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Hommages à Tabu Ley. L’impresario Mekanisi Modero à Kinshasa après 24 années d’absence


Par Digitalcongo.net | Lundi 3 Décembre 2012 | Lu 673 fois | 0 Commentaire



Hommages à Tabu Ley. L’impresario Mekanisi Modero à Kinshasa après 24 années d’absence
Résidant aux Usa, Mekanisi Modero séjourné dans la capitale congolaise sur invitation expresse du Seigneur Tabu Ley dans le cadre de la cérémonie « Honneur Ley », initiée pour rendre les hommages, de son vivant, à cet icône de la chanson congolaise qui a donné toute sa vie pour la valorisation de la culture nationale.

Sur le plan de la musique outre-Atlantique, la RDC ne s’identifie vraiment pas néanmoins, il vient d’atterrir à Kinshasa sur invitation expresse du Seigneur Tabu Ley dans le cadre de la cérémonie « Honneur Ley », initiée pour rendre les hommages, de son vivant, à cet icône de la chanson congolaise qui a donné toute sa vie pour la valorisation de la culture nationale.

A travers lui, les échos de la musique congolaise contemporaine, ont dépassé les frontières et emporté dans le lointain, la sensualité de la visibilité culturelle Rd-congolaise.

C’est ainsi que pour fêter dans l’allégresse ses 72ans d’âge et en présence de sa mère qui est encore vivante, Tabu Ley Rochereau, a, par le biais du comité scientifique de l’institution « Honneur Ley », voulu associer à la manifestation tous ceux qui ont eu le temps d’évoluer honnêtement, dans le royaume d’Orphée, à ses côtés depuis de nombreuses années.

Ainsi, entre autres artistes, une invitation avait été lancée à Mekanisi Modero, le fidèle des fidèles de Tabu Ley qui réside aux États-Unis pour prendre une part active à cette cérémonie.

L’occasion faisant le larron, nous l’avons rencontré et parvenu à lui arracher, à chaud, ses impressions tant sur son évolution outre-Atlantique, sur la musique congolaise (vue de l’extérieur), que sur certains points clés ayant trait au secteur culturel. Suivez :

Que faites-vous présentement aux Etats-Unis ?

Je continue à faire de la musique mais, sous un autre angle, qui est différente de ce qui se fait ici. En plus, j’enregistre de nombreux albums des artistes de renommée telle que le latino Ibrahim Ferrerez, paix à son âme, avec qui j’avais beaucoup travaillé aux USA. Il est allé mourir à La Havane à Cuba.

En dehors de lui, je suis souvent sollicité pour des spectacles sur scène aux Etats-Unis. Retenez aussi que j’ai fait beaucoup d’enregistrements à Londres, en Grande Bretagne, tant pour la musique dite populaire que religieuse.

Je reconnais avoir enregistré deux ou trois albums avec des artistes-musiciens chrétiens congolais vivant dans la capitale britannique. Je fais des scènes pleines à Los Angeles au « House of bleus », à Louisiane, à Lafayette, à New-York, bref partout où le vent de la production m’amène à travers les Etats-Unis. Là-bas, les Américains ne viennent pas pour danser, mais pour écouter la musique et apprécier le spectacle sur des scènes, souvent, en plein air.

Ce, surtout vers des coins du soleil-sud des Etats-Unis comme La Louisiane, New Orléans, Nouvelle Mexique, Arizona, etc…
Vous retiendrez aussi que c’est dans ces derniers coins des USA où se tiennent sans relâche, des festivals tout au long de l’année.

Et là, on peut jouer du 1er janvier au 31 décembre sans se lasser et il y aura toujours du monde car, l’actualité musicale ne s’arrête point et continue à rouler. Même s’il y a des menaces des ouragans, il y a toujours des engagements contractuels pour des tournées là-bas tout comme pour le Canada, pays situé au nord des USA.

Quelle est la place qu’occupe la musique congolaise aux USA ?

Franchement, je ne mâche pas mes mots en vous disant que là-bas, on continue jusqu’à ce jour, à apprécier la musique de Franco Luambo Makiadi, de Rochereau Tabu Ley, de Jeannot Bombenga W’ewando et son Vox Africa, de l’orchestre Négro Succès, de Zaïko Langa Langa original.

Papa Wemba est aussi apprécié à travers sa musique produite en collaboration avec Peter Gabriel. Ce qui veut-dire qu’au pays de l’Oncle Sam, on continue à admettre la musique congolaise d’avant 1980.

Cela dit, le « kwasa-kwasa », le « ndombolo », etc..., n’ont pas de chance de s’identifier aux Etats-Unis.

Comme je l’ai dit tout à l’heure, si le Zaïko, avec Nyoka Longo en tête, pouvait songer se requalifier dans son style d’antan et que les promoteurs des spectacles, je veux dire les vrais producteurs des spectacles ainsi que les médias pouvaient ainsi l’accompagner dans cette démarche, il fera entendre au loin, le son de la bonne musique congolaise.

Car, il est à la tête du seul groupe qui joue bien mais qui, malheureusement, ne se définit pas.

On devra retenir que sur le plan de la musique outre-Atlantique, la RDC ne s’identifie vraiment pas. La musique congolaise n’évolue vraiment pas avec l’arrivée des jeunes générations, elle garde le même son de la guitare, le même battement, c’est-à-dire le même tempo et il n’y a pas de changement dans l’identité musicale de ce grand pays aux potentialités culturelles incommensurables.

