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Décidemment, ces artistes musiciens ont l’imagination fertile. Ils prennent les mélomanes pour des bébés. L’impunité et le laxisme ambiants aidant, ils leur rabâchent les oreilles avec des cris obscènes qu’ils font passer pour des stimulants vocaux. Hier, « étutana yango na yango », « pesa kiti na vandéla ». « mama pesa mbonda, papa abeta mbonda » … Aujourd’hui, «mokongo ya koba ». Des cris déversés par des « atalaku » qui rivalisent de pudeur au fil des jours. Certains sont épaulés par des musiciens qui cachent leur perversité dans des métaphores pour séduire les esprits naïfs. Fait curieux, les fans sont tétanisés par la pauvreté d’un verbe de plus en plus titubant, paradoxalement arrache cœur qui bouscule les consciences.
Ces derniers temps, un artiste de renom, briseur de cœurs, s’excite au micro en exaltant l’eau. On le prendrait pour un écologiste si on analysait superficiellement son message. L’eau c’est la vie, dit-on. Mais, la pensée profonde du chanteur explose lorsqu’il évoque les différentes couleurs de l’eau. Démasqué, ce défenseur atypique de l’environnement se délecte alors de : « mayi ya pembé », reprise en chœur par des jeunes filles presque dénudées qui dansent de manière extravagante sur le petit écran… devant des parents médusés et totalement déboussolés.
Revenons à nos moutons ! « Koba » en lingala signifie « tortue » en français. « Mokongo ya koba » en lingala signifie « le dos de la tortue ». Une question se pose. Que vient faire la tortue et son dos dans une chanson d’amour? D’autant plus, que les cris répétés dans les chansons, interpellent ceux qui auraient marché sur le dos de ce reptile aquatique. L’on sait que dans l’eau ou sur terre, la tortue n’a jamais dansé. Sauf dans les contes pour enfants. Pourquoi cette allusion au dos de la tortue dans les chansons actuelles, alors que les musiciens qui mettent en exergue le reptile, vont rarement, sinon jamais à la pêche ? A quoi pensent-ils quand ils chantent ? Pourquoi arrondissent t-ils leur dos et bandent t-ils les muscles de leurs avant-bras pour rythmer les mouvements avec les cris? Là est tout le problème.
La réponse se trouve dans l’image. La partie supérieure de la carapace de la tortue est voûtée. Selon plusieurs indiscrétions, la danse schématise la posture de l’homme sur la femme dans un coït. Dos arrondi, arc-bouté sur sa «proie», muscles bandés à la démesure pour la culbuter dans tous les sens. Difficile de croire que des adultes respectables se laissent aller à de telles imaginations et acceptent de sautiller gaiement sur la piste comme des enfants de chœur.
En tout cas, l’imaginaire des musiciens des deux rives du Congo est tellement fécond qu’on peut s’attendre à tout. Depuis belle lurette, ils se sont toujours battus bec et ongle pour proposer de nouvelles danses aux mélomanes. Quitte aux autres de se les approprier dans leurs œuvres musicales du moment. Mais le phénomène des danses obscènes est nouveau. Les années 70 ont vu naître et éclore des danses comme « Ciao, boucher, Ngouabin… ». La première faisait la promotion d’un motocycle italien Piaggo vendu à l’époque à Brazzaville. La conduite d’une Ciao exigeait une certaine posture, car le guidon de l’engin était plus ou moins surélevé. Le conducteur était donc obligé de garder ses deux bras allongés par devant et vers le haut. La deuxième honorait les bouchers dont la manière de couper les gigots de viande, était spectaculaire. Enfin, la troisième relevait d’une imitation de la danse très originale de l’ancien président Marien Ngouabi qui balançait deux fois à droite et à gauche ses bras, les mains très flexibles au niveau des poignets. Le boucher tenait de la main droite sa machette pour s’attaquer au gigot de viande suspendu par un énorme crochet, le buste tenu à égale distance entre le gigot et le reste de son corps.
Ces danses n’étaient pas dégradantes. Elles relevaient d’une étude approfondie du gestuel des hommes et personnalités respectables.
Les musiciens scrutaient leurs mouvements et les adaptaient à leurs œuvres. Pamélo, Kosmos, Essous, Nino Malapet, Samba Mascott, Passy Ngongo Mermans 1er, Ange Linaud, Nelly Okemba … ont émerveillé le public par leurs chansons d’amour certes, mais ils avaient chanté les rapports humains sans les travestir. C’était de la musique propre, avec des chansons éducatives et surtout sans souillures.
Mais, au fil des années, la médiocrité a pris le dessus. Intellectuellement constipés, les musiciens ont fini par verser dans la facilité. La perversité gangrene les cerveaux au point de déboucher sur des insanités qui remettent en cause le travail amorcé en amont. Seuls Chairman Jacques Koyo avec la danse « engondza » , les groupes « Bana moye » et «Kingoli Akoua » ont mis en exergue des danses qui valorisent notre patrimoine culturel. La danse « Engondza » par exemple a fait tabac sur les deux rives du fleuve Congo et à l’étranger, résistant à l’influence néfaste des danses obscènes telles que le « Mapouka ». Actuellement, l’immoralité surplombe toutes les œuvres musicales. Les danses reproduites dans les clips sont une véritable atteinte à la pudeur. Tout tourne autour du sexe, du coït, rien de plus.
