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Interview – Adiouza : « Mon homme doit être structuré, généreux, romantique et très pieux »


Par . Pagesafrik | Vendredi 3 Juin 2011 | Lu 791 fois | 0 Commentaire



Interview – Adiouza : « Mon homme doit être structuré, généreux, romantique et très pieux »
Etre la fille de Ouza et sa digne héritière, le challenge est de taille. Mais c’est le défi qu’a relevé Adji Kane Diallo dite « Adiouza », de l’avis des mélomanes et de la quasi-totalité des professionnels de la musique.
Et pourtant, rien ne prédisposait cette liane qui se dit très timide à son jeune âge, au métier de la musique, voire à monter un jour sur scène. Seulement, outre l’influence environnementale, l’aide de Cheikh Lô (qui est pianiste, choriste et chanteur) y est pour quelque chose.
Car, c’est lui qui a guidé ses premiers pas dans la musique. Mieux, sa passion et sa bonne maîtrise de la chose font d’elle une artiste qui impose sa loi à l’ordre établi des « stars féminines » de la musique sénégalaise.

Vous projetez de mettre sur le marché au mois de Juin prochain un nouvel album ? Où en êtes-vous ?

Tout d’abord, je vous remercie de m’avoir donné l’occasion d’en parler. En effet, on attend le bon moment pour sortir intégralement cet album. Mais pour l’instant, nos fans pourront juste se contenter du deuxième single de l’album que nous présenterons comme un tube d’été.

Quels seront les thèmes abordés dans cet album ?

Entres autres thèmes, il y aura l’amour qui occupe une part importante de notre vie, mais également des faits de société. Nos coutumes et traditions elles aussi, ne seront pas en reste. Bref, un mélange de thèmes et de rythmes pour le bonheur de notre public.

Adiouza est consciente d’avoir chamboulé l’ordre établi des « stars féminines »de la chanson sénégalaise. Comment vivez-vous cela ?

Je viens juste apporter ma pierre à l’édifice. Je rends grâce à Dieu que les Sénégalais aient bien aimé mon style musical. Ce qui m’intéresse le plus, ce n’est pas une affaire de première ou de seconde place, mais plutôt emmener les gens à percevoir ma musique, et que j’arrive à faire passer des messages qui entrent dans la construction de notre société.

Quels sont vos rapports avec ces femmes leaders de la musique sénégalaise ?

De très bons rapports en fait. Je ménage bien mes rapports avec elles. Je ne vais pas me mettre à vous citer des noms, mais je peux vous garantir que nous entretenons des rapports très courtois.

Si vous deviez faire un duo avec l’une d’entre elles, vous choisirez qui ?

Ah ! C’est très difficile. En fait, ce n’est pas dans mes projets pour l’instant, toutefois, il n’est pas exclu d’en faire avec certaines si nous le sentons ou si jamais l’opportunité se présente.

Etiez-vous préparée à votre succès actuel ?

Non pas du tout ! Au départ, quand je faisais de la musique, l’idée était d’exister au Sénégal d’abord, avant d’envisager une carrière internationale. Je ne m’imaginais pas dans ces habits, pour ne pas reprendre le mot succès, car je trouve que le chemin est encore long.

Que ressentez-vous de cet état de fait ?

D’abord, c’est un grand plaisir que les Sénégalais m’aient adoptée, tout comme mon style musical et ma personne. Je rends encore grâce à Dieu.

Vous passez allègrement d’un style musical à un autre, mais vous devez bien avoir une préférence ?

A mon avis, je suis plus à l’aise quand je chante sur une musique posée, dépouillée et je suis également plus à l’aise sur les balades que sur les musiques rythmées. C’est juste une question de feeling et de style.

Vos fans s’empressent de préciser que vous êtes une vraie professionnelle de la musique et que vous avez même des diplômes ! Parlez-nous de votre cursus scolaire et de vos diplômes.

Oui, j’ai des masters en Ethnomusicologie. Cela m’a permis d’avoir une ouverture musicale et une bonne oreille. C’est cela, d’ailleurs, qui explique tous ces mélanges de styles, de rythmes et de pas. Je ne voudrais pas m’enfermer dans ce carcan comme certains artistes qui, à force de se laisser chalouper, ne se retrouvent plus que dans le « Mbalax ».

Vous ne vivez pas au Sénégal ! Pourquoi ?

