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La guitare électrique. Comme la conçoit Clément OSSINONDE


Lundi 6 Septembre 2010 - 16:01


Clément OSSINONDE
Clément OSSINONDE
L’année 1953 nous rappelle l’arrivée à Léopoldville (Kinshasa) de la première guitare électrique, introduite par le musicien belge Bill ALEXANDRE, soliste de grand talent et chef des éditions musicales CEFA (compagnie d’enregistrement du folklore africain). Evidemment, Il va rehausser considérablement le niveau de la musique congolaise. On se souvient du tout premier grand succès réalisé avec la guitare électrique, sur une composition du guitariste et saxophoniste brazzavillois Guy Léon FYLLA, accompagné par Bill ALEXANDRE à la guitare solo et par la chanteuse camerounaise (épouse FYLLA) Marcelle EBIBI. Titre de la chanson : « MAMA E »


KALE et KASANDA 1957
KALE et KASANDA 1957
Mais la guitare électrique s’imposera plus tard et surtout dans les doigts des kinois François LUAMBO « Franco », Nicolas KASANDA « Nico » et Emmanuel TCHILUMBA WA BALOJI « Tino Baroza » sous différents styles.

Ils seront suivis par une nouvelle génération des guitaristes dont l’évolution de leur démarche a entrainé d’autres expériences et redéfinit une technicité plus ambitieuse et plus personnel. Ils sont : KALONDJI « Raymond Braink », Antoine NEDULE « Papa Noël », SIONGO Bavon « Marie Marie »
Gerry Gérard BIYELA, MAVATIKU, Dizzy MANDJEKU et MANUAKU WAKU.


LUAMBO Franco 1956
LUAMBO Franco 1956
1 – LUAMBO « Franco » joue en marquant le rythme, en soignant les courbures mélodiques avec beaucoup d’alerte. Il s’était imposé comme le meilleur spécialiste du jeu en sixte (technique qui consiste à jouer la guitare en pinçant plusieurs cordes à la fois).

2 – KASANDA « Nico » recherche les effets techniques en soignant également les courbes mélodiques, mais surtout la vivacité rythmique.

3 – BALOJI « Tino Baroza » exploite adroitement ses connaissances théoriques en créant un style pur et une construction ordonnée. La guitare de « Tino Baroza » est immédiatement reconnaissable avec sa manière de couvrir toute l’étendue sonore des morceaux. N’ayant pas fait carrière longtemps dans un seul orchestre, très peu de gens ignore sa véritable valeur.

4 – KALONZI « Raymond Braink » a fait preuve, dans ses solos, d’une technicité et rapidité extraordinaire. Mais ne connut jamais la réputation qui lui aurait dû ses qualités de fin mélodiste et son feeling.


NEDULE PAPA NOEL
NEDULE PAPA NOEL
5 – Antoine NEDULE « Papa Noël » qui s’appuis sur son doigté avec beaucoup de finesse et de rapidité, a surtout un sens prodigieux de l’harmonie.

6 – SIONGO Bavon « Marie-Marie » Un savant mélange du jeu en sixte comme son aîné LUAMBO Franco et de tempos martelés pour faire balancer le tout comme il convient, et résolument orienté vers un nouveau type de « solo-sebene »

7 – BIYELA Géry Gérard, excellent théoricien il a assuré la pérennité d’un genre qui faillit disparaître avec le départ de Papa Noël des Bantous. Si sa sonorité rappelle quelque peu Nico KASANDA, il a quelque chose d’énorme qui lance ses trilles comme au tant de défis.

8 – MAVATIKU, une période extrêmement riche dans son passage dans l’Afrisa International à une époque cruciale dans l’évolution de la guitare électrique. Technicien aguerri.

9 – DIZZY MANDJEKU – La classe exceptionnelle, une technique égale a celle des meilleurs guitaristes de rock, par l’excellence de son doigté.

10 – MANUAKU WAKU, Il est l’incarnation des thèmes, des tempos, des riffs, en un mot celui dont le CLAN ZAIKO et ses sous-clans ont hérité.


Il convient de souligner que ces 10 guitaristes électriques, selon moi s’inscrivent au niveau de 4 écoles :

1) - L’école African Jazz » : Nico KASANDA, BALOJI « Tino Baroza », KALONDJI « Raymond Braink » et NEDULE « Papa Noël)

2) – « L’école OK Jazz » LUAMBO « Franco », SIONGO Bavon « Marie- Marie », et un plus grand nombre des adeptes de cette école comparativement aux adeptes de l’école African Jazz nettement moins. (Negro Succès, Conga succès, Negro Band, Kamikaze, Bana OK, VEVE, etc..)

