Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Handball. Solange Ipolo Koulinka : « Je demande pardon aux supporteurs du handball congolais »


Par Brazzaville-Adiac | Vendredi 27 Janvier 2012 | Lu 747 fois | 1 Commentaire



Solange Ipolo Koulinka.
Solange Ipolo Koulinka.
L'entraîneuse des Diables Rouges dames s'est exprimée au cours d'une interview qu'elle a accordée aux Dépêches de Brazzaville, trois jours après le retour du Maroc de l'équipe nationale féminine, éliminée en quarts-de-finale de la 20e Coupe d'Afrique des nations

Les Dépêches de Brazzaville : Comment vous sentez-vous après votre retour de la CAN ?

Solange Ipolo Koulinka
: Je sors d'une compétition qui a fait régresser le Congo au 6e rang continental. Je ne peux pas être heureuse puisque je me dis que le résultat attendu n'était pas celui-là. Mais nous allons tirer les leçons de la CAN pour refaire un pas en avant.

LDB : En tant que sélectionneuse de l'équipe nationale, comment expliquez-vous la débâcle des Diables Rouges en quarts-de-finale ?

S.I.K.
: L'élimination des filles est due au non respect de leur programme de préparation. Avant notre départ pour le Maroc, je me plaignais de ce problème. Aujourd'hui on ne peut pas condamner la commission technique, ni la Fédération congolaise de handball. La faute revient à tout le monde. Pourquoi tout le monde ? Au retour des Jeux africains de Maputo, nous nous étions retrouvés en comité technique et étions convenu de bâtir la sélection nationale avec les filles de la diaspora vu le niveau actuel de la CAN. Nous avons souhaité faire venir les 11 joueuses qui évoluent en France pour un stage à Brazzaville avec celles qui sont sur place. Malheureusement, on nous a dit qu'il n'y avait pas l'argent pour déplacer tout ce monde de la France au Congo. Ensuite du Congo pour le Maroc. Nous avons alors fait une seconde proposition, celle de rapprocher le groupe de France et de Brazzaville au Maroc où devait se jouer la compétition, cela n'était pas possible non plus. À la fin, on nous a accordé 4 filles de France dont 3 sont arrivées le 5 janvier, le même jour que la délégation de Brazzaville, et la quatrième fille le 9 janvier alors que la compétition démarrait le lendemain. La suite de l'histoire est simple : en effet, les filles ont livré un jeu décousu faute de cohésion et d'adaptation dans certains postes. Nous avons eu des lacunes en défense et à la finition.

LDB : Comment expliquez-vous la défaite du Congo par la RDC ?

S.I.K.
: Effectivement, l'équipe de la République démocratique du Congo, qui nous a battu au Maroc n'est pas celle qui était en mise au vert d'un mois à Brazzaville. L'ossature de cette équipe était composée des joueuses de la diaspora bien qu'il y ait eu la présence de quelques Congolaises et même des Martiniquaises. Ensuite nous avons eu un problème d'arbitrage. La paire togolaise qui nous avait posé d'énormes problèmes au match contre la RDC aux Jeux africains de Maputo, est revenue deux fois de suite, d'abord la veille contre l'Algérie et le lendemain contre la RDC. Nous avons fait des recours avant le match mais, malheureusement notre requête n'a pas abouti.

LDB : À quel moment avez-vous cru à la défaite face à la RDC ?

S.I.K.
: J'ai cru à la défaite quand les arbitres ont commencé à sanctionner mes filles par les deux minutes. Il est arrivé un moment où restaient quatre filles sur l'aire de jeu. Cette paire d'arbitres togolais sifflait contre les Congolaises même avant la fin de leurs actions, contrairement à nos adversaires. La tension était montée du côté congolais et je n'arrivais plus à calmer les filles. En plus, trois des quatre filles de la diaspora étaient reparties en France après les trois premiers matchs pour jouer avec leurs clubs français. C'est à 15 minutes du match, Congo/RDC qu'elles sont arrivées. Elles étaient fatiguées.

