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Interview - Angélique Mbumb : « Ça semble tellement réel que j'ai du mal à convaincre que c'est un maquillage »


Par 7sur7.cd | Vendredi 23 Mars 2012 | Lu 1203 fois | 0 Commentaire



Angélique Mbumb maquillant MJ 30 pour le clip du Kabakata
Angélique Mbumb maquillant MJ 30 pour le clip du Kabakata
Elle se considère comme une artiste polyvalente et on le lui concède. Cette jeune femme qui a fait son entrée dans l'univers des arts par la musique se retrouve aujourd'hui à faire du make-up, maquillage artistique d'usage courant au cinéma dans la réalisation des vidéo-clips. Elle a fait son chemin avant d'en arriver là. La danse, la mode et le cinéma, elle y a également touché et ne s'en est pas détournée. Cette artiste née pleine de ressources nous a découvert son univers.

Les Dépêches de Brazzaville : Comment devrait-on vous présenter aux lecteurs ?

Angélique Mbumb
: Angélique Mbumb est une artiste polyvalente. Je suis tout à la fois musicienne, danseuse, actrice de cinéma et une maquilleuse doublée d'une make-up, vu que je pratique le maquillage pour le besoin du cinéma et des clips. À cela, il faut ajouter que je suis aussi opératrice culturelle.

LDB : Quel a été le point de départ de votre carrière artistique ?

A.M.
: La musique. Elle reste ma passion. Dans mon jeune âge, je me sentais bien dans la musique et dans la danse. Je procédais même à des interprétations de Mbilia Bel à l'école, en primaire. À la fin des mon parcours scolaire, j'ai fait les humanités littéraires, le latin-philo, j'avais décidé d'embrasser des études artistiques pour ajouter la connaissance à mon talent. C'était au grand dam de ma famille qui m'encourageait à aborder des études de droit ou de journalisme. Ma mère ne voyait pas d'autres issues à l'art que la prostitution. Si je tenais à le faire, j'avais à ma charge tous les frais. J'ai tenu bon et je me suis lancée sans trop savoir comment j'y parviendrais.

LDB : Comment êtes-vous parvenue à relever le défi ?

A.M.
: J'estime que quand on a un don, Dieu dispose les choses de telle manière que l'on puisse l'exercer. Quand on est artiste, il y a des ouvertures qui se créent d'elles-mêmes et s'offrent à nous. Il y a des bénédictions qui viennent sur notre chemin car tel est notre destin. Une semaine après mon inscription à l'Institut national des arts (INA), j'ai reçu une sollicitation pour l'interprétation de l'hymne national américain. Des délégués du Centre culturel américain m'avaient abordée juste à l'entrée de l'INA et j'avais répondu positivement à leur demande. Je n'y connaissais rien mais j'y ai travaillé au point de produire les résultats escomptés. Le contrat signé m'avait créé une ouverture pour des prestations annuelles. J'avais dès lors trouvé de quoi payer mes trois années d'études à l'INA. Et les différentes invitations ou « nzonzing » à accompagner des amies ou d'autres artistes m'ont permis de me prendre totalement en charge.

LDB : Les « nzonzing » ont-ils suffit à faire de vous une musicienne ?

A.M
. : Non. Le fait d'avoir intégré la chorale de l'INA m'avait aidée à me parfaire mais bien plus, le temps passé au sein du groupe de Lokas a été d'un grand apport. Cela m'a permis d'accéder à des scènes internationales. C'est donc là que j'ai effectué mes premiers pas en tant que professionnelle.

LDB : De quelle manière s'est produit le passage de la musique au cinéma et à présent, au make-up ?

A.M
. : Déjà, à l'époque où je prestais au côté de Lokas, j'étais chargée des costumes et du maquillage des artistes. J'avais aussi la responsabilité de créer les chorégraphies. J'ai toujours ressenti le besoin de valoriser l'image de ma personne et celle de mon entourage par l'usage du maquillage. Mon entrée dans le monde du cinéma s'est fait à partir d'un casting qui m'a conduit jusqu'au film Viva Riva ! de Djo Munga. J'aimais bien le théâtre et le cinéma mais ne m'étais jamais imaginée sur la scène autrement qu'en chanteuse ou danseuse. Je ne savais pas que ma prestation sur un podium s'apparentait un peu au rôle des comédiens ou acteurs sur les planches. Lors du premier casting, j'avais joué le rôle d'un policier de roulage malhonnête. Cela m'a permis ensuite d'être retenue parmi les vingt personnes choisies pour paraître dans Viva Riva ! J'ai eu le privilège de travailler avec de bons formateurs venus d'Afrique du Sud et des États-Unis.

LDB : Quel rôle avez-vous joué dans Viva Riva ! ?

A.M. :
Je suis Malou, une fille assez fofolle. Une véritable espionne qui trempait dans n'importe quelle combine pourvu qu'elle en tire des bénéfices. Lesbienne et hétérosexuelle en même temps, elle était prête à mettre son nez partout tant qu'elle y trouvait son compte. Tout est bon pour elle à condition de se faire de l'argent dans le but d'aller en Occident.

LDB : Quelle était la réaction de vos parents après la sortie de Viva Riva ! ?

A.M.
: Je ne leur ai jamais dit que je faisais du cinéma. Le jour où ils l'apprendront, ils seront certainement surpris mais je ne sais pas prévoir à l'avance leur réaction. Ils n'ont jamais vu le film et jusque là personne ne leur en a parlé. Je ne les avais pas invités à la sortie du film à Kinshasa. Je crois de toute façon qu'ils auront du mal à se faire à l'idée que c'est moi le jour où ils tomberont sur le film.

LDB : Viva Riva ! vous aurait-il ouvert au monde du cinéma jusqu'au make-up ?

A.M.
: Oui. Depuis lors, j'ai joué dans d'autres films, à l'instar de L'autre moi de Ronnie Kabwika, Vrai Djo, Pourquoi moi ? Et, de fil en aiguille, vu que j'avais déjà un penchant très prononcé pour le maquillage, j'ai approfondi ma connaissance dans le domaine avec des formations. J'ai compris, avec le succès récolté par Viva Riva !, qu'ici au Congo viendra un moment où se fera sentir le besoin de maquillage professionnel. Le cinéma aura sa place et, je l'espère, deviendra une industrie en RDC. Il attirera les gens de partout à travers le monde et alors le make-up sera un nouveau métier. Nous avons intérêt à nous former et à nous préparer en conséquence sur le plan local.

LDB : Avez-vous songé à partager votre connaissance ?

A.M.
: Oui. Je n'arrête pas de me former et je forme à mon tour des personnes qui ont déjà une base en esthétique sur le plan du maquillage. Dans mes débuts, j'ai bénéficié des conseils de Laura, celle qui s'est occupée de notre make-up dans Viva Riva !, depuis je suis des cours par correspondance via internet. Un partage d'expérience avec d'autres maquilleuses dans le monde m'aide à me perfectionner. J'y mets aussi de la créativité personnelle car il n'est pas toujours sûr de trouver tous les matériaux à Kinshasa. Je procède à certaines adaptations avec les matières locales et l'effet obtenu reste le même. J'en viens à surprendre les gens. Lors des développements des photos, d'aucuns me demandent où se sont passés les meurtres ou accidents dont je détiens les clichés. C'est dire que ça semble tellement réel que j'ai du mal à convaincre que c'est un maquillage.

Propos recueillis par Nioni Masela (Les Dépêches de Brazzaville)
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