3) – « L’école BANTOUS de la capitale ». Antoine NEDULE « Papa Noël », et Gerry Gérard
BIYELA ont réussi à faire la symbiose des deux premières écoles pour donner naissance un genre très caractéristique qui intègre les harmonies de l’OKJAZZ et ceux du Rock-A-Mambo réunis. Au point où le « PAPA Noël » dans Les Bantous n’est plus celui que l’on a connu dans le Rock-A-Mambo.

4) – « L’école du CLAN ZAIKO » (à ne pas placer dans l’école OK Jazz comme d’aucun l’exige) « L’école du CLAN ZAIKO » incarné par MANUAKU WAKU, est allé plus loin que le son de sa guitare. Cette école a formé une multitude de groupes qui ont donné naissance à plusieurs sous-clans : « Le CLAN WENGE », « le CLAN NOUVELLE ECRITURE », « le CLAN QUARTIER LATIN », etc…


TRES IMPORTANT : S’il m’était demandé de classer par ordre de mérite et de technicité, voici mon classement : (cela n’engage que moi. Chacun de vous est libre de faire son classement)

1er BALOJI « Tino Baroza » (1er de l’école African Jazz)
2ème KASANDA « Nico » (2ème de l’école African Jazz)
3éme LUAMBO « Franco » (1er de l’école OK JAZZ)
4ème NEDULE « Papa Noël » (3ème de l’école African Jazz (Rock-A-Mambo)
Et 1er de L’école BANTOUS de la capitale)
5ème KALONDJI « Raymond « Braink » (4ème de l’école African Jazz)
6ème MANUAKU WAKU (1er de l’école CLAN ZAIKO)
7ème SIONGO Bavon « Marie Marie » (2ème de l’école OK Jazz)
8ème BIYELA Gerry Gérard (2ème de l’école Bantous de la capitale)
9ème MAVATIKU (4ème de l’école African Jazz)
10ème Dizzy MANDJEKU (neutre à cheval sur plusieurs écoles)

MAINTENANT, MELOMANES ET MUSICIENS A VOUS DE JOUER : ETALER VOS
CLASSEMENTS ET DITES POURQUOI. TOUT COMME VOUS POUVEZ APPORTER D’AUTRES NOMS DANS LE CLASSEMENT CI-DESSUS TELS : DINO VANGU – GUVANO – MAICA MUNA BAMUNDELE « Ringo Stars » – BOMBOLO
« Bolhen » Johnny BOKELO, MPASSI « Mermans », POPOLIPO, « HUIT KILOS » « MASTER MWANA CONGO, etc.…)

Clément OSSINONDE
Clement.ossinonde@sfr.fr

01bougie_ya_motema.mp3 01Bougie ya motema.mp3  (3.63 Mo)

01__mama_e__gl_fylla_et_m_ebibi__1953.mp3 01- Mama é (GL Fylla et M.Ebibi) 1953.mp3  (3.58 Mo)


SDC, Starducongo.com
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Vos commentaires:

1.Posté par Gil Bidal le 06/09/2010 19:29 | Alerter
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Encore merci chef Ossinondé pour cette foule d'informations qui enrichissent nos connaissances. Pour donner un classement, mon jugement s'explique par la qualité de l'interprétation du musicien et son apport à la musique et à son instrument. En effet je privilégie surtout les sonorités nouvelles et les apports (ou le génie) du musicien. Tenez, dans le morceau que vous nous avez donné à écouter, le grand Nico Kassanda joue une partition solo étouffée. On aurait dit qu'il jouait de la sanza. Toujours le même Nico, dans la chanson "Pauline" utilise la guitare awaienne. Je crois que c'était le premier et le seul (sauf erreur de ma part) à l'avoir utilisée. Nico, quelques années seulement après l'apparition de la guitare électrique, en avait donc exploré toutes les possibilités. Son génie créateur me le fait mettre en premier des techniciens des guitaristes de notre musique. Le même génie créateur avait amené d'autres guitaristes à introduire " la Mi composée" qui donnait un son particulier à la guitare (on mettait la première corde à la place de la troisième ou quatrième corde. Parfois on remplaçait ces deux cordes par la première) . Nous avons alors eu des "sébène" époustouflants soit en mi-solo, soit en accompagnement, des guitaristes des orchestres tels que "Kiam" (dans la chanson "Kamiki" à écouter sur youtube), "Lipua-Lipua"... La physionomie de notre musique avait donc été changée par toutes ses expériences entrainant de nouvelles sonorités. Maintenant la virtuosité de l'incomparable Lwambo, qui le met en tête de l'autre école de la "Rumba", le place ex aequo avec Nico. Pour le reste, je crois que c'est question de goût.
A brazza, sa technicité met bien évidemment Gerry Gérard en tête, mais l'ingéniosité demeure à jamais l'apanage du formidable "bricoleur" de la guitare qu'est "Mouss" de Sinza Kotoko qui, avec une simple chambre d'écho, a bluffé tout le monde et fait danser toute l'Afrique (Alors que ya Gabi, l'autre soliste, était nettement meilleur). On avait l'impression qu'il jouait à plusieurs. A son actif on se souviendra de "Vévé", "Ma Lina" etc...Pour la petite histoire, "Mouss" végète du côté de Pointe Noire où il serait veilleur de nuit.