LDB : L'absence de Suzanne Mambou dit Chanel n'a-t-elle pas pesé sur l'équipe ?

S.I.K
. : Chanel est encore une fille junior que nous sommes en train de façonner pour qu'elle monte au niveau senior. Je suis une mère pour cette fille qui a de l'avenir au handball, malgré son indiscipline. Or la Fécohand a jugé mieux de la punir pour la discipliner afin qu'elle prenne conscience. Mais, il faut reconnaître qu'elle nous a manqué. Après sa sanction, nous avons bâti notre stratégie sur Ndona Bassarilla, qui, malheureusement à deux jours de la compétition, nous a informé qu'elle ne pouvait plus faire le déplacement. C'était trop tard pour repêcher Suzanne. Aujourd'hui nous comptons toujours sur elle surtout si elle reprend conscience. Le mieux pour nous est de perdre avec des filles disciplinées plutôt que de gagner avec des joueuses indisciplinées.

LDB : Que pensez-vous du niveau technique de la compétition ?

S.I.K
. : En dehors de l'Angola, je vous assure que la compétition était de taille. Ne soyez pas étonné de voir le Sénégal monter. Dans deux ans, les Angolaises risquent d'avoir des adversaires de taille. L'Angola a fait 5 buts d'écart avec le Cameroun, ce qui veut dire que ce dernier émerge. La Tunisie et l'Algérie ont aussi de bonnes équipes. La compétition était de très haut niveau mais nous Congolais, nous dormons.

LDB : Que souhaitez-vous pour l'avenir ?

S.I.K
. : J'interpelle les autorités congolaises d'aider les entraîneurs dans leur mission. Nous devons éviter l'improvisation surtout que cette fois-ci elle n'a pas obéi au Congo. Nous devons aussi laisser de côté le sentimentaliste, recruter la joueuse qu'il faut à la place qu'il faut. Je serai plus rigoureuse cette fois-ci. Aujourd'hui le handball est en baisse, nous devons retravailler pour remonter de deux à trois échelles. La défaite du Congo doit nous servir de recul pour mieux sauter. Déjà l'équipe junior dame participera à la Coupe du monde en juillet. C'est maintenant que la préparation doit commencer, avec au moins 2 séances d'entraînement par semaine. Nous souhaitons préparer ce groupe pour les Jeux de Brazzaville 2015.

LDB : Avez-vous un mot à dire aux supporteurs du handball congolais ?

S.I.K.
: Je leur demande pardon pour notre classement. Nous acceptons peut-être notre tort, qu'ils nous pardonnent. Nous n'avons pas souhaité que le Congo soit 6e. Je ne suis pas une femme qui se laisse prendre facilement. Quand je jouais, je jouais franchement. Maintenant que je suis entraîneuse, je ne peux accepter que mon pays soit humilié de la sorte. Je suis touchée. Cela me fait mal. C'est comme si j'étais allée tuer tout un pays comme le Congo. Qu'ils me pardonnent. Prochainement ils ne seront pas déçus.

Propos recueillis par Charlem Léa Legnoki
Lu 747 fois


Vos commentaires:

1.Posté par roselin bahouanassoni le 06/02/2012 04:10 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
la soeur solange ,je suis tres dessu des resultat de l,equipe any ways je t connais etants que battante ms le problm des dirigeants au congo sa ne changera pas , juste du courage bisou ma soeur

Nouveau commentaire :

Publions des commentaires constructifs pour avancer

RD Congo | Actualités | Football | Beauté et Mode | RD Sport | RD Economie | Handball | RD Société | Les arts | Gouvernement | RD Album | Arts martiaux | Monde | High Tech | Basket-ball | Indiscretions | Athlétisme | Sports | Portraits | Autres Sports | Interviews | Tennis | Afrique | Interviews Sports | Maghreb | Dans les bacs | Festivals | Rétrospective | Paroles de chansons | Livres | Divertissement | Cuisine congolaise | Vitrine | Ambassades | Actualité RDC | Sante | Economie | RD Politique | RD Tribune | Ils ont dit | Polémique | Live | Concert | Société | Zoom | Anecdotes