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Frocad-IDC: Déclaration suite au message du Président de la République, prononcé devant l’Assemblée Nationale le 22 décembre 2015


Par | Samedi 26 Décembre 2015 | Lu 873 fois | 0 Commentaire

Brazzaville, (Starducongo.com) - Lire ci-dessous l'intégralité de la déclaration des plateformes Front républicain pour le respect de l'ordre constitutionnel et l’Aalternance démocratique (FROCAD) et de l' Initiative pour la démocratie au Congo (IDC), suite au message du Président de la République, prononcé devant l’Assemblée Nationale, le 22 décembre 2015.



Frocad-IDC: Déclaration suite au message du Président de la République, prononcé devant l’Assemblée Nationale le 22 décembre 2015
Le 22 décembre 2015, le Président de la République s’est fendu de la justification de son coup d’Etat constitutionnel perpétré le 25 Octobre dernier, et dont il n’arrive pas à tirer la conséquence logique.

Le Peuple Congolais n’a pas écouté un Président de la République dont la mission première est de protéger tous les citoyens, de garantir les libertés individuelles et collectives, de veiller à la cohésion nationale et de promouvoir durablement la paix. Le Peuple a plutôt suivi, stupéfait, un chef de guerre et de clan porté par une volonté de puissance irrépressible, qui confond à dessein un Etat fort avec un Etat de dictature, gratifiant sans scrupules la Police Nationale et les escadrons de la mort de tous les compliments, pour la répression aveugle dont ils se sont rendus coupables, en massacrant des manifestants aux mains nues. Aucune symbolique de compassion à l’égard des compatriotes qui ont perdu la vie à l’occasion de ce coup d’Etat, ni un mot de condoléances à l’attention de leurs proches.

Ce qu’il y’a eu les 17 et 20 octobre 2015 respectivement à Pointe-Noire, Brazzaville et à l’intérieur du pays, ce n’est pas la terreur des manifestants pacifiques, mais bien un terrorisme d’Etat sur fond d’un état de siège qui se poursuit de fait par des arrestations arbitraires des cadres et militants de l’opposition, l’interdiction de sortir du territoire national des leaders de l’opposition et par les nombreuses atteintes à la liberté d’aller et venir à l’intérieur même du pays. La République du Congo n’est pas aujourd’hui un Etat de droit, mais un Etat de pouvoir.

La conséquence logique de ce coup d’Etat en cours, c’est que le pays est désormais placé dans un imbroglio politique et juridique sans précédent, avec des Institutions de la République défaites, c'est-à-dire désormais sans assise constitutionnelle évidente. Ce sont, par la force des choses, des Institutions défaites, donc de fait, et en premier, l’Institution Président de la République.

En promulguant autocratiquement sa nouvelle Constitution, Monsieur Denis SASSOU NGUESSO a perdu la légitimité issue de la Constitution du 20 janvier 2002 qui lui garantissait la magistrature suprême jusqu’au 14 Août 2016. Comment et pourquoi se peut-il qu’une Constitution d’application immédiate ne peut-elle consacrer son effectivité qu’à la prise de ses fonctions par le nouveau Président de la République ?

Le pays se trouve illico dans un régime de transition politique. Le Président de la République ne peut ni prêter serment, ni nommer un Premier Ministre, Chef du Gouvernement. Le Gouvernement actuel expédie donc les affaires courantes. Le Président de la République ne peut, par conséquent fixer unilatéralement la date des élections.

Pourquoi, à la lumière du bricolage introduit par l’article 244 de la prétendue nouvelle Constitution, ne pas laisser les Institutions de la République issues de la Constitution du 20 janvier 2002 aller au terme régulier de leurs mandats respectifs ? C’est la preuve que Monsieur Denis SASSOU NGUESSO a bel et bien créé de toute pièce une crise politico-institutionnelle dans le pays en organisant chaotiquement un scrutin référendaire qui a connu un taux de participation citoyenne de moins de 5%.

Incapable de tirer, en Homme d’Etat, les leçons de ce non-évènement historique, le Président de la République de fait préfère poursuivre son coup d’Etat en annonçant avec arrogance l’organisation d’une élection présidentielle courant premier trimestre 2016, en ignorant royalement les grandes mobilisations citoyennes pacifiques qui, sur l’ensemble du territoire national, ont dit fermement NON à la mascarade électorale d’octobre dernier.

En vérité, Monsieur Denis SASSOU NGUESSO voudrait reproduire à l’identique le jeu d’artifice du 25 octobre 2015, par un passage en force devant lui permettre de se maintenir au pouvoir sans autre forme de procès. Monsieur Denis SASSOU NGUESSO veut ainsi boucler machiavéliquement son coup d’Etat par cette élection majeure anticipée, dont il n’a plus ni qualité, ni légitimité à convoquer, ceci dans le vain espoir de recouvrer la légalité, la légitimité et la crédibilité que lui et ses partisans ont perdues.

En fait, pour s’être lui-même sabordé en abrogeant la Constitution du 20 janvier 2002, le Président Denis SASSOU NGUESSO devrait retrouver le sens de l’honneur en démissionnant de la très haute charge de la République. Il ne devrait plus être candidat à la prochaine élection à la magistrature suprême. Ce qui permettrait d’ouvrir une véritable négociation historique, avec la participation et le soutien de la Communauté Internationale, sur les termes de références de la transition politique en réponse à la crise politico-institutionnelle créée ; une négociation qui devrait également pointer la Gouvernance électorale, afin d’aboutir en fin de compte, à la mise en place d’une Commission électorale véritablement Indépendante, dans l’esprit et la lettre des conclusions d’Ewo et de Dolisie, ainsi que des instruments pertinents des Nations Unies, de l’Union Africaine et de la Francophonie en la matière.

Les plateformes FROCAD-IDC, dont Denis SASSOU NGUESSO fait semblant d’ignorer l’existence, réaffirment leur disponibilité à prendre part à la prochaine élection présidentielle, à condition que soient remplis consensuellement les critères universels de préparation, d’organisation et de tenue du scrutin, ainsi que de proclamation des résultats. Ce qui requiert :

1. Une Commission Electorale dont l’indépendance est reconnue par tous ;
2. Un fichier électoral fiable, préalablement expertisé avec le concours des services de l’IFES et de l’OIF, et donc accepté par tous ;
3. Des cartes d’électeurs biométriques ;
4. L’identification électronique des électeurs ;
5. Le bulletin unique.


Les plateformes FROCAD-IDC proclament illégale l’élection présidentielle anticipée du premier trimestre 2016. Elles demandent aux militants et sympathisants qui constituent la nouvelle majorité républicaine effective dans le pays, ainsi qu’à toutes les forces vives et républicaines de la Nation, de préserver le sens de responsabilité qui les a toujours caractérisés et de rester mobilisés afin d’empêcher la tenue de l’élection présidentielle anticipée que se proposent d’organiser les auteurs du coup d’Etat constitutionnel.

Fait à Brazzaville, le 26 décembre 2015.

Les plateformes FROCAD-IDC
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