Ces cris sont pour les danseurs, ce que sont le sel et le piment pour le repas. Certains mélomanes estiment qu’ils ne peuvent pas danser sans ces cris. Ils rythment leurs mouvements sur la piste, provoquant des déhanchements surprenants, indécents et insoupçon-nés de la part des personnes que l’on croyait à cheval sur la morale. D’autres singent les musiciens en adoptant des postures osées qui trahissent leurs fantasmes. De plus en plus, la piste de danse est transformée en un lieu d’exaltation du coït. A qui la faute ?
Mwana Mboyo
Ces derniers temps, un artiste de renom, briseur de cœurs, s’excite au micro en exaltant l’eau. On le prendrait pour un écologiste si on analysait superficiellement son message. L’eau c’est la vie, dit-on. Mais, la pensée profonde du chanteur explose lorsqu’il évoque les différentes couleurs de l’eau. Démasqué, ce défenseur atypique de l’environnement se délecte alors de : « mayi ya pembé », reprise en chœur par des jeunes filles presque dénudées qui dansent de manière extravagante sur le petit écran… devant des parents médusés et totalement déboussolés.
Revenons à nos moutons ! « Koba » en lingala signifie « tortue » en français. « Mokongo ya koba » en lingala signifie « le dos de la tortue ». Une question se pose. Que vient faire la tortue et son dos dans une chanson d’amour? D’autant plus, que les cris répétés dans les chansons, interpellent ceux qui auraient marché sur le dos de ce reptile aquatique. L’on sait que dans l’eau ou sur terre, la tortue n’a jamais dansé. Sauf dans les contes pour enfants. Pourquoi cette allusion au dos de la tortue dans les chansons actuelles, alors que les musiciens qui mettent en exergue le reptile, vont rarement, sinon jamais à la pêche ? A quoi pensent-ils quand ils chantent ? Pourquoi arrondissent t-ils leur dos et bandent t-ils les muscles de leurs avant-bras pour rythmer les mouvements avec les cris? Là est tout le problème.
La réponse se trouve dans l’image. La partie supérieure de la carapace de la tortue est voûtée. Selon plusieurs indiscrétions, la danse schématise la posture de l’homme sur la femme dans un coït. Dos arrondi, arc-bouté sur sa «proie», muscles bandés à la démesure pour la culbuter dans tous les sens. Difficile de croire que des adultes respectables se laissent aller à de telles imaginations et acceptent de sautiller gaiement sur la piste comme des enfants de chœur.
En tout cas, l’imaginaire des musiciens des deux rives du Congo est tellement fécond qu’on peut s’attendre à tout. Depuis belle lurette, ils se sont toujours battus bec et ongle pour proposer de nouvelles danses aux mélomanes. Quitte aux autres de se les approprier dans leurs œuvres musicales du moment. Mais le phénomène des danses obscènes est nouveau. Les années 70 ont vu naître et éclore des danses comme « Ciao, boucher, Ngouabin… ». La première faisait la promotion d’un motocycle italien Piaggo vendu à l’époque à Brazzaville. La conduite d’une Ciao exigeait une certaine posture, car le guidon de l’engin était plus ou moins surélevé. Le conducteur était donc obligé de garder ses deux bras allongés par devant et vers le haut. La deuxième honorait les bouchers dont la manière de couper les gigots de viande, était spectaculaire. Enfin, la troisième relevait d’une imitation de la danse très originale de l’ancien président Marien Ngouabi qui balançait deux fois à droite et à gauche ses bras, les mains très flexibles au niveau des poignets. Le boucher tenait de la main droite sa machette pour s’attaquer au gigot de viande suspendu par un énorme crochet, le buste tenu à égale distance entre le gigot et le reste de son corps.
Ces danses n’étaient pas dégradantes. Elles relevaient d’une étude approfondie du gestuel des hommes et personnalités respectables.
Les musiciens scrutaient leurs mouvements et les adaptaient à leurs œuvres. Pamélo, Kosmos, Essous, Nino Malapet, Samba Mascott, Passy Ngongo Mermans 1er, Ange Linaud, Nelly Okemba … ont émerveillé le public par leurs chansons d’amour certes, mais ils avaient chanté les rapports humains sans les travestir. C’était de la musique propre, avec des chansons éducatives et surtout sans souillures.
Mais, au fil des années, la médiocrité a pris le dessus. Intellectuellement constipés, les musiciens ont fini par verser dans la facilité. La perversité gangrene les cerveaux au point de déboucher sur des insanités qui remettent en cause le travail amorcé en amont. Seuls Chairman Jacques Koyo avec la danse « engondza » , les groupes « Bana moye » et «Kingoli Akoua » ont mis en exergue des danses qui valorisent notre patrimoine culturel. La danse « Engondza » par exemple a fait tabac sur les deux rives du fleuve Congo et à l’étranger, résistant à l’influence néfaste des danses obscènes telles que le « Mapouka ». Actuellement, l’immoralité surplombe toutes les œuvres musicales. Les danses reproduites dans les clips sont une véritable atteinte à la pudeur. Tout tourne autour du sexe, du coït, rien de plus.
Ces cris sont pour les danseurs, ce que sont le sel et le piment pour le repas. Certains mélomanes estiment qu’ils ne peuvent pas danser sans ces cris. Ils rythment leurs mouvements sur la piste, provoquant des déhanchements surprenants, indécents et insoupçon-nés de la part des personnes que l’on croyait à cheval sur la morale. D’autres singent les musiciens en adoptant des postures osées qui trahissent leurs fantasmes. De plus en plus, la piste de danse est transformée en un lieu d’exaltation du coït. A qui la faute ?
Mwana Mboyo

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