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La SAPE, art ou futilité ?


Par Chris Mbembé et Justin Osalikongo | Samedi 30 Mai 2009 | Lu 1996 fois | 4 Commentaires



La Sapologie dans tous ses états et dans toutes ses tendances

La SAPE, art ou futilité ?
L’art vestimentaire est devenu une religion pour les "sapeurs" congolais. Les adeptes de la Société des Ambianceurs et des personnes Elégantes (SAPE) et les Sapephiles (ceux qui aiment la sape) ont en fait récemment une démonstration au Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza pour honorer la mémoire de l’artiste musicien Rapha Boudzéki, « le Brazzavillois ».

Une journée qui avait débuté par une messe d’action de grâce en Eglise Saint Pierre Claver de Bacongo à Brazzaville. Dans son homélie, l’abbé Anselme Badiabio, aumônier des Forces armées congolaises, nous a livrés ce message : « Notre vie sur terre est un passage. La sape est une étape de la vie mais, il faut passer de la sape extérieure à la sape intérieure. Par la sape, nous cherchons à reconnaître la valeur de Dieu pour saper notre cœur, pour que la beauté ne soit pas extérieure mais surtout intérieure » a-t-il dit. Poursuivant « que la sape est un atout, un tremplin pour l’unité nationale. »

Belles parades

Dans une ambiance époustouflante, aux rythmes de Rapha Boudzéki, les sapeurs, très fashion, allaient et revenaient à pas synchrones en exhibant leurs griffes. L’on a vu et admiré les madiata haut de gamme : La mythique chaussure du cordonnier français, Jean Marc Weston, la double boucle du bottier britannique John Lobster, la paire de chaussures derby de l’Italien Berlutti, les lunettes de Giorgio Armani, les chaussettes à fil d’Ecosse.

D’autres arboraient les dernières collections des costumes Dufursac, Angelo Pontelli, Ted Perkings, Marcel Lassans etc. Ils s’immobilisaient sur l’esplanade, aspirant des bouffées de fumée d’une pipe ou d’un gros Havane.

La sape, c’est le culte du beau linge, l’élégance et les soins du corps. Belinda Ayessa, directrice générale du Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza, vêtue d’un ensemble de chez Céline à Paris, n’a pas caché son inclination pour la sape : « La sape est un genre, une particularité pour le Congo. De l’extérieur, elle fait sensation. »

Véritables artistes

Le mythe de l’élégance à la parisienne déclare Hector Médiavilla, est né parmi la jeunesse congolaise du quartier de Bacongo avec l’arrivée de la colonisation, lorsque les Français ont débarqué au Congo au début du 20e siècle. André Mastoua et d’autres jeunes congolais qui avaient vécu quelques temps à Paris en furent les figures de proue. Leur retour provoqua un émoi parmi leurs compatriotes. Ils furent désormais connus et reconnus comme les premiers grands sapeurs. Forts de ce sentiment, les Sapeurs se considèrent aujourd’hui comme de véritables artistes. Tous partagent le même rêve : se rendre à (Poutou) Paris et revenir au Congo en aristocrate de l’élégance suprême.

Par Chris Mbembé

Sape et Développement

La SAPE, art ou futilité ?
Si, pour une institution internationale comme l’UNESCO : « Dans son sens le plus large, la culture peut aujourd’hui être considérée comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social », la Sape ou Sapélogie ,et peu importe le nom qu’on lui donne, fait partie de la culture congolaise. Un trait distinctif des congolais peu importe l’endroit, où ils se trouvent. C’est un fait, et il serait difficile et inutile de demander aux congolais de renoncer, à ce qui est devenu, une partie de leur identité.

La Sape est très étroitement liée à la diaspora congolaise en France. Ce ne sont pas ceux qui prétendent connaitre l’essence de ce mouvement qui nous diront le contraire. Elle est, jusqu’à preuve du contraire, sa principale contribution à l’évolution de la société congolaise.
On peut, effectivement, se poser la question, en trente ou cinquante de Sape, qu’est ce que ce mouvement a apporté à notre jeunesse en particulier et à notre pays en général ? Quel impact sur l’évolution des mentalités et dans son processus de développement démocratique et économique ?

Personne n’ignore le poids des diasporas chinoises, juives, ou maliennes dans la marche en avant de leurs pays respectifs. Finalement, alors que les chinois ont inondé de leur produit bon marché les marchés internationaux grâce à leur relais sur place, que les juifs sont présents dans toutes sphères de décisions de ce monde prêt a défendre les intérêts d’Israël et que les maliens construisent des écoles, des fontaines d’eau et des dispensaires pour soulager les souffrances de leurs compatriotes restés au pays, les congolais, eux, alimentent leur pays de Sape.

Mais qu’apporte la Sape dans notre pays, en termes d’emploi et de création de richesse ? En quoi soulage t elle les souffrances de nos parents et contribue t elle à sortir notre pays du sous-développement et de la pauvreté ?

La Sape est une culture, un état d’esprit, oui ! Raison de plus, pour qu’elle place important dans l’économie congolaise. Nous pouvons citer des tas d’exemple où la culture est source de revenus pour l’état et pourvoyeuse d’emplois.

La musique, la littérature, la peinture, l’artisanat, etc. créent des emplois, vont venir des touristes et font parler du Congo dans le monde entier. Il est, peut être temps, pour les sapeurs de s’interroger sur l’opportunité de créer une véritable industrie qui se nourrirait du succès que connait leur mouvement non seulement dans notre pays, mais dans toute l’Afrique. Pourquoi continuer à faire uniquement la promotion des marques occidentales ? A quand les première griffes congolaises ?

