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Congo, (CRP/Syfia) - A Brazzaville, des députés et leurs suppléants se disputent pour des questions matérielles à la veille des législatives du 15 juillet prochain. Déçus, les électeurs ne savent plus trop pour qui voter… Des associations tentent de les aider à identifier les candidats qui font passer leur pays avant leurs intérêts personnels.
"Je suis indignée par les discordes entre députés et suppléants. Certains électeurs ne savent plus pour qui voter le 15 juillet prochain lors des législatives !, s’inquiète Leticia, une habitante de Talangaï (quartier nord de Brazzaville). Elle ajoute : Ces élus oublient vite ce qu’ils nous ont promis. Je dois encore les observer sur leurs bilans, 5 ans après, et sur leurs projets de société. Sinon, je risque moi aussi de faire un mauvais choix !"
Edouard Lonongo, sénateur et maître-assistant d’anglais à l’université Marien Ngouabi, a lui aussi noté "quelques brouilles" entre des députés titulaires et leurs suppléants. Selon lui, "l’une des conséquences les plus immédiates est la démobilisation des électeurs." Il s'inquiète, en particulier, du "manque de respect" de ces élus qui ne représentent alors plus grand-chose aux yeux des populations. "Ils doivent représenter le pays avec dignité et éviter de se disputer pour des choses bassement matérielles (argent, voiture, etc.) qui montrent qu'ils ne cherchent à être candidats que pour eux-mêmes", recommande ce sénateur.
L'origine des brouilles est, en effet, généralement liée à l'argent. Davantage cette année au vu et au su des électeurs, car l'écart salarial entre titulaire et suppléant s'est accentué ces derniers temps. Aujourd'hui, le premier gagne près de 3 millions de Fcfa (près de 4 600 €) et le second 500 000 Fcfa (760 €) chaque mois. En 2002, ils gagnaient respectivement 2 millions (3 000 €) et 350 000 Fcfa (530 €). Des jalousies encore plus fortes quand les rôles évoluent, mais pas les salaires... Ainsi, le règlement intérieur de l’Assemblée nationale dispose qu’il n'y a qu'un seul député, celui qui siège. Le suppléant ne siège que quand le titulaire est dans une situation d’incompatibilité, c'est-à-dire qu'il est appelé à d’autres fonctions.
Même travail, salaire différent…
Le député Gaétan Nkodia souligne que "quand le suppléant siège, il a droit aux émoluments liés à ses tâches parce que c'est lui qui traite les dossiers, va en commission et en plénière, fait des enquêtes parlementaires, etc. Pourtant, certains titulaires en situation d’incompatibilité reviennent vers leurs suppléants pour leur demander des émoluments pour le simple fait qu’ils ont été élus députés titulaires. C’est un manquement grave !" Ainsi, souvent, même s'il fait l'essentiel du travail et siège à l'Assemblée, le suppléant ne touche que son salaire habituel…
Cette situation ne laisse pas indifférente la société civile. Pour Roch N’zobo, chargé de programmes à l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) : "Il est très important d'informer les populations pour qu'elles ne soient pas dupées. Et leur conseiller de ne pas identifier celui qui cherche leurs suffrages pour se faire de l’argent, mais plutôt celui qui a une vision pour l’avenir de la communauté."
De son côté, l’Association pour les droits de l’homme et l’univers carcéral (Adhuc) pense qu’il est temps que les partis amènent autour d'une même table les députés en conflit avec leurs suppléants. Selon Kevin Mviri, chargé de programmes à l’Adhuc, "nous préconisons que l’Assemblée nationale mette un cadre qui prendra en compte aussi le suppléant en tant que bénéficiaire des avantages du poste de député. "
Jean Thibaut Ngoyi
"Je suis indignée par les discordes entre députés et suppléants. Certains électeurs ne savent plus pour qui voter le 15 juillet prochain lors des législatives !, s’inquiète Leticia, une habitante de Talangaï (quartier nord de Brazzaville). Elle ajoute : Ces élus oublient vite ce qu’ils nous ont promis. Je dois encore les observer sur leurs bilans, 5 ans après, et sur leurs projets de société. Sinon, je risque moi aussi de faire un mauvais choix !"
Edouard Lonongo, sénateur et maître-assistant d’anglais à l’université Marien Ngouabi, a lui aussi noté "quelques brouilles" entre des députés titulaires et leurs suppléants. Selon lui, "l’une des conséquences les plus immédiates est la démobilisation des électeurs." Il s'inquiète, en particulier, du "manque de respect" de ces élus qui ne représentent alors plus grand-chose aux yeux des populations. "Ils doivent représenter le pays avec dignité et éviter de se disputer pour des choses bassement matérielles (argent, voiture, etc.) qui montrent qu'ils ne cherchent à être candidats que pour eux-mêmes", recommande ce sénateur.
L'origine des brouilles est, en effet, généralement liée à l'argent. Davantage cette année au vu et au su des électeurs, car l'écart salarial entre titulaire et suppléant s'est accentué ces derniers temps. Aujourd'hui, le premier gagne près de 3 millions de Fcfa (près de 4 600 €) et le second 500 000 Fcfa (760 €) chaque mois. En 2002, ils gagnaient respectivement 2 millions (3 000 €) et 350 000 Fcfa (530 €). Des jalousies encore plus fortes quand les rôles évoluent, mais pas les salaires... Ainsi, le règlement intérieur de l’Assemblée nationale dispose qu’il n'y a qu'un seul député, celui qui siège. Le suppléant ne siège que quand le titulaire est dans une situation d’incompatibilité, c'est-à-dire qu'il est appelé à d’autres fonctions.
Même travail, salaire différent…
Le député Gaétan Nkodia souligne que "quand le suppléant siège, il a droit aux émoluments liés à ses tâches parce que c'est lui qui traite les dossiers, va en commission et en plénière, fait des enquêtes parlementaires, etc. Pourtant, certains titulaires en situation d’incompatibilité reviennent vers leurs suppléants pour leur demander des émoluments pour le simple fait qu’ils ont été élus députés titulaires. C’est un manquement grave !" Ainsi, souvent, même s'il fait l'essentiel du travail et siège à l'Assemblée, le suppléant ne touche que son salaire habituel…
Cette situation ne laisse pas indifférente la société civile. Pour Roch N’zobo, chargé de programmes à l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) : "Il est très important d'informer les populations pour qu'elles ne soient pas dupées. Et leur conseiller de ne pas identifier celui qui cherche leurs suffrages pour se faire de l’argent, mais plutôt celui qui a une vision pour l’avenir de la communauté."
De son côté, l’Association pour les droits de l’homme et l’univers carcéral (Adhuc) pense qu’il est temps que les partis amènent autour d'une même table les députés en conflit avec leurs suppléants. Selon Kevin Mviri, chargé de programmes à l’Adhuc, "nous préconisons que l’Assemblée nationale mette un cadre qui prendra en compte aussi le suppléant en tant que bénéficiaire des avantages du poste de député. "
Jean Thibaut Ngoyi

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