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ISABELLE ANOH. “Moi, aidée par un gourou ?”


Par . Pagesafrik | Dimanche 9 Mai 2010 | Lu 2782 fois | 0 Commentaire



ISABELLE ANOH. “Moi, aidée par un gourou ?”
Afrikfashion Show 2010 aura lieu du 12 au 15 mai prochain à Abidjan. Mais avant, Isabelle Anoh, l’initiatrice de ce grand événement de mode qui rassemble les meilleurs créateurs d’Afrique et de sa diaspora, donne des détails croustillants sur l’édition 2010.

• Animatrice, DG d’Avant-garde Production, cadre au Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI)… Ça fait plusieurs casquettes en peu de temps

- C’est vrai que c’est difficile de cumuler plusieurs activités en même temps. Mais, c’est aussi une question de volonté, d’envie de réussir, de prouver qu’on veut travailler et vouloir aller plus loin. Tant que j’ai des idées et que je pense que je peux réaliser une activité donnée, je prends le risque d’essayer. Et je continue de travailler. Je suis directeur de la recherche des financements au CEPICI (Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire) où je bosse depuis 10 ans. C’était avant que je commence la télé.

• C’est allé vite, ton évolution

- Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi. Je suis entrée au CEPICI avec un niveau de maîtrise. J’étais déjà cadre quand j’y entrais avec une rémunération conséquente avant d’arriver à la Télé. Je n’ai pas été poussée dans l’avancement. Déjà très jeune, je savais ce que je voulais. Je sais d’où je viens. Du coup, cela me permet d’aller de l’avant. Quand j’arrive à la RTI après l’épisode TV Côte d’Ivoire internationale, je propose un magazine de mode pour les créateurs et je me lance.

• Concernant ton entreprise, il y a juste une année, la quasi-totalité de ton personnel a quitté ton magazine…

- Il y avait des gens qui travaillaient chez moi et qui ont bien fait leur boulot. A un moment donné, ils ont demandé à partir parce qu’ils ont trouvé mieux ailleurs. Vous savez, augmenter un salaire, ce n’est pas toujours évident pour un employeur car il y a d’autres contraintes que l’employé ne voit pas forcément. Il y a eu des gens qui sont partis de façon très correcte en me le disant franchement. Et puis, il y en a d’autres qui sont partis comme ça, sur un coup de tête. C’est un choix qu’ils ont fait. Quelqu’un qui n’a plus envie de travaillez avec vous, vous ne pouvez pas le retenir. Franchement, quand quelqu’un me dépose une lettre de démission, je ne lui demande pas pardon pour qu’il reste même s’il est le meilleur employé de la boîte.

• En cinq ans, tu as réussi à imposer Tendances Party, Afrikfashion Show aujourd’hui comme un évènement majeur de la mode en Afrique…

- C’est à force de travailler qu’on a abouti à ce résultat-là. Quand on commençait Tendances Party, on n’avait même pas trois annonceurs. Il y a des chefs d’entreprise qui ne nous donnaient pas l’occasion de discuter avec eux, aujourd’hui, ils nous reçoivent. Qu’ils acceptent de nous accompagner ou pas, c’est déjà quelque chose de nous recevoir. Je me dis que c’est au bout de l’effort qu’il y a la récompense. Quand le Président de la République nous a reçus, ma satisfaction n’a pas été l’argent qu’il nous a remis, ma satisfaction était plutôt la reconnaissance du travail bien fait et cela n’a pas de prix. Quand le Président de la République reçoit mes invités et déjeune avec eux malgré son agenda très chargé, c’est la plus grande considération qu’on puisse faire à mon égard. Et je me dis que je suis sur le bon chemin. Au sortir de cette réception, je me suis dit que je dois aller dix fois plus loin.
Le Président a promis une maison de la mode aux créateurs, c’est déjà un bon début.

• Revenons à l’évènement. Quoi de spécial à Afrikfashion Show 2010 ?

- Un évènement qui rassemble le plus grand nombre des créateurs du continent mérite d’être soutenu par le gouvernement. C’est vrai que le ministère du Tourisme et de l’Artisanat nous appuie mais on a encore besoin d’aides. Cette année, on va essayer de mettre en avant ce que j’appelle les sous domaines de la mode. Tout le monde ne se retrouve pas quand on fait un grand défilé avec les créateurs africains qui proposent différents styles. Pour 2010, on aura, par exemple, le défilé de la lingerie, de la broderie et du boubou, du pagne et le défilé de la génération montante. Au total, on aura cinq défilés. C’est énorme mais, c’est nécessaire.

• Au moins dix invités viendront de l’étranger. Les billets d’avion, l’hébergement, la restauration, les salles de défilé… C’est lourd comme budget. Où trouves-tu l’argent pour le faire ?

- On fait beaucoup de partenariat et l’évènement est de plus en plus sponsorisé. Au niveau de l’hébergement, on a l’appui du ministère du Tourisme et de l’Artisanat. Quant aux billets d’avion, notre compagnie nationale nous soutient. Mais on paie quand même certaines chambres et certains billets d’avion. C’est pour cela qu’on se bat chaque fois pour avoir beaucoup de sponsors et de partenaires sur l’évènement. Ce n’est pas facile mais, il faut que la Côte d’Ivoire ait son évènement de mode digne de ce nom.

• Il se raconte qu’il y a un baron qui finance tes évènements…

- Qui est ce baron ? Laisse les Ivoiriens parler. Non, il n’y a pas de baron qui me soutient.

• Sincèrement ?

- Je te le jure ! Quel baron a mis son argent dans Afrikfashion Show ? S’il est là, qu’il parle et tout le monde sera tranquille. Aucun baron de ce pays ne finance Afrikfashion Show ! Ni Tendances, mon émission Télé.

• Et pourtant on évoque le nom d’un grand dirigeant dans le sport ivoirien…

- Je ne sais pas qui c’est ! Comme je l’ai dit plus haut, il n’y a personne qui m’aide en dehors de mes sponsors et partenaires. En fait, les gens croient que quelqu’un m’a déposé des millions et j’ai commencé à travailler. Non ! Demandez à Laurent, mon réalisateur. On a commencé avec un tout petit noyau dans mon salon. Au fur et à mesure, j’ai décidé qu’on prenne un bureau pour préserver un tout petit peu mon intimité. Je pars du principe qu’il faut aller petit à petit et grandir. Ce que je déplore, c’est que dès qu’une femme essaie de s’en sortir, on met tout sur le compte de son physique.

Les gens estiment qu’une femme qu’on dit belle ne peut pas se battre pour évoluer. C’est dommage ! Je trouve que les Ivoiriens ne travaillent pas et les gens se focalisent sur les on-dit et les questions du genre : qui sort avec qui ? Qui fait quoi avec qui ? Mais non !!! Pourquoi on ne veut pas accepter de voir une fille évoluer tout en travaillant normalement ? On peut donner de l’argent à quelqu’un mais, on ne peut pas lui donner des idées. Ceux qui me côtoient, savent que je bosse comme une folle. Il est 20 heures et je suis encore au bureau.

Par Omar Abdel Kader (Top Visages
omar_tani@yahoo.fr
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