Il y a 60 ans, Paul Kamba, l’un des pionniers de la musique congolaise!Dimanche 21 Mars 2010 - 13:52
C’est sous le signe des commémorations que s’annonce 2010: 60ème de la mort de Paul Kamba, 19ème anniversaire de la fin de la Conférence nationale souveraine, 50ème anniversaire de l’indépendance du Congo, 130ème anniversaire de la création de Brazzaville et, enfin, 52ème anniversaire de la République du Congo.
Chacun de ces événements est une symbolique et une problématique. Aucun d’eux ne saurait être une perspective, mais bien l’occasion d’en ouvrir une, dans chaque cas, à partir d’une problématique, pour dégager une vision prospective. C’est l’occasion, ici, de rendre hommage à l’un des pionniers de la musique congolaise: Paul Kamba. Auteur-compositeur interprète, après des études à l’école Jeanne d’Arc, il se lance dans la vie active. C’est de retour d’un séjour professionnel à Léopoldville (Kinshasa), en 1932, qu’il crée le groupe vocal Bonne Espérance, avant de fonder, en 1941, l’ensemble musical emblématique de la chanson congolaise pionnière, Victoria Brazza. La chance de Paul Kamba est de s’être trouvé en harmonie parfaite avec l’air du temps. Dans cette «Brazzaville Noire» de Poto-Poto, la société cherchait à s’éclater dans un univers fait de déracinement et de nostalgie. La chanson offrait cette possibilité de distraction. Sa première chanson «Liwa mbe Paul» avait, déjà, toutes les caractéristiques d’une œuvre qui se poursuivrait avec régularité. Elle s’est brutalement arrêtée, hélas, un jour de 1950. Paul Kamba venait, un an à peine, de convoler en justes noces avec Maleka, sa jeune épouse. Perte énorme pour la musique congolaise, de celui qui avait su insuffler un dynamisme hors du commun à la pratique musicale, au Congo. Il est parvenu à conquérir, par son talent, le grand public. Avec Paul Kamba, un astre s’était levé au firmament de la mythologie musicale. Le personnage Paul Kamba, ses représentations scéniques, son univers ont été assumés par le monde musical et sont devenus le levain d’une pâte féconde, inspirant quantité de musiciens, dont l’immense Wendo. C’est le 19 mars 1950 que Paul Kamba a quitté la terre des hommes. Sa mort fut l’occasion d’un déferlement d’hommages unanimes de Wendo, Sylvère Tsamas, Moundanda, etc. Lheyet Gaboka, homme politique congolais et poète, lui dédia son «Hymne à un mort». Paul Kamba fut, en plus du musicien, un arbitre espiègle, facétieux et renommé de la Fédération athlétique du Congo, secrétaire général du syndicat des contractuels et auxiliaires du gouvernement général de l’A.e.f, collaborateur du Cercle de l’union éducative et mutuelle de la jeunesse africaine. Il a, également, contribué à animer la rubrique culturelle de la revue Liaison, où il a laissé quelques partitions musicales. Depuis longtemps fossilisée, la production phonographique de Paul Kamba, qui n’est pas à la hauteur du magistère qu’il a exercé sur la musique congolaise, mérite, après les tentatives de feu Gérard Gandou, d’être dépoussiérée. En cette année de l’anniversaire de sa mort, c’est peut-être l’occasion de donner à son répertoire une nouvelle cure de jouvence, pour perpétuer sa mémoire. Ceux qui ont la charge de la culture, dans ce pays, devraient s’en préoccuper. Dans cette carrière aussi dense que courte, on ne peut qu’être impressionné par ce musicien raffiné mais esthète ostentatoire, réputé pour sa célèbre coiffe «éssoumba». Paul Kamba mérite bien quelques moments de souvenir. Mfumu Fylla SAINT-EUDES Journaliste (Via La semaine africaine) Wendo Kolosoy chante Paul KambaSDC, Starducongo.com
Lu 2403 fois
Nouveau commentaire :
Actualités | Les arts | Monde | Indiscretions | Sports | Portraits | Interviews | Afrique | Maghreb | Dans les bacs | Festivals | Rétrospective | Producteurs | Livres | Vidéo | Horoscope | Vitrine | Ambassades | Organisations Int. | Cuisine | Météo | Ecouter | Dans la presse | Polémique | Live | Concert | Société | Zoom |
Dans ce dossier
La créativité de la musique congolaise en question - 28/02/2011Popolipo ressuscite Franco dans « Boma l’heure » - 20/09/20101987, Mbilia Bel quitte Tabu Ley et l’Afrisa - 31/08/2010Madilu System : Du Tp Ok Jazz au groupe Madi System - 25/08/2010Marlot, chanteur créatif en plein essor - 05/08/2010 |
|
© 2008 STARDUCONGO.COM.
Mail: starducongo@gmail.com Skype/Twitter: starducongo, Tél.: (+212) 6 61 76 62 56/6 62 02 00 88. |
|