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Les Francophonies de Limoges sur les rives du fleuve Congo


Par Lesinrocks.com | Mardi 30 Septembre 2014 | Lu 384 fois | 0 Commentaire

Des amours de Dieudonné Niangouna pour le 7e art dans Le Kung-Fu, au théâtre choral d’Harvey Massemba dans “Cantate de guerre”, cap sur le Congo-Brazzaville.



Dieudonné Niangouna dans “Le Kung-Fu" (Christophe Péan)
Dieudonné Niangouna dans “Le Kung-Fu" (Christophe Péan)
A bien écouter Dieudonné Niangouna dans Le Kung-Fu, on peut dire que la francophonie, c’est l’imaginaire universel écouté en version originale – comprenez en version française –, chevauchant les mots pour dévaler la syntaxe et la remodeler, rallier les périphéries où les langues se mélangent et rejoindre l’axe central autour duquel gravite le cœur de la parole : la vie rêvée, la vie vécue, et leur entremêlement.

Rêve de Technicolor

C’est à cette source que vient s’abreuver son Kung-Fu, dont Dieudonné Niangouna est l’auteur, l’acteur et le metteur en scène. Après l’épopée foisonnante de Shéda (2013) qui réunissait une quinzaine de comédiens et de musiciens d’Afrique et d’Europe, il opère un retour sur lui, apaisé et moqueur, sans pour autant perdre de sa faconde, ni une once de l’énergie sans faille qui le caractérise.

Fil conducteur du Kung-Fu : son amour pour le cinéma, partagé depuis toujours avec son père et ses frères dans le quartier Mbila de Brazzaville, des westerns aux films d’arts martiaux, de Fernandel au cinéma d’auteur. Il retrace une enfance qui se rêve en Technicolor et en héros de ses films préférés, son désir de partir en Chine pour devenir un acteur de kung-fu, évoque le glissement du cinéma dans leurs vies et son projet de réaliser des films dont il égrène les titres comme autant de fondus enchaînés entre l’Afrique, l’Asie et l’Amérique, tel “Les Yankees contre les Sapeurs de la main bleue”…

Souvent, il s’éloigne du plateau pour laisser aux images le soin d’illustrer son propos et l’on découvre alors des habitants de Limoges filmés par Wolfgang Korwin, rejouant des scènes cultes de films, tous genres confondus : Les Bronzés, La vie est un long fleuve tranquille, Ghost Dog, Quand Harry rencontre Sally…

Une belle façon de partager et de faire passer la dimension collective d’un art où chacun se projette, au centre duquel il place l’acteur… qu’il a fini par devenir en faisant du théâtre. Ses mots pour le dire ont la souplesse et la rapidité du kung-fu :

“Le monde, c’est ce que j’écris. La vie, c’est ce que j’envoie sur scène.”

Dans l’une des séquences les plus savoureuses du spectacle, il témoigne de son obstination à diriger depuis dix ans le festival de théâtre Mantsina à Brazzaville et les réactions en chaîne de rejet qu’il s’attire et débite en une litanie ponctuée d’un “Voilà ce qui s’est passé !”, aussi définitif qu’hilarant… Dans la foulée, il distribue au public le Manifeste de sa compagnie, Les Bruits de la rue, pour qu’ensemble, dans une même scansion, on le dise avec lui à haute voix. Soufflant !

L’expérience de la guerre

Comme la vie est – parfois – bien faite, c’est justement avec un comédien qui fit ses débuts au théâtre, adolescent, avec Dieudonné Niangouna que cette soirée aux Francophonies avait commencé : Harvey Massemba, acteur et metteur en scène présentait Cantate de guerre, de Larry Tremblay, un auteur québécois. Un texte choral interprété par trois comédiens et un musicien dans un dédale de voiles blancs qui rehaussent le cadre de scène et semblent prêts à l’engloutir.

Conçue par l’artiste camerounais Alioum Moussa, la scénographie ménage plusieurs espaces comme autant de conduits où la parole s’engage : immobile, secouée de spasmes ou en déplacements constants. Au centre du plateau, des images de guerre et d’enfants soldats sont projetées et se recouvrent de coulures rouge sang. La guerre dont il est question, la violence et la haine que le père enseigne à l’enfant, ne se réfèrent à aucun lieu, ni aucun temps précis. Elle est sui generis.

Mais pour Harvey Massemba qui a commencé à faire du théâtre dans les années 90, pendant les guerres civiles du Congo-Brazzaville, elle relève d’une expérience vécue dont sa gravité, sur le plateau, nous dit assez de quel poids elle pèse sur ceux qui l’ont traversée et ont survécu.

par Fabienne Arvers

Francophonies de Limoges, jusqu’au 4 octobre. tél. 05 55 10 90 10.
Le Kung-Fu, de Dieudonné Niangouna,
6 et 7 novembre au théâtre des Salins à Martigue,
20 et 21 janvier à Annecy,
3 au 21 février à Vidy-Lausanne.

Cantate de guerre, de Larry Tremblay,
mise en scène Harvey Massemba, au festival Mantsina, Brazzaville, en décembre (photo Roch Banzouzi).
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