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Humeur. «Mokongo ya koba », la coqueluche du moment


Par Lepatriote-congo | Jeudi 2 Août 2012 | 16:07 | Lu 1425 fois | 10 Commentaires



Ph. Bellissimaonline
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Décidemment, ces artistes musiciens ont l’imagination fertile. Ils prennent les mélomanes pour des bébés. L’impunité et le laxisme ambiants aidant, ils leur rabâchent les oreilles avec des cris obscènes qu’ils font passer pour des stimulants vocaux. Hier, « étutana yango na yango », « pesa kiti na vandéla ». « mama pesa mbonda, papa abeta mbonda » … Aujourd’hui, «mokongo ya koba ». Des cris déversés par des « atalaku » qui rivalisent de pudeur au fil des jours. Certains sont épaulés par des musiciens qui cachent leur perversité dans des métaphores pour séduire les esprits naïfs. Fait curieux, les fans sont tétanisés par la pauvreté d’un verbe de plus en plus titubant, paradoxalement arrache cœur qui bouscule les consciences.

Ces derniers temps, un artiste de renom, briseur de cœurs, s’excite au micro en exaltant l’eau. On le prendrait pour un écologiste si on analysait superficiellement son message. L’eau c’est la vie, dit-on. Mais, la pensée profonde du chanteur explose lorsqu’il évoque les différentes couleurs de l’eau. Démasqué, ce défenseur atypique de l’environnement se délecte alors de : « mayi ya pembé », reprise en chœur par des jeunes filles presque dénudées qui dansent de manière extravagante sur le petit écran… devant des parents médusés et totalement déboussolés.

Revenons à nos moutons ! « Koba » en lingala signifie « tortue » en français. « Mokongo ya koba » en lingala signifie « le dos de la tortue ». Une question se pose. Que vient faire la tortue et son dos dans une chanson d’amour? D’autant plus, que les cris répétés dans les chansons, interpellent ceux qui auraient marché sur le dos de ce reptile aquatique. L’on sait que dans l’eau ou sur terre, la tortue n’a jamais dansé. Sauf dans les contes pour enfants. Pourquoi cette allusion au dos de la tortue dans les chansons actuelles, alors que les musiciens qui mettent en exergue le reptile, vont rarement, sinon jamais à la pêche ? A quoi pensent-ils quand ils chantent ? Pourquoi arrondissent t-ils leur dos et bandent t-ils les muscles de leurs avant-bras pour rythmer les mouvements avec les cris? Là est tout le problème.

La réponse se trouve dans l’image. La partie supérieure de la carapace de la tortue est voûtée. Selon plusieurs indiscrétions, la danse schématise la posture de l’homme sur la femme dans un coït. Dos arrondi, arc-bouté sur sa «proie», muscles bandés à la démesure pour la culbuter dans tous les sens. Difficile de croire que des adultes respectables se laissent aller à de telles imaginations et acceptent de sautiller gaiement sur la piste comme des enfants de chœur.

En tout cas, l’imaginaire des musiciens des deux rives du Congo est tellement fécond qu’on peut s’attendre à tout. Depuis belle lurette, ils se sont toujours battus bec et ongle pour proposer de nouvelles danses aux mélomanes. Quitte aux autres de se les approprier dans leurs œuvres musicales du moment. Mais le phénomène des danses obscènes est nouveau. Les années 70 ont vu naître et éclore des danses comme « Ciao, boucher, Ngouabin… ». La première faisait la promotion d’un motocycle italien Piaggo vendu à l’époque à Brazzaville. La conduite d’une Ciao exigeait une certaine posture, car le guidon de l’engin était plus ou moins surélevé. Le conducteur était donc obligé de garder ses deux bras allongés par devant et vers le haut. La deuxième honorait les bouchers dont la manière de couper les gigots de viande, était spectaculaire. Enfin, la troisième relevait d’une imitation de la danse très originale de l’ancien président Marien Ngouabi qui balançait deux fois à droite et à gauche ses bras, les mains très flexibles au niveau des poignets. Le boucher tenait de la main droite sa machette pour s’attaquer au gigot de viande suspendu par un énorme crochet, le buste tenu à égale distance entre le gigot et le reste de son corps.

