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Grand Maître Franco : L’un des musiciens les mieux payés de la Soneca


Samedi 23 Avril 2011 - 21:44


Grand Maître Franco : L’un des musiciens les mieux payés de la Soneca
L’un des musiciens les mieux payés quand la Soneca aujourd’hui en liquidation pouvait encore payer ses affiliés, Luambo Makiadi alias Grand Maître Franco s’est vu ouvrir les yeux dans le secteur des droits d’auteurs et droits voisins par le chanteur Joseph Kabasele Tshamala alias Kallé Jeef ou encore Grand Kalle.

En effet, quand, dans les années 56-58, Papa Dimitriou paie les musiciens au sortir de son studio « Loningisa », les bénéficiaires, pour qui, de manière générale, la musique n’est qu’un hobby, ignorent tout des droits d’auteurs.

Ils tiennent le Grec pour un généreux mécène. L’argent perçu passe aux yeux de ces musiciens pour des libéralités.

Quand les disciples d’Orphée se passent le mot, ils parlent naïvement d’un” Blanc qui distribue de l’argent ».

Au retour de la Belgique où il a été agrémenté la Table Ronde de Bruxelles prélude à l’indépendance du pays, Kallé Jeef a désormais une idée sur les droits d’auteurs et droits voisins. Avec la Société Macodis, où travaillait Roger Izeidi le maracassite et qui deviendra plus tard Ecodis, les éditions Surboum African Jazz sont créées.

Joseph Kabasele conseille à Franco De Mi Amor d’enregistrer sous le label nouvellement créé, à savoir celui de « Surboum African Jazz ».

Un contrat est signé pour l’enregistrement de 39 (tente-neuf) chansons. Mars 1961, l’OK Jazz voyage pour l’Europe dans le cadre de cet engagement. Franco Luambo découvre ainsi les délices des droits d’auteurs.

Entretemps, la Société beige de droits d’auteurs, Sabam, oeuvrait déjà au Congo. Y étaient affiliés, tous les musiciens congolais de l’époque.

Certains parmi eux s’offrent des parcelles, des voitures... Un artiste comme Lutumba Simaro acquiert avec les tout premiers droits lui payés la première voiture de sa vie, une VW de seconde main.

Et vint la Sonéca

Parce qu’il fallait doter le pays d’une structure de droits d’auteur et droits voisins propre, le Président Mobutu créa la Société nationale des Editeurs, Compositeurs et Auteurs, « Sonéca » en 1969. La coopérative a été créée pour une durée de 30 ans.

Entretemps, suffisamment imprégné des droits d’auteurs, Luambo Makiadi Franco a lancé ses « Editions Populaires » ainsi que « Visa 80 » avec lesquelles il produisit Papa Wemba et son Viva-la-Musica, notamment.

Quand l’existence de la Sonéca arrive à terme, en 1999, la coopérative, que nombre de ministres de la Culture et des Arts ont eu à confondre avec leur poche ou transformée en une caisse noire de leur ministère, a plus que déçu tous les espoirs.

Engagée dans une interminable liquidation voici un peu plus de 10 ans aujourd’hui, la Sonéca a connu il y a quelques jours une ultime humiliation.

Elle a été déguerpie de l’immeuble qu’elle avait pris en location sur l’avenue de la Victoire, dans la commune de Kasa-Vubu.

Pour cause d’insolvabilité ! Sur les cendres de cette défaillante société d’auteurs a été appelée à naître la Société congolaise des droits d’auteurs et droits voisins, Socoda en sigle; que la Sabam, par son Directeur Général dernièrement en séjour à Kinshasa, s’est engagée d’encadrer.

Belle et prometteuse perspective, s’il en est, l’ordonnance présidentielle l’autorisant à venir à existence déjà lignée, la Socoda attend maintenant l’arrêté du ministre compétent, en l’occurrence celui de la Cutture et des Arts, pour que son existence devienne effective.

Kale Ntondo/Visa (kongotimes)

SDC, Starducongo.com
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