Quant à la musique vocale, c'est le groupe vocal "Les Ombres" qui a introduit les guitares électriques en 1971 à Brazzaville. Dans cette forme musicale où on ne se servait que de deux guitares dite "sèches". Ainsi jouaient "Les Cheveux Crépus", les "Echos Noirs", "les Mains Blanches", "les Nez épatés" (que j'avais créé en 1965), les "Elus", "les Anges", "les Cols Bleus" etc...C'est la maîtrise des sonorités données par leurs guitares électriques, associée à des arrangements de qualité, qui avait permis aux "Ombres" de remporter le concours organisé à l'époque par le département culturel de l'UJSC, lors de la première semaine culturelle soviéto-congolaise (Moscou 1972). Mais dans les groupes vocaux, les guitaristes n'avaient pas vocation à " émerveiller " les spectateurs. Ils devaient soutenir la rythmique et donner un cachet propre au groupe et prendre part au chant. Donc dans ce domaine, pas de classement.

2.Posté par kake le 08/09/2010 00:42 | Alerter
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simplement MERCI très cher Clément...
quel gachis! que toute cette compétence, tout ce savoir nous est exposé que sur ce rare site que le plus grand nombre de mélomanes et de bien de générations des congos ,d'afrique et du monde ignorent, Clément qui prendra la relève quand nous ne serons plus de ce monde? (enfin bref) le maître a parlé, pour ma part je suis d'avis avec Mr Gil Bilal sur le classement du Dr nico à kinshasa et Géry gérard Biyela du côté de brazzaville, concernant l'école Manuaku, Popolipo mérite un rang bien au-dessus tout comme "huit kilos" Dino Vangu et bien d'autres valeurs dont les noms m'échappent.MERCI Clément et bien à toi, j'espère que tu aborderas un de ces jours l'histoire du saxophone et vd'autres instruments à vent et des percussionnistes comme Pandy Ben saturnin et autres Dessoins de l'ok-jazz. à bientôt mon Grand Salut!

3.Posté par kake le 08/09/2010 00:52 | Alerter
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je voulais dire, proposer aux mélomanes le classement des saxophonistes et l'histoire de l'arrivée de cet instrument au congo, et aussi des percutionnistes voilà à bientôt

4.Posté par vivien le 08/09/2010 23:18 | Alerter
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Bonjour à tous,
voilà 3 ans que je me suis complètement immergé dans la musique africaine des 60's et 70's ... et concernant la musique congolaise ... il m'a fallu beaucoup de temps, mais aujourd'hui j'en suis malade !
En ce moment même, j'écoute l'orchestre Super Boboto, avec André Kinzonzi "Du Soleil" ...
Ce que j'adore dans cette musique c'est sa puissance globale, cette synthèse parfaite des cuivres, percussions et guitares ... et encore (bien que je ne comprenne strictement rien au Lingala ...) les harmonies vocales.
(Mon déclic a été lors du concert de Benda Biblili l'année dernière.)
Alors voilà je suis pleinement admiratif de votre culture musicale exceptionnelle, qui à mon sens restera à jamais comme une des formes musicale la plus révolutionnaire de 20ème siècle.

Pour ce qui est du classement des guitaristes, je le laisse aux experts !

