Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

La 3C-RDC et le MPDC rendent hommage à l'artiste Jules SHUNGU WEMBADIO, dit Papa WEMBA


Par | Mercredi 4 Mai 2016 | Lu 3652 fois | 0 Commentaire

Kinshasa, (Starducongo.com) - La Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC) et le Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC) rendent hommage à l’artiste Jules SHUNGU WEMBADIO, dit « Papa WEMBA », Ambassadeur de la musique congolaise et africaine dans le monde



Papa Wemba
Papa Wemba
La Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC) et le Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC) saluent la mémoire du grand artiste Jules SHUNGU WEMBADIO, appelé d’ordinaire « Papa WEMBA ». Cet artiste qui est né le 14 juin 1949 à Lubefu en République Démocratique du Congo, nous a quittés subitement le 24 avril 2016 sur scène à Abidjan en Côte d’Ivoire. La perte est immense, comme l’espoir est aussi immense, car Papa WEMBA nous a toujours permis de rêver et nous devons continuer de rêver avec lui. Il faut toujours savoir rêver l’irréel pour inventer le réel. Le monde est en deuil parce qu’il a perdu un grand fils, le Roi de la rumba africaine, cet artiste au grand cœur. Il a su garder son humilité pour ne pas se laisser corrompre totalement par le succès et la gloire. Pour ceux qui le connaissaient personnellement, comme le Président de 3C-RDC, Papa WEMBA était un homme humble, généreux, amical, jovial, sincère, ouvert, disponible pour les frères et amis, et quelque peu paternaliste comme Papa et maître d’école.

Sa mort sur scène pendant qu’il participait à l’édition 2016 du Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (FEMUA) à Abidjan est un symbole fort pour nous tous. Papa WEMBA, grand Ambassadeur de la culture congolaise, aimait profondément l’Afrique et notamment son pays la République Démocratique du Congo. Son esprit d’ouverture a fait de lui un homme du monde. Le décès de Papa WEMBA, ce roi de la rumba, est une perte immense pour la musique congolaise, africaine et internationale.

Papa WEMBA était un artiste talentueux

Papa WEMBA était un artiste talentueux à l’image de son répertoire et de la qualité de sa musique. Il avait une belle voix simple et parfois mélancolique. Comment pouvons-nous rester indifférents face à tout ce qu’il a produit comme artiste musicien au sein des orchestres Zaiko Langa Langa, Isifi Lokole, Yoka Lokole, Viva la Musica et Afrisa International ? Qui pouvait prédire une telle carrière fulgurante quand il chante sa première chanson intitulée « Pauline » en 1970 avec le grand orchestre Zaiko Langa Langa ?

Il est important de souligner que le grand talent de Papa WEMBA s’était éclaté déjà au sein de l’orchestre Zaiko Langa Langa dont il est cofondateur en décembre 1969 avec Jossart Nyoka Longo, Félix Manuaku WAKU, Anto Evoloko, Siméon Mavuela et d’autres jeunes musiciens. Papa WEMBA va évoluer de 1969 à 1974 au sein de Zaiko Langa Langa. Nous n’oublierons jamais ses tubes : Pauline, Amoureux déçu, MT la Vérité, Chouchouna et Liwa ya somo. Nous ne pouvons pas oublier non plus que Zaiko Langa Langa et Papa WEMBA ont fait danser toutes les générations avec leur danse magique de « Kavacha ».

En décembre 1974, Papa WEMBA quitte Zaiko Langa Langa pour entrer dans une période d’une nouvelle recherche musicale, période de Lokole. Il crée l’orchestre Isifi Lokole avec Evoloko, Mavuela et Bozi Boziana. Le nom « Lokole » est donné à l’orchestre pour souligner l’introduction d’un instrument africain à percussion qui porte ce nom (Lokolé). Son tube « Amazone » confirme son immense talent avec Isifi Lokole. Le voyage Lokole n’est pas terminé. En novembre 1975, Papa WEMBA crée Yoka Lokole avec Mavuela et Bozi Boziana. Ils deviendront « The Fania All Stars » et seront rejoints en mars 1976 par Mbuta Mashakado qui vient de quitter Zaiko. Le talent est toujours à l’ordre du jour avec les chansons Matembele Bangi, Lisuma ya Zazu, Maman Wali.