En 2004, je suis allée à Paris pour des études en Ethnomusicologie. Après mes études, j’ai fait des stages là-bas. Et je travaille actuellement en tant que conseillère pour une association dont le siège est à Seine et Marne dans le 94ème (Fnafa, Fédération nationale des associations franco-africaines). Je m’y plais bien, mais pour autant, je ne tourne pas le dos à mon pays qui m’a tout donné, puisque je viens régulièrement pour des spectacles. Ecoutez… Je vis entre deux pays. Je viens au Sénégal quand il y a besoin et en France aussi.

Vous êtes née dans un univers musical, était-ce une évidence que vous alliez faire carrière dans la musique ?

Pas du tout, car ce n’était pas évident et puis toutes les conditions n’étaient pas réunies pour une fille très studieuse et très timide que j’étais. J’étais également très réservée, ce qui faisait donc que personne ne pouvait imaginer que je monte un jour sur scène. C’est mon frère Cheikh Lô qui m’a vraiment influencée et m’a poussée à faire de la musique.

Que pensez-vous de la musique sénégalaise ?

La musique sénégalaise est très vague. Vous parlez du « Mbalax » ou de la musique sénégalaise en général ? Si vous parlez du Mbalax, il est à un stade de surexploitation. On a intérêt à prendre des directions musicales originales qui pourront servir à la génération future, sinon on est mal barré. Le Mbalax arrivera à un chemin de non retour où le public voudra un changement. Concernant la musique sénégalaise, elle est très riche, diversifiée et ne demande qu’à être exploitée.

Quels sont vos musiciens préférés ? Au Sénégal, et ailleurs ?

J’aime tous les chanteurs qui me font pleurer…, en musique.

Pratiquez-vous un sport ?

Oui, la danse.

Que pensez-vous de l’impact de la lutte sur la jeunesse sénégalaise ?

Pour moi, la lutte a atteint aujourd’hui un point culminant, tous les jeunes s’y intéressent, les enfants imitent leur idole. Sur le plan des cachets, de la mobilisation, du sponsoring, tout ce que tu veux… Mais si on regarde bien et si on analyse bien, moins de 15 lutteurs touchent près de 10 millions de francs Cfa. Donc, tout le reste galère. A mon avis, nous devons aider les autres qui n’arrivent pas à s’en sortir, à avoir un métier ou même à faire des formations en Nouvelles Technologies car comme le dit Yékini, « tout le monde ne pourra pas devenir champion ». Dans la vie, il ne faut pas forcer les choses, ce n’est pas parce qu’on veut, qu’on peut.

Avez-vous un lutteur préféré ?

J’aime bien les lutteurs qui sont partis de rien, et qui ont réussi à se faire un nom…, ça prouve qu’ils ont bien travaillé. Cependant, je préfère ne pas vous dire le nom de mon lutteur préféré.

En dehors de la musique vos passions, vos occupations, vos loisirs ?

La danse, mais j’aime bien faire un peu de gymnastique de temps en temps.

Avez-vous quelqu’un dans votre vie ? Pensez-vous à fonder une famille ? Si oui, comment comptez-vous concilier vie de famille et travail ?

Cela va de soi que je pense à fonder une famille, mais concernant ma vie privée, je vous demande gentiment de me dispenser de cette question.

Justement, on aimerait connaître le profil requis pour être sur la trajectoire d’Adiouza ?

Mon homme doit être structuré, généreux, romantique et très pieux. Quiconque peut réunir ces qualités, est sur ma trajectoire.

Que pensez-vous de la carrière de votre père dans son ensemble ?

Mon père en tant qu’artiste est un musicien que j’admire beaucoup pour sa constance, ses idées et pour son orientation musicale. Il brave les tabous avec un relativisme impressionnant qu’on ne trouve pas forcément chez les autres..

Est-il très présent dans votre vie en général ou plutôt dans votre art et votre carrière ?

Oui, il est un confident. Il me donne souvent des conseils et je l’écoute beaucoup.

Pour être plus précis, lui demandez-vous son avis surtout dans votre vie privée ? Dans votre carrière seulement ? Ou les deux ?

Non pas du tout ! Lui, il fait bien la part des choses.

Le fait d’être sa fille vous a-t-il ouvert certaines portes ? Si oui, lesquelles ?