L’offre vestimentaire accessible au français moyen n’est plus confectionnée en France. Il y a belle lurette que les grandes marques du prêt à porter français ont délocalisé leur production dans les pays à bas coût de main d’œuvre. Il est fort à parier que la majorité des fringues que nous ramènent les « parisien » ne sont pas fabriqués en France, mais en Chine ou dans les pays du Maghreb.

Pourquoi, nous, congolais, ne serions nous pas capable de confectionner la même chose que les chinois ou les maghrébins ? Que nous manque t il ? Le matériel industriel, les techniques de confections et les entrepreneurs. Là, justement, devrait s’exprimer le dynamisme de nos compatriotes installés en France [1], l’un des berceaux de l’industrie du prêt à porter.

Les membres de la diaspora ne devraient plus se cantonner dans ce rôle de promoteur de la mode française, anglaise ou italienne. Ni à celui de simple importateur de voiture d’occasion d’Europe, même-ci cette dernière activité crée des emplois.

Pour être un sapeur, il faut faire preuve de beaucoup d’imagination, y consacrer énormément de temps, d’énergie et d’argent. Comment faire pour que ces qualités se mettent au service du développement de notre pays ?

Notre jeunesse et notre pays ne peuvent plus se contenter des mots et des postures. Et comme toutes les diasporas, la congolaise si elle existe vraiment, doit s’interroger sur sa contribution au développement du pays. La Sape sur sa version actuelle n’a rien apporté de concret. Bien au contraire, elle est devenue « l’Opium » de la jeunesse congolaise, la détournant des vrais enjeux et des vrais débats. Ce n’est pas un hasard, si les politiques s’y sont engouffrés.

Sans renoncer à notre amour des « habits », il faut trouver une formule pour que la Sape fasse avancer notre jeunesse et contribue plus efficacement au développement de notre pays.

Par Justin Osalikongo

CONGOPAGE
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Vos commentaires:

1.Posté par Arnaud le 31/05/2009 15:03 | Alerter
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La vraie sapelogie dont nous avons besoin, est celle qui habille ces salles de classes surpeuplées de toutes ces écoles au travers tout le pays, nues de tout Bancs où les élèves s’ agglutinent et étudient à même le sol;

La vraie sapelogie dont nous avons besoin, est celle qui habille d’ une Veste d’ espoir tous ces jeunes chômeurs diplômés ou pas qu’on a dépouillé de toute foi en l‘ avenir.

La vraie Sapelogie dont nous rêvons tous, est celle qui habillera nos hôpitaux de nouveaux ornements d’ équipement modernes,

La vraie sapelogie que nous souhaitons voir , est celle qui pourra réaliser la concordance des couleurs de la richesse de nos différentes régions; du Pool à la likouala, du Niari à la Sangha aux travers de vraies infrastructures, routiers notamment.

La vraie Sapelogie est celle qui nous délivrera de cette vilaine cravate qui étrangle notre économie: le détournent systématisé de deniers publiques.

Les grands couturiers dont nous avons besoin sont ceux qui pourront recoudre un Tissu social et industriel détruits par des guerres à répétition causées par une classe politique avide de pouvoir qui ne songe qu’ à assurer l’ avenir de leurs propres enfants,


Le parfum dans le quel souhaite baigner notre pays; est celui de la Prospérité, et même s’ il a des odeurs de pétrole, cela ne nous fera aucun mal.

La vraie sapelogie qui nous séduit, est celle qui nous coiffera d’ un beau chapeau feutre fait de reformes concrètes visant à limiter notre dépendance dans les recettes pétrolières et à nous protéger des coups de soleil de ces crises dues à la mondialisation.

Le défilé de mode auquel les congolais avec leurs ventres affamés ont envie d’ assister, c’ est le défilé d’ investisseurs nationaux et internationaux désireux de remplir le garde linge économique congolais de ces costumes sociaux devenus très rares sur le marché : les emplois.

Et pour finir , que personne n’ oublie , alors qu’ on nous nourrit d’ espoir à coups de distractions sapelogiques, comme le dit le poète : le peuple congolais « chante avec ivresse le chant de la » pauvreté. 


Arnaud B

2.Posté par Noul le 31/05/2009 19:30 | Alerter
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un art futile qui plait qu'aux pauvres complexes

3.Posté par eric guesto le 01/06/2009 15:28 | Alerter
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je suis tout à fait d'accord avec cet article, et j'approuve le commentaire du premier intervenant. en tant que congolais de la diaspora vivant en france ,je trouve ça aberrant que mes compatriotes qui devaient aujourd'hui être les portes étandard du developpement de la société congolaise s'identifie dans un domaine ou nous ne tirons aucun profit et qui sont même encouragés par certains hommes politique peu soucieux du developpement économique et à l'ameliorations des conditions de vies des congolais . si chaque congolais de la diaspora pouvait apporter une pierre à l'édifice , si chaque congolais pouvait faire beneficier le savoir faire et le dynamisme acquis en occident le pays en tirera profit et maya maya sera fier qu' à chaque fois qu'un congolais de la diaspora y foulera les pieds .

4.Posté par flo le 30/07/2009 10:15 | Alerter
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les sapeurs font honte aux congolais.

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