Ces danses n’étaient pas dégradantes. Elles relevaient d’une étude approfondie du gestuel des hommes et personnalités respectables.

Les musiciens scrutaient leurs mouvements et les adaptaient à leurs œuvres. Pamélo, Kosmos, Essous, Nino Malapet, Samba Mascott, Passy Ngongo Mermans 1er, Ange Linaud, Nelly Okemba … ont émerveillé le public par leurs chansons d’amour certes, mais ils avaient chanté les rapports humains sans les travestir. C’était de la musique propre, avec des chansons éducatives et surtout sans souillures.

Mais, au fil des années, la médiocrité a pris le dessus. Intellectuellement constipés, les musiciens ont fini par verser dans la facilité. La perversité gangrene les cerveaux au point de déboucher sur des insanités qui remettent en cause le travail amorcé en amont. Seuls Chairman Jacques Koyo avec la danse « engondza » , les groupes « Bana moye » et «Kingoli Akoua » ont mis en exergue des danses qui valorisent notre patrimoine culturel. La danse « Engondza » par exemple a fait tabac sur les deux rives du fleuve Congo et à l’étranger, résistant à l’influence néfaste des danses obscènes telles que le « Mapouka ». Actuellement, l’immoralité surplombe toutes les œuvres musicales. Les danses reproduites dans les clips sont une véritable atteinte à la pudeur. Tout tourne autour du sexe, du coït, rien de plus.

Ces cris sont pour les danseurs, ce que sont le sel et le piment pour le repas. Certains mélomanes estiment qu’ils ne peuvent pas danser sans ces cris. Ils rythment leurs mouvements sur la piste, provoquant des déhanchements surprenants, indécents et insoupçon-nés de la part des personnes que l’on croyait à cheval sur la morale. D’autres singent les musiciens en adoptant des postures osées qui trahissent leurs fantasmes. De plus en plus, la piste de danse est transformée en un lieu d’exaltation du coït. A qui la faute ?

Mwana Mboyo
Lu 1425 fois


Vos commentaires:

1.Posté par kiko Lomby le 02/08/2012 18:10 | Alerter
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Ce n'est pas grave. c'est la f^te. il n'y a rien de méchant: c'est à prendre ou à laisser. La musique ne tue pas. c'est le mensonge et le vol qu'il faut critiquer Mwana.

2.Posté par E.K.B le 03/08/2012 00:52 | Alerter
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Cette obscénité a outrance des ATALAKOU est financé et soutenu par nos hauts dignitaires . Les noms qui y sont balancés dans ce genre prouvent et démontrent l'immaturité, la bassesse d'esprit et l'ignorance des personnes citées. Des lignées familiales entières sont citées. Es ce que c'est de la com ? Ou de la perversité ?

3.Posté par Poutine le Russe le 03/08/2012 01:38 | Alerter
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C'est un peu de tut et de rien:mais sans doute plus des conneries. Je comprends pas comment peut -on tolérer que des militaires finances des artistes pour qu'ils citent leurs noms dans des produits artistiques. Comment s'étonner que des militaires soient tentes de prendre le pouvoir ou de l'arracher aux civils.
On devait interdire aux artistes de citer des noms du personnel de l'armée tant qu'ils sont en fonction. Pour les uatres je n'y vois pas d’inconvénient sinon instaurer une taxe au-delà de quatre noms. C'est-à-dire, à partir du cinquième nom cité dans un album, l'artiste doit payer 200000cffa. Cela peut paraitre excessif, mais n'oublions pas que nombreux parmi nos dirigeants claquent jus'à 5millions pour se faire citer

4.Posté par MWENZE le 03/08/2012 13:41 | Alerter
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Très bel article, et bravo Mwana MBoyo.Heureux également de constater,au regard des commentaires, enfin des ralliements à ma cause,depuis près de deux ans que je prêche dans le désert.Parfois,sinon souvent combattu ici-même sur ce blog,au point de me poser la question de savoir si ce n'était pas moi qui devenais anormal et qui donc vivais sur une autre planète.

