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Littérature d’Afrique centrale. Le CONGO a fêté ses 60 ans de littérature


Par Afrique Éducation | Mercredi 8 Janvier 2014 | Lu 1347 fois | 0 Commentaire



Noël Kodia, écrivain - Delphine Ménage de l'IFC de Pointe Noire - Aimé Eyengué promoteur, des 60 de littérature
Noël Kodia, écrivain - Delphine Ménage de l'IFC de Pointe Noire - Aimé Eyengué promoteur, des 60 de littérature
En 1953, les premiers romans de Jean Malonga « Cœur d’Aryenne » et «La Légende de Mpfoumou Ma Mazono » annonçaient la naissance de la littérature congolaise d’expression française.1953- 2013 : voilà 60 ans que la littérature congolaise poursuit grandement son chemin. Pour avoir réussi à initier la célébration des 60 ans de littérature congolaise au niveau de l’Hexagone et de son natal le Congo en cette fin d’année 2013, l’écrivain sociologue Aimé Eyengué est entré dans l’histoire culturelle de son pays par la grande porte. Ci-après notre réflexion après avoir participé à l’événement.

60 ans de littérature congolaise : Jean Malonga à l’honneur

En 1953, Jean Malonga publiait « Cœur d’Aryenne » suivi de l’emblématique « Légende de Mpfoumou Ma Mazono ». Six décennies après, le Congo a connu une grande production littéraire. En 1974, le professeur Roger Chemain, un imminent spécialiste de la littérature congolaise affirmait sans ambages dans la préface de « Tarentelle et Diable blanc » de Sylvain Ntari Bemba que « le Congo [comptait] le plus fort pourcentage d’écrivains par rapport à l’ensemble de la sa population »). Plusieurs années après, cette affirmation est encore d’actualité. De l’écrivain Jean Malonga, on peut lire dans le « Dictionnaire des œuvres littéraires congolaise » de Noël Kodia-Ramata- qui présente les romanciers des années 1953-2005 - ce qui suit : « Dès 1953, le doyen des écrivains congolais Jean Malonga, après de nombreux récits dans la revue « Liaison », s’intéresse au roman. Il publie le récit « Cœur d’Aryenne » aux Éditions africaines suivi une année après de « La légende de Mpfoumou Ma Mazono » à Présence africaine, premier roman congolais qui annonce le début de la littérature narrative congolaise ». Aussi, pour la célébration de ces 60 ans de littérature congolaise au niveau du pays natal du premier écrivain congolais, Aimé Eyengué a choisi judicieusement Brazzaville et le bord de l’océan à Pointe Noire, au pays de Tchicaya U Tam’Si, Tati Loutard et Tchichelle Tchivéla.

Le théâtre grandement célébré à Brazzaville du 22 au 29 novembre 2013

Après le Gabon, le Tchad, c’était au tour du Congo d’accueillir le 6è édition du Grand Prix de théâtre francophone. Et c’est l’Union nationale des écrivains et artistes congolais (U.n.e.a.c) qui a été à l’honneur à travers son président Henri Djombo qui, en sa qualité d’écrivain-dramaturge, a reçu ce prestigieux prix qui encourage et récompense les meilleurs talents du théâtre francophone du continent. 38 nominés du Congo, du Benin, du Burkina Faso, de la République démocratique du Congo, du Rwanda, du Niger et du Cameroun ont été gratifiés cette année.

Crée en 2008, ce Grand Prix du théâtre francophone qui était d’abord célébré à Cotonou est devenu itinérant depuis trois ans en se donnant comme objectif l’émergence des produits de la scène dans l’espace francophone africain.

Mer et écriture à l’Institut français du Congo de Pointe-Noire

Trois jours d’écriture, de lecture sur fond des textes de la littérature congolaise. Jeudi 12 décembre 2013. Deux conférences : la première intitulée « Les regards sur 60 ans de littérature congolaise » présentée par l’écrivain Aimé Eyengué, le promoteur de l’événement qui a invité l’auditoire de « conter le temps dans le sens inverse du cadran de l’horloge de la mémoire collective congolaise ». La deuxième conférence, « L’ésotérisme dans le roman congolais des origines à nos jours », a été développée par l’écrivain Georges Mavouba-Sokate. Celui-ci a montré comment l’ésotérisme est traité par quatre auteurs (Jean Malonga, Emmanuel B. Dongala, Alain Mabanckou et lui-même) à travers certaines de leurs œuvres. Vendredi 23 décembre 2013 : deux tables-rondes sur la pertinente question « Quel avenir pour la littérature au Congo ? » avec des écrivains des ancienne et nouvelle générations. Henri Djombo, Georges Mavouba Sokate, Noël Kodia-Ramata, André-Patient Bokiba, Mukala Kadima Nzuji pour la première table-ronde et Hugues Eta, Aimé Eyengué Huguette Nganga Massanga, Huppert Malanda pour la seconde table-ronde. Deux moments captivants dont Alphonse Nkala et Jean Baptiste Tati Utaliane se sont montrés brillants modérateurs. Notons que ces tables-rondes étaient précédées d’une exposition-vente-dédicaces de livres des auteurs ayant participé à ces rencontres entre écrivains et public. Samedi 14 décembre a vu sa soirée consacrée aux déclamations de « la littérature congolaise dans ses états » (lectures de poèmes, prose, conte, slam…) par l’atelier Théâtre de l’Institut français du Congo de Pointe-Noire.

