Le Général Défao évoque les raisons de son long séjour à l’étrangerMardi 9 Mars 2010 - 10:39
Kinshasa. Interviewé par le journal Visa, le Général Défao avoue que la musique n’a pas de frontière et qu’un musicien n’a pas d’Etat ; en restant à l’étranger on fait carrément la promotion de la culture congolaise et à cet effet, il a tenu à annoncer la sortie de son nouvel opus « Socofere ».
D’aucuns n’ignorent que le Général Défao Matumona séjourne depuis de longues années en Tanzanie, où il poursuit sa carrière musicale avec son groupe Big Stars. Entre-temps, Kinshasa groille de ragots sur cette longue absence du Général de la musique congolaise, Defao Matumona. Pour ses aimables lecteurs, Visa a joint- le chanteur, qui parle de son long séjour à l’étranger, de son prochain album, de sa carrière, de la musique congolaise dans l’interview que nous publions ci-dessous Visa: Le Général Defao est parti du pays, voici plusieurs années. Pouvons-nous connaître les raisons de ce séjour prolongé à l’étranger ? Général Defao: La musique est sans frontières. C’est l’un des arts qui réunit les populations du monde. Un artiste n’a pas d’Etat, il peut chanter n’importe ou et en n’importe quelle langue, on va l’écouter, non par la langue qu’il utilise, mais par l’ensemble de son œuvre. Ici où je me trouve, le lingala fait son chemin, grâce à la musique congolaise. On fait carrément la promotion de la culture congolaise dans la zone subsaharienne du continent. Certains de mes frères artistes musiciens congolais ont choisi l’Europe, pour les uns, l’Amérique et l’Asie pour les autres. Mais moi, j’ai choisi l’Afrique, mon continent. Visa : Les chansons chantées en lingala sont-elles suivies en dehors de nos frontières ? G.D.: Les grandes villes africaines en témoignent. Les mélomanes du continent noir aiment le rythme congolais, connaissent les disques et chantent les chansons en lingala sans difficultés. Suite à ce succès, Kinshasa est devenue la capitale africaine de la musique. Cet engouement du public africain pour la musique congolaise ne date pas d’aujourd’hui son rythme se lance à la conquête du marché. Visa: Defao ne serait-il pas en exil ? GD. : Je suis en exil musical. J’ai voulu vivre en dehors de la polémique qui a élu domicile au sein de la musique congolaise. La polémique distrait et fait reculer dans la recherche en art d’Orphée. A l’abri de la polémique, j’ai une avance artistique par rapport aux autres. Visa: Comment pouvez-vous être en avance sans un nouveau disque sur le marché ? GD. : Ceux qui fréquentent mes productions scéniques peuvent le témoigner. Du côté disque, je vous assure que mon prochain album fera réfléchir certains de mes collègues qui prennent à la légère notre métier. Visa: Savez-vous que les données musicales ont change à Kinshasa ? G.D. : Je suis au courant de ce changement que la polémique a introduit. Mon album sera comme tous les autres mais, avec une particularité : la rigueur du travail. J’évite la confusion artistique et je ne veux pas être mis dans la même casserole. « Socofere », mon prochain album sera un album qui gardera l’identité du Général Defao. Visa : A quand la sortie sur le marché de l’album « Socofere » ? G.D. : Mon chargé d’affaires à Kinshasa, M. Dialo peut vous donner des précisions. C’est lui qui tient la production. Mon nouveau disque est un repas qui donnera l’appétit à toute personne qui y goûtera. Car, les ingrédients nécessitant l’assaisonnent sont réunis Visa: Le public kinois voudrait voir le Général Defao sur scène. Y-a-t-il un projet dans ce sens ? G.D. : Pourquoi pas. J’attends la sortie de mon album pour atterrir à Kinshasa pour la promotion pendant six mois. C’est durant cette période que je donnerai quelques concerts en fonction de producteurs, bien qu’ils ne payent plus bien comme avant. Visa : Le Général se retrouve-t-il financièrement, dans ses productions scéniques en Afrique subsaharienne ? G.D. : Demandez à ceux-là qui fréquentent l’Afrique de l’Est ; ils vous confirmeront que je suis la vedette congolaise la mieux cotée de cette partie du continent. Un seul concert de Defao peut valoir deux a trois spectacles présentés par les autres à Kinshasa, où le public veut la gratuité. Souvent, ce sont les invitations qui priment. Ce qui n’est pas normal. Visa: Queue différence faites-vous entre la musique congolaise et celle de la partie du continent où vous vous produisez ? GD.: Chaque pays à sa musique et son public. La musique congolaise à de l’avance sur les autres mais, nous ne sommes pas du tout organisés du point de vue des infrastructures. Ici, us sont bien organisés et non seulement l’Etat, mais surtout, les hommes d’affaires, pour ne pas dire les particuliers. Je suis fier d’être congolais et de représenter mon pays à travers le monde, car sa musique ne cesse de faire du chemin. Visa : Ailleurs, les artistes musiciens mettent la main à la pâte en investissant dans leur domaine et dans d’autres. Mais, pourquoi les Congolais ne le font-ils pas ? G.D. : L’orgueil, la polémique, les futilités ont détourné le musicien congolais du bon chemin. On croit que tout va tomber du ciel comme à l’époque de la manne. Un artiste sans infrastructures demeurera toujours dans l’ignorance des normes modernes de son métier. Bref, les artistes musiciens congolais sont de véritables pauvres par rapport à leurs collègues d’autres pays du monde. Et cette pauvreté serait l’œuvre du public qui n’achète pas le disque. A la place d’acheter, il préfère la copie on un produit pirate par les ennemis de la musique congolaise. L’orgueil nous détruit et fait reculer les bonnes intentions de certains d’entre nous. Mais, l’Etat en assume la grande responsabilité parce qu’il n’arrive pas à réglementer la culture congolaise, B.G/Visa (Digitalcongo) SDC, Starducongo.com
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