Pour ce qui est des orchestres que : Kiam, Lipua Lipua, le Peuple, les Bantous de la Capitale, Veve, Grands Maquisards, OK Jazz, les Kamale ...
A bientôt

5.Posté par CLEMENT le 10/09/2010 17:42 | Alerter
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Losako na bino ! Gil Bidal et Kake, Pour répondre à Gil BIDAL connaisseur et pratiquant, tu as bien raison de retenir NICO comme celui qui est au dessus de tous, simplement parce que tu n’as certainement pas bien connu TINO BAROZA qui a fait une carrière éphémère et instable, autrement de tous les meilleurs critiques de la musique congolaise TINO BAROZA fut un phénomène. Grand théoricien son doigté et sa sonorité n’ont été jusqu’ici inimitables. C’est surtout dans l’African Jazz/Rock-A-Mambo qu’il a été sublime. MWANGA « Dechaud » et lui ont été formés par le guitariste « hawaïen » JHIMMY. Les deux à leur tour ont formé leur cadet NICO (ils sont de la même famille) Le comble pour TINO BAROZA, c’est de ne pas resté longtemps dans un seul groupe. Il en fait plusieurs, dont Beguen Band, avant de trouver la mort en Décembre 1968 à Yaoundé. Néanmoins, Ses dernières interprétations avec KALE ont été des bestsellers « Jamais kolonga », « Lolo Brigida », « bamonaki yo »…

NICO est demeuré constant. Innovateur et véritable technicien de haut niveau, aussi mon admiration pour lui est restée très grande. Comme Tino Baroza, son style est demeuré inimitable. Son plus grand mérite, effectivement a été la pratique de la guitare « hawaïenne, qui en fait était une cithare, dont si je ne me trompe pas, il doit l’inspiration au groupe KALE et particulièrement au groupe Rumbaberos dans lequel Sylvain MBEMBA et BIAMBANZOULOU « Amoyen » étaient des pros de la fameuse guitare hawaïenne. (Mais ils sont restés très sobres)

Tu m’as mis la puce à l’oreille en ce qui concerne « MOUS », DIANZOLO, un genre très typique de jouer à la guitare dans un style simple et original. Priorité à la danse. Des sonorités qui relevaient quelque peu du « folk ». Ce n’est pas par hasard que Sinza avait obtenu le premier prix du 1er festival culturel panafricain de la jeunesse en 1973 à Tunis, devant TABU LEY et l’Afrisa. Le jury africain, qui tenait à l’originalité du rythme avait jugé nettement meilleur le style SINZA (qui avait avec Lui Ange Linaud et Théo Bitsikou en renfort)

Pour ce qui est des « Ombres «, effectivement c’est le 1er groupe à utiliser la guitare électrique. Plusieurs connaisseurs, il faut le noter n’avaient pas apprécié ce qu’il appelait une intrusion malsaine. Elle enlevait à la chanson toute sa saveur, quelque peu écornée par l’intensité de la guitare électrique. C’était la tendance vers la formation orchestre. Alors qu’au départ on s’aventurait vers le genre « Trio Matamoros », pour les uns et « JE-KO-KE » pour certains. Jacques LOUBELO, à entendre dire est le seul à demeurer sur le vieux schéma. Les Anges qui s’étaient formés en Ballet-orchestre n’ont pu se maintenir.


6.Posté par kake le 11/09/2010 09:38 | Alerter
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Clément OSSINONDE.
le Dictionnaire de la culture et de la musique congolaise moderne vivant, tu es 1 îcône de notre culture, c'est simplement génial et merveilleux .encore MERCI . salut