Mention spéciale à Delphine Ménage, chargée de mission livre et responsable médiathèque de l’Institut français du Congo de Pointe-Noire. Elle a fait preuve d’abnégation pour ce qui a été de la préparation et de la réussite de la célébration de ces 60 ans de littérature congolaise qui s’est déplacée de nouveau sur le bord du majestueux fleuve Congo avec une exposition de quelques ouvrages des auteurs nationaux. Une espèce de salon du livre made in Congo. Dans la capitale française, des écrivains comme Liss Kihindou, Franck Cana, Isaac Djoumali Sengha, pour ne citer que ces trois noms, ont grandement œuvré pour la réussite de cet événement.

Tension et attention littéraires pendant les tables-rondes de Pointe-Noire

Aminées par les écrivains des deux générations, les tables-rondes ont cogité sur l’histoire de la littérature congolaise d’expression française de Jean Malonga à nos jours. De la notion de génération, fallait-il classer les écrivains en fonction de leur âge où celui de leurs œuvres ? Pour les anciens, l’âge des auteurs pouvait définir la frontière les deux générations sauf Noël Kodia-Ramata qui a plutôt considérer l’âge des ouvrages. Une problématique qui a laissé l’auditoire sur sa soif. Une autre point de divergence entre les anciens et les jeunes : la Négritude battue en brèche par quelques écrivains célèbres de la vieille génération tel Tchicaya U Tam’Si. Contre toute attente, c’est plutôt l’un des poètes prometteurs de la nouvelles génération, Huppert Malanda, qui a rappelé à l’auditoire et aux acteurs de la première table-ronde que la Négritude avait encore sa place dans la littérature africaine avec des icônes comme Senghor et Césaire qu’il fallait toujours honorer. Pour Huppert Malanda, « les jeunes écrivains ne devaient pas scier la branche sur laquelle est assise la littérature africaine » car ils ont encore beaucoup à puiser dans l’œuvre immense de la Négritude. De la nouvelle génération des écrivains congolais, Noël Kodia-Ramata a fait comprendre à l’auditoire que les femmes ont fait ces dernières années une percée fulgurante dans la création littéraire avec des noms comme Marie-Louise Abia, Liss Kihindou, Emilie-Flore Faignond, Ghislaine Sathoud, Doris Kélani, Gilda Moutsara, Huguette Nganga Massanga, Ralphanie Mwana Kongo, Marie-Françoise Moulady Ibovi, Alfred Monique Onze Abouem, Evelyne Mankou Ttsimba, Aleth Félix-Tchicaya, Florence Lina Bamona- Mouissou…

Liss Kihindou et Emilie Flore Faignond, écrivaines congolaises
Liss Kihindou et Emilie Flore Faignond, écrivaines congolaises
La littérature congolaise : quelle perspective ?

A l’issue de cette célébration des 60 ans de la littérature congolaise, on peut affirmer que l’avenir de celle-ci est plus prometteur au niveau des écrivains de la diaspora que ceux du pays. Une diaspora avec une percée extraordinaire des femmes dans le monde de la littérature. Au pays, la jeunesse, creuset des nouveaux talents, vit sous le seuil de la pauvreté accentuée par le manque criard de bibliothèques dignes de ce nom en dehors de celle de l’Institut français du Congo (ex- Centre culturel français) de Brazzaville. Celles des quartiers populaires (Bacongo, Moungali, Ouenzé …) n’ont jamais été réhabilitées après les troubles sociaux de la décennie 90. Une situation qui ne peut favoriser la création intellectuelle. Ce qui n’est pas le cas au niveau de la diaspora où la « solitude poétique », le climat et l’abondance des maisons d’édition apparaissent comme des facteurs stimulants pour l’éclosion littéraire. Au gouvernement et aux responsables de l’U.n.e.a.c de créer des conditions acceptables au pays pour permettre aux jeunes talents de s’exprimer. Éventuellement des concours littéraires où des « résidences d’écriture » comme on le remarque sous certains cieux.

Noël KODIA
Afrique Éducation n° 382-383 du 1er au 31 janvier 2014
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