Raison pour laquelle, les groupes musicaux congolais tout en s’enfonçant, sans le savoir et sans le vouloir, dans un engrainage infernal, ne sont pas invités dans des grands festivals.

Au niveau des USA, ce sont des musiciens ouest-africains, (Maliens, Burkinabés, Ivoiriens, Ghanéens, etc..) qui ne valent pas plus que les Congolais, qui sont les bienvenus parce que très adulés de l’autre côté de l’Atlantique.

Notre culture, notre musique enregistre ainsi des échecs par manque d’une coordination conséquente. Les professionnels de la musique devraient se ressaisir afin de présenter au monde, pas seulement au public kinois trop naïf, inconstant et incohérent, quelque chose qui devra les booster au devant de la scène internationale.

Le vieux Simaro Lutumba Masiya, appelé affectueusement « Poète de la chanson congolaise », a du talent à revendre. S’il pouvait, dans le lot, faire un groupe baptisé « Les Léopards de la musique congolaise » en sélectionnant des artistes aguerris à chaque poste, c’est-à-dire, au chant, à la batterie (percussion), à l’instrumentale (guitaristes) pour monter cet orchestre national à l’exemple du groupe « Aragon » à Cuba, il fera amende honorable.

Grâce à lui donc, la musique congolaise ne se limitera pas seulement en Belgique ni en France où l’on compte une diaspora conséquente mais, elle ira aussi dicter sa loi au Canada, aux Etats-Unis et pourquoi pas partout à travers le monde…

Le Ministère de la Culture et des Arts, à l’instar de ces collègues d’autres pays, doit sortir de sa léthargie en débloquant la somme qu’il faut pour la concrétisation de ce projet et c’est de deux mains qu’on l’applaudira. Ce ne sont pas des moyens qui manquent…

Pensez-vous revenir un jour au pays ?

Nonobstant tout ce que je fais de l’autre côté de l’Atlantique, mon amour et mon cœur se retrouvent ici au pays car, c’est ici aussi où se découvrent mon âme et mon identité.
Nul n’ignore qu’on ne peut mieux vivre que chez-soi.

Qu’est-ce qui motive aujourd’hui votre présence à Kinshasa ?

Je suis venu ici à Kinshasa, répondre à l’invitation qui m’avait été expressément envoyée par mon mentor Tabu Ley Rochereau étant donné que je suis la deuxième personnalité dans la hiérarchie de l’Afrisa International.

Comme lui ne pourra monter sur scène de par son état de santé, et en raison de manifestation « Honneur Ley », il était impérieux que je sois là pour matérialiser la force de l’entreprise Afrisa International. Un billet d’avion m’a été envoyé et je suis là, parce que je ne peux jamais décevoir Tabu Ley.

S’il faut regarder sur la balance, ma collaboration avec Rochereau Tabu Ley demeurera, pour toujours, historique et inoubliable. Et la presse, vous le savez, l’a toujours identifié comme étant le monument de la musique congolaise, il fallait, de ce fait, que les instances supérieures de la Nation puissent l’honorer de son vivant.

Je suis content et chanceux d’être présent à Kinshasa lors de cette cérémonie et j’en garderai un bon souvenir toute ma vie.

Je sollicite la clémence de Dieu l’Eternel envers qui toutes nos pensées sont diligentées afin qu’Il accorde à Tabu Ley une longue vie au milieu de ses enfants, de ses petits-enfants, afin qu’il puisse continuer d’inspirer la musique congolaise de par son analogie de compositeur fécond. Tabu Ley est une source intarissable.

Que faites-vous aux USA en dehors de la musique ?

A part la musique, j’ai réussi à faire des études dans différentes branches qui me permettent aujourd’hui d’évoluer normalement aux Etats-Unis. Par exemple, j’ai une maîtrise sur l’élevage et la pisciculture industrielle. Nous avons dans notre pays de nombreuses rivières poissonneuses.

De formation universitaire sur la culture et la production industrielle des poissons tropicaux, il faudra que les instances nationales mettent les moyens techniques appropriées que pourraient, un jour, me pousser à revenir ici mettre mes connaissances au développement de mon pays en sachant comment distribuer ces denrées que Dieu nous a doté et de cadrer les choses afin de ne pas entraîner la rareté des poissons dans nos rivières.

En outre, à Seattle où je réside, j’enseigne la musique aux enfants à Institut Yatma qui est l’un des grands établissements scolaires de cette ville.

Mais, depuis un certain temps, la direction de l’école a transféré sa base à New-York et j’ai promis de réfléchir sur la suite à donner quand à mon déplacement pour New York.

Je suis membre effectif de l’Union des musiciens américains. Cette structure qui, sur le plan culturel et pourquoi pas financier, protège tous les musiciens américains et canadiens à travers le monde.

Mais, en tant que Congolais, je suis aussi membre de l’Union des musiciens congolais. Ici, il y a encore beaucoup à faire pour atteindre le niveau où se trouvent les autres.

Pour cela, il suffit d’avoir de la détermination, du bon sens dans la coordination des faits et d’évoluer loin de toutes tendances partisanes, les choses marcheront conséquemment. Car, en dehors de cette recommandation, il n y a pas match.

Kingunza Kikim Afri/ L’Avenir
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