7.Posté par Gil Bidal le 11/09/2010 11:04 | Alerter
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Il est vrai, chef Ossinondé, que Tino n'a pu exercer une influence considérable auprès des mélomanes, du fait de sa carrière en dent de scie et n'étant pas resté longtemps au sein d'une formation. Cela n'enlève cependant en rien à son génie. Mais je continue de penser que la technicité, liée à l'inventivité fondent - à mes yeux - le grand talent. Il s'agit donc pour moi, de l'histoire d'un homme et de son instrument, mais qui s'accompagne très souvent avec l'histoire d'une chanson. Ainsi la partition jouée par Guivanno dans "Mokolo na ko koufa" restera à jamais célèbre (lui aussi) à cause de cette chanson. Et vice-versa. La chanson et la partition sont indissociables. La légende du guitariste est liée alors à l'oeuvre. Ainsi de "Pauline" jouée par Nico, de "Masséké ya mémé" jouée par Bavon, "Massoua" de Pamélo jouée par Géry et Mermans... Car les techniciens, nous en avons eu "en veux-tu en voilà". Nous avions eu des guitariste aux sonorités inoubliables tels que Kébano dans l'orchestre crée par Pamélo. A l'époque l'artiste était lié à sa guitare. Je parle de toutes les guitares (solo, basse, accompagnement). L'instrumentiste était autant connu que son orchestre. A la basse on connaissait par exemple : De la lune, Du soleil, Alphonso, Chaba Kahamba etc...
Il en allait ainsi pour les autres instruments : le vieux Pandi au tam-tam, Dessoin (je crois) dans l'Ok etc...Les musiciens qui utilisaient le plus complexe des instruments (la voix), étaient aussi reconnus autant que leurs orchestres. Nous savions qu'il y avait Kallé Jeff, Ya Ntessa, Ndombé, Kiamboukouta, Youlou, Boyibanda, Checain, Kwami etc... Et bien encore Mulamba, Ley, Vicky, Edo, Célio, Pamélo, Moutouari, Pépé Kallé etc... Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. On n'entend parler que des "leaders" et pas ou peu des instrumentistes. Quel est le batteur qui est aussi connu que son orchestre, le soliste, le bassiste, l'accompagnateur...? Cela devient confidentiel, c'est-à-dire qu'il faut être dans le milieu pour savoir. Alors qu'avant, quand on disait Empopo, Verckys, Nino, Papa Noël, Essous...on savait tout de suite de qui il s'agissait. C'étaient des instrumentistes, pas des chanteurs, mais qui étaient tout autant célèbres. L'artiste faisait corps avec son instrument et on le connaissait en tant que tel, même sans l'orchestre (Ah ! un tel, c'est un bassiste, un saxophoniste, un soliste...). Cette reconnaissance de l'artiste avec son instrument se dilue aujourd'hui dans la réputation de l'orchestre et de son "leader". En tout cas c'est ce que j'ai noté dans la vie actuelle de notre musique et de nos musiciens. Mais je peux toujours me tromper !

Quant à "Mous" que je vous ai rappelé, eh bien, voilà un artiste guitariste ingénieux. Comme vous le savez, c'est avec une simple chambre d'écho qu'il a fait danser l'Afrique. Il connaissait son instrument et en avait tirer le meilleur en se servant de la technique. Et je me souviens encore des applaudissements du public (j'y étais) dans ce stade de Tunis où les Sinza Kotoko remportèrent la mise devant le grand Ley. Et nous, "les Ombres", nous avions eu le même résultat lors de notre spectacle au "Belvédère".

Oh ! je ne pense pas que ce sont les instruments électriques, que nous avions emmenés dans le vocal, qui ont entraîné une tendance vers la formation orchestre. Il faut reconnaître que ce sont les orchestres qui sont venus "piqués" nos chanteurs : Youlou Mbiala, Nelly Okemba, Rigadin Mavoungou (père), Moïse Moss, Bamana Emmanos, Kimbolo Clotaire etc... Et puis à la fin des années 70, la mode des groupes vocaux s'était éteinte. Mais ceux qui ont continué à l'extérieur (Echos Noirs - qui deviendront les Mbamina -, Les Cheveux Crépus, Sangana Five, Les Elus...) ont dû se servir des guitares électriques. Le grand Jacques Loubélo, resté le seul des Cheveux Crépus à chanter (mis à part Sammy Massamba, qui avait aussi sorti un opus des chansons du groupe avec Maxime), privilégie aujourd'hui la relation : Une voix, Un homme et Un instrument. Ce que d'aucuns appellent à Brazza le Griot. Il y a aussi le vieux Kouyéna, qui récemment a sorti un opus.
C'est cette relation qu'avait la regrettée Joséphine Bijoux, la seule femme de notre pays (à ma connaissance) qui chantait en s'accompagnant à la guitare.

Je ne sais pas si le vieux Jacques Loubelo dont la chanson "Congo Ekolo na biso" a rythmé le défilé du trentenaire (jouée par la fanfare Kimbanguiste je crois), a été honoré par la Nation. Je crois qu'il est plus que temps, à moins que l'on privilégie la reconnaissance à titre posthume. C'était une parenthèse.

Voilà, Chef, ce que j'avais encore en mémoire concernant les quelques guitaristes que nous avions connus, et qui restent pour moi, de formidables musiciens.

