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Littérature : la Librairie-Galerie Congo fait revivre l'héritage de Tchicaya U Tam'si à Paris


Par Adiac-congo.com | Dimanche 19 Janvier 2014 | Lu 619 fois | 0 Commentaire

Boniface Mongo Mboussa, écrivain et critique littéraire, et Jean-Noël Schifano, éditeur de la collection Continents noirs chez Gallimard, sous la modération du poète Gabriel Okoundji, ont permis au public parisien de re-découvrir le monument de la littérature congolaise, Thicaya U Tam'si, surnommé « le Rimbaud noir », au cours d'une soirée organisée le 14 janvier à la Librairie-Galerie Congo à Paris



De gauche à droite, le poète Gabriel Okoundji, modérateur de la rencontre, Boniface Mongo Mboussa, écrivain et crittique littéraire, et Jean-Noël Schifano, éditeur de la collection Continents noirs chez Gallimard (© Adiac).
De gauche à droite, le poète Gabriel Okoundji, modérateur de la rencontre, Boniface Mongo Mboussa, écrivain et crittique littéraire, et Jean-Noël Schifano, éditeur de la collection Continents noirs chez Gallimard (© Adiac).
Tchicaya U Tam'si, dont les œuvres complètes de poésie viennent d'être éditées aux éditions Continents noirs (Gallimard), est revenu parler à un public parisien de connaisseurs, venu assister à la rencontre organisée par la Librairie-Galerie Congo mardi 14 janvier à Paris. Dans le public, on a pu distinguer l'écrivain Jacques Dalodé, Arlette Chemain et Jacques Chevrier, professeurs émérites de littérature et grands connaisseurs de la littérature congolaise ; Nicolas Martin-Granel, spécialiste de la littérature africaine ; le chroniqueur Lionel Manga ; ainsi que les écrivains de la nouvelle scène congolaise, Eveline Mankou, Aimé Eyengué et Obambe Ngakosso. Un public de choix pour une rencontre de haute volée, ponctuée par les lectures du verbe de Tchicaya par le comédien Roch Amedet Banzouzi et la projection du documentaire du cinéaste congolais Léandre Alain Baker sur le poète.

Clin d'œil de l'histoire, Tchicaya U'Tamsi a vécu un temps dans cette rue Vaneau où l'on lui rendait hommage. La sortie du premier volume des œuvres complètes du grand auteur vient couronner une entreprise commune des Congolais pour faire sortir Tchicaya de l'oubli : le travail de plus d'une année de Boniface Mongo Mboussa avec les enfants de Tchicaya, notamment sa fille, pour rassembler les différents recueils, le soutien de l'ambassadeur Lopes et des services culturels de l'ambassade, ainsi que des services culturels du pays. Grâce à ces efforts, le public redécouvre aujourd'hui le travail de cet écorché vif au verbe puissant sous le titre, choisi par l'éditeur, J'étais nu pour le premier baiser de ma mère. Si le titre peut choquer la pudeur bantoue, l'éditeur Jean-Noël Schifano l'a choisi parce que « la mère est essentielle dans l'œuvre de Tchicaya, car il l'a perdue à peine né ; toute la poésie de Tchicaya découle de l'absence-présence de la mère. » Un fait central qui se reflète jusque dans le pseudonyme de l'auteur, car si l'on traduit habituellement Tchicaya U'Tamsi par « la petite feuille qui chante son pays » – ce que le poète ne démentira jamais –, une homonymie de la langue vilie découverte par Mambou Aimée Gnali révèle que ce nom signifie également « le placenta ». Pour Jean-Noël Schifano, nous sommes avec Tchicaya U'Tamsi en face d'un « Rimbaud noir » marqué par le réalisme baroque, mais un Rimbaud mûr qui aurait commencé à écrire à l'âge de 25 ans, là où Arthur Rimbaud avait mis un terme à sa carrière poétique pour se livrer à la vie d'aventurier au Yémen et en Éthiopie.

Roch Amedet Banzouzi

Boniface Mongo Mboussa, questionné par Gabriel Okoundji, est revenu sur le parcours de Tchicaya depuis son enfance au Congo, son cheminement aux côtés de Patrice Lumumba, ses relations ambigües avec les pères de la négritude qui l'étaient aussi dans l'écriture, Damas, Senghor et Césaire, et sa vie en France.

Malgré son talent indéniable, l'auteur au mauvais sang, "Makila mabe", a porté comme des complexes sa jeunesse, lorsqu'il se lance dans la carrière littéraire, son peu d'éducation formelle, lui qui a arrêté les études au lycée, son infirmité physique, l'arrachement d'avec son village et sa mère biologique, ses relations conflictuelles avec son père... autant de blessures dont il a su se nourrir pour développer son génie.

Le travail entamé par Boniface Mongo Mboussa et la maison Gallimard pour donner une seconde vie au travail de Tchicaya U'Tamsi, qui n'avait pas été réédité depuis vingt-cinq ans, rend justice à cette grande figure de la littérature congolaise. Aux congolais maintenant de s'approprier cette oeuvre qui fait partie de leur héritage.

Rose-Marie Bouboutou
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