Oui, le meilleur exemple étant le simple fait que les Sénégalais m’identifient à travers son personnage et ça me réussit bien. C’est une marque de fabrique ou si vous préférez un label, n’est-ce-pas ?

Vous a aussi fermé, peut-être d’autres portes, du fait de ses prises de position radicales par exemple ?

M’a fermé d’autre portes…M’identifie à mon père… J’ai beau expliquer qu’on est différent, mais les gens croient que c’est mon père qui me canalise. C’est bien, je suis ses conseils, mais parfois, j’en fais à ma tête. Et j’ai un autre combat dans la vie, c’est celui d’aider mon prochain.

Comment est Adiouza au repos, hors scène et au studio ? Repos-Repos-Repos ou alors vous en profitez pour vous évader et vous adonner à autre chose ?

Oui, des fois j’ai envie d’aller dans des endroits où on ne me reconnaîtra pas, pour pouvoir me lâcher. Mais hélas…

La plupart de vos congénères à l’échelle nationale ou internationale font leur vie avec quelqu’un du métier, qu’en est-il de vous ?

Oui, ça se comprend, car on rencontre l’homme ou la femme de sa vie dans le milieu où on évolue.

Vous portez de jolies petites robes dans vos apparitions ? Etes-vous très shopping, « sagnsé » et autres ?

En général, je ne m’habille qu’en robe parce que la robe permet à la femme de montrer sa beauté sans être trop vulgaire. J’adore aussi les shoppings.

Où et comment faites-vous votre shopping ?

Pendant les périodes de soldes à Paris, j’en profite pour refaire ma garde-robe sans trop greffer mon budget.

Y a-t-il un ou une styliste de chez nous dont le travail vous plaît particulièrement ?

Marième Chalar me plaît beaucoup.

Vous semblez plus robe que pantalon, Adiouza est-elle ultra féminine ?

Oui, j’ai envie de montrer tout le temps ma féminité. La femme est belle par définition. Moi je ne me gênerais pas d’utiliser ma féminité et de crier très haut que je suis une femme qui assume sa féminité.

En bonne Sénégalaise êtes-vous « thiouraye », « mokk potch » et autres ?

Je suis une bonne Sénégalaise.

Vous vous voyez-où dans 10 ans, dans 20 ans ?

Je préfère m’en remettre au Bon Dieu

Votre meilleur souvenir ?

Le jour où ma mère m’a offert une robe de soirée hyper chic

Le plus mauvais ?

Quand un homme m’a insultée et m’a traitée de tous les noms d’oiseaux dans la rue parce qu’il m’a appelée en sifflant et que je n’ai pas répondu. En ce moment, je me suis rendue compte qu’en Afrique, les hommes font tout ce qu’ils veulent aux femmes sans être inquiétés. Comment un homme peut-il se permettre d’insulter une femme ou, a fortiori, la frapper. Il est important qu’on prenne des mesures sur la violence faites aux femmes.

Que pensez-vous de la situation actuelle du pays ? De nos politiques ? Y en a-t-il un dont le discours ou la personnalité vous séduit ?

Oui, j’en ai, je le dirai plus tard. Vous savez… (hésitation). J’adore la politique et je me verrai bien reconvertie politicienne après ma carrière musicale.

Si vous aviez le pouvoir de changer quelque chose dans ce pays ce serait quoi ?

Eradiquer la faim au Sénégal.

Vous vous investissez dans le social, expliquez-nous les raisons de cet engagement ? Et vos objectifs ?

Je pense que dans la vie quand on est face à une situation, il faut agir et trouver une solution. Mon premier souci dans la vie est d’aider les gens qui sont dans le besoin. Je ne suis pas riche pour pouvoir aider tous les nécessiteux, mais avec ma musique, je peux sensibiliser toutes les autorités et les personnes de bonne volonté de ce pays pour qu’elles fassent un geste. C’est la raison pour laquelle, l’Association sociale solidaire Sénégal dont je suis la présidente a organisé le 9 avril dernier une soirée de gala caritative au profit des personnes démunies. Notre objectif est d’ouvrir la première boutique sociale et solidaire au Sénégal. L’idée est de vendre les denrées de première nécessité à des prix très réduits. Et surtout à des populations bien ciblées. On remercie la mairie de Ndiarème Limamoulaye qui, au passage, a mis à notre disposition une boutique.

Propos recueillis par Papa Cheikh SENE (Diasporamag )
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