Ah ! J'ai un jeune qui était parti sur youtube voir ou écouter l'orchestre "Kiam" et sa chanson "Kamiki" comme je l'avais suggéré dans mon premier post. Il m'a téléphoné tard dans la nuit pour me demander le nom du guitariste qui jouait avec une "Mi composé". Qu'il n'avait jamais entendu une telle virtuosité à la guitare rythmique, et un tel son (Il avait aussi écouté Baya Baya du même orchestre). Il voulait la recette de la "Mi composée". Nous avions pris rendez-vous. C'est pour dire, que nos instrumentistes étaient vraiment ingénieux. Et lorsqu'ils allient cela à leur technicité, eh bien cela donne ces sons là qui ont conduit un internaute à les qualifier ( sous la chanson Baya Baya de l'orchestre Kiam) : "des prestations de guitares les plus impressionnantes de tous les temps". Je n'ose pas le contredire.

8.Posté par Joseph PULULU le 13/09/2010 15:42 | Alerter
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A propos de la guitare électrique et des solistes

Il est un fait que donner un classement des meilleures guitaristes est un exercice périlleux et je salue Clément OSSINONDE de l'avoir mené avec brio. Sans pour autant remettre en question son regard, j'aimerai souligner le fait que Franco est à mes yeux le meilleur si pas le premier d'entre eux, pour la simple et bonne raison qu'il a construit ses "riffs" à partir de notre folklore, c'est-à-dire, un matériel brut, contrairement aux autres - Tino Baroza et Nico Kasanda,; qui ont reçu auprès des Frères des Ecoles Chrétiennes, une éducation musicale à même de leur permettre d'interpréter des oeuvres classiques. Ainsi avec sa guitare Nico Kasanda arrivait à reproduire les sonorités du piano - instrument de base de la musique cubaine- pendant que Franco, lui devrait ramener sur ses cordes le "kiodo-kiodo" de nos tam tams et masikulu.
Par ailleurs, pendant longtemps, la qualité et la dextérité de la guitare de Franco, n'ont pas été reconnu par nos critiques, qui presque tous, évolués, devrait saluer celle de Nico et de l'African Jazz, reléguant le sorcier de la guitare au second rand, avec sa guitare de "sauvage".? Il ne faut pas occulter le fait que la musique de l'African Jazz était qualifié de moderne alors que celle de Franco de Tradi-moderne, selon nos critiques et journalistes. Il est donc important d'ajouter que si Franco n'est peut être que le troisième dans le classement de nos meilleurs solistes, il est surement le premier en matière de créativité.
J'aimerai ajouter aussi qu'il n'y a pas de meilleur soliste sans un bon accompagnateur et un bon bassiste. La force de l’African Jazz et en particulier de ses morceaux d'anthologie comme « Indépendance cha-cha, » « Africa mokili mobimba « ou « Baccara, » c'est d'avoir réussi la symbiose entre le Jazz et la rumba. La basse ou plutôt la contrebasse de Brazzos et le mi-composé de Déchaud Mongala ont permis à la guitare de Nico de donner à sa guitare cette quasi-divinité qui a fait dire à nos critiques de l"'époque qu'il était le Dieu de la guitare. Et à fortiori lorsque l'accompagnement de Déchaud n'est pas là, le solo de Nico perd un peu de sa magie, comme on le remarque lorsque l'on écoute la série "Ya Gaby". Il en est de même pour Franco dont les envolées les plus belles, ont été sous-tendues, par un accompagnement signé Simarro et encore une fois, la basse Jazzy de Brazzos.
Il faudra surement que demain, nous autres qui nous sommes donné comme mission de revisiter cette musique congolaise moderne, remettions en question un certain nombre de postulats comme la qualité mineure de la musique de l'OK Jazz par rapport à celle de l'école African Jazz et Afrisa. D'autant plus, on l'a vu, lil n'est pas facile de passer de l'OK Jazz à l'Afrisa, une prouesse que seuls deux ou trois artistes, en l'occurrence Kwamy Munsi, Sam Mangwana et dans une moindre mesure, Vicky Longomba ont réussi, alors que le style OK Jazz a réussi à intégrer tous les transfuges African Jazz - Josky, Dalienst, Dizzy, Lokombe, Wuta Mayi et même Pépé Ndombe ou Michelino. Une prouesse que l'on doit au style de guitare de Franco qui a su s'adapter et épouser les contours de ses concurrents au fil du temps.

