Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

La mort de PAPA WEMBA


Par | Lundi 25 Avril 2016 | Lu 5632 fois | 0 Commentaire

Kinshasa, (Starducongo;com) - C'est en pleine prestation à Abidjan (Côte-d'Ivoire) au cours du FEMUA (Festival des Musiques Urbaines d'Anoumabo) que le chanteur congolais Papa Wemba est décédé, ce Dimanche 24 Avril 2016 à 5h30 du matin, victime d'un malaise.



La mort de PAPA WEMBA
PAPA WEMBA, La légende

Depuis l'annonce il y a plusieurs heures de la disparition de Papa Wemba, il est toujours difficile de se faire à l'idée que le "jeune premier" de la chanson congolaise n'est plus parmi nous. La vague d'émotion qui a déferlé sur tout le continent africain témoigne de l'amour des mélomanes pour cet artiste authentique, un génie de la chanson, une icône qui s'était créé son propre style de la rumba, dite "Rumba Rock".

Papa Wemba est décédé à l'âge de 66 ans, au cours du festival où il était en quelque sorte la vedette la plus attendue. Il est demeuré au niveau de l'image, un précurseur mais aussi un concepteur, un arrangeur, un compositeur légendaire. Il s'était fait aussi un grand nom dans le domaine de la mode vestimentaire , au point de créer à la fin des années 70, le mouvement de la "Sape".

L'essentiel de ce que l'on peut retenir de sa grande et riche carrière.

- 14 Juin 1949, naissance de Jules Shungu Wembadio "Papa Wemba'
(ou "Jules Presley") à Lubefu au Congo Belge (actuellement, région du Kasaï Oriental - République démocratique du Congo) L'enfant est nommé « Papa » parce qu'il est le fils aîné de sa mère, et lui même d'ajouter "Wemba", (dimunitif de Wembadio). Tandis que "Jules Presley" son idole vedette américaine de l'époque.

Etudes à l'école Pigier de Kinshasa, au cours des années 60, Papa Wemba n'est pas allé au bout de ses espérances . Il a choisit de s'exprimer très jeune à la chanson dans le genre voix ténor (un peu sur les traces de sa mère, pleureuse professionnelle). Ce n'est qu'après la disparition de son père , qu'il s'oriente finalement vers la musique populaire congolaise dans son quartier de Matonge à Kinshasa.

De Zaïko à Viva la Musica

- 24 Décembre 1969
, cofondateur avec les musiciens comme N'yoka Longo, Manuaku, Evoloko, Bimi Ombale... de l'orchestre Zaïko Langa-Langa. Il y reste jusqu'en Décembre 1974.

- Passages éphémères dans le groupes Isifi Lokole qu'il crée avec Mavuela, Evoloko et Bozi Boziana (Décembre 1974 à Novembre 1975) - Yoka Lokole, toujours avec Bozi Boziana, Evoloko, Mavuela, puis rejoint en mars 1976 par la bête de scène Mashakado Mbuta (de Novembre 1975 à 1976)

- 26 Février 1977 sortie officielle de l'orchestre Viva la Musica, au bar "Type K" à Kinshasa. Viva la Musica, un label qui va accompagner Papa Wemba durant toute la suite de sa carrière. Il forme son nouveau groupe autour des jeunes talents comme les chanteurs Kisangani Espérant, Pépé Bipoli, Jadot le Cambodgien et Petit Aziza, les guitaristes Rigo Star, Bongo Wendé, Syriana, Julva et Pinos, le batteur Otis. Du coup, dans ses premières oeuvres, Papa Wemba devient une pierre angulaire dans toute la musique "nouvelle vague". On a affaire au premier concept album. Les tubes se suivent sans rupture, parmi les plus célèbres : "Mère Supérieure", "Ebale bonge", "Mabele mokonzi", "Bokulaka", "Ekoti ya nzumbe"...

1977 - Le Symbole "Village Molokaï

Papa Wemba crée en 1977 dans sa cour familiale de Matonge, à Kinshasa , Le Village de Molokaï : "M-O-LO-KA-I: "constitué des rues Masimanimba-Oshwe-LOkolama-KAnda-kanda-Inzia.. Une sorte de schéma d'un village africain, avec ses règles et ses codes, dont il va s'introniser lui-même et symboliquement Chef Coutumier. Mais, sa démarche n'était pas politiquement comparable à celle du musicien Fela au Nigéria, car il n'était jamais engagé contre le régime autoritaire de Mobutu.

