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Les jeunes kinois sont nombreux à se marier et à divorcer deux ou trois ans plus tard.


Par Banamputu.com | Lundi 24 Juin 2013 | Lu 595 fois | 0 Commentaire



Les jeunes kinois sont nombreux à se marier et à divorcer deux ou trois ans plus tard.
A Kinshasa, les jeunes sont nombreux à se marier et… à divorcer deux ou trois ans plus tard. Certains évoquent un manque de préparation ou de mauvaises raisons qui entraînent de mauvais choix. A Kinshasa, les jeunes de 20 à 35 ans sont nombreux à se marier devant un officier de l’Etat civil. Mais, dans le même temps, les tribunaux enregistrent de plus en plus de demandes de divorces de jeunes couples…
“Nous célébrons au moins 80 mariages par mois, à raison de 20 par semaine, explique Jeannine Kabasele, agent au service de l’Etat civil de la commune de Mont-Ngafula. L’âge moyen de ces couples est de 28 ans”. Mais, ces unions, souvent célébrées avec faste, sont parfois fondées sur des bases peu solides… Au tribunal de paix de Ngaliema, les demandes de divorces affluent. “Rien qu’au 1er semestre de cette année, nous avons enregistré 100 demandes provenant en grande partie de couples mariés entre 2009 et 2010″, explique Rigobert Mulango, greffier près cette juridiction.

Manque de préparation

Chacun y va de ses raisons pour expliquer ces unions éphémères. Certains pointent du doigt les services de l’Etat civil qui, selon eux, se contenteraient de percevoir les frais administratifs exigés avant d’enregistrer un mariage (entre 75 et 200 $ plus les cadeaux au bourgmestre) sans vérifier les conditions légales de formation du mariage. “C’est ce qui occasionne les divorces prévisibles”, estime Remis Mutombo, un activiste des droits de l’homme. “Lorsque les candidats viennent solliciter la célébration, nous commençons par vérifier s’ils ont respecté les conditions de fond et de forme prescrites par la loi”, rétorque Jean Robert Imaki, préposé à l’Etat civil de la commune de Ngaliema. “Parmi ces conditions, il faut que l’époux ait réellement versé la dot à la famille de l’épouse, que le couple ait manifesté son consentement par écrit en signant la fiche de demande de mariage. En plus, nous exigeons qu’ils soient accompagnés des témoins”.

Sociologue, Alain Kasala évoque, lui, d’autres raisons qui seraient à l’origine de ces séparations en cascade. “Se marier à Kinshasa est devenu une sorte de défi à relever chez les jeunes, surtout les filles, affirme-t-il. Elles ne voient que le clinquant de la cérémonie nuptiale où elles seront à l’honneur sans se préparer à vivre le mariage pour le meilleur et pour le pire”. F.K, 26 ans, dont le mariage conclu en 2010 vient d’être dissout par le tribunal de paix de la Gombe, témoigne : “Je m’étais mariée tôt pour sauver l’honneur de notre famille où les filles ne se mariaient qu’après s’être faites engrosser par un homme. En réalité, je n’avais pas pris le temps d’observer la personne avec qui j’allais me marier.”

Echec de la conciliation

Eric, en instance de divorce devant le tribunal de paix de Ngaliema, affirme de son côté s’être marié par exigence professionnelle. Devant l’urgence, “j’étais obligé de prendre une femme que je ne connaissais pas très bien. Nous avons fait seulement deux mois de fiançailles… Je suis tombé sur un mauvais choix”, se désole-t-il. J.S avoue pour sa part avoir été “influencée par ses parents pour prendre en mariage son époux, qui avait beaucoup d’argent. En réalité, je n’avais pas de sentiment pour lui…” Conséquence : à la première crise venue, ces unions fragiles volent en éclats.
Avocat, Me Auguy Kantu affirme que le Code de la famille (art. 546) prévoit “qu’une décision judiciaire prononce la dissolution du mariage à la demande d’un des époux, si le tribunal établit que la continuation de la vie conjugale et la sauvegarde du ménage sont devenues impossibles”.
Mais, avant d’en arriver là, le législateur a prévu des étapes qui passent par une procédure dite de conciliation en vue de donner la chance au couple. “Lorsqu’un des conjoints sollicite le divorce, le président du tribunal de paix commence par le convoquer, lui faire des observations, lui prodiguer des conseils qu’il estime nécessaires et attirer son attention sur la gravité d’une telle requête”, explique l’avocat. “En plus, affirme le juge Jean Baptiste Mule, l’action en divorce ne peut être intentée que deux ans après la conclusion du mariage”. Son constat est cependant qu’il reçoit de plus en plus de requête de divorce émanant de jeunes mariés qui n’ont fait qu’une année de vie commune voire moins. “Dans ce cas, nous les avons toujours renvoyés revenir après deux ans, témoigne-t-il. Ce qui est vrai malheureusement, la plupart des procédures de conciliation n’aboutissent pas, nous finissons toujours par fixer le dossier pour jugement et prononcer le divorce”.
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