Joseph PULULU

9.Posté par kake le 13/09/2010 21:03 | Alerter
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très intéréssante votre intervention. encore bravo pour clément pour cette initiative, je souhaite vivement que plus de connaisseurs de l'histoire de notre musique rejoigne ce forum

10.Posté par kake le 13/09/2010 21:17 | Alerter
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bonjour Gil Bildas
je suis d'avis avec ton analyse et sur le constat que tu fais sur les artistes musiciens de nos jours dont seuls les "leaders" et les noms des groupes sont connus au détriment de ceux là qui font le gros du boulot, et qui le font assez bien d'ailleurs...

11.Posté par EKUNDI-BATA le 19/09/2010 14:32 | Alerter
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Voici un sujet très intéressant, qui aurais pu faire réagir plusieurs musiens, mais hélas ! Ils sont restés muets.. Evidemment mon point de vue pour ce sujet que CLEMENT semble bien maîtriser, rejoint celui de Mr PULULU plus haut. La guitare electrique a été véritablement l'affaire de LUAMBO Franco, de Nico KASANDA et de TINO BAROZA, tous ceux qui sont venus après se sont fait un style se rapportant aux TROIS, même si certains ont évolué en technicité et ont incarné un clan, le cas MANUAKU WAKU, PAPA NOEL, GERRY GERARD ,POPOLIPO, RIGO STAR, HUIT KILOS .....

11- MAVATIKU
1 - NICO KASANDA 12 - MANDZEKU
2 - LUAMBO Franco 13 - RAYMON BRAINK
3 - TINO BAROZA 14- GERRY (ok jazz) ?
4 - MANUAKU WAKU 15- BOLHEN
5- PAPA NOEL 16- BAVON
6 - GERRY GERARD 17- MASTER mwana congo
7 - POPOLIPO 18- DAMOISEAU
8- HUIT KILO 19- DINO VANGU
9- RIGO STAR 20- LUKETO (soliste du groupe LUKETO avec Aurlus MABELE (le nom m'échappe)
10 - GUVANO

12.Posté par MALONGA Théo-Etienne le 20/09/2010 16:27 | Alerter
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Après avoir suivi toutes les interventions précédentes, je constate qu'il n'est pas possible d'élaborer une une liste globale des guitaristes solistes du premier au 10ème par rapport à leur talent intrinsèque. Par contre l'on peut les classer par" Ecole", pour la simple raison qu'ils ont des styles différents et chacun d'eux fait bien dans le style qui caractérise son "école", ce qui m'emmène à dire que :
1 - NICO KASANDA - premier de son "école" et de son style de "Rumba" Rock", suivi de TINO BAROSA - PAPA NOEL- RAYMON BRAINK- MAVATIKU - MANDJEKU

2 - LUAMBO Franco - premier de son " école" et de son style de "Rumba Odemba", suivi de BOLHEN, BAVON, MOKUNA BAGUIN

3 - NEDULE Papa Noël - premier de son "école Bantou" (symbiose des deux premières) suivi de GERRY GERARD, MERMANS, DEDE

4 - MANUAKU WAKU - premier de son "école Clan Zaïko" suivi de POPOLIPO, HUIT KIKO, RIGO STAR - TOFLA KITOKO

Tous les autres noms intègrent généralement le style de l' "école" de la rumba odemba

13.Posté par CHRISTIAN TETU-NABU le 04/11/2010 23:13 | Alerter
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NOTRE CHER BIEN-AIMÉ FRÈRE CLÉMENT OSSINONDE EST L’HOMME EXTRAORDINAIRE POUR MOI. IL EST DICTIONNAIRE ET CONSERVATOIRE DE LA MUSIQUE NOSTALGIQUE DE DEUX CONGO-FRÈRES, CONGO-KINSHASA ET CONGO-BRAZZAVILLE. JE SOUHAITERAIS LE RENCONTRER UN JOUR. JE ME REJOINS À MON ÉPOUSE HENRIETTE DE L’EMBRASSER CHALEUREUSEMENT ET FAMILIALEMENT TRÈS FORT. QUE DIEU NOTRE PÈRE-CRÉATEUR LE BÉNISSE ET LE PROTÈGE. PAPA CHRISTIAN TETU-NABU ONGOBA À OTTAWA, CAPITALE FÉDÉRALE DU CANADA. TÉLÉPHONE : 613-746 2309.


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