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L'Univers musical des peuples autochtones (ou Pygmées Aka)


Par | Lundi 30 Mai 2016 | Lu 1525 fois | 0 Commentaire

Congo, (Starducongo.com) - Il s’agit d’une des plus anciennes ethnies de toute l'Afrique dont l’existence est mentionnée dès la plus haute antiquité. Ils constituent un groupe ethnique réparti sur plusieurs pays africains. Les Pygmées Aka ont pour aires géographiques Centrafrique, Congo, Cameroun..



L'Univers musical des peuples autochtones (ou Pygmées Aka)
Prédominance de la musique vocale

La complexité et la prédominance de la musique vocale chez les Aka ont naturellement conduit à supposer que les rares instruments de musique rencontrés n'étaient que des emprunts à leurs voisins. Toutefois, l'inventaire des instruments mélodiques Aka fait apparaître quatre cordophones et deux aérophones : harpe-cithare, arc monocorde, arc à deux cordes, arc-enterre, flûte à encoche et paire de sifflets. Les données ethnologiques, terminologiques, morphologiques, techniques et musicales corroborent l'enracinement profond des instruments de musique dans cette culture, qui interviennent chacun pour une circonstance sociale bien précise.

La Polyphonie : identité musicale essentielle des pygmées Aka

Les Pygmées ont inventé une polyphonie libre, ouverte et généreuse fondée sur la répétition de séquences mélodico-rythmiques à multiples variations. L’enchevêtrement des voix, le jeu des timbres et la technique vocale révèlent un contrepoint d’une grande singularité. Ces chants, dont le vaste répertoire est étroitement lié aux activités quotidiennes, impliquent hommes, femmes et enfants à parts égales. La particularité de cet art vocal réside dans la technique du « jodel » ou « yodle », alternance systématique de voix de poitrine en voix de tête. Selon le contexte, ces voix peuvent être entendues seules ou accompagnées de percussions et d’instruments mélodiques.

Les quatre voix d’une polyphonie pygmée :

• Mo tangole
« celui qui compte » : voix qui introduit la structure polyphonique et qui énonce les paroles du chant.
Ngue wa lembo « la mère du chant » : ligne mélodique simple chantée par les hommes sous forme d’ostinato et partie basse du chant.
O sese « en dessous » : partie du chant réservée aux femmes, en mouvement contraire à la voix du mo-tangole.
Di yei « ce qui est en haut » : le jodel à proprement parler, alternance voix de poitrine, voix de tête à l’aide de syllabes.

Un "peuple" ethnographiquement parlant

Les Pygmées constituent un "peuple" et ethnographiquement parlant, un grand groupe ethnique estimé à un peu plus de 200 000 individus. Ce grand groupe ethnique est constitué de sous groupes identitaires répartis sur plusieurs pays africains. Chacun de ces sous groupes, s'il se rattache à une identité pygmée, possède sa propre langue, ses modes d'habitat varient, ses rites prennent des formes différentes et les constituants musicaux (rythmes et chants) montrent d'importantes variantes. Utilisé de manière le plus souvent généraliste le terme Pygmée révèle une importante diversité ethnique dont les Mbuti, les Efé, les Tikar, les Asua, les Twa, les Batwa, les Aka, les Bayaka, les Babenzele, les Baka, les Mbenzebele-Bibayak et les Babinga.

On distingue cependant trois grands groupes géographiques auxquels se rattachent plusieurs de ces ethnies :

Mbuti ou Bambuti : en RDC
• Batwa ou Twa : au Rwanda et en RDC
• Babinga ou Babenga
: disséminées au Cameroun, au Gabon, en Centrafrique et au Congo.

L’espace géographique du peuple pygmée s’étend de part et d’autre de l’équateur depuis le Cameroun, le Gabon, le Congo Brazzaville à l’ouest, jusqu’au Rwanda-Burundi à l’est. On y trouve de nombreuses langues qui n’ont pas ou parfois peu de lien entre elles. On peut distinguer deux branches linguistiques essentielles :

La branche Bénoué-Congo : ramification dans laquelle s’intègre la langue bantoue dont l’aka fait partie.
La branche Adamawa-Oubangui : ramification dans laquelle s’intègrent les langues sango, banda, gbaya et manza, mozombo, ngbaka, nzakara, zandé.

Nota: dans la vidéo ci-dessous, du groupe Baka Gbiné playing Kopolo, les musiciens se sont appropriés les guitares modernes au détriment de l'arc à deux cordes typiquement autochtone.

Clément Ossinondé
clementossinonde@starducongo.com
(source : Agence musicale régionale)

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