La création de son orchestre Viva La Musica en février 1977 est le début de son voyage vers l’apogée. Création qui sera suivie cette même année par celle du village Molokaï à Matonge dans la Commune de Kalamu à Kinshasa. Ce village est comme sa grande Cour familiale et amicale. Vite Papa WEMBA devient une icône et une référence, notamment pour la jeunesse, lui qui se voulait en plus le roi de la sape, de la belle apparence. Il explose avec des tubes comme Mère supérieure, Ebale Mbonge, Mabele Mokonzi, Bokulaka, Aîssa na Zoé, Elu Sharufa. La danse mokonionio fait des ravages avec le public.

Papa WEMBA avait une bonne capacité d’intégration et d’ouverture aux autres. En 1979-1980, il collabore avec le groupe « Afrisa International » de l’icône Tabu Ley et y enregistre deux chansons, à savoir Ngambo Moke et Lèvres roses.

Viva La Musica va prendre un nouvel élan en 1980. Sa chanson intitulée « Analengo », puisant sa sève dans son identité « Tetela », est somme toute son premier succès panafricain dès 1980. Analengo, Eliana, Santa, Matebu, La vie est belle, comme d’autres tubes, seront toujours là pour rappeler ce grand artiste. Il est à noter qu’en 1986, Papa WEMBA s’installe en Europe et cela va l’aider à se propulser dans le monde. Il sort successivement les albums L'Esclave, Mfono Yami, Le Voyageur, Foridoles, Malimba et va gravir avec succès les échelons du monde exigeant de la musique.

Papa WEMBA, Maïtre d’une école de la recherche inlassable de l’originalité, voire même de l’exceptionnel. Ecole de la stimulation de la créativité

Papa WEMBA est une personnalité typique qui tentait toujours d’échapper à la monotonie dans sa recherche de l’originalité. Il voulait être un Papa WEMBA exceptionnel comme tel dans ses différents surnoms, comme dans son habillement en tant que roi de la sape. Les surnoms, il en avait : Mwalimu, M'zée, Jules Presley, Chef Coutumier, Bakala dia Kuba, Fula Ngenge, Kolo Histoire, Kuru Yaka, Vieux Bokul, Grand Maya, Ekumani, Elombe, Formateur des idoles, Notre Père, Maître d'École, le roi de la Sape. Tous ces surnoms soulignent l’état d’esprit de celui qui voulait se distinguer sans cesse. En tant que roi de la sape, il voulait toujours mettre des tenues particulières et parfois exceptionnelles. Cet état d’esprit a aussi nourri la recherche de l’originalité dans la musique. C’est de cette école que sortiront le King Kester Emeneya et Koffi Olomide, eux aussi bardés de surnoms. Papa WEMBA voulait sans cesse s’adapter au temps. Le village Molokaï est aussi un instrument de son école. Papa WEMBA et King Kester EMENEYA dans Viva la Musica ont formé un des meilleurs duos de la musique congolaise. Bonnes retrouvailles à tous les deux.

Papa WEMBA est aussi un artiste très attaché à la promotion de son identité culturelle. Durant sa carrière, il n’a cessé d’aller puiser dans la musique traditionnelle des Tetela. Son tube panafricain « Analengo » est chanté en langue Tetela. Selon certains témoignages, il avait prévu d’aller cette année réaliser un clip musical dans son village natal de Lubefu qui lui manque tant. De sa façon, il a créé une école de la symbiose de notre musique dite « traditionnelle » avec la musique dite « moderne ». La mise en valeur de l’instrument à percussion africain dénommé « Lokole » participait de cette approche.

Papa WEMBA, une extravagance remplie de sens d’un engagement social

La sape est toujours considérée comme un monde de l’extravagance propre surtout aux ressortissants de deux Congo (le Congo Brazzaville et la République Démocratique du Congo). Papa WEMBA tenait à être le roi de la sape. Une doctrine est même née appelée la » sapologie ». Tout en voulant toujours paraître pour plaire sans cesse à son public, Papa WEMBA était un homme humble dans sa vie sociale et quotidienne. La public affectionnait les paroles de ce dernier quand il chantait : « Il était comment mobali ya yaya ? Bien sapé, bien rasé, bien parfumé » (mobali ya yaya signifie en langue lingala le mari de la grande sœur). Au-delà de ce qui apparait comme de l’extravagance, Papa WEMBA rêvait en fait d’un monde de bonheur social où tout le monde vit bien et jouit de la joie de vivre dans la modernité. Il affectionnait son engagement de donner sans cesse la joie de vivre à tout le monde.

Il est resté attaché à la situation des enfants de la rue appelés communément « schégués » en République Démocratique du Congo. Il ne cessait de répéter dans ses chansons : « Schégués, schégués, chance eloko pamba ». « Chance eloko pamba » signifie en langue lingala que la chance c’est rien du tout. C’est une façon pour lui de rappeler à ses enfants qu’ils ne doivent pas vivre dans la fatalité, mais qu’ils doivent toujours oser pour mettre la chance de leur côté. Tout le monde est orphelin et notamment les enfants de la rue, même si la rue n’a pas d’enfants et n’a jamais été un parent.

Papa WEMBA est aussi un acteur de cinéma

Papa WEMBA a prouvé ses talents d’acteur en 1987 dans le film « La vie est belle » de Dieudonné Ngangura Mweze et Benoit Lamy. Il a composé une bonne partie de la musique originale de ce film. Sa chanson « La vie est belle » s’insère dans ce cadre. Il importe de signaler qu’en 1999, deux de ses titres, Maria Valencia et le Voyageur, sont choisis par le réalisateur italien Bernardo Bertolucci pour son film Paradiso e inferno. Il avait de la présence cinématographique.

C’est avec beaucoup de respect pour le travail réalisé par l’artiste Jules SHUNGU WEMBADIO, dit Papa WEMBA, que les membres de la Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC) et du Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC) tiennent à lui rendre un hommage particulier et mérité. Ils ont une pensée pieuse pour l’illustre disparu, sa veuve, ses orphelins, et les membres de la famille Viva la Musica. La 3C-RDC et le MPDC adressent leurs condoléances les plus émues à toute la famille de Papa WEMBA.

Bon voyage Papa WEMBA à la rencontre de ton Dieu. Nous ne t’oublierons jamais. Ton nom est gravé dans le cœur de tous ceux à qui tu as apporté la joie de vivre.


Fait à Paris, le 03 mai 2016

Le Président de 3C-RDC
Armand MAVINGA TSAFUNENGA
Président National du Mouvement pour la Paix
et le Développement du Congo (MPDC).
Lu 3652 fois


Nouveau commentaire :

Publions des commentaires constructifs pour avancer

RD Congo | Actualités | Football | Beauté et Mode | RD Sport | RD Economie | Handball | RD Société | Les arts | Gouvernement | RD Album | Arts martiaux | Monde | High Tech | Basket-ball | Indiscretions | Athlétisme | Sports | Portraits | Autres Sports | Interviews | Tennis | Afrique | Interviews Sports | Maghreb | Dans les bacs | Festivals | Rétrospective | Paroles de chansons | Livres | Divertissement | Cuisine congolaise | Vitrine | Ambassades | Actualité RDC | Sante | Economie | RD Politique | RD Tribune | Ils ont dit | Polémique | Live | Concert | Société | Zoom | Anecdotes