5.Posté par MWENZE le 03/08/2012 14:38 | Alerter
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La musique des années 50 à 70 était assurée par des grands messieurs,sous la houlette d'érudits tels Le Grand Kallé,Docteur Nico,Vicky Longomba,Essous,Nino Malapet,Franck Lassan,Manu Dibango,Edouard Lutula,Rochereau,Ganga Edo,Kouka Célestin,Ntésa Dalienst,Souzy Kaséya,Pamelo,Kosmos,Isidore Diaboua,pour ne citer qu'eux.Ils avaient embrassé la carrière musicale par passion,abandonnant des fonctions administratives ou techniques(comme Dr Nico,professeur des collèges en mécanique-auto et chef de service électricité-auto à DIFCO) appelées pourtant à un bel avenir.Des grands messieurs qui tiraient le public par le haut.Aujourd'hui,analphabètes et semi-analphabètes tiennent le haut du pavé de la musique congolaise,venus dernière car ne sachant rien faire dans la vie.Hier pour le succès,aujourd'hui pour le succès et l'argent facile.Une musique qu'ils ont détruite et rendue à sa plus simple expression,car de formation musicale moyenne quand elle n'est pas nulle.Résultat des courses,le règne de la médiocrité dans la musique congolaise.Une musique plus que jamais bruyante et abrutissante à fond la caisse où l'obscénité fait office de critère de marketing.On en oublie même que les plus âgés d'entre-eux ont soixante ans,,des grands-pères (Nyoka Longo,Papa Wemba) et que les moins âgésarrivent à l'orée de la trentaine (Fally Ipupa,Ferré Gola,Werrason,JB Mpiana...) et entre les deux,Koffi Olomidé,Félix Wazékwa etc...En Occident,ils auraient déjà attiré l'attention de l'opinion publique sur leur santé mentale.Mais en Afrique,,comme Mr Kiko Lombi,commentaire N°1 ici-même.Ajouter à cela l'Autorité complaisante,et on a la musique qu'on mérite.

6.Posté par MWENZE le 03/08/2012 14:42 | Alerter
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ERRATUM: lire 8ème ligne,

7.Posté par MWENZE le 03/08/2012 14:44 | Alerter
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ERRATUM: lire 8ème ligne,"venus à cette dernière..." (la musique congolaise bien sûr!)

8.Posté par MWENZE le 03/08/2012 14:54 | Alerter
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AVARIE TECHNIQUE: 3ème avant dernière ligne,lire "Mais en Afrique,ce n'est pas grave,c'est la fête,il n'y a rien de méchant,c'est à prendre ou à laisser,la musique ne tue pas...comme Mr Kiko Lombi..."(En effet les citations entre guillemets disparaissent ici,à l'envoi).

9.Posté par kiko Lomby le 06/08/2012 11:44 | Alerter
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Je repète c'est l'époque. demain d'auters artistes arriveront et nous proposerons autre chose: en bien ou en pire, je l'ignore. Consacrons nus sur ceux qui nous dirigent et qui détruisent bien plus grave ces artistes avec leurs liasses de billets en échange d'une citation

10.Posté par MOLANGI'A PEMBE le 12/08/2012 15:42 | Alerter
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Cher Kiko Lomby,ce n'est pas la musique dans sa forme (évidemment celle-ci évolue ou regresse selon les époques) qui est ici mise en cause,mais son contenu.Quelles que soient les époques,la moralité demeure immuable.Accepteriez-vous un seul instant que votre enfant tienne des propos obscènes en votre présence,sous prétexte que l'époque a changé?Des hommes tels que Nyoka Longo,Papa Wemba et autres doivent prendre conscience (ils ont dépassé le cap des soixante ans) qu'ils appatriennent désormais au troisième âge.Ce faisant,ils ne peuvent plus se permettre n'importe quoi.La sagesse africaine qui fait tant l'admiration du monde entier était tenue par des gens de leur âge.Si à leur âge (et ici je parle de tout le monde musical congolais) les artistes congolais continuent de se comporter comme ils le font,on pourrait alors parler d'infantilisme ou de puérilisme,c'est-à-dire des personnes qui n'ont de grand que le physique et dont le mental n'a pas connu d'évolution.C'est une maladie,et ça relève du psy.

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