1977 - 1978 - Les deux premières années de Viva la Musica, sont celles de la collaboration de Papa Wemba avec Koffi Olomide, alors étudiant. Celui-ci écrit les paroles de certaines chansons de son ainé et s'initie au chant et à la scène aux côtés de Wemba.. Il enregistre également ces premières chansons sous le label Viva :"Princesse Ya Sinza", "Asso", "Samba Samba", "Anibo". Viva la Musica va connaître à la fois plusieurs départs de musiciens et l'émergence de nouveaux talents, comme ; Fafa de Molokai, Debs Debaba, King Kester Emeneya (1977-1982), Koffi Olomide, en tant que chanteur, (1978-1979), Djuna Djanana (1978-1981), Dindo Yogo (1979-1981), Maray Maray-(1980 -84), Lidjo Kwempa (1982-2001), Reddy Amissi (1982-2001), Stino Mubi (1983-2001)

Afrisa International De 1979 à 1980, Papa Wemba intègre l'Orchestre Afrisa International de Tabu Ley , l'un de ses premiers idoles. Il s'agit d'une collaboration temporaire souhaitée par les deux artistes. Il participe à une tournée européenne de l'Afrisa et enregistre deux chansons avec son mentor : "Ngambo moke" et "Levres roses".
Au début des années 80, Papa Wemba est au sommet de son inspiration et de sa popularité Il devient alors l'icône pour la jeunesse africaine. Sur le plan musical, il enregistre alors certains de ses plus grands succès : « Signorina », « Analengo », « Mea Culpa », Melina la parisienne", "Santa", "Matebu".C'est malheureusement la période des défections au sein de l'orchestre. Tour à tour, Rigo Star, Kisangani "Espérant", Dindo Yogo, Djanana Djuna, Emeneya, Bipoli, Debaba quittent Viva la Musica. À la suite de ces départs, il enrôle de nouvelles têtes comme Maray-Maray, Reddy Amisi, Lidjo Kwempa, Awilo Longomba, etc...

En 1986, il s’installe en France et débute dans le cinéma avec "La vie est belle" . En 1989, il se fait connaître aux Etats Unis grâce à la revue "Africa Oyé"5. En 1999, deux de ses titres, "Maria Valencia" et "le Voyageur", sont retenus par le réalisateur italien Bernardo Bertolucci pour son film "Paradiso e inferno".
Il est le deuxième artiste congolais, après Tabu Ley Rochereau, à signer avec le label musical international, Real World de Peter Gabriel avec qui, il publie trois albums "Le Voyageur" (1992), "Emotion" (1995), "Molokaï "(1998). En 1980, il sort son premier succès panafricain "Analengo".

Vers la fin des années 1980, Papa Wemba s'installe en Europe, sort successivement les albums "L'Esclave", "Mfono Yami", "Le voyageur", "Foridoles", "Malimba", et arpente avec succès les échelons de la World music.

En 1980, il fait le tour de l’Afrique avec son tube « Analengo » salué comme l'une des plus grandes réussites de l'année.

En 1988, Papa Wemba fait une tournée internationale, du Japon aux États-Unis en passant par l'Europe, notamment en Belgique. Au milieu des années 90 , il fait la connaissance de l'homme qui va donner un second souffle à sa carrière musicale; Peter Gabriel. Il assure en 1993 la première partie de sa tournée américaine.
L'image de Papa Wemba est au point et sa prestation résolument Rumba-rock avec le genre World Music, à travers les titres comme "Maria Valencia" "Yolele", "Sofele", etc...

En 1995, l'album "Emotion" le consacre comme une des grandes figures de la World Music et sera disque d'or aux États-Unis avec plus de 500 000 exemplaires vendus.

En 1997, il est déclaré meilleur vedette africaine aux Kora 1997. Juin 1998, il réalise son troisième et dernier enregistrement sur le label Real World Molokaï.

Notons aussi, que pendant plusieurs années, Papa Wemba a eu sous lieu, la gestion de quatre formations qui ont évoluées séparément et sous différentes couleurs musicales. Notamment : Viva la Musica international (World music), Viva-la-Musica Cour des Grands (rumba congolaise), Nouvelle Écriture (version jeunes talents.) et Viva Tendances (variétés tendances afro-congolaises)

Tout au long de sa carrière Papa Wemba a fait plusieurs fois le tour du monde pour se produire en solo ou avec son orchestre Viva la Musica, dans les plus grandes salles de spectacles, au cours des festivals et différentes manifestations musicales. On lui doit des centaines d'albums servis par une prise de son exceptionnelle et par un registre des beaux répertoires.

Difficile de faire le contour de la carrière de Papa Wemba en un article. A travers les lignes qui précèdent, nous avions voulu rendre hommage à l'homme et à la star, dont les mélodies ne cesseront jamais de résonner dans nos cœurs. La musique et la voix de Shungu Wembadio ne s'éteindront jamais.

Adieu l'artiste !

Clément Ossinondé
clementossinonde@starducongo.com

Sur le même sujet:

.Décès du chanteur Papa Wemba, victime d'un malaise sur la scène du ‎FEMUA à Abidjan (+vidéo)
.Décès de Papa Wemba : la Présidence de la république démocratique du Congo réagit

Lu 5632 fois


Nouveau commentaire :

Publions des commentaires constructifs pour avancer

RD Congo | Actualités | Football | Beauté et Mode | RD Sport | RD Economie | Handball | RD Société | Les arts | Gouvernement | RD Album | Arts martiaux | Monde | High Tech | Basket-ball | Indiscretions | Athlétisme | Sports | Portraits | Autres Sports | Interviews | Tennis | Afrique | Interviews Sports | Maghreb | Dans les bacs | Festivals | Rétrospective | Paroles de chansons | Livres | Divertissement | Cuisine congolaise | Vitrine | Ambassades | Actualité RDC | Sante | Economie | RD Politique | RD Tribune | Ils ont dit | Polémique | Live | Concert | Société | Zoom | Anecdotes