législatives des 10 et 17 juin prochains sont la prochaine épreuve pour la droite, qui redoute un raz-de-marée de gauche et l'émergence de l'extrême droite.

La bataille commence dès lundi, ont prévenu les responsables du parti présidentiel, qui ont lancé un appel à la mobilisation pour un "troisième tour décisif pour l'équilibre des pouvoirs", selon les termes de Jean-Pierre Raffarin.

"Il faut se mobiliser car je crois que ce n'est pas bien de donner tous les pouvoirs à un seul parti politique", a dit Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, sur France 2. "Nous ne renoncerons pas à nos convictions, nous allons repartir à la prochaine bataille", a déclaré l'ancien Premier ministre Alain Juppé.

Si la gauche l'emporte, ce qui devrait advenir en toute logique, elle détiendrait tous les leviers du pouvoirs, exécutifs et législatifs, en France.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, qui a obtenu 17,9% des voix au premier tour et n'avait pas donné de consigne de vote, a exhorté ses partisans à construire "une opposition qui tranche idéologiquement et surtout qui soit digne de confiance", estimant que François Hollande décevrait "vite d'abord son camp, puis la France".

Le mandat de Nicolas Sarkozy prendra fin le 15 mai. La passation de pouvoirs devrait se dérouler dans la foulée, puis la nomination d'un gouvernement. Martine Aubry et le président du groupe PS à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault, sont pour l'heure favoris.

François Hollande avait déclaré qu'élu, l'un de ses premiers actes serait de transmettre à ses partenaires européens un mémorandum en vue de la renégociation du pacte budgétaire européen afin de l'assortir de mesures sur la croissance. Il effectuera son premier déplacement à Berlin.

"Avec la victoire de François Hollande, le changement en Europe, c'est maintenant", a déclaré Hannes Swodoba, le chef du groupe socialiste et démocrate au Parlement européen.

"C'est un coup de tonnerre en Europe", a estimé le député socialiste Arnaud Montebourg sur France 2. "Le message que les Français ont adressé, c'est qu'il faut sortir de l'austérité en Europe", a jugé Jean-Marc Ayrault sur la même chaine.

Nicolas Sarkozy est le 11e dirigeant de l'Union européenne déchu du pouvoir depuis la crise financière de 2008.

A Paris, une clameur de joie s'est élevée à l'annonce des résultats rue de Solférino, devant le siège du PS, et alentour, où une foule compacte agitait des drapeaux et des roses, ainsi qu'à la Bastille, où une grande fête s'était déroulée le 10 mai 1981, date de l'élection de François Mitterrand.

François Hollande, qui se trouvait dimanche dans son fief corrézien de Tulle, devait regagner la capitale dans la soirée.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse
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