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Il y a trente ans, mourrait Jacques Brel


Par SDC, Starducongo | Vendredi 10 Octobre 2008 | Lu 749 fois | 0 Commentaire

PARIS (AFP) - "Les hommes prudents sont des infirmes": cette phrase de Jacques Brel, mort il y a 30 ans, le 9 octobre 1978, résume le parcours de celui qui reste l'un des plus grands noms de la chanson francophone et le modèle de l'artiste excessif sur scène.



Il y a trente ans, mourrait Jacques Brel
La commune d'Atuona (Hiva Oa) était en fête pour le 30e anniversaire de la mort de Jacques Brel, qui a passé les trois dernières années de sa vie dans cette île de l'archipel des Marquises, où il est enterré.

L'avion transportant la veuve du chanteur Thérèse Michielsen, 81 ans, qui venait pour la première fois aux Marquises, a été entourée dès son atterrissage sur la courte piste d'une nuée de photographes. "Miche" avait à ses côtés le président polynésien Gaston Tong Sang et le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo.

Thérèse Michielsen s'est dite "surprise par l'accueil, surprise par le monde". "Quand il est arrivé ici en bateau, il cherchait une île déserte où personne ne le connaissait et il a trouvé son île", a-t-elle poursuivi. Aujourd'hui, a-t-elle dit, "il est occupé, là haut, à boire des grandes Kronenbourg avec Jojo et à se dire : +çà c'est chouette+".

Le chanteur belge est mort le 9 octobre 1978 à 49 ans d'un cancer du poumon à Bobigny, près de Paris. Il avait regagné la métropole l'été précédent depuis la Polynésie, suivant enfin l'avis des médecins. Bien qu'il eût arrêté la scène le 16 mai 1967 à Roubaix (nord), il était toujours populaire. Et le mystère qui entourait sa retraite aux Marquises n'avait fait qu'aviver la curiosité du public.

"Ne me quitte pas", "Amsterdam", "Ces gens-là", "Mathilde", "Les vieux"... Brel, ce sont d'abord des chansons devenues des monuments du patrimoine francophone et dont les textes frappent encore aujourd'hui par leur justesse et leur violence. Brel, c'est aussi une image. Celle d'un artiste qui semblait se consumer sur scène, comme si sa vie en dépendait, et habitait ses personnages, gestes théâtraux et visage en sueur. Il a marqué son époque et les suivantes, de jeunes artistes se réclamant aujourd'hui de son influence, tel le rappeur Abd al Malik qui travaille avec son ancien pianiste (et mari de Juliette Gréco), Gérard Jouannest.

Né Jacques Romain Georges Brel le 8 avril 1929 à Schaerbeek, ce fils de la bourgeoisie de Bruxelles abandonne la cartonnerie familiale à la vingtaine passée pour tenter sa chance dans les cabarets. Il débute à La rose noire en 1952 puis enregistre un disque chez Philips-Bruxelles. Le producteur parisien Jacques Canetti l'auditionne en 1953 et lui conseille de participer au festival de Knokke-le-Zoute. Il s'y classe dernier.

Le vent tourne lorsque Juliette Gréco crée sa chanson "Ca va (le diable)". En juillet 1954, première partie de Billy Eckstine et Damia à l'Olympia, à Paris. Un critique commente: "Il écrit de belles chansons, le regrettable est qu'il persiste à les interpréter". En septembre 1956, premier succès, "Quand on n'a que l'amour". En septembre 1959, il sort un disque où figurent trois classiques: "Ne me quitte pas", "La valse à mille temps" et "Les Flamandes". A la fin de l'année, il est tête d'affiche à Bobino.

Dans les années 60, Brel passe son temps en tournée: 250 à 300 galas par an. Il ne cèdera jamais à la tradition du rappel, qu'il juge démagogique. Il n'enfreint sa règle qu'une fois, à Moscou, où on lui fait comprendre que le public prendrait son refus comme un affront. A l'été 1966, sa décision d'arrêter est prise. Il ne l'annoncera que lors de ses adieux à l'Olympia, le 1er novembre. Passionné de bateaux et d'avions, Brel fait aussi du cinéma, comme acteur ("L'emmerdeur" d'Edouard Molinaro, avec Lino Ventura, en 1973, sera son plus gros succès) et réalisateur ("Franz" et "Le Far West"). S'il remonte sur les planches le 4 octobre 1968 à Bruxelles, c'est pour se glisser dans la peau de Don Quichotte, dans "L'homme de la Mancha", spectacle musical ensuite monté à Paris.

A l'automne 1974, alors qu'il entreprend la traversée de l'Atlantique en bateau, les médecins diagnostiquent le cancer qui l'emportera après quatre ans de lutte. Il est enterré le 14 octobre 1978 au cimetière d'Atuona aux Marquises, non loin de la tombe de Paul Gauguin.

Le manuscrit de la chanson "Amsterdam", clou de la vente de souvenirs de Jacques Brel mercredi chez Sotheby's à Paris, est parti à près de 110.000 euros (90.000 euros hors frais) alors que se sont dispersés, à des prix soutenus, manuscrits, guitares et autres souvenirs du chanteur disparu il y a 30 ans.

Un total de 95 lots - manuscrits de paroles de chansons, disques, photographies, guitares, enregistrements, affiches, etc - étaient proposés à la vente. Beaucoup d'entre eux ont dépassé largement leurs estimations initiales, souvent achetés au téléphone.

Le clou des enchères, un cahier à spirales contenant les paroles manuscrites de la chanson "Amsterdam", a été acheté au téléphone 108.750 euros (avec les frais), doublant son estimation initiale. Dans une salle comble où avaient pris place plus de 200 personnes, dont de nombreux curieux et fans du chanteur, souvent âgés, les manuscrits des chansons les plus célèbres se sont âprement disputés. Le cahier portant les paroles, écrites à la main, de "Mathilde", a presque quintuplé son estimation de départ à 72.550 euros, "La chanson de Jacky" à 31.950 euros, "Au suivant" à 18.750 euros.

Le manuscrit de la comédie musicale "L'Homme de la Mancha" a été préempté par la Bibliothèque nationale de France, à 23.550 euros. Une guitare utilisée par Brel à ses débuts a été préemptée par la Cité de la musique à 18.750 euros. Un galeriste de Paris, Jacques de Vos, "belge et ayant connu Brel", aurait voulu avoir les trois guitares mises en vente. Il est reparti avec une (7.500 euros), qu'il veut exposer en Belgique au jour anniversaire du dernier concert de Brel à l'Olympia (le 1er novembre 1966).

Des représentants de la Mairie de Paris étaient également présents pour acheter des disques pour la médiathèque de la ville et des affiches des Trois Baudets, théâtre parisien où Brel a fait ses débuts et qui rouvre au printemps prochain.

La vente, issue d'une collection particulière, a été dénoncée par la veuve du chanteur, Thérèse, dite "Miche". Selon la radio France Info, "Miche" avait proposé avant la vente 175.000 euros pour racheter la collection. "C'est un patrimoine, on ne vend pas ça. C'est dommage et un peu honteux", a indiqué "Miche" interrogée mercredi sur la radio.
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