Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Le Docteur Marcel GUITOUKOULOU et son équipe expulsés du Bénin


Par Kimpwanza | Mercredi 22 Octobre 2008 | Lu 1048 fois | 0 Commentaire

Arrivés jeudi dernier à la tête d’une forte délégation à l’aéroport de Cotonou en provenance de Paris à l’invitation du club des Amis de Marcel GUITOUKOULOU, club formé par des ressortissants congolais vivant au Bénin.



A son arrivée à l'aeroport
A son arrivée à l'aeroport
Cette visite avait pour objectifs de s’enquérir au plus près des problèmes vécus par cette communauté démunie, mais heureuse de vivre en terre de liberté, de créer et d’organiser une mutuelle d’entraide et d’assistance au profit de cette jeunesse abandonnée à elle-même mais aussi de servir de rampe de lancement pour la campagne des élections présidentielles de 2009 au Congo Brazzaville.

Avant cette rencontre, le Docteur Guitoukoulou, sur fonds propre, a aidé les jeunes Congolais de Cotonou dormant dans la rue, à financer la location d’une grande maison qui est devenue un centre d’accueil, d’hébergement et d’hospitalité pour tous les jeunes congolais sans abri.

Il est environ 23 h 45 quand l’avion Airbus A320 de la compagnie Afriqiyah en provenance de Paris via tripoli atterri à l’aéroport de Cotonou. Après les formalités d’usages, le Docteur Guitoukoulou et sa forte délégation ont été accueillis par une marrée humaine de sympathisants brandissant des pancartes ‘’GUITOUKOULOU NGUE TI VRAI’’, vêtus de T-shirt à l’effigie de celui-ci, scandant à gorge déployée et au son de tambours traditionnels en transe et en sueur ’’GUITOUKOULOU LE LIBERATEUR ! SASSOU OKOMI NA MBANDA ‘’ littéralement, Sassou, tu as désormais un rival, toutes ces réjouissances devant les autorités béninoises perplexes. Image qui contraste avec l’accueil réservé au Président Congolais, il y a quelque temps à Pointe Noire par une jeunesse désabusée.

Après plus d’une demi-heure de danse traditionnelle, d’acclamation, d’embrassade, c’est un cortège de plus de quatre autobus bondés de marque Coaster qui s’est rendue la jeunesse congolaise de Cotonou dans un hôtel de la place pour installer ses invités de marque.

La programme qui a suivi était aussi riche que l’accueil réservé, le mot de remerciement du Docteur et malgré la liesse dégagée, tout ce beau monde est reparti dans le calme, le respect de l’hospitalité béninoise.

Le vendredi étant exclusivement réservé aux rencontres individuelles avec les membres de la communauté, le samedi par deux faits marquants : le premier étant l’assemblée générale constituante du Club dans la salle Le BENIN situé au centre ville et présidée par M Euguene Dikamona venu spécialement de Brazzaville pour la circonstance et dans le deuxième d’une agape fraternelle de tous les membres dans l’esprit de convivialité que l’on connaît.

Au départ de la capitale parisienne, le french doctor et son staff étaient loin d'imaginer que le retour à Paris ne saurait être à leur bon vouloir, qu'ils allaient se retrouver sous le coup d'une expulsion, disons plutôt d'un refoulement de la frontière béninoise par les autorités compétentes, c'est à dire la police des frontières.

Après une matinée passée à recevoir les compatriotes qui le souhaitait, le Docteur et son équipe n'ont pas varié le lieu de déjeuner, la cantine Africana situé à l'angle de la rue. Dans le souci de médiatiser aussi bien son action humanitaire à travers la Fondation Marcel GUITOUKOULOU que ses choix politiques, il était primordial de rencontrer la presse locale.

L'après-midi du lendemain était réservé à l'appel de Cotonou pour le changement et la rupture au Congo Brazzaville, ce dernier ne verra probablement jamais le jour.

C'est sur le chemin pour une rencontre avec un journaliste politique que le Docteur a été interpellé par deux personnes à bord d'une voiture de marque Toyota Carina couleur marron, au volant de celle-ci, le commissaire de police deuxième classe Sidi Baclena accompagné de son adjoint, les deux étaient en compagnie d'un membre de l'équipe du Docteur. Il lui sera intimé de monter à bord sans conditions pour ce rendre à son l'hôtel de résidence. Le journaliste en question arrivera pendant cette pseudo interpellation abrancadabrantesque.

Ce qui suivra cette épisode relève plutôt d'un film policier de grande fiction que d'une réalité. Sur le palier d'accueil de l'hôtel et devant les réceptionnistes, il sera signifié au Docteur par le commissaire Sidi ''vous êtes un opposant connu, le Bénin ne peut servir de base à la déstabilisation du régime du président Denis Sassou NGUESSO'', tient donc, il poursuivra en disant ''remettez moi vos passeports et apprêter vos affaires, vous serez reconduits''. Si encore, il ne s’agissait que de cela, on pourrait comprendre la raison d'Etat qui intime un aspect aussi grave et pesant d'une pareille décision, ce que cela incombe comme réunions au plus haut niveau des hiérarchies policières.

Qui peut comprendre que le french doctor, arrivé légalement en terre d'accueil béninoise, légalement entré sur le territoire, passé les formalités de douanes et de police sans entraves, accueillit par une diaspora en liesse se retrouve chassé le 19 octobre au soir manu militari du même territoire qui lui avait tant accordé l'hospitalité ? De nombreuses questions se posent et resteront forcément sans réponses, du moins aux yeux des profanes que nous sommes.

Le bar feutré de l'hôtel servira pendant une demi-heure à un langage de sourd entre le docteur et ses geôliers, le docteur essayant plus ou moins de comprendre ce qui se passe, ce qui lui ait reproché. Un langage de sourd n'ayant aucun débouché, c'est dans la même voiture qu'ils seront conduit au Service de Sécurité de l'immigration pour une série d'auditions en règle.

Il est à peut près 18 h, heure de Cotonou quand les locaux des services de l'immigration accueilleront ces invités aussi précieux qu'indésirable ? En quoi seraient-ils coupables, de répondre à l'invitation des jeunes congolais en déshérence au Bénin, certains d'entres eux dormant sur les trottoirs éclairés de la capitale de l'ancien Dahomey, jeunes à qui le Docteur apporte une aide précieuse par le biais de sa fondation.

Quand on sait que quelque jours plutôt, il avait été approché par M. Mayetela qui se présentait comme le Président de la communauté Congolaise du Bénin, comment peut-on expliquer que certains jeunes se retrouvent dans la rue comme de vulgaires animaux ? La constitution des droits de l'homme dans son article 1er indique que ''Tous les hommes naissent libre et égaux en droit'', ce cher président pratiquerait-il de la discrimination au faciès, il semblerait aussi que ce personnage serve le renseignement, mais au profit et au service de qui ? Après l’expulsion du docteur et de sa délégation, ce même Mayetela menacerait désormais d’expulsion tout jeune congolais vêtu du Tee-Shirt à l’effigie du Docteur.

Si de toute évidence, il y avait péril à la demeure, d'après les déclarations des reconduits ou des refoulés arrivés à Paris, aucune notification n'a été faite par voie officielle. Une reconduite suppose que les autorités vous accompagnent à destination pour s'assurer que vous êtes bien parti et arrivé, bien évidement après comparution immédiate devant un avocat commis d'office, ce qui visiblement n'a pas été le cas. Y aurait-il réellement de la part du docteur une envie de déstabiliser le pouvoir du Président Nguesso partant d'un territoire ami du Congo ou alors serait-on dans un scénario digne de James Bond ?

Pourquoi un tel comportement autour d'une personne, tant de mystères pour ce qui demain pourrait devenir l'affaire GUITOUKOULOU.

Ce type d'indélicatesse pourrait-elle avoir pour conséquence d'installer l'opposant congolais dans le fauteuil agréable de challenger officiel pour les échéances 2009 face au président actuel ? Seul l'avenir nous le dira.

Himen Y.

Kimpwanza

Lu 1048 fois


Nouveau commentaire :

Publions des commentaires constructifs pour avancer

Politique