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La Prostitution à Dakar : Un phénomène qui ne jeune pas durant le Ramadan


Par | Samedi 20 Août 2011 | Lu 1637 fois | 1 Commentaire



La Prostitution à Dakar : Un phénomène qui ne jeune pas durant le Ramadan
C'est dans le pardon et avec un « dewenati » que les frères et soeurs musulmans ont entamé un mois de bénédiction, de repenti, de pardon et d'abstinence totale afin de purifier leur âme et se faire pardonner de leurs péchés.

Ils ne mangeront, ne boiront, ne fumeront et n'auront pas d'activité sexuelle durant les journées pendant tout le mois du ramadan. Seule relation sexuelle autorisée, est limitée entre conjoints la nuit durant le mois sacré.

Le ramadan devrait donc être une mauvaise période pour les prostituées des rues de Dakar qui sont transformées très souvent en mosquée pour les prières de nuit. Dans les temps, les boites de nuits, les bars et autres espaces de loisirs étaient fermés durant le mois béni de ramadan. Mais hélas, de nos jours, c'est le mois qui fait gagner plus les femmes adeptes du plus vieux métier.

Les prostituées ne jeûnent pas …

Que ceux qui pensent donc qu'à Dakar, la prostitution prend du recul en période de ramadan se détrompent. Au contraire, c'est le temps de la bonne marche des affaires des prostituées. Une fois après les Nafilas organisés dans chaque mosquée durant la nuit, il suffit d'arpenter les rues dans certains coins de la ville pour s'en rendre compte. Au niveau des hôtels, des auberges, des bars et clubs c'est la bamboula autour de l'alcool et du sexe.

Gorée, Ngor, Almadies, Yoff et même sur l'avenue Cheikh Anta Diop ces femmes à la poursuite du gain après des ébats sexuels jonchent les trottoirs dans leur tenue extravagantes et souvent en mode camouflée, simple avec un haut sur un jean et des chaussures sans talon.

« C’est un mois difficile », dit Fatou Diop, âgée de 31 ans, stationnée sur un morceau de trottoir juste derrière un night club du centre-ville de Dakar. Sa minijupe est si courte qu’elle cache à peine le haut de ses bas résille.

« Chacun gagne sa vie avec son travail et nous, nous avons notre métier. Nous ne pouvons pas faire autrement que de sortir travailler la nuit comme toutes les nuits. Nous avons nos clients habituels et nous sommes là pour eux même si certains pensent que nous devons pas travailler durant le mois de ramadan ». Avant de terminer par nous faire croire qu'elle est obligée de gagner l’argent pour pouvoir aider sa famille et son petit garçon.

Sa compagne Mlle Ndiaye, qui n'a pas voulu nous communiquer son prénom défend qu'elle n'offense personne et dérange personne dans son jeun, mais aussi qu'elle n'a de compte à rendre à personne quant à l'exercice de son métier. Dans un ton presque agressif pour nous envoyer balader, elle nous lance « Si vous avez envie, vous n'avez qu'a venir et arrêter de me poser des questions... Bande d'impuissants ».

Si, les prostituées témoignent que le ramadan n'influe en rien sur leur métier et leur fait pas prendre de congés, les taximans aussi ont leur lot de petites informations sur ce phénomène. « J'ai à plusieurs reprises depuis le début du ramadan, déposé des prostituées avec leurs clients dans des hôtels à Almadies et à Ngor ». Nous dit Moussa Diamé, 40 ans chauffeur de taxi habitant les Parcelles Assainies. «J'ai souvent eu mal quand je me rends compte qu'on est durant un mois béni et que je laisse des gens souillés monter dans mon taxi. Mais j'ai pas vraiment le choix car, je dois conduire la nuit pour respecter le versement de mon taxi ».

En tout cas, si le jeûne est observé par la plupart des musulmans (jeunes et vieux), force est de reconnaître que le ramadan est, hélas considéré comme un mois comme les autres pour les marchands de plaisir et de sexe.

Cela dit, la prostitution reste un phénomène bien identifié dans notre société, le plus vieux métier du monde, elle choque cependant du fait que nous l’observons durant un mois censé nous éloigner de toute déviance.

Pratiquement toutes les ruelles mal éclairées, les zones périphériques et sombres, sont privilégiées par les chasseurs automobilistes de plaisir. Ce n’est que vers l'aube que l’intensité est réduite et que tout redevient normal. Après le plaisir, c’est le retour vers la vertu et la purification en attendant que la nature humaine reprenne le dessus.

123Dakar
Lu 1637 fois


Vos commentaires:

1.Posté par le maire le 19/09/2011 13:30 | Alerter
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c'est un métier qui est réglémenté au Sénégal, ces prostituées ont des certificats de travail... En gros c'est leur gagne pain tout comme le banquier en banque, le facteur à la poste, le medecin à l'hopital... Partant, je ne vois pas comment interdire un sujet d'exercer son métier " légal " au motif qu'il est incompatible avec le mois de Ramadan! Sinon on demanderait aux charcutiers de fermer boutique durant 40 jours de carême chrétien et trouver une autre source de revenu pour nourrir leurs familles!

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