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Le guitariste S.O.S Matondo : « notre musique est gangrenée par le plagiat, l’à-peu-près et le règne des atalaku »


Par Afriquechos.ch | Samedi 2 Août 2014 | Lu 465 fois | 0 Commentaire

Guitariste-arrangeur, Watondo Matondo S.O.S a marqué de ses empreintes plusieurs œuvres de haute facture notamment lors de son passage dans plusieurs orchestres. Peu connu du grand public, ce musicien talentueux poursuit sa carrière en Hollande où il s’est installé. Natif de Matadi, SOS a débuté dans un orchestre de quartier, Nzanza, qui s’appelait Suprême Epanza. Il rejoindra ensuite les chanteurs Shimita et Chekedan avec d’autres musiciens qui venaient de quitter l’orchestre Comi Comet pour créer l’orchestre Zahina Choc. Le guitariste n’est alors âgé que de 14 ans et doit remplacer Tino Kofi parti rejoindre le Comet Mambo. L’artiste s’est confié à AEM.



Le guitariste S.O.S Watondo Matondo|Photo : AEM
Le guitariste S.O.S Watondo Matondo|Photo : AEM
AFRIQU’ÉCHOS MAGAZINE (AEM) : Quels sont les guitaristes qui vous ont inspiré ?

WATONDO MATONDO (S.OS.)
:Le premier fut mon grand frère Tino Kofi mais aussi Docteur Nico, Tino Baroza, Dizy Manzeku, Roxy Tshimpaka, Manuaku, Bavon Marie-Marie. À l’étranger, Jhimmy Hendrix, Django Reinhardt, George Benson.

AEM : Qu’est-ce qui avait constitué le tournant dans votre carrière ?

S.O.S :
À l’âge de 16 ans, je suis allé jouer à Dolisie au Congo-Brazzaville avec Ange Chevauchet. J’y ai passé un an, ensuite, à Pointe-Noire où j’ai joué dans l’orchestre de Comilog Comi Stars avec des Cubains et dans l’orchestre Koyabile.

AEM : On vous a retrouvé ensuite à Kinshasa...

S.O.S
:J’avais effectivement quitté Pointe-Noire pour regagner Kinshasa où j’ai intégré le Grand Zaïko Wawa de Manuaku Waku. J’ y ai trouvé Shimita, Djo Poster, Defao, Djo Nickel, Ada Muangisa, Baroza etc. Lorsque Kester et d’autres musiciens ont quitté Papa Wemba pour aller créer l’orchestre Victoria Eleison, j’ai intégré Viva La Musica où j’ai fait un court passage. Après ma dispute avec le guitariste Ping Pong lors d’une séance de répétition en l’absence de Papa Wemba, j’ai quitté ce groupe et j’ai rejoint le Stukas Boys de Lita Bembo où j’ai trouvé Makolin le géant.

AEM : Et l’épopée Langa Langa Stars ?

S.O.S
:Lors d’une prestation de Langa Langa Stars, j’ai joué en levée de rideaux ; Dindo Yogo et Espérant m’ont demandé de les accompagner parce que Néné Tchaku et Popolipo refusaient de jouer suite à la désignation de Roxy en tant que le 7ème patron de l’orchestre. J’ai interprété leur répertoire. Evoloko et les autres ont décidé que je fasse partie de l’orchestre. J’ai été confirmé par Verckys après ma prestation dans les chansons Bouquet de Fleurs de Djuna Djanana et Moyeke d’Evoloko.

AEM : Comment vous êtes-vous alors retrouvé dans Choc Stars ?

S.O.S
:J’ai rejoint Choc Stars lorsque les conflits entre les 7 patrons ont provoqué la scission de l’orchestre Langa-Langa Stars. Bozi Boziana, Roxy Tshimpaka et Ben Nyamabo sont partis créer l’orchestre Choc Stars. Ils furent rejoints par Djuna Djanana et Djo Mali. Et quelques jours après, ils m’ont sollicité ; c’est comme ça que j’ai intégré le groupe.

AEM : Quelles chansons avez-vous interprétées ?

Dans Grand Zaiko, j’ai arrangé la chanson Zeke ya pamba de Djo Poster. J’ai joué l’accompagnement et Manuaku le solo. Et lors de mon passage dans Langa Langa Stars, j’ai joué dans Bouquet de fleurs, Moyeke, Nzembo Elengi, Dalida, Macé femme africaine, Au nom du père, Kashala et dans tant d’autres titres. Avec Choc Stars j’ai joué dans Elie Zonga, Mbuma elengi, Riana bis, compilation, Kelemani, Celio déclarant, Aleza, Saison sèche, Depassé, Oko Ndijo, etc. J’ai joué également quatre chansons dans l’album de Monza 1er dont Bozenga et Batekeke. Bozi Boziana m’a sollicité dans son album solo, j’ai joué les chansons Bezy et Explication Sissi. Après son exclusion de Choc Stars, je l’ai accompagné en Europe dans la série des chansons Eve, Olimpompo etc. produites par Anita Ngapy. Je suis intervenu dans l’album de Give Djonolo, notamment sur les titres Fatima Bineta, Medina, Ritchie, aussi dans Missengué bis de Pierre Moutouari, Zouk téléphone d’Eric Brouta de la Guadeloupe. J’ai collaboré également dans l’albumAtomnium d’Emma Vuiti et de tant d’autres artistes.

AEM : Vous avez poursuivi avec d’autres artistes ?

S.O.S
:Vers les années 90, j’accompagnais Papa Wemba à Paris, Bruxelles et Liège. J’ai accompagné beaucoup d’autres musiciens congolais, notamment Madilu, Papa Noël, Espérant, Ntesa Nzitani, Wel Amie. Ensuite je suis allé m’installer en Hollande. J’ai accompagné Kester à Amsterdam. J’ai presté dans le premier album de Wazekwa avant son retour à Kinshasa pour monter son orchestre. Dans beaucoup de ses chansons, c’est moi qui ai fait les arrangements.

AEM : Que faites-vous actuellement ?

S.O.S
:Je continue à jouer et à collaborer avec des artistes de plusieurs horizons. Je suis un artiste éclectique car je suis à l’aise dans plusieurs genres musicaux : Reggae, Jazz, Blues, RNB, Hip Hop, Salsa, Gospel, etc. En dehors de ça, j’ai mon propre groupe S.O.S With Friends. Nous jouons de la musique congolaise et de la world music.

AEM : Avez-vous déjà sorti un album ?

S.O.S
:Pour le moment non, mais en collaboration oui avec des musiciens Nord-américains, Sud-Américains, Européens et Africains. Ces produits se vendent très bien et on est loin d’imaginer que c’est un Congolais qui a joué ces morceaux. J’ai un album en préparation, je vais le finaliser avec Solo Sita à Paris.

AEM : Quel est votre jugement sur l’actuel niveau de la musique congolaise ?

S.O.S
:Quand vous faites une rétrospective, vous verrez que la base de notre musique était la rumba mais actuellement on embrasse tout ce qui nous tombe entre les mains. On écoutait les aînés et on s’inspirait de leurs œuvres et expériences. À l’époque où je jouais au Congo, j’étais le plus jeune soliste à avoir apporté sa touche et Alain Makaba est venu également apporter la sienne mais pour le reste c’est du plagiat et de l’à-peu-près. Aujourd’hui notre musique est dominée par les atalaku qui créent même des orchestres. Il y a trop de monotonie dans notre musique. |

Propos recueillis par